‹ Tumeur mixte de la mamelle chez une chienneChapitre 1 sur 2 · Tumeur mixte de la mamelle chez une chienne · texte numérisé non relu

Tumeur mixte de la mamelle chez une chienne

Tumeur mixte de la mamelle chez une chienne. Métastase mixte, par le Dr Pierre Nadal.

La tumeur dont nous vous présentons de nombreuses préparations provient d'une mamelle inguinale chez une chienne.

Nous ne savons que peu de chose sur l’évolution de la maladie :

L’animal nous fut amené au dernier degré de la cachexie. En tentant d'extirper la tumeur, nous constations des généralisations avancées, nous laissâmes succomber la chienne.

L’autopsie pratiquée ne fut pas rigoureusement complète. Elle nous fit constater cependant l'existence :

1° De la tumeur inguinale du volume du poing qui contenait des noyaux d’une dureté pierreuse.

2° De métastases ganglionnaires inguinales et axillaires.

3° De métastases extrêmement nombreuses spléniques, pulmonaires, cardiaques et rénales.

Le foie paraissait totalement épargné.

L’examen microscopique de la tumeur principale nous montre une hyperplasie épithéliale intense et une dégénérescence sarcomateuse multi-nodulaire du stroma ; de plus il existe des points de tissu chondroïde et ostéoïde et des vestiges indiscutables d’épithélium malpighien.

Les portions épithéliales sont constituées suivant un type intermédiaire à celui de l’adénome et à celui du cancer épithélial cylindrique ; innombrables tubes tapissés d’épithélium cylindrique ou cubique de dimensions variables, circulaires ou déformés, rarement kystiques. Leur lumière est souvent remplie d’une masse colloïde. Parfois l’épithélium est tuméfié et hypertrophié. En un grand nombre de points, se présentent les transformations caractéristiques de la sécrétion lactée (fîg. i A).

Le tissu sarcomateux revêt l’aspect d’un sarcome fuso-cellulaire un peu spécial. Il est souvent réparti en une pluie de nodules distincts et disséminés dans l’épaisseur de la glande, de préférence dans les régions les moins hyperplasiques. Dans les points au contraire où l’hyperplasie épithéliale est intense, il peut revêtir une disposition extrêmement diffuse, telle qu’on ne distingue plus les limites de l'infiltration sarcomateuse, et celles du stroma banal non dégénéré de la tumeur (fig. 1 B).

Bien plus, en certains points on constate à un examen attentif l’existence de productions néoplasiques d’apparence mixte établissant des connexions indéchiffrables entre le tissu sarcomateux et le tissu épithélial (fîg. 1 B).

t Les points squelettogènes sont caractérisés par la présence d’un tissu chondroïde ou chondro-myxomaleux avec quelques cellules encapsulées d’une façon très nette, et la transformation ostéoïde de certains de ces points.

Fig. 1. — Tumeur primitive mammaire.

A. — Portions épithéliomateuses.

B. — Portions sarcomateuses, foyers mixtes.

Le tissu malpighien se rencontre sous la forme d'un revêtement épithélial tapissant partiellement un grand tube épithéliomateux ; sa nature est indiscutable. Il constitue même un exemple type d épithélium malpighien : toutes les couches s’y prêtent à 1 'étude avec une netteté remarquable. Les épines de Schulze s’y voient de façon éclatante, et il subit l’évolution cornée normale précédée par 1 inliltration dans ses éléments de granulations innombrables d'éléïdine.

Les métastases paraissaient pour la plupart exclusivement sarcomateuses.

Le cas nous parut si complexe que pour l’éclaircir nous pratiquâmes la coupe d une quarantaine de fragments nouveaux..

Fig. 2. — Tumeur mixte du sein.

Point fibro-chondro épithéliomateux pris au milieu d’une

métastase splénique.

L’une des préparations porte sur une métastase splénique qui permet de préciser l’interprétation.

Sur la coupe collée et sèche, nous reconnaissons déjà à l’œil nu l’aspect si spécial du tissu cartilagineux.

Au microscope le nodule est constitué par une zone cartilagineuse au bord de laquelle se développe un foyer d’apparence glandulaire ; on rencontre là des tubes à lumière très nette, quelquesuns même un peu distendus, tapissés^ d’un épithélium cylindrique ou cubique, et renfermant un contenu colloïde ; les plus petits se, réduisent à un cordon épithélial plein (V. lig. 2).

Les connexions des deux tissus sont [si intimes que l’assise épithéliale repose directement sur le stroma chondroïde à peine modifié à ce niveau, ce dernier servant ainsi de paroi propre au tube glandulaire.

Le tout est englobé dans un territoire ayant l’apparence des autres métastases sarcomateuses de la tumeur.

Ce qui constitue selon nous l’intérêt majeur de cette observation, c’est le fait que la déviation maligne a paru intéresser simultanément et solidairement plusieurs tissus de la tumeur aussi différents que le tissu épithélial glandulaire et le tissu cartilagineux, ainsi qu’en témoigne la métastase complexe splénique.

Des faits semblables, d’ailleurs tout à fait exceptionnellement observés, remettent en question :

A. — La nature des tumeurs mixtes.

B. — Les caractères de leurs dégénérescences malignes.

Page 1