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OBSERVATION VII
J. BELOT et A. TOURNAY. — Compression de la moelle dorsale par tumeur. Radiothérapie. Guérison.
(Revue neurologique, 1923, I, p. 722.)
Mademoiselle D... âgée de 25 ans, se présente à l’examen neurologique le 9 mars 1922, en raison de troubles de la motilité et de la sensibilité, s’accroissant graduellement depuis une huitaine de jours. Le 28 février 1922, elle se lève sans rien remarquer
. d’anormal; mais, étant sortie, elle a, dans la rue, l'impression
qu'elle n’est pas d’aplomb sur ses jambes; les jours suivants, la difficulté pour se tenir debout et marcher devient plus grande, la jambe droite paraissant la moins bonne. En même temps, la malade constate une diminution de la sensibilité.
Lors de l’examen, la marche est rendue pénible par de la lourdeur et de la raideur des jambes. Les réflexes rotuliens et achilléens sont exagérés; on trouve une trépidation épileptoïde du pied, un signe de Babinski et des réflexes d’automatisme médullaire des deux côtés. La sensibilité cutanée aux différents modes est diminuée au-dessous d’une ligne passant entre D 2 et D 3.
Ce n’est qu’à une reprise de l’interrogatoire que la malade ajoute une importante précision sur des troubles dont elle n'avait pas parlé tout d’abord, paraissant surtout préoccupée par cette paralysie envahissante.
Depuis environ six mois, elle avait eu à se plaindre de douleurs irradiées transversalement, ayant débuté du côté gauche en arrière, à un niveau qu’elle peut montrer et qui correspond, par rapport à la colonne vertébrale, aux apophyses de D 4 à D 6. C’étaient des douleurs très aiguës, « comme si on me tirait profondément par lambeaux ». D'ailleurs, à l’examen, la compression sur le flanc gauche des vertèbres D 4 et D 5 réveille des douleurs.
Or, cette malade avait déjà un passé pathologique.
En mars 1919, comme, à la suite d’une atteinte de grippe, on soupçconnait chez elle une adénopathie trachéo-bronchique, on découvrit, à l’examen radiologique, des ganglions hilaires; ces ganglions déterminèrent par la suite, en s’accroissant, des phénomènes de compression. En novembre 1919, il existait, au niveau du hile droit, des masses d’un volume évalué à la grosseur de trois mandarines. Les signes de tumeur médiastinale allèrent en s’accentuant et la situation devenait grave, sans que l’on arrivât à être fixé sur la nature exacte de l’affection, les différents examens ayant fait tour à tour rejeter les diagnos-
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ties d’adénite bacillaire, de syphilome, de lymphadénome, de kyste hydatique. Enfin, la radiothérapie, instituée après bien des tergiversations, pendant lesquelles la situation devenait désespérée, démontre tout au moins qu'il s’agissait d’une tumeur sensible aux rayons X. Deux séries d’applications furent faites en avril et novembre 1921; très rapidement, au cours de la première, les troubles, devenus très menaçants, avaient rétrocédé et finalement la situation était devenue satisfaisante.
Donc, l'examen neurologique de mars 1922 rendait vraisemblable le diagnostic de compression de la moelle par tumeur, s’exerçant sur la hauteur de plusieurs segments, de D 3 à D 8. Les renseignements recueillis d’autre part donnaient à penser qu’il s’agissait d’une compression, sans doute extra-durale, par extension ou métastase de la tumeur médiastinale précédemment traitée avec succès par la radiothérapie.
Dans ces conditions, il sembla justifié d’essayer l'efficacité des rayons sur cette nouvelle production, en l’attaquant selon les repères que fournissait l’examen neurologique.
Dix séances de radiothérapie, représentant chacune une dose de 5 H, furent pratiquées en divers secteurs. D’abord Ja situation ne fit que s’aggraver, sauf en ce qui concernait les douleurs, qui diminuèrent dès le 13, en même temps que les troubles d’hypoesthésie semblaient décroître. Le 14 au soir, la malade est au lit avec de la fièvre à 39°,7 et de la rétention d'urine. Le 15, les troubles se sont encore aggravés et, à gauche, la paralysie du membre inférieur est complète. Le membre est flasque et la trépidation épileptoïde n’est plus retrouvée de ce côté, alors qu’elle subsiste à droite. Le 28, la trépidation épileptoïde existe des deux côtés.
La série du traitement terminée, la malade retourne en province. L’amélioration se poursuit graduellement. Les divers mouvements segmentaires redeviennent possibles. A la fin d'avril, la malade peut marcher avec l’assistance d’un aide.
Elle revient en mai pour une nouvelle série de radiothérapie (du 10 au 16 mai, 21 H), et en novembre pour une dernière série (du 10 au 23 novembre, 22 1/2 H).
Le 15 mai 1923, la malade est redevenue à peu près normale; on ne constate qu’une hyperréflectivité tendineuse avec quelques secousses cloniques du pied gauche. L'état général est bon; le poids est passé de 49 kgs en 1921, à 69 kgs.
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OBSERVATION VIII
LUCE. — Zür Klinik des extraduralen spinalen Raums : peripachimeningitis, leukämie, Hodgkin.
(Deutsche Zeitsch. {. Nervenheilk., 1923, Bd. LXXVIII, p. 347.)
L'auteur rapporte un cas de lymphogranulomatose maligne, accompagnée de paraplégie par compression médullaire, traitée par la radiothérapie et guérie.
OBSERVATION IX
FLATAU. — De la radiothérapie des tumeurs du cerveau et de la moelle.
(Revue neurologique, 1924, T. I, pp. 22 et 176.)
Chez une jeune malade de 15 ans, apparition, à Pâques 1918, de douleurs à droite de la colonne vertébrale.
Au bout d’un mois, elle présente une parésie des membres inférieurs, qui aboutit, en six semaines, à une paraplégie totale.
En juillet 1918, apparaît une voussure au niveau de D 6, D 8 et une matité à la base droite. On fait une ponction et on retire un litre de liquide jaune ambré. On opère le 20 juillet pour libérer la moelle et on trouve, à droite de D 6 des masses néoplasiques; une partie de l’arc est rongée; les masses néoplasiques sont très adhérentes à la dure-mère et il est impossible de les extirper totalement. Il s’agit d’un sarcome à cellules géantes. On fait de la radiothérapie jusqu’en 1922 et, en 1923, la guérison se maintient.