DIAGNOSTIC
Le diagnostic des tumeurs malignes du pavillon de l'oreille est difficile au début.
A la période ulcérative, les erreurs sont peu nom-
breuses comme nous allons le voir.
A.— Il y a tumeur.
Inutile d’insister sur ce point qui saute aux yeux.
B. — À quel genre de tumeur a-t-on affaire ?
Pour cela, on procédera par élimination en écartant les autres tumeurs dont le pavillon de l'oreille peut être le siège.
1) L'othématome se fait en général dans lhelix. Il est fréquent chez les aliénés, arrive dès le premier jour à son plein développement et est le siège
“d’une fluctuation très nette,
ulcérée et que les tissus sous-cutanés paraissent moins engorgés (1).
L'épithélioma superficiel peut rester stationnaire pendant 10, 20 ans, mais s'il gagne en profondeur le pronostic s'assombrit considérablement.
La récidive est fréquente si on ne l'enlève pas complètement : toutefois l'intervention doit se baser
sur l'état des ganglions qui ne doivent pas être enva-
his et sur la limitation de la tumeur. En effet un car-
cinome superficiel, bien limité, sans adénopathie,
peut guérir ou laisser vivre le malade assez long-
temps sans que la récidive ait le temps de se produire.
Dans le cas contraire il faut abandonner le mal et s'abstenir de toute intervention qui ne ferait qu'accélérer la marche.
L'observation que nous avons transcrite, du malade du Dr Moresün, en est un exemple frappant.