‹ Tumeurs Malignes Du Testicule En Ectopie AbdominaleChapitre 6 sur 29 · GIE · texte numérisé non relu

GIE

ETIOLO

Fréquence

Il est important de considérer, non pas la fréquence globale des tumeurs malignes du testicule en ectopie abdominale, mais le pourcentage de ces tumeurs par rapport à la fréquence de l’ectopie inguinale, et de le comparer à celui du cancer du testicule en ectopie inguinale, et du testicule en situation scrotale. Il ne faut pas cependant attribuer à ces chiffres une valeur absolue et, comme toute statistique, ils n’ont du reste qu'une valeur relative ; en particulier les cas de pseudohermaphrodisme qui sont loin d’être rares, puisque Neugebauer a pu en réunir 842 cas, devraient préndre place dans le nombre des ectopies abdominales.

Fréquence de l’ectopie. — Si l’on ne tient pas compte des cas observés chez les jeunes enfants, où il s’agit seulement de retard de migration, etsi l’on retient seulement les cas d’ectopie observés chez les adultes on trouve que les statistiques de Marshall à Londres et de Bonnet en Francedonnent le chiffre de 1 à 1/5 pour 1.000.

Si on compare

Fréquence comparée de 100 ectopies.

la fréquence des ectopies inguinales et des ectopies abdominales, sur 100 cas d’ectopie, on trouve les rapports suivants :

ectopies inguinales 65 %

ectopies abdominales 15 %

AT qu

Fréquence comparée du cancer du testicule ectopique et du cancer du testicule en situation normale. — D’après la statistique de Chevassu on trouve une proportion de { cancer du testicule ectopique pour 9 cancers du testiculescrotal, tandis qu’il n’y a qu’un testicule ectopique pour 1.000 testicules normalement descendus.

Fréquence comparée des cancers dans l’ectopie abdominale et dans l’ectopie inguinale. — En s’en rapportant aux statistiques de Ordione et Simmons, Chevassu, Redemacker, Meiser, Blanck Sutton, Bulkley on trouve : 1 cancer du testicule en ectopie abdominale pour 4 cancers du testicule en ectopie inguinale, et comme l’ectopie inguinale est environ 4 fois plus fréquente que l’ectopie abdominale, ceci démontre que le cancer du testicule en ectopie peut aussi bien atteindre le testicule en ectopie abdominale que le testicule en ectopie inguinale et que cette dégénérescence y est proportionnellement plus fréquente que sur le testicule normalement descendu.

Age

Sur les 76 cas que nous rapportons nous trouvons l’âge indiqué 71 fois :

dé TS AO SERRE 3 Cas dé- 20 425 ans SM tas de 25 ‘à 30%ans ere LACS de’ -30 à 35 ans Pr Las de 35 à 240; ans#0 RM ICS

dé MOT AT) ANS. TEE 7 cas

tt

Ho ESP ANS ee Li: 6 Las dé 504%) ns = LE M cas Le maximum defréquence est donc entre 23 et 40 ans, vers 35 ans en moyenne.

Le cas le plus jeune est 17 ans.

Le cas le plus âgé est 52 ans.

Donc, comme pour tout cancer du testicule, le cancer du testicule en ectopie abdominale apparaît pendant la période d'activité génitale.

| Sexe

Presque toujours il s’agit de sujets ayant les attributs du sexe masculin. Dans certains cas les sujets sont porteurs d’autres malformations congénitales, et en particulier dans 5 cas, ces sujets sont dés hypospades. Ces cas nous paraissent intéressants faisant la transition avec les cas suivants.

Dans huit cas il s’agit d’hermaphrodites androgynoïdes.Tous passaient pour femmes : la malade de Marion fut mariée 16 ans, la première malade de Zaccharias était femme de chambre, la malade de Ménétrier était mariée et avait une vie génitale normale.

Ilimporte de noter à ce sujet que beaucoup de tumeurs dites ovariennes et rencontrées chez des hermaphrodites doivent être des tumeurs du testicule ectopique ainsi que l’admet Blanck Sutton, après examen des cas de Zaccharias.

AUROUSSEAU 2

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Traumatisme

La plus grande fréquence du cancer du testicule ectopique était habituellement rapportée au traumatisme, lorsque la croyance au seul cancer inguinal était classique. On incriminait alors le port des bandages, les chocs accidentels.

Or ilest difficile d’invoquer un pareil mécanisme pour le testicule en ectopie abdominale qui se trouve bien protégé. Cependant, dans le cas de Johnson, la tumeur apparut après une vive contraction de la paroi, au cours d’un eflort pendant une partie de cricket. (Obs. 1). Dans le cas de Pedersen à l’âge de 13 ans le testicule droit est refoulé dans l'abdomen par un traumatisme (Obs. 28). Dans le cas de Rimiti le testicule avait élé réintégré dans l’abdomen au cours. d’une opération pour hernie inguinale, puis ce fut à la suite d’un traumatisme qu’apparut la douleur (Obs. 74).

Il semble toutefois que même dans ces cas le traumatisme wait agi qu'en rendant douloureux et en accélérant l’évolution du néoplasme, en provoquant dans son intérieur des ruptures vasculaires, voies ouvertes à la généralisation. La seule chose que lon puisse dire est qu’une tumeur à marche lente jusqu'au traumatisme, a présenté ensuite une évolution rapide.

Nous retiendrons seulement, mais à un point de vue différent, le développement du cancer sur deux testicules refoulés dans l'abdomen, l’un par un traumatisme, l’autre opératoirement.

La possibilité de la dégénérescence maligne du

testicule en ectopie abdominale fait que, contrairement à l'avis de Brenner, il faut rejeter la réintégration abdominale comme traitement du testicule en ectopie inguinale, et si on ne peut l’abaisser ou si la glande paraît définitivement atrophiée, il vaut mieux revenir à la castration.

Rapports de l’ectopie et du cancer

Il ne semble pas que l’ectopie soit la cause de la dégénérescence maligne. Mais il y a coïncidence fréquente entre les deux parce qu’elles reconnaissent la même origine. Ce n’est pas à cause de sa descente imparfaite, mais à cause de son développement anormal, que le testicule ectopique est plus facilement sujet à des tumeurs que lorsqu'il est normalement descendu. Ombrédanne se demande si le testicule ectopique n’est pas une glande dans laquelle se serait faite plus souvent que chez les sujets normaux des inclusions cellulaires embryonnaires conduisant ultérieurement à l'apparition d’embryomes dont l’allure clinique est si maligne quand il s’agit du testicule.

Bland Sutton va même plus loin et admet que le testicule ne descend pas parce qu’il est dès ce moment de structure imparfaite. La malformation de structure est pour lui la cause et non l'effet de l’ectopie.

Il importe d’opposer à ces notions, bien que cela n'ait qu’une valeur relative, les cas où la tumeur maligne d’un testicule en ectopie abdominale n’apparut qu'après la castration de l’autre testicule cancéreux en situation normale. (Cas de Arrou Obs. 32; cas de Sabella Obs. 62).

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