‹ Tung pao. Toung pao (volume 2)Chapitre 18 sur 50 · DER · texte numérisé non relu

DER

SË Te ÆK Lo Tchen-yu, nu eu EkK Kou king t'ou lou [< Album illustré d'anciens miroirs métalliques»]; 1916, 1 album in-folio de 1 + 3 +17 +34+23+1#.;

3 chapitres.

5 fé] AE JR Tomroka Kenzo, 5 £% ON Hf ZE Kokoi no kenkyu [Recherches sur les anciens miroirs métalliques»]; Kyoto, 1920, in-8°, 2 pl. + 8 + 4 +3 + 416 + 17 pages + 95 pl. + 1 £. d’errata; en vente à la

librairie Maruzen, 8 yen.

Les anciens miroirs de bronze ont attiré depuis longtemps l'attention des savants européens, et on en trouve de nombreux spécimens dans nos musées. Rien qu’à Paris, il y en a des séries, en général de type courant, au Louvre, au Musée Guimet eb au Musée Cernuschi. L'ouverture de tombeaux anciens nécessitée par les travaux des chemins de fer a d’ailleurs jeté sur le marché, depuis quinze ans, un très grand nombre de ces miroirs. D’abon- . dantes reproductions se trouvaient en outre dans les recueils archéologiques chinois bien connus: Po kou t'ou lou, Si ts'ing kou kien, Si ts'ing siu kien, Ning cheou kien kou, Kin che so. Toutefois la plupart des notices consacrées aux miroirs anciens par les savants d'Europe concernent le problème des miroirs dits «magiques», c’est-à-dire de ceux qui doivent à l'emploi de deux alliages et au

polissage la curieuse propriété de refléter par leur face polie les

coutours des reliefs existant sur l’autre face !). M. Hirth est à peu près le seul savant d'Europe qui se soit occupé des miroirs au point de vue de leur histoire et de leur ornementation ?). Des données plus ou moius fragmentaires, remontaut en partie aux travaux de M. Hirth, ont passé dans les divers manuels concernant l’art chinois *). Mais toute la question est à reprendre à la lumière des riches matériaux qui nous sont fournis par MM. Lo Tchen-yu et Tomioka Kenzo.

L'un des sujets qui ont le plus attiré l’attention de M. Hirth dans ses recherches sur les miroirs chinois est la présence, sur toute une série de miroirs que le Po Lou t'ou lou et les recueils impériaux du XVIII siècle attribuent aux Hau, d'animaux marins et de grappes de raisin. Le raisin à été traditionnellement rapporté en Chiue de Bactriane par Tchang K'ien dans la seconde moitié du II® siècle avant notre ère, et porte d’ailleurs un nom, p'ou-t'ao, qui n’est pas chinois, et où M. Hirth, à la suite de Kingsmill #), croyait retrouver le grec Bérous. M. Hirth émet en outre, sous

toutes réserves, l'hypothèse que le nom de l’animal marin, # Æ

1) Voir la bibliographie de cette question aux p. 211—212 de l’article de Hirth, Chinese metallic mirrors, dont il est question à la note suivante, et ses notes sur les miroirs magiques aux pages 243—247 du même article. M. Hirth (p. 244) y dit m’avoir pu identifier ee + 47 Wou Tseu-hing, à qui est attribuée la première explication du phénomène des «miroirs magiques». En réalité, c’est 1à l'appellation littéraire de Æ: EF on Wou-k‘ieou Yen, mort en 1311 à l’âge d'environ 40 ans, et qui a laissé plusieurs ouvrages dont un petit traité archéologique intitulé EL nr FH Iio kou pien (cf. Wylie, Mofes on Chinese literature’, 34, 112; B.ET.E.-0, 11, 136; IX, 221). La collection des poésies de Wou-k‘ieou Yen est maintenant accessible dans le Wow lin wang échÜ yi lchou t1s‘ien pien.

2) Ueber fremde Einflüsse in der chinesischen Kunst, Munich et Leipzig, 1896, in-8°, xvIu + 83 pages, ill.; CAixese Metallic Miroirs, dans Boas Memorial Folume, New-York, 1906, in-8°, p. 208—256, ill. (le tirage à part comporte en outre une table et un index).

3) Cf. Bushell, L'art chinois [trad. franc. de 19107, p. 109—113; O. Münsterberg, Chinesische Kunstgeschichte, X, 52—56; II, 159—16$.

4) En réalité, cette hypothèse avait déjà été formulée en 1837 par Ritter (cf, F. W. K. Müller, Toxrè und Kuisan (Küÿän), dans Sitz. der k. preuss. Ak. der Wiss., 1918, p. 572).

hai-ma, «cheval marin», résultait d’une sorte de jeu de mots évoquant le nom de la plante sacrée iranienne haoma, le soma de l'Inde. En tout cas, ces miroirs révèlaient selon lui d’une manière saisissante une influence gréco-bactrieunne sur l’art chinoïs aux alentours du début de notre ère!). L'équivalence de hai-ma et haoma, bien peu vraisemblable, n’a généralement pas rencontré grande faveur ©), et on a proposé en outre de reconnaître dans ces miroirs une influence scythique ou <mittelasiatisch» plutôt que spécifiquement gréco-bactrienne %). Par contre, l'équivalence p'ou-t'ao = Borpus est passée dans l'usage courant, et les manuels de Bushell et de Münsterberg consacrent l’opinion que les miroirs aux raisins rendent témoignage d’une influence occidentale qui s’est exercée en Chine sous les Han.

En réalité, il n’y a pas grand’ chose à retenir de toutes ces hypothèses.

D'abord l’équivalence p'ou-t'ao = fBorpvs, malgré le crédit qu’elle a rencontré, n’est guère satisfaisante. Le vrai nom de la vigne est plutôt sraQur que Bérevs, qui signifie au propre une «grappe» de raisin. En outre, Tchang K'ien a rencontré en Bactriane non pas des Grecs, mais des Iraniens qui avaient subi certaines influences helléniques; il serait bien invraisemblable que ces [raniens, chez qui la vigne était une culture ancienne, l’eussent appelée d’un nom grec, qui, comme l'a fait remarquer Ed. Huber, aurait dû alors laisser quelque trace en iranien ou en araméen. D'autre part, le mot p'ou-t'ao, sous ses diverses orthographes it] ] p'ou-l'ao, à) 2ÿj p'ou-l'ao, etc., comporte toujours au début de la deuxième syllabe une ancienne

sonore dh (d), à laquelle le 7 de Borpu ne répond pas‘). Les

1) Fremde Einflüsse, p. 28—29.

2) Cf. Chavannes, dans 7. À, 1896, II, 534—535. 3) Münsterberg, Chines. Kunstgesch., T, 56.

4) La plus ancienne orthographe est Vi ] p'ou-l'ao, avec deux anciennes sonores ;

vraisemblances me paraissent donc être, pour p'ou-t'ao, en faveur de l’étymologie proposée naguère par Ed. Huber mais qui a passé inaperçue, à savoir une forme apparentée au sanscrit mrdu, attesté au sens de raisin dans le vinaya des Sarvastivadin !).

Mais surtout, il apparaît aujourd’hui que le Po kou t'ou lou et les recueils du XVIII® siècle se sont trompés en datant des Han les miroirs «aux raisins». Déjà, paraît-il, l'historien et archéologue £È Hi Ts‘ien Tehan, dans son £i #4 4 £k King ming tsi lou ou tecueil des inscriptions [gravées] sur les miroirs métalliques ?), s'appuyant surtout sur le texte même des inscriptions gravées sur les miroirs, avait conclu que les miroirs <aux raisins» dataient non

des Han, mais des T'ang. Les recherches de M. Lo Tchen-yu, de

elle se rencontre déjà dans le da FF He Chang lin fou de Sseu-ma Siang-jou; or Sseu-ma Siang-jou a dû mourir eu 117 av. J.-C.; on voit que le morceau est sensiblement

contemporain de Tchang K‘ien, qui a dû revenir de Bactriane en 126 av. J.-C. J'avoue d’ailleurs que les conditions du retour de Tchang K'‘ien ne me paraissent pas favorables au transport de graines ou de plants. Il serait bien important à ce point de vue de déterminer la date exacte de la composition du C#ang lin fou, ce qui ne paraît pas impossible. Je signalerai en passant que le Ckarg lin fou fournit aussi un exemple du nom chinois du corail, chan-hou, plus ancien que tous ceux relevés jusqu'ici.

1) B.E.F.E.-0., XIV, 1, 13. Cf. aussi Laufer, Siro-lranica, p. 225—226.

2) Ts‘ien Tchan (sex Ve Hien-tche, /ao 32 Éd Che-lan) vécut de 1744 à 1806; c’est Ini qui est faussement appelé £È Fi Ts‘ien Tien dans Giles, Biogr. Dict., n° 367, avec une indication erronée de 1744 pour sa réception au grade de bachelier. Il

était le fils du frère aîné du célèbre érudit Ts‘ien Ta-hin. Quatre œuvres de Ts‘ien Tchan

sur les classiques ont été éditées sous le titre de £È Æ py fÉ Ts‘ien che sseu tchong

(ef. ch. 1 du Aouei ko chou mou). Une liste partielle des œuvres dé Ts‘ien Tchan est donnée au ch. 24 du Zi fai ming jen lche tou siao tchouan. 11 a laissé un recueil archéo-

logique intitulé <= 7 Fi sf oi ru FRS ER En Che lieou tch‘ang lo tl'ang

kou ki k‘ouan tche, et c’est à la suite de ce recueil qu’est publié le King ming tsi lou

ou plus complètement 2e Âk, FE 1 ÎF £i #4 #£ £k Houan houa pai che

hiuan king ming tsi lou, en 2 chap. Je ne sais quand l'édition a été faite; en 1870, le Chow mou fa wen donnait encore le King ming 1si lou comme inédit. En 1916, un exemplaire du Che Lieou tch'ang lo t'ang kou k‘i k'ouan tche et du King ming tsi lou, comprenant 2 pen en tout, était en vente au Bunkyudo pour 35 yen; nous n’avons pas l’ouvrage à Paris, et je ne l’ai jamais vu. On trouvera en outre le texte de sept inscriptions de miroirs des Han et de trois inscriptions de miroirs des T'ang au ch. 14 du Six Lou wen yuan de Souen Sing-yen (éd. du P‘ing {sim kouan ts‘ong chou).

M. & [} # Æ Kita Sadakichi et de M. Tomioka (p. 36, 269 —270) semblent bien confirmer ces conclusions. On connaît aujourd’hui un assez grand nombre de miroirs datés allant du I au VI® siècle; aucun n’est un miroir «aux raisins». M. Tomioka admet toutefois que ces miroirs «aux raisins» commencent peut-être un peu plus tôt que ne pensait Ts'ien Tehan, et date leur apparition non pas du VII® siècle, mais de la fin des «six dynasties», c’est-à-dire du VI® siècle. L'influence egréco-bactrienne» ou <mittelasiatisch» du temps des Han ne peut donc être pour rien dans leur décoration.

L'album de M. Lo Tchen-yu donne, aux dimensions originales, un choix de 159 miroirs; les planches sont excellentes; malheureusement elles reproduisent presque toujours des estampages dont l’exécution parfaite rend fort bien les «miroirs dont la décoration est toute en méplats, mais ne donne qu’une idée insuffisante de ceux qui sont traités en reliefs arrondis.

Le premier chapitre de M. Lo reproduit des miroirs datés; j'y reviendrai tout à l'heure. Quant aux chapitres 2 et 3, ils sont consacrés à des miroirs de toutes époques, depuis les Han jusqu'aux

Yuan et peut-être jusqu'aux Ming. L'un d’eux, reproduit d’après

l’exemplaire de la célèbre collection Eh Teh'en de YHEIE$ Wei-hien,

est ce même miroir dit de Le PCA: Jong K‘i-k'i, dont le Suédois F, R. Marlin avait recueilli en Sibérie un exemplaire fragmentaire muni d’une inscription runique et dont Devéria avait retrouvé dans

le Kin che so un dessin fait d’après deux autres exemplaires !); il

1) Cf. B. Laufer, Confucius and bis portraits (extrait de The Open Court, mars et avril 1912), p. 10—14, Comme M. Laufer, je n’ai retrouvé l’ancedote visée que dans Lie {seu, mais le nom y est écrit de 7x H} Jong K‘i-k‘i (c’est à tort que la traduction du P, Wieger, Canon tavïste, 11, 75, supprime le troisième caractère du nom). Les auteurs du Xix che so disent à propos de cette différence d'orthographe que nr Us FA « dans l’antiquité les caractères se sont employés l’un pour l’autre »; mais c’est là, semble-t-il,

une hypothèse toute gratuite; je ne connais aucun cas ancien où “jf k‘i et H} ki

soient interchangeables, J’entrevois une explication possible. Ce miroir est certainement des

dut en être fondu beaucoup d'exemplaires sous les T'ang, car M. Tomioka le publie également (pl. 58) d’après l’exemplaire du 1 A ie Pao-king-tehai (Hokeisai) 1). A la fin du 3° chapitre de M. Lo Tchen-yu se trouvent plusieurs miroirs avec inscriptions en caractères étrangers. L'un est en brahmi; c’est un miroir lamaïque

qui n’est pas antérieur aux Mongols, et d’un type dont j'ai vu pas

T'ang. Or l’empereur Hiuan-tsong avait pour nom personnel HE HE Long-ki, et le second

caractère fut frappé de tabou à son avénement en 712. Il suffirait que le miroir eût été

créé postérieurement à cette date pour qu’on s’expliquât le remplacement de A ki, où

entrait le même élément constitutif que dans HE ki, par l’homophone na: ki. J’incline

moins que M. Laufer à admettre que ce miroir s'inspire d’un modèle plus ancien et qui pourrait remonter jusqu'aux Han; on ne connaît jusqu'ici aucun miroir de ce motif ou de ce style qui soit antérieur aux T'ang, et M. Tomioka reproduit sur la même planche nn autre miroir des T‘ang, représentant le cannellier et le lièvre lunaires, qui est tout à fait de même style que le miroir de Jong K'i-k'i.

1) La collection du Pao-king-tchai est la plus riche à laquelle M. Tomioka emprunte ses illustrations, et il résulte clairement de certains passages de l'ouvrage que c'était là le nom qu’il avait donné à sa propre collection. D'ailleurs l'ouvrage donne comme faisant partie du Pao-king-tchai plusieurs miroirs que M. Lo Tchen-ÿu indiquait comme étant dans la collection de M. Tomioka. En fait, beaucoup des plus remarquables miroirs chinois anciens ont passé, au cours des dernières années, des collections chinoises dans les collections japonaises et M. Tomioka avait acquis dès avant 1916 plusieurs des meilleurs miroirs de la collection Tch‘en de Wei-hien, Dans le cas présent, la comparaison de la planche de M. Lo Tchen-yu et de celle de M. Tomioka montre toutefois que, pour le miroir de Jong K‘i-k'i, il s’agit d'exemplaires différents. Il est d’ailleurs évident qu'il y a eu divers états de ce miroir. Le dessin du Aix che so n’est pas d’une fidélité à toute épreuve, mais on remarquera que le bâton de Confucius paraît bien se terminer par une tête de dragon dans l'exemplaire publié par M. Tomioka comme dans l’exemplaire trouvé en Sibérie, mais non dans celui reproduit par M. Lo Tehen-yu. D'autre part, ce dernier exemplaire paraît le plus net de tous, et il est regrettable que nous ne le connaissions pas par une photographie

directe, mais seulement par un estampage. La rédaction de l'inscription du miroir est assez

bizarre. On a une ligne à gauche portant zL k +, puis une ligne centrale portant F5 H As , puis une ligne de droite portant Le 2 À] - M. Tomioka (p. 272

lit l'inscription entière d’aflilée en commençant par la ligne de gauche. Le ÆXix che s0 se borne à dire que la ligne du centre est + YE kou-tcho, «d’une simplicité archaïque ». L'inscription, qu'on la prenne par la droite ou par la gauche, n'en est pas moins grammaticalement inexplicable, Je pense que l’auteur a voulu avoir le nom de Confucius à gauche

et celui de Jong K‘i-k‘i à droite pour répondre à la place même des personnages sar le

miroir, et qu'il faut lire comme si on avait: JL k 25 HE H ë Le) JR Fi # [H1.

mal d'exemplaires en Chine; je crois bien qu'on en fait encore 1). Un autre est en si-hia. Un troisième porte quatre grands caractères que M. Lo Tchen-yu qualifie de £'i-tan; si cette épithète, dont je n'ose actuellement me porter garant, était juste, nous aurions là pour la première fois quelques caractères k‘i-/an à ajouter aux cinq caractères reproduits dans le Chou che houei yao. Un dernier miroir enfin contient 28 ou 29 caractères Joufchen du type des egrands» caractères joutchen de l'inscription de Sa-li-kan; M. Lo Tehen-yu n'indique pas la provenance de ce miroir; il se trouve en réalité au musée de Séoul dont le directeur m'en a envoyé naguère un estampage.

L'album du M. Lo Tchen-yu ne comprend que des fac-similés, sans déchiffrement ni commentaire. L'œuvre de M. Tomioka est d'an tout autre caractère. M. Tomioka Kenzo, de son appellation littéraire ŸJ£ SE Tokwa, est mort en 1919 à l’âge de 46 avs, après assir consacré une vie malheureusement brève à l'étude de la littérature et de la civilisation chinoises ?) et s'être spécialisé, dans ses dernières années, dans la question des anciens miroirs métalliques. Sur ce sujet, il avait publié de 1916 à 1919 une série d'articles dans les revues Geibun, 5h LUN Shirin, Kokka, A nr EX RE SE Kôkogaku zasshi, Er En EN Slin-Kyôto; la plupart sont restés iguorés des savants européens. Le fils de M. Tomioka et un de ses disciples, M. #f JE À 75 Umehara $Sueji, ont réuni ces articles,

les ont complétés, y ont joint plusieurs autres travaux restés en

1) Un exemplaire de ce même miroir est reproduit dans Bushell, Z’4ré chinois (trad, franc.), fig. 61.

2) M. Tomivka avait acquis des documents chinois importants. Îl possédait les ch. 29 et 30 d’un manuscrit des T'ang de la collection littéraire de + ] Wang Po (648—676 ?),

intitulée +Æ = a 4É Wang tseu ngan tsi, ainsi qu'un manuscrit nestorien ‘fragmentaire provenant de Touen-houang, le — mi EI Yi chen louen. Le premier de ces manuscrits est absolument inédit. Sur le second, on n’a jusqu'ici qu'une note préliminaire publiée par M. Haneda dans le Geibun de 1918, n° 1, p. 141—144 (c’est par un Zapsus que, dans le J, 4., avril-juin 1920, p. 261, j'ai écrit Fukuoka au lieu de Tomioka).

manuscrit, et c’est à ces soins pieux que le présent volume doit son apparition. M. Tomioka, qui connaissait personnellement M. Lo Tchen-yu, cite à maintes reprises le Æou king t'ou lou.

Les mémoires que le volume renferme sont les suivants:

1° Origine des miroirs métalliques (p. 1—8). Avait paru dans le Geibun de 1918.

20 Les anciens miroirs chinois exhumés au Japon (p. 9—38).

Avait paru dans le Shirin de 1916.

30 Notice illustrée sur les anciens miroirs chinois (p. 39 —107).

Avait paru dans la Kokka de 1917.

40 A propos des anciens miroirs datés depuis les Han jusqu'à la fin des Six dynasties (p. 108—147). Avait paru dans le Xükogaku zasshi de 1917.

50 A propos d'un miroir du temps de Wang Mang et d'anciens miroirs à nien-hao des Han postérieurs (p. 148—168). Avait paru dans le Xôkogaku zasshi de 1917.

6° À propos d'anciens miroirs chinois datés (p. 169—174). Travail inachevé, publié dans le Xükogaku zasshi de 1919.

7 À propos de l'âge d'anciens miroirs trouvés dans la partie Nord de Kyüshn en même temps que des épées de bronze, des fers de lance en bronse et des poteries yayoishiki (p. 175—207). Avait paru dans le Xükogaku zasshi de 1918.

80 Æramen des miroirs à sujets vivants (p. 208—225). Travail inachevé; inédit.

90 Examen des miroirs à décor de Wff HA p'an-tch'e (<dragons sans corne enroulés») (p. 226—236). Travail inachevé; inédit.

10° À propos des anciens müroirs exhumés dans la partie Nord de Kyasha (p. 237—255). Travail inachevé; inédit.

11° Propos sur les anciens miroirs (p. 256 — 276). Avait paru

dans le Skin-Kyüto de 1918.

12° Addenda à la « Notice illustrée sur les anciens miroirs chinois» (p. 277—292). Brouillon.

13° Encore à propos des anciens miroirs chinois evhumés au Japon (p. 293—342). Brouillon.

14° À propos des anciens miroirs tmités au Japon (p. 343 —415). Brouillon.

15° Appendice. À propos des « Recherches sur les anciens miroirs» du maître Tomioka, par M. Umehara Sueji.

Cette simple table du Xokei no Kenkya montre qu'il ne s’agit pas d’un ouvrage didactique général sur les anciens miroirs, et on a parfois l'impression que M. Tomioka, s'il avait vécu, aurait remanié ces articles pour éviter certains doubles emplois. Mais tel quel, cet ensemble de travaux sur les miroirs depuis les Han jusqu'aux T'ang est singulièrement instructif. Un grand effort est fait pour classer chronologiquement les types de miroirs en partant d’un côté de ceux qui sont datés, de l’autre des fouilles faites au Japon et en Corée dans des conditions de contrôle satisfaisantes. Il est évident que c’est là la bonne voie; en Indochine également on a exhumé des miroirs intéressants 1), et un jour viendra sans doute où on pourra faire des recherches systématiques fructueuses aux confins de la Mongolie.

Dans le premier des articles ainsi réunis en volume, et qui est

consacré à l'origine des miroirs métalliques (p. 1—8), M. Tomicka

1) Cf. les pl. 1 et 8 de B.£.F.E.-0., XNIL, 1 (le grand miroir de la pl. 8, très voisin comme type des pl. 38 et 40 de M. Tomioka, paraît être des IV°—V® siècles). Il y a en outre à l’Ecole française d'Extrème-Orient, depuis plus de quinze ans, une portion d’un superbe petit miroir à vernis noir (4ei-ts‘i), provenant lui aussi d’un ancien tombeau tonkinois. Le dernier numéro de 1919 du B.£.F.L.-0. (XIX, v, 101—102 et pl. 6) reproduit un miroir fort intéressant trouvé en Annam, qui n’est pas sans analogie avec le miroir de 10 A.D. dont il sera question plus loin, et surtout avec le miroir reproduit par M. Lo Tchen-yu, ch. M, {° 10 v°. On remarquera que l'inscription, généralement de quatre vers, est réduite sur le miroir trouvé en Annam à deux vers, plus une exclamation finale. L'inscription spécifie que le miroir a été fabriqué par l'administration des fi À chang-fang, c’est-à-dire, théoriquement au moins, par l’administration métropolitaine char-

gée de la fabrication des objets impériaux sous les Han.

étudie les textes de l’ancienne littérature chinoise où il est question des miroirs métalliques. On sait que l'antiquité chinoise nomme surtout les miroirs à propos du «feu pur» à tirer du soleil et de l’<eau pure» à tirer de la lune. Plusieurs travaux européens ont déjà utilisé une partie de ces textes, mais en s’ignorant généralement les uns les autres !), et la moisson même de M. Tomioka, indépendante de celle des savants occidentaux, pourrait être elle-même facilement enrichie. Tous ces textes seront à reprendre en un travail d'ensemble, en y joignant aussi plusieurs passages parallèles du Louen heng ?), et en tenant compte, dès l'apparition du bouddhisme, des notions analogues apportées de l’Inde 5); d'autre part, il faudrait bien tirer au clair les textes qui parlent de «miroirs de jade», de «miroirs de fer». C’est une étude considérable que je ne puis entreprendre ici. Je rappellerai seulement que le miroir pour tirer le feu du soleil est rond, mais que celui destiné à recueillir l’eau

de la lune devait être en principe carré 4); il est donc possible que

1) Pfizmaier, Die Anwendung und die Zufälligkeiten des Feuers im alter China (Sitz. d. phil.-hist. CI. de V'Acad. de Vienne, t. LXV, p. 767—812); Hirth, Chinsse Metallic Miroirs, p. 212—234; Chavannes, Le T'ai chan, D. 187—191; M. W. de Visser, Fire and ignes fatui in China and Japan (extr. des Mitteil. des Sem. f. Or. Spr.).

2) Cf. Forke, Lun-Héng, 1, 318; 11, 132, 351, 412, 496—498. Mais c’est sûrement à tort que M. Forke a vu dans Dr RL yang-souei un «burning-glass»; il s’agit de mi- -roirs métalliques légèrement concaves. Les textes plus tardifs relatifs à l’emploi d’une lentille faite d’un morceau de glace (eau gelée) n’ont pas été étudiés systématiquement, Quant aux lentilles de cristal et de verre, qu’on ignorait au temps du Louen heng, elles ont été l’objet d’un fort bon travail de B. Laufer, Oprical Lenses, dans T‘oung Pao, 1915, 171—228 (la traduction de yang-souei par «burning-glass» y est réfutée p. 179—183).

3) Les anciens textes chinois appellent yang-souei le miroir avec lequel on tire le feu du soleil et 4 É A kien-tchou ou p1 ÉA4 fang-tchou celui dans lequel on recueille l'eau de la lune. Or ces termes ont été employés par les traducteurs des écritures bouddhiques, en particulier dans la version chinoise du (urañgamasutra (cf. Beal, À Catena of Buddhist Scriptures, p. 335, où le terme traduit par «burning glass (or mirror)» est yang-souei, et p. 337, où le «moon-speculum» rend axg-fchou du texte chinois). Cf. encore Chavannes, Cing cents contes, I, 210, où l'explication de yang-souei par lentille de cristal est à rejeter, au moins en ce qui concerne la Chine.

4) Cf. de Visser, fire and ignes fatui, p. 20; Chavannes, Le T‘aichan, p. 190; bien qu'on en ait proposé d’autres explications, je peuse que, dans fang-tehou, le mot fang a

se « ré

les rares miroirs métalliques carrés qu’on trouve en Chine dérivent à l’origine du miroir lunaire.

Il est en outre une indication portée parfois sur les miroirs et dont les vieilles idées cosmogoniques des Chinois rendent compte. Le métal est l'élément de l'Occident, mais il fond par le feu, et le feu est l'élément du Sud. À ce titre, ce sont les caractères cyeliques du Sud, soit ping et ting dans la série des «troncs» (kan) et sseuvou dans la série des «branches» (tcAe) ?), qui sont les jours favorables à la fonte des miroirs, et l'opération, autant que possible, sera faite à l'heure wow, c'est-à-dire à midi. Quant à la saison, les alentours du solstice d'été sont naturellement le plus propices, et c’est pourquoi un certain nombre de miroirs, avec ou sans indication de nien-hao ou d'année, portent qu'ils ont été fondus le jour pingwou du 5® mois; l'indication est conforme aux traditions recueillies dans le Zouen heng?). Cette même indication se retrouve parfois sur les anciennes agrafes de ceinture *). J'en ai actuellement sous

les yeux une qui appartient à M. P. Mallon et qui porte en in-

crustation d’or l'inscription suivante: 4. Æ + H 1 Di #7 de (EE) mi. 46 ÀE (= ME) «Agrafe fabriquée

précisément son sens usuel de «carré». Le texte traduit par Chavannes est très intéressant ;

mais je ne crois pas juste de traduire & ao) kin-si par «or et étain» dans le texte du Teheou li; il doit s'agir de «cuivre et étain», le «cuivre» étant ici appelé simplement le «métal» par excellence.

1) CÉ de Visser, Zoc. Zaud., p. 20.

2) Une théorie analogue se trouve au ch. 13 du Seoz chen Ki, mais l’exposé le plus ancien est dans le Zouen Aeng (trad. Forke, I, 378). La traduction de M. Forke est assez inexacte. Le début du texte signifie: « Avec un [miroir] yang-souei on prend du ciel le feu. [Voici comment:] Le jour pirg-wou du 5° mois, au milieu du jour, on liquéfie cinq minéraux et on en fond un objet, qui est rendu brillant par le frottement. On le tient en l'air dans la direction du soleil, et alors le feu arrive. C’est là la manière correcte de prendre le feu.»

3) Pour ces mentions du jour pirg-wou sur les anciens miroirs et sur les agrafes de

ceinture du temps des Han, cf. l’intéressant passage du ch. 8 du AL ÀE Tcha p'ou de *E cs] Kouei Feu reproduit dans l'ouvrage de M. Tomioka, p. 126—127.

le 15° jour ping-wou du 5° mois; puissent grâce à elle fils et petit-fils prolonger les [sacrifices] ancestraux et faire durer les [sacrifices au] dieu du sol!»

Le plus ancien miroir daté connu jusqu'ici est un miroir de la

o, c’est-à-dire de

2° année che-kien-kouo de l’usurpateur Wang Manpg,

10 A.D. Il était déjà signalé et déchiffré au 2° chapitre de l’appendice du R TÉ #È LAN = RE HR ER Song yuan kieou pen chou king yen lou de LE ZX # Mo Yeou-tche (1811—1871), et, après avoir appartenu à Ji] À 54 Tcheou Sing-yi de jf: ft Siang-fou, qui l'avait acquis à Fou-tcheou, il est aujourd’hui la propriété de M. FE Mao à 4 LE Jou-kao dans le Kiang-sou. L'inscription est en bon état, mais écrite avec des formes archaïques dont certaines n’ont pas encore été identifiées d’une manière satisfaisante. Le décor comporte un homme (?) et des animaux très stylisés !).

J’ai dit que le premier chapitre de l'ouvrage de M. Lo était consacré aux miroirs portant une date de fabrication; M. Tomioka a. ajouté quelques numéros à cette liste (p. 137—138), mais s'arrête à la fin du V® siècle. Les miroirs datés connus jusqu'ici sont des dates suivantes: 10 A.D. (cf. ci-dessus); 105 (connu de Ts'ien Tehan; un exemplaire naguère dans la collection de Touan-fang; un exemplaire dans la collection Teh‘en de Wei-hien); 167 (collection Tomioka); 174 (chez M. Ts'ien de Siang-yang; mentionné dans le K'i kou che ki kin wen chou de Lieou Sin-yuan); 184 —189 (période tchong-p'ing, mais chiffre d'année illisible; publié par M. Lo Tchen-yu); 196 (chez M. Siu Naï-teh'ang); 205 (5 miroirs); 209 (chez M. Naito Torajiro); 219 (3 miroirs); 227 (2 miroirs) ?); 229 (coll. Tomioka);

1) Sur ce miroir, cf. l'ouvrage de M. Tomioka, pp. 41, 111, 151—154 (où il reproduit une notice importante de FR ES a Souen Yi-jang) et pl. 27, ainsi que l’album de M. Lo Tchen-yu, ch. E, f° 7 r°. Ë

2) Le tableau de M. Tomioke (p. 138) indique la 8° année Aouang-wou et l’équivalence 229. Mais le miroir est du 9 mois et, dès le 4° mois de la 8° année Zouang-wou, le

nien-hao avait été changé en Aouang-lorg. Il semble bien qu’il faille lire en réalité 6° an-

238 (2 miroirs); 246 (estamp. chez M. Tomioka); 253 (2 miroirs, dont un chez M. $Siu Nai-tch'ang); 256 (2 miroirs, dont 1 à la Faculté des Lettres de Tokyo, l’autre dans coll. Tch‘en de Wei-hien); 258 (anc. coll. Touan-fang); 259 (reproduit par M. Lo); 273 (coll. Tomioka et album de M. Lo); 280 (album de M. Lo); 281 (2 miroirs, dont un dans coll. Tch‘en de Wei-hien); 291 (reproduit par le Kin che so); 337 (coll. du baron Koga); 412 (album de M. Lo); 498 (coll. Tomioka); 1052 (album de M. Lo); 1093 (ibid.); 1172 (ibid.); 1198 (ibid.; 2 miroirs) 1); 1199 (ibid.); 1389 (ibid.).

Aucune conclusion formelle ne se peut tirer de ces dates, pour lesquelles le hasard des trouvailles joue naturellement un grand rôle. On est cependant tenté d'admettre qu'il y ait eu des époques, comme le III® siècle, où la datation des miroirs était assez usuelle, au lieu qu'on ne connaît jusqu'ici aucun exemple d’un miroir daté pendant les trois siècles que dure la dynastie des T'ang. Ce silence ne peut être entièrement fortuit.

Il ne saurait s'agir ici de suivre en détail l'étude que fait M. Tomioka des divers motifs qui figurent sur les miroirs. Les questions y sont traitées sous l'aspect du style des motifs, de la rédaction des inscriptions, du caractère de la calligraphie. M. Tomioka ne donne que très peu d'indications sur la composition chimique

des miroirs ?). Il y a enfin une question intéressante sur laquelle je

née Aouang-wou (227), comme l'avait fait M. Lo et comme M. Tomioka l’a fait dans des articles subséquents (cf. à ce sujet p. 62—63, 116, 170—171 et la pl. 32).

1) Ces deux exemplaires sont reproduits aa {° 17 r° du 1*% ch. de M. Lo Tchen-yu; j'ai rapporté de Si-ngan-fou un troisième exemplaire que j’ai donné au Musée Guimet.

2) La composition théorique indiquée pour les miroirs par le Zcheou Li, et qui est de cuivre et d’étain par parties égales (cf. Hirth, C#inese Metallic Mirrors, p.218), n’a jamais, je crois bien, été constatée dans la réalité. On admet généralement que les miroirs des Han ont une composition moyenne de 75 % de cuivre et de 25 % d’étain. Pour des miroirs trouvés dans le Nord de Kyushn, M. Tomioka (p. 202) indique 65 à 68 % de cuivre, et 25 à 30 % d’étain, le reliquat étant du plomb et du zinc. C'est là une composition très différente de celle indiquée dans St. Julien et Paul Champion, /ndustries anciennes et mo-

dernes de l'empire chinois, p. 64, qui s’applique sans doute à des miroirs modernes, et où

ne trouve rien dans son beau travail: c'est celle des miroirs doubles. J'ai vu à Pékin, chez un archéologue japonais, deux miroirs doubles, l’un complet, l’autre réduit à un seul de ses éléments. Le second miroir, plus petit et garni à son rebord extérieur de quelques boutons disposés sur la tranche, s’encastre dans le rebord saillant du plus grand. Le type de la décoration était ancien, genre Han ou «Six dynasties». J'ignore la raison de cette disposition. Les boutons saillants, qu'ils soient placés sur la face des miroirs ou sur la tranche, sont appelés 0 ling, <grelot»; de là le nom de Fe] £à ling-king, «miroirs à grelots», donnés aux miroirs qui ont ainsi sur la tranche ces boutons saillants, le plus souvent au nombre de 5 ou 6, parfois aussi de 4 et de 71). Le type de ces «miroirs à grelots» serait-il sorti primitivement des miroirs doubles? D'autre part, nous manquons encore de données sur des miroirs dits JE £& kia-king, «miroirs doubles», et qui seraient constitués de deux moitiés appliquées l’une contre l’autre, mais en laissant au centre un certain

vide entre elles ?). Comme on le voit, même après les recherches

il y aurait 30 % de zinc contre 50 % de cuivre et 16 % d’étain. On est encore fort mal renseigné sur l’histoire du zine en Chine (cf. B. Laufer, Sixo-/ranica, 514—515), et le fait certain est que l’ancienne langue chinoise n’a pas de caractère écrit spécial pour désigner le zinc. Mais la présence du zinc dans les alliages anciens montre qu’on devait utiliser certaines minéraux à base de zinc. Je ne sais sur quoi repose l’aftirmation de Stan. Julien (Zndustr. anc. et mod., p. 46) que le zine est désigné en Chine sous le nom de «plomb japonais»; il paraît y avoir là quelque méprise. Je n'ai pas actuellement à ma

disposition le T‘ien Hong k‘ai wou, qui est à la base des traductions de Julien, mais les

noms usuels du zine en Chine, au XVII° et au XVIII° siècle, sont FI & pai-k‘ien, «plomb blanc», et surtout pu FA ya-k‘ien, «second plomb» (encore que cette dernière expression manque dans le dictionnaire de Giles); les savants contemporains emploient un caractère nouveau, $È sin, qui est une transcription de «zinc».

1) Cf. par ex. le miroir de 1052 reproduit au 1° ch., £° 15 r°, de M. Lo Tchen-yu, et les 15 miroirs qui occupent les planches 92 et 93 de M. Tomioka.

2) Le nom de #ia-king est emprunté an Po kou t'ou. Voici ce que dit à ce sujet la préface de M. Lo Tchen-yu: « Quelques années plus tard [après 1898], me trouvaut temporainement à Wou-tch‘ang dans la résidence officielle de Touan-fang, de son titre posthume Tchong-min, je vis un miroir de [la période] #i-p'ing (172—178) qui était conservé par

M. £È Ts‘ien de Siang-yang. Il était d’une fabrication tout à fait spéciale. Quand on le

chinoises et japonaises dont le livre de M. Tomioka nous donne les résultats, l'étude des anciens miroirs métalliques de l’Extrême-Orient

est loin d'être achevée ?). P-rPerrion:

Professeur PaxpuraAnGA S. S. PissurLANCAR, Recherches sur la découverte de l'Amérique par les anciens hommes de

l'Inde, Sanquelim-Goa, 1920, in-8°, pp. 22.

La fantaisie humaine est sans limites, et les légendes ont la vie dure. L’honorable Hindou qui a écrit la présente brochure cite une série de textes indiens où les indianistes verront clair sans nous. Mais il invoqué aussi les textes chinois, et là nous devons crier casse-cou. D'après l’auteur (p. 19), il y a un récit chinois «éerit en 502 par un moine bouddhiste de Caboul, appelé Hui Shen» et qui montre qu’en 499 de l'ère chrétienne un prêtre bouddhiste, natif de Caboul, nommé Hui Shen, est allé de la contrée de Fou- Sang à King-chow, situé sur la rivière Yang-tse»; d’après le même «Hui Shen», «en 458 de l'ère vulgaire, y furent [à Fou-sang] de Caboul cinq bhikshous> qui y propagèrent le bouddhisme jusque-là inconnu. Pour l'auteur, le Fou-sang est naturellement l'Amérique.

Faut-il rappeler le caractère légendaire du récit de l'ambassade de Houei-chen? Soi-disant, Houei-chen (qui, entre parenthèse, n’est dit nulle part originaire de «Caboul») est arrivé à King-tcheou en 499, sous les Ts'i du Sud, mais l'Histoire des Ts'i du Sud est muette à ce sujet, et l'événement n’est raconté que dans l’Æistoire des Leang, rédigée au début du VII® siècle. Ce récit prêtee aux fonctionnaires

du Fou-sang un titre non chinois de touei-lou qui se retrouve dans cognait du doigt, il rendait un son comme s’il eût été vide à l'intérieur. Je compris alors seulement qu’il existait encore [des miroirs du type] de ceux que le Po kou t‘ou appelle des Æia-king ».

1) Aux p. 239—241, M. Tomioka reproduit un article curieux, encore que peu criti-

que, paru dans un journal chinois et consacré à une importante trouvaille archéologique

faite en 1916 au Kouang-tong dans une tombe d’un no + «roi de Yue».

les notices sur les états coréens. Toute l'histoire est empreinte de traits légendaires, qui ne lui donnent guère de valeur que pour le folk-lore. Quant au Fou-sang, on ne saurait trop regretter l'aberration qui, de De Guicnxs à ViniNG, y a fait souvent chercher l'Amérique. La contagion a gagné jusqu’à la Chine. L'un des coryphées de la révolution chinoise, M. IA Ji ji TonanG PING-LIN, w’a-t-il pas soutenu naguère que le pélerin Fa-hien, en revenant des Indes, avait fait un crochet par l'Amérique. C’est ce qui expliquait selon lui que bien des noms géographiques américains, eu particulier celui de la Cordillère des Andes, soïent si évidemment

«sanserits » ! P. PELLIoT.

Emile Hoveraque, Les peuples d'Extréme-Orient. La Chine (Biblioth. de philos. scientifique dirigée par le D’ Gustave Le Bon), Paris, E. Flammarion, 1920, in-12°, pp. 286.

M. E. HoveLAQUE, aujourd’hui inspecteur général de l'Instruction publique, fut un des premiers universitaires qui bénéficièrent des bourses de voyage «autour du monde» fondées par M. Albert Kau, et c’est ainsi qu'en 1899 il visita l'Extrême-Orient. Il le fit en poète et en artiste, et revint plein d'une sympathie et d’un enthousiasme que vingt ans n’ont pas affaiblis. C’est en ami des Extrêmes-Orientaux qu'il a entrepris d'écrire, pour la section d'histoire générale de la Bibliothèque de philosophie scientifique, deux volumes consacrés l'un à la Chine, l’autre au Japon, et dont le premier à paru voilà quelques mois. Un livre signé de ce nom et paraissant dans cette collection à gros tirage — l'exemplaire que j'ai sous les yeux est déjà du 4® mille — ne saurait passer inaperçu.

L'ouvrage m'a un peu déçu. Je ne parle pas des noms estropiés

et des erreurs de datesl); mieux vaudrait sans doute qu'il n'y en

1) 11 y a beaucoup des uns et des autres, comme « Hiu-Tsung» (p. 184) au lieu de

Houei-tsong, « Chao-Tu-mien » (p. 188) qui paraît être pour Tchao Song-nien, « Karatoum »

eût pas; encore importe-t-il assez peu au publie à qui le livre s'adresse, Mais si M. Hovelaque avait montré son manuscrit à l’un ou à l’autre de nous, nous lui aurions, je crois, formulé amicalement pas mal d’objections singulièrement plus graves. Dès qu’on veut sortir des pures impressions contemporaines et parler de la vieille Chine, il est dangereux d’avoir pour sources principales des œuvres aussi suspectes que la Western Origin of the Chinese Civilization de Terrren de LacouPerie, Le peuple chinois de FARJENEL ou La cité chinoise d'Eugène Simon. Sur la foi de chacun de ces auteurs, on en arrive ainsi à donner une importance indue à des hypothèses qui sont le plus souvent des erreurs.

C’est ainsi que, pour l'origine des Chinois, M. Hovelaque invoque une fois de plus les prétendues tribus «<Bak» qui seraient venues d'Elam en Chine, et reproduit (p. 98—102) les rapprochements fantaisistes de Terrien de Lacouperie, y compris celui de Bagdad, nom cependant purement iranien d’une ville qui ne fut fondée qu'à l’époque musulmane. La citation des Recrus sur l’évolution de l'écriture chinoise partie de l'écriture cunéiforme ne repose sur aucun fait réel, sur aucun document connu. M. Hovelaque conclut: «Un fait paraît infiniment vraisemblable, pour ne pas dire certain: c’est celui d'une immigration de colons venus de l'Ouest». Mais non; rien n’est moins certain, et la thèse n’a même pas jusqu'ici d'indice de vraisemblance. Les caractères somatiques, la langue (car Lacouperie ne parlait pas seulement de l'écriture, mais aussi de la langue) apparentent les anciens Chinois aux autres populations de l'Asie orientale. Nous savons peu de chose sur les influences étrangères qui ont pu s'exercer en Chine dans ces temps très lointains, mais

toute l'argumentation de Terrien de Lacouperie s'appuie sur des

(p. 195) pour Karakorum, ete. Le traité de Nertchinsk n’est pas de 1769 (p. 199), mais de 1689. Leang K'‘i-tch‘ao (p. 216), Leang Ki-tchéou (p. 242), Leang Ki-chéou (p. 245)

ne sont qu'un seul et même personnage.

"RE de Lt. el

textes mal contrôlés, mal datés, qu'il a souvent mal compris; leur accumulation fait peut-être impression sur un profane; quand on y regarde de près, le château de cartes s'écroule.

M. Hovelaque insiste à bon droit sur le traditionalisme qui à maintenu la civilisation chinoise sensiblement dans les mêmes cadres pendant près de 3000 ans; encore ne faudrait-il pas l’exagérer. Pour M. Hovelaque «l’époque capitale est celle où le Tchéouli a été rédigé... À coup sûr, aucun livre, pas même la Bible, n'a eu une influence comparable à celle qu’a exercée le Tchéou-li. C'est lui qui a réglé et fixé pour toujours jusqu'aux moindres détails de la vie chinoise: on peut voir avec quelle minutie par les citations que j'en ai données au sujet de l'engrais humain ....» (p. 130—131); «vingt-cinq dynasties historiques se sont succédé, les invasions, les révoltes ont tout ravagé, sans qu'un iota du culte qui régit la Chine ait été modifié» (p. 127). La comparaison de l'influence du Zeheou li à celle de la Bible est en réalité reprise de M. Hirrn, The Ancient History of China, p. 108; mais là où M. Hirth, sinologue, avait mis «probably», M. Hovelaque écrit «à coup sûr». Je crois d’ailleurs que, dans l’occasion, M. Hirth allait déjà trop loin. Le Tcheou li est essentiellement un tableatf de l'organisation administrative des Tcheou. Sur son autorité avant les Han, nous ne savons autant dire rien; la littérature confucéenne est muette à ce sujet. Après les Han, l'éducation traditionnelle des Chinois se fait au moyen des equatre livres» et des «cinq classiques»; mais dans les «cinq classiques», c’est le Zi ki qui représente les rituels, et non le Trheou li. En réalité, le sens d'un très grand nombre de rites anciens s'est perdu, et beaucoup de rites nouveaux se sont créés. Le Toheou li est un ouvrage d'un intérêt puissant pour l'étude de l’organisation (au moins de l'organisation théorique) des Tcheou; mais il suffit d'ouvrir les ouvrages de M. De Groor sur la religion chinoise pour

reconnaître que, depuis lors, le culte a beaucoup délaissé et beaucoup

innové. Quant à l’«engrais humain», je doute qu'il doive intervenir ici. M. Hovelaque lui fait jouer une sorte de rôle symbolique, à la suite d'Eugène Simon, «pour qui cet engrais est la base de la civilisation chinoise» (p. 36), et reproduit à son sujet (p. 35 —36), toujours d’après Simon, une longue citation «du Teheou-Li, rites agricoles minutieux formulés 100 ans avant l'ère chrétienne». Je n'ai pas actuellement sous la main le livre d'Eugène Simon, mais il y a ici quelque confusion; le Teheou li n’est pas un recueil de rites agricoles; il ne date pas de 100 avant l’ère chrétienne; enfin le passage sur l’«engrais humain» ne s’y trouve pas.

Et pour en finir avec les critiques, je crains que la lecture du livre de M. Hovelaque ne laisse pas une impression exacte de ce qu'ont été les rapports entre l'Extrême-Orient et l'Occident. Dans sa sympathie, en soi fort légitime, pour les Orientaux, l’auteur ne voit chez les Européens en Chine — à l'exception des Jésuites français — que sottise, grossièreté et barbarie ?). Quand il s’agit de flétrir les excès des Occidentaux, il prend de toutes mains: (p.197) ragots de Pinro, ce «prince des menteurs»; (p. 94) anecdote au moins douteuse de Loti, ete. ?) Quand les Européens arrivent en Chine au XVI® siècle, «leur premier soin fut*d'expulser des ports les Arabes qui alors détenaient le commerce»; et «il est à remarquer que ces marchands arabes, pacifiques et policés, n’ont jamais eu de difficultés

avec la Chine.... La haine de l'étranger est née de l’inqualifiable

1) Par contre, M. Hovelaque dit (p. 60) qu’en Extrème-Orient «le moindre coolie sait non seulement lire et écrire, mais peindre et composer des poèmes, jouit d'une œuvre d’art raflinée, a le souci du beau langage et des belles manières». Pauvre coolie!

2) I/histoire est possible; il y a des goujats partout, et les Chinois ont jeté aussi des crucifix aux latrines. Mais on ne saurait trop se méfier de ce qu’on raconte en Chine au voyageur de passage. Loti est un merveilleux évocateur de sites; pour les faits précis, sa caution est médiocre. Ses Derniers jours de Pékin sont essentiellement la réunion d’articles qu'il envoyait alors au Figaro; mais il en a supprimé un, celui où, sur la foi d’un télégramme inexact, il déerivait en témoln oculaire l’incendie du: Yong-houo-kong qui n’a ja-

mais brûlé.

conduite des «diables rouges» (p. 197). C’est là oublier le soulèvement des Musulmans de Canton au VIII® siècle, et les plaintes réitérées formulées contre les Musulmans aux XIII et XIV® siècles. L'exposé des rapports entre l’Europe et la Chine, de cette «douloureuse histoire, et honteuse pour l'Europe», de ce <morne récit presque ininterrompu d’agressions sauvages de notre part» (p. 195) commence par l'envoi des missions de Plan Carpin et de Guillaume de Rubrouck; mais l’auteur n’a pas un mot de réprobation pour les effroyables massacres auxquels se livraient alors les hordes mongoles, et qu'aucune agression occidentale n'avait cependant provoqués. Je suis loin d'approuver l'incendie du Palais d'Eté en 1860, mais je me représente cependant l’indignation des alliés dont les parlementaires avaient été lâchement attirés dans un guet-apens, et dont ils retrouvaient les cadavres mutilés ou les survivants torturés; M. Hovelaque, en parlant seulement de «mauvais traitements» infligés aux parlementaires (p. 204), me paraît bien indulgent. Quant au soulèvernent des Boxeurs et à la guerre russo-japonaise, les Légations européennes d'Extrême-Orient n’ont pas montré la «sereine ignorance» et la «merveilleuse incompréhension» dont M. Hovelaque les accuse (p. 221 et 224). Elles ont averti leurs gouvernements, leur ont dénoncé le péril imminent, les ont adjurés d'agir pendant qu'il était encore temps: les télégrammes de M. Picnox en 1900, ceux de nos agents diplomatiques et militaires de Tokyo en 1904 (sans compter ceux du ministre russe Rosex) sont là pour en faire foi. Ce n’est pas la faute de ces agents si les chancelleries européennes ne les ont pas écoutés.

Je suis ainsi en désaccord sur bien des points avec mon ami Hovelaque. Mais il est d’autres parties de son livre qui me paraissent d'une vue plus juste, et qui répandront dans le public des idées que je crois saines. Telle cette caractéristique du rôle ancien

de la Chine dans l'histoire de l'humanité (p. 114): «Elle se sentait,

et elle était, infiniment supérieure aux pays qui l’entouraient,. . ... Son incommensurable orgueil et son immobilité s'expliquent donc encore par là: elle n’a reçu de partout que des confirmations de son génie propre et de se supériorité; et ce fait est capital. Elle se croyait, et elle était, le centre de son monde, et la plus haute expression de l'humanité de son Àsie». De même la personnalité et le rôle de Confucius sont retracés en fort bons termes (p. 132 —141). Et l'exposé du taoïsme (p. 141—160), moins neuf cependant que l’auteur ne le suppose, est finement nuancé et joliment exprimé 1). Mais c’est surtout dans le chapitre relatif à l'art (p. 166 —194) que son sentiment très vif et déjà ancien des choses de l’Extrême-Orient a heureusement servi M. Hovelaque *). Les lecteurs de la Bibliothèque de philosophie scientifique trouveront là des notions qu’ils ne pouvaient jusqu'ici acquérir que dans des ouvrages coûteux, presque tous épuisés et le plus souvent rédigés dans des langues étrangères. Je me demande parfois si une certaine révision de ces notions ne s’imposera pas par la suite. La prédominance du paysage date surtout des Song; mais les catalogues anciens nous montrent qu'avant les T'aug et sous les T'ang, la peinture de portraits et de scènes tint une grande place. Le sentiment artistique de la nature universelle au détriment de celui de l'individu est dans une certaine mesure, à mon sens, un phénomène relativement tardif.

Les appréciations de M. Hovelaque sur la situation politique actuelle de la Chine me paraissent plus justes que beaucoup de

celles qu'il porte sur son passé. Il n’a pas tort quand il qualifie la

1) Mais pourquoi diable opposer à Confucius, homme du Nord, Lao-tseu « certainement originaire du Sud» (p. 142)? Les traditions relatives à Lao-tseu sont suspectes, mais toutes s’accordent à le faire naître dans l'extrême Nord du Ngan-houei actuel, bien au Nord du Fleuve Bleu. 11 faut ou bien s’y tenir, ou admettre que nous ne savons rien de Lao-tseu. Par ailleurs, les arguments de M. Giles contre l'authenticité du Tao 1ü king ne sont pas tous bons, et sa discussion n'est pas «sans réplique» (p. 142).

2) Je signalerai aussi ce que M. Hovelaque dit (p. 23) de l'influence de la Chine sur

la Hollande, L'idée vaudrait d’être poussée et vérifiée.

majorité des révolutionnaires chinois de «<babous» (p. 232), et on ne saurait, sauf quelques honorables exceptions individuelles, mieux caractériser le chaos où se débat ce malheureux pays que par cette phrase de la page 259: «En réalité la Chine n’est ni gouvernée, ni représentée, ni renseignée: une poignée d'intellectuels primaires au milieu de l'indifférence et de l’inertie générales se débat contre une poignée de mandarins et de militaires corrompus qui défendent leurs prébendes en dissipant pareïllement les ressources de la Chine». Je souscrirais aussi pour ma part à la conclusion, encore qu'elle surprenne peut-être un peu après le reste du livre: «Pour l'Asie, notre civilisation est matérielle, laide, inquiète, inhumaine. Soit. Mais elle vit: et les plus hautes civilisations de l'Orient ne sont guère que de belles mortes». Je ne doute pas d’ailleurs qu'après la période de transition actuelle, la Chine modernisée ne finisse par prendre dans le monde une place éminente, conforme à la valeur de sa race

et à l’immensité de sa population. P. Peëgrot:

BIBLIOGRAPHTE.

LIVRES NOUVEAUX

— Bulletin de l'École française d’Extréme- Orient.

T. XIX, n° 5. — H. Maspero, La prière du bain des statues divines chez les Cams (donne le texte cham et la traduction de Ja prière chantée dans les sacrifices à la déesse Po Nagar pendant la cérémonie du bain de la déesse). — H. Parmentier, Sculptures éames conservées à Hué (inventaire des sculptures déposées au Tân Tho’-viên). — N. P£rr, À propos du mot sampan (M. Péri écarte les étymologies malaise et chinoise et songe à une origine américaine du mot; cette note contient des renseignements intéressants, mais la preuve n’est pas faite; p. 16, la relation de Mendez Pinto n’a pas paru en 1540, mais en 1614). — Bibliographie (entre autres, analyses critiques par M. Parmentier des travaux de HE. B. Havezz sur l’art hindou;

compte rendu important par M. Maspero des Fétes et chansons an-

ciennes de la Chine de M. Graner). — Chronique (aux p. 127—135, «

traduction partielle de l’importante leçon d'ouverture du Dr. N. J. Krom, De Sumatraansche Periode der Javaansche Geschiedenis). — Documents administratifs.

T. XX, n° 1. — N. Pérr, Études sur le drame lyrique japonais no, V. C’est une suite de l'important et excellent travail dont la publication a commencé dans le Bulletin en 1909 et a été poursuivie en 1911, 1912 et 1913. M. Péri traduit ici les no suivants: 1° No de Miwa (p. 1—23); 2° Nô de Tamura (p. 25—47); 3° No d'Eguchi

(p. 49—73); 4° NG du kinuta (p. 75—95); 5° No de Matsuyama- Kagami (p.97 —110). [{ Nous signalerons les petites corrections suivantes : P. 75: Le texte ne parle pas du pays de Yen, mais de la région de Ft ÿk Yen-jan; c’est précisément là que se trouvaient les Hiong-nou, et il n’y a pas à douter que la poésie de l’empereur Yang, tout comme le no du kinuta, vise bien Sou Wou; l’histoire de Sou Wou était très populaire, et il en est question dans plusieurs manuscrits de Touen-houang. — P. 101: Au lieu de Lou-k'ieou, lire fe Ek Lu-tchou, et au lieu de nid + Tch'ao-wang, lire He Æ, «le prince de Tchao». Sur Lu-tchou, cf. Giles, Biogr. Dict., n° 1709; B.E. F.E.-0., IX, 245, et J. A., mai-juin 1914, p. 517.]

— La Géographie de sept.-oct. 1920 contient (p. 209 —234) un article intitulé La Chine au Thibet, que l’auteur, le Père Gok£, date de Tatsienlou, 1° décembre 1919. Les conditions dans lesquelles l’auteur a dû travailler feront excuser les erreurs de faits, de noms, de dates, qui marquent l’exposé des relations anciennes de la Chine et du Tibet; pour l'époque contemporaine, l’article est plein de don-

nées intéressantes.

Vient de paraître (septembre 1920): Ser Marco Polo Notes and Addenda to Sir Henry Yule's Edition, containing the Results of Recent Research and Discovery by Henri Corpier... With Frontispiece. London, John Murray, 1920, in-8, pp. x—161.

Nous avons reçu des Douanes Maritimes Chinoïises: ÆReturns of Trade and Trade Reports 1919. — Part I. — Report on the Trade of China, and Abstract of Statistics. [Le revenu total de 1919 était de Hk. Tls. 46.009.160; le change était Haiïkouan tael = 10 fr. 12 = Mex. dollar 1.68. La population étrangère en Chine était 350.991 dont 171.485 Japonais, 148.170 Russes, 13234 Anglais, 6660 Américains, 4409 Français, 2390 Portugais, etc.] — Part II. —

Port Trade Statistics and Reports. — Vol. I. — Northern Ports (Aigun to Kiaochow). [Carte: Rectification of Haïho Entrance and Proposed Reclamation of North Flat.]

Part IT. — Analysis of Foreign Trade. — Vol. I. — Imports. [1919: Importations nettes, Hk. tls. 646.997.681.] — Vol. IL. — Exports (with Appendix). (1919: Exportations, Hk. tls. 630.809.411.]

— List of Lighthouses, Light-Vessels, Buoys, and Beacons on the Coast and Rivers of China, 1920. (Corrected to 1st December 1919). [On comptait 1474 feux de toute espèce, dont 189 phares.]

Des modifications expliquées dans la circulaire suivante ont été

apportées dans la publication des rapports des Douanes chinoises:

Page 1