‹ Tumeurs enkystées des boursesChapitre 5 sur 6 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement de cette affection est uniquement chirurgical ; en effet, les frictions, les résolutifs, les émissions sanguines locales ne sont même pas des palliatifs, et sont complètement abandonnés. Nous ne parlerons pas non plus de la ponction qui, insuffisante dans l’hydrocèle, aurait ici encore moins d’action. Voici quels sont les principaux procédés opératoires.

î® Injection. — Jadis ces injections se faisaient avec du vin, maintenant la teinture d’iode est venue se mettre au premier rang. C’est en remarquant l’analogie de ces tumeurs avec l’hydrocèle qu’on a songé aux iojecfions; mais la différence d’épaisseur des tuniques et le dépôt pseudo-membraneux sont des obstacles contre lesquels l’injection reste toujours sans effet. Pourtant on peut citer quelques cas d’épaississement au premier degré dans lesquels l’injection a pu amener quelques adhérences, M. Gosselin n’est pas partisan de cette méthode, car, ainsi que nousl’avons déjàdit,ilredouteIa suppuration qui est toujours de longue durée, vu qu’elle ne peut s’écouler que par le trajet fistuleux qui prend la place de la piqûre du trocart.

2" Incision simple. — C’est la méthode la plus ancienne et celle qui jadis était la plus répandue. Elle consistait à fendre la tumeur de haut en bas, après s’être assuré que 1 e testicule n’était pas exposé à être touché, et à donner ainsi écoulement au liquide; on remplissait de charpie la cavité de la poche, et on attendait la guérison en pansant régulièment tous les jours.

L’anatomie pathologique seule suffit pour renverser cette méthode. En effet, nous voyons là, après l’incision, une paroi épaisse

et cousistante, dont on veut amener l’élimination, car elle ne se couvre jamais de bourgeons charnus. Or, pour arriver à ce résultat, il faut beaucoup de temps; on expose'le malade à tous les inconvénients d’une longue suppuration ; le pus séjourne le plus souvent, et des accidents putrides peuvent amener la mort du malade. On voit donc que, même en supposant le cas le plus heureux, ce procédé entraîne une guérison lente et qui est souvent difficile.

Les accidents de l’opération sont du reste à peu près nuis; c’est très-rare que l’hémorrhagie soit assez forte pour inquiéter ; si du reste elle se reproduisait, le perchlorure de fer suffirait pour l’arrêter.

M. Astley Cooper, MM. Curling, P. Boyer, Fleury, sont encore partisans de ce mode opératoire; pour nous, il nous semble insuffisant, lorsque d’autres peuvént, sans être plus douloureux ni dangereux, amener une guérison rapide et sûre.

3® hicisions multiples. Séton. — Ce procédé est uniquement dû à M. Velpeau; c’est sans doute pour obvier aux inconvénients du précédent qu’il a imaginé de faire deux incisions opposées qu’il traverse per une mèche. Voici , du reste , comment il conseille d’opérer.

Après avoir fait une incision à la partie antérieure de la tumeur, le doigt indicateur porté dans le sac détache les concrétions, et sert de guide pour l’établissement vers le point le plus déclive, d’une contre-ouverture que l’on pratique soit de l’intérieur à l’extérieur, soit de l’extérieur à l’intérieur.

Après avoir lavé par une injection à grande eau toute la cavité vaginale, on n’a plus, pour terminer l’opération, qu’à passer au travers des deux incisions un stylet flexible, armé d’une longue mèche de linge enduite de céral, et dont on noue les deux extrémités pour la conserver là à litre de séton.

Ce procédé n’offre pas d’avantages bien marqués sur l’incision simple; les accidents consécutifs sont quelquefois tout aussi graves,

1865. — Noir,

Ja suppuration aussi longue. De plus, M. Gosselin reproche à ce procédé d’exposer le chirurgien à blesser le leslicule, lorsque celuici se trouve englobé dans les parois de la tumeur.

4® Excision. — L’excision est une méthode qui a été palronée par les meilleurs chirurgiens et qui donne le plus souvent d’excellents résultats. En effet, à mesure que l’on décolle les parois de la tumeur, on les excise, et on évite ainsi le Foyer de suppuration qui nous fait rejeter l’incision simple. M. Gosselin reproche à cette opération d’avoir été mal décrite, de telle manière que l’on ne sait pas au juste ce que l’on enlève; en outre, lorsqu’on arrive à enlever la portion de la tumeur qui touche le testicule, ou est exposé, par suite des changements éprouvés, soit par cet organe, soit par l’épididyme, à enlever une portion de l’un ou de l’autre. En somme, l’excision est un bon procédé opératoire qui doit être employé dans la plupart des cas; son seul inconvénient serait, avons-nous dit, la lésion du testicule ou de l’épididyme, car il faudrait alors la compléter par la castration.

5” Castration. — Cette opération est de beaucoup plus simple que les précédentes, et sa guérison est plus prompte; mais, malgré cela, l’importance de l’organe que l’on enlève doit donner à réfléchir, Lès auteurs prétendent quelle était indiquée lorsqu’on supposait le testicule atteint d’une lésion quelconque; mais M. Gosselin prétend que, quoique déformé, cet organe n’en est pas pour cela incapable de ses fonctions; que, le plüs souvent, c’est la tumeur qui arrêté le cours du sperme , et non une altération du testicule.

De cela, nous conclurons que l’on doit être bien réservé avec cette opération; maintenant l’âge du malade y est aussi pour beaucoup; car, si l’on a affaire à un vieillard, ce qui est le plus fréquent, la perte des testicules lui sera moins sensible qu’à un adulte et exposera moins ses jours.

Toutes ces opérations -sont également praticables, que l’on ait affaire à un kyste ou à un épaississement. Je vais terminer par un dernier procédé, qui ne peut s’employer que pour l’épaississement, et auquel M. Gosselin a été conduit par ses études anatomiques : c’est la décortication.

6° Décortication ou ablation de la fausse membrane. — L’opération a trois temps :

temps. L’incision qui se fait avec toutes les précautions possibles pour ne pas léser le testicule; on laisse écouler le liquide.

2*^ temps. Le décollement de la fausse membrane. — On pourrait se servir du bistouri, mais la dissection serait longue; il faut mieux user d’un corps mou, une spatule, les doigts, avec lequel on sépare la fausse membrane de la tunique séreuse. Les adhérences sont peu considérables; si elles le sont trop, on se sert du bistouri et des ciseaux. Le décollement est ainsi fait dans tous les sens, jusqu’à ce qu’on arrive vers le testicule. En effet, nous savons que la pseudomembrane adhère, et son décollement devient impossible. On passe alors au troisième temps.

3® temps. Excision de la fausse membrane décollée. — On se sert d’un bistouri ou de ciseaux. Le pansement est simple, on met de la charpie au fond de la plaie; il y a rarement hémorrhagie. Voici ce que dit M, Gosselin de cette opération,

«Les avantages principaux de cette opération sont: 1“ de ne pas exposer à la lésion des organes sécréteurs et excréteurs du sperme ; 2° d’éviter les accidents inflammatoires graves que l’on observe à la suite des incisions; 3" de procurer une guérison aussi prompte qu’à la suite de la castration. »

Le seul cas où cette opération devrait être remplacée par l’excision, c’est lorsqud l’épaississement serait devenu cartilagineux, dans lequel cas le décollement ne serait plus possible.

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