ANATOMIE PATHOLOGIQUE
On admet en général que le cancer primitif du poumon affecte la forme massive tandis que le cancer secondaire serait surtout nodulaire.
Et comme tous les cas de cancers des bronches
font partie de ces premiers néoplasmes pulmo-
naires, il s'ensuit naturellement qu'ils doivent
occuper une seule région dans le poumon. Cependant, dans plusieurs observations, nous voyons qu'il existait plusieurs tumeurs et des deux côtés, au point que Ehrich, en ce qui concerne son cas, admet que le néoplasme a dù se développersimultanément en plusieurs endroits des bronches.
Comme siège nous trouvons dans les diverses observations tous les différents échelons des bronches. Les observations de Langhans, OEstreich, etc., seraienten quelque sorte la transition entre le néoplasme primitif de la trachée et celui des bronches. Tantôt le siège primitif est la bronche principale, tantôt ses premières
divisions, tantôt des bronches de plus petit
ordre (Ebstein) de dimensions d’une plume de corbeau.
L'aspect macroscopique de la tumeur est celui que l'on a coutume de décrire dans le cancer primitif pulmonaire, c'est-à-dire une masse de
consistance ferme, blanc-grisètre ou lardacée, ressemblant au tissu du cerveau. C’est la forme de tumeur décrite sous le nom de tumeur encéphaloïde. Cependant l'aspect est différent quand le néoplasme n'a pris que relativement un petit développement, c’est ce que Ziegler (Anat. path. > vol., 1887) décrit sous la forme d’élevures ordinairement granuleuses et papillomateuses se développant dans les grosses bronches aux dépens des glandes muqueuses ou de l’épithélium de revêtement.
Les néoplasmes qui siègent dans des canaux assez larges, larynx, œsophage, rectum, elc., prennent rarement un grand développervent et ont beaucoup de tendance à végéter vers l’intérieur du conduit et à causer de la gêne en obstruant la lumière. Les néoplasmes qui se sont développés primitivement eu un point des grosses bronches (Langhans, Lévy, etc.) n’ont que peu de volume.
Leplat, dans sa thèse inaugurale sur le cancer pleuro-pulmonaire, décrit des formes de cancers encéphaloïdes, squirrheux, colloïdes et mélaniques. Mais cette distinction ne semble pas justifiée, en ce qui concerne le cancer des bronches, où, sauf les cas où le néoplasme à la forme po-: lypeuse et verruqueuse, et celui où il s’est développésur un tissu pathologique (Friedlænder), le cancer des bronches appartiendrait à la variété encéphaloïde.
Dans 2 observations (V et IX) nous trou-
2 0) vons la forme du « cancer massif en amande »
décrite par Hanot et Gilbert, où la masse du cancer est entourée d’une couche peu épaisse de parenchyme pulmonaire d'apparence saine, - Histologie. — On divise en général (Fabre- Domergue) les tumeurs épithéliales en trois catégories : les papillomes etadénomes, suivant que l’épithélium générateur est l’épithélium de revêtement ou celui des glandes ; les épithéliomas et les carcinomes.
Le papillome est une tumeur bénigne qui n'acquiert que peu de développement. L’adénome est considéré également comme une tumeur bénigne, cependant on a décrit en ces derniers temps, des polyadénomes et des transformations fréquentes en cancer.
Il semble bien difficile dans une préparation
. de distinguer un adénome d’un épithélioma cy-
Hindrique. Cependant on se rappellera que dans l’adénome, les tubes sont réguliers, la lumière est pure, nette, ses parois ne sont formées que d’une couche, deux au plus de cellules, tandis que dans l’épithélioma, outre la grande tendance à l’'envahissement, ses tubes sont faits de plusieurs assises de cellules enserrant une lumière à parois anfractueuses et contenant souvent des détritus cellulaires.
Quant au carcinome, c’est une tumeur composée d’un stroma fibreux hmitant des alvéoles qui forment, par leur communication, un système caverneux. Ces alvéoles sont remplies de