‹ Tumeurs Malignes du Pavillon de l'OreilleChapitre 33 sur 42 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

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Boussox, — Montpellier médical, juillet 1869, n°12, x « ù a

ME Ven, âgé de 26 ans, directeur d'un établissement ES graphique à Cette, vient nous consulter au mois de juillet 1869, | pour une tumeur ulcérée de l'oreille droite occupant toute l'étendue du pavillon et dont l'origine remontait à quelques années.

Cette origine indiquait primitivement un caractère moins grave.

d’une scrofulide eczémateuse. Le sujet, qui présentait les traits généraux de la diathèse scrofuleuse, avait eu dans son enfance

une dermatite .exsudative du cuir chevelu. Il avait été attein

après la disparition de l'otorrhée il étaitresté sujet à un suinte-

ment du pavillon de l'oreille, Parfois la surface rouge et surexcitée du pavillon de cet appendice prenait l'apparence granuleuse et donnait lieu à une exsudation séro-purulente entrai-

nant des débris d'épiderme ramollis, d'une odeur très forte et qui cédait à des lotions émollientes et détersives, d'autres fois c’est le caractère dartreux qui dominait, et qui après une appa-

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rition plus où moins durable accompagnée de vives démangeai-

baient pour se reformer avec plus où moins d'’obstination.

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Ces envahissements inflammatoires étaient, séparés par des intervalles de plus en plus courts et, dès l'année indiquée, EH l’ensemble du pavillon de l’orcille cessa d'être dans des condi- 6 tions pathologiques indiquant une transformation dans la nature de la maladie. La totalité de l'appendice avait acquis 13, TN

une épaisseur triple de celle qui lui est ordinaire ; des fentes à

bords indécis divisaient la peau de la région, les replis du

pavillon ne s'accusaient plus avec leurs saillies naturelles, elles

étaient confondues en une masse plus ou moins inégale, résis-

tante et douloureuse. Le“lobule était envahi. Les bords d’une

fente principale, à la hauteur de la division supérieure de l'anthé-

lix étaient écartés et circonscrivaient une surface ulcérée, d’aspect ee

= “ PC } cancroïdal. Les douleurs avaient perdu le caractère fugitif pour UE

prendre le caractère lancinant. 1} était évident qu'une dégéné- \

; rescence locale avait envahi l'ancienne surface eczémateuse et que nr, désormais on pourrait craindre un envähissement plus profond

soit du côté du conduit auditif externe qui était respecté, soit (TN

du côté des ganglions lymphatiques voisins qui étaient aussi ‘intacts ; dans de semblables conditions je ne comptais ni sur la sk persévérance à essayer les moyens généraux de traitement dont ve le malade faisait simplement usage depuis longtemps, n1 sur les moyens locaux qui jusqu'alors s'étaient montrés infidèles: Eat f cautérisation elle-même ne pouvait se faire avec assez d'exacti-" de # tude, je n’eus aucune peine à le faire comprendre au malade; et EN : elle fut aussi l’opinion de mon'confrère, le D'Leguy. ie Le malade, préalablement anesthésié fut couché sur le côté opposé à la maladie et le pavillon fut circonserit par deux inci- ARE sions semi-elliptiques, se regardant par leur concavité, la pre- Fe mière étendue depuis l'extrémité antérieure de l'hélix jusqu'à la partie antéro-supérieure du lobule et comprenant le tragus dans CR sa concavité, fut poussée jusqu'au demi-cercle antérieur dé fé

Ter l'ouverture du conduit auditif; la seconde incision circonseri-

vant en arrière le relief de la conque, partit de l'extrémité supérieure de la première pour la rejoindre en dessous du lobule. Portée un peu plus profondément dans l'épaisseur des tissus, elle atteignit successivement le tronc de l'artère auriculaire postérieure qui était hypertrophiée et donna un jet de sang considérable, Le retrait de cette artère assez rapprochée de son origine de la carotide externe ne laissa pas que de donner quelques difficultés pour la ligature. Il fallut n'en mettre que plus de soins à rechercher le vaisseau et à l'étreindre convenablement par un fil. Après ce temps tout parut simple. Aucun prolongement morbide n'existait, ni dans la direction du conduit auditif, ni dans les ganglions parotidiens. On plaça un peu de charpieet la cicatrisation fut complète, le malade rentre

chez lui parfaitement guéri.

Nous omettons volontairement les observations recueillies par Lafargue (thèse de 1879) et celles de Treillet (thèse de 1882) qui notent la fréquence de l'épithélioma pour arriver à celles recueillies depuis cette époque.

La thèse de Treillet mentionne 3 observations de sarcome.

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