PNEU
A MON MAITRE DE L'ÉCOLE PRATIQUE M. le Professeur ROUVIÈRE
ETS, +
Il était classique d'admettre en France, à la suite des travaux de Trélat et Peyrot, Follin et Duplay, Monod et Terrillon, Reclus, que si la dégénérescence cancéreuse atteint fréquemment les testicules ectopiques, elle ne s’observe que dans l'inclusion inguinale, et la cryptorchydie abdominale met l'organe à l'abri de la transformation néoplasique. >
Ce sont, en France, les publications de Kaeppelin, les thèses de Wisner, Michiels, Chevassu, qui montrèrent que cette opinion était trop absolue. Cependant les auteurs modernes avec Sebileau et Descomps, Arrou, tout en étant moins négateurs, insistent sur la rareté du cancer dans lectopie profonde.
A l'étranger le dogme de l'impossibilité de la dégénérescence maligne du testicule en ectopie abdominale fut tout aussi tenace. Les travaux de Maydi, de Farwick, de Blanck Sutton, avaient bien montré l’existence de cette complication, cependant lorsque Bulkley écrivit en 1913 dans le « Surgery Gynecology and Obstetric » son article sur les dégénérescences malignes du testicule en ectopie abdominale, il pouvait dire que c'était sur ce sujet le premier travail d'ensemble publié en langue anglaise.
Il semble que le premier cas rapporté soit celui de Johnson en 1859. Les premiers cas publiés en France sont ceux de Mathieu et de Boeckel en 1881.
Wisneret Michiels dans leur thèse en rapportent 3 cas.
Kaeppelin en 1902 en réunit 7 cas et Chevassu 5. (Sur 128 cancers du testicule qui font l’objet de son travail, 15 ont trait à des cancers de testicules ectopiques, 10 étant en ectopie inguinale et 5 en ectopie abdominale).
Bulklev, dans une bibliographie très complète jusqu’en 1913, a pu en rassembler 59 observations.
Or, pour prouver à l’encontre des notions classiques, la fréquence des tumeurs malignes du testicule en ectopie abdominale nous avons pu grouper autour de 2 cas inédits du Professeur Lecène, 76 observations.
Or, Monod et Terrillon, pour montrer la fréquence du cancer du testicule en ectopie inguinale, disposèrent jadis de 42 cas seulement. Encore importe-il de noter, comme le fait remarquer Wisner, que les observations seraient beaucoup plus fréquentes s’il ne s'agissait pas de tumeurs abdominales souvent non diagnostiquées pendant la vie et constatées seulement à l’autopsie. De plus, certaines tumeurs évoluant chez des hermaphrodites androgynoïdes doivent être souvent méconnues étant rapportées à l'ovaire en particulier.
Qu'il nous soit permis d'affirmer ici toute notre réspectueuse reconnaisance à Monsieur le Professeur Lecène qui a bien voulu nous confier ses observations et nous fournir les éléments de ce travail.