MODIFICATIONS DES ORGANES VOISINS
Les changements de forme et de volume que subit la matrice ne se produisent pas sans entraîner des modifications profondes dans les rapports des organes voisins; parmi ceux-ci, la vessie affecte, comme on le sait, des connexions très intimes avec le col utérin ; tous les déplacements, toutes les déformations de cette partie cervicale font subir des changements analogues au réservoir urinaire. Quand le col est entraîné en haut vers l'abdomen, la vessie remonte en même temps, et, de plus, si la surface d'union subit une extension, la vessie s'étale et remonte de 5, 8, 10 centimètres sur la face antérieure de l'utérus myomateux; disposition importante à connaître dans l'hystérectomie abdominale.
Au contraire, lorsque le col est repoussé en arrière vers le sacrum par le développement d'unmyome dans la paroi antérieure de l'utérus, jusque dans la lèvro antérieure, la vessie suit le col dans son mouvement de bascule et vient coiffer cette masse sous la paroi vaginale, dans le cul-de-sac antérieur; aussi les ponctions de l'électropuncture dans ce cul-de-sac sont-elks extrêmement dangereuses, et, dans plusieurs cas, elles ont été suivies de fistule vésico-vaginale.
Mais ce qui s'observe le plus souvent aux débuts du développement de la tumeur utérine, c'est la compression soit de la vessie, soit de l'urèthre contre la face postérieure du pubis ; dans le premier cas, la vessie ne contient plus que peu d'urine ; dans le
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
second, au contraire, elle ne peut plus se vider et elle se dilate du côté de la cavité abdominale, d'oîi la rétention avec tous les accidents du catarrhe vésical.
En arrière de l'utérus, le rectum subit des modifications analogues, mais ses connexions normales sont moins intimes; aussi n'observe-t-on guère que des déplacements latéraux ou un aplatissement de son calibre contre la face antérieure du sacrum. Ce sont les tumeurs de moyen volume, demeurant dans le petit bassin, qui déterminent cette compression, et ce sont principalement celles qui s'enclavent dans la cavité pelvienne qui causent la rétention des matières fécales.
Les effets de cette pression se font sentir également sur les autres organes qui passent dans cette cavité sur les côtés de la masse utérine; par ordre d'importance, il faut citer d'abord les uretères dont la perméabilité est souvent compromise, d'où la dilatation de l'arbre urinaire remontant jusqu'au bassinet et amenant bientôt l'infection pyélonôphrétique.
Enfin, les vaisseaux et les nerfs ne subissent pas impunément la pression qui les serre contre la paroi inextensible du petit bassin.