C. 2, Les huit Tons du Plain-chant
«Dans les cérémonies bouddhistes, nous dit Williams, les chants rappellent les Chants Ambrosiens et les premiers Tons Grégoriens » ?). L'indication me paraît précieuse, mais demande que nous nous rendions compte de ce qu’est le Plain-chant. J'y distingue une Collection, une Théorie, des Traditions indépendantes de cette théorie, et qui nous font connaître, dans son opposition avec la mélodie,
la Psalmodie.
$ 1. La Correction.
«Aucune œuvre musicale n'offre, nous dit-on, une plus grande variété de mélodies que nos chants liturgiques » *). Cependant, au lieu des dix finales que peuvent avoir les mélo-
dies 4), ne compter plus que les 4 dénominations Ré, Mi, Fa, Sol,
1) Le précédent Article (Modes grecs), au 7 ‘oung Pao, juillet 1914, p. 339; octobre 1915, p. 489; mars et mai 1917, p. 31; mars 1918/1919, p. 41; janvier 1920/1921, p. 40, Pour les références:
D., D'Orrieue, Dict. de Plain-chant, Migne, Paris 1853.
F. C., F. Ccément, Méthode complète de Plain-chant, 2° éd., Paris, Hachette, 1872.
2) Wiuzraus, The middle Kingdom, New-York, Scribners, 1883, Vol. 2, p. 96,
3)LE. C., p..x.
4) T'oung Pao, Juillet 1914, p. 366 et p. 365.
des Plain-chantistes porte à croire que la collection est fort appauvrie.
Mais il s’agit chez eux, non de finales, mais de pures dénominations, qui, encore, se réfèrent à plusieurs diapasons.
Les finales des mélodies anciennes réclament, pour que la mélodie ait son cachet, leur hauteur acoustique propre. Confondre A avec a, C avec c, pour remarquer 8 dénominations, est dangereux. On s’y est mépris. Réduire ce nombre à 4, oblige au rejet de certains genres de mélodies, si l'écriture est selon un diapason unique.
Eu Plain-chant il n’en est rien: ses doubles lectures, par exemple l’Ave Regina celorum à la finale F, lue ailleurs Ut°), montrent, qu'avec l'écriture selon le diapason moyen, on a fait usage d’une écriture selon le diapason primitif. Mi et Sol, en ce diapason, désignent les hauteurs acoustiques A et a, C et c; et on peut de même rencontrer un Ré selon le diapason grave, ce serait H; un Mi selon le diapason aigu, qui donnerait la dixième finale Faft).
La Collection reste donc précieuse dans ses mélodies transmises par tradition orale); et, comme les Plain-chantistes admettent qu'il est probable «Qu'une foule de nos chants religieux ont été chantés par les Romains dans leurs cérémonies payennes»*), on peut s'attendre à rencontrer en Chine, des mélodies religieuses, comme «La grande invocation à Bouddha» qui rappelle le Salve Regina des Trapistes, qui, se retrouvant en Plain-chant, nous livreraient, dans
la mélodie commune origine, le chant antique.
5) F. C., p. 168 et p. 166.
6) Ne serait-ce pas la raison de la « Musique feinte»? Quand on disait «fa mi fa » pour une écriture «la sol la», ou encore «mi ré mi», n’était-ce pas, que les hauteurs «la», «miP», qu'on ne dénommait point, se rencontraient musicalement dans une écriture selon le diapason grave, ou le diapason aigu, dans un «Chant transposé»? Le procédé aurait été ensuite généralisé sans raison. D., col. 25, « On écrit Fa Sol, Sol Fa Sol; La Ut La; Mi Ré Mi, Ré Ut Ré..... , et on disait Mi Fa, Fa Mi Fa; Fa Mi Fa, Fa Mi Fa Fa Mi1'Fa.t:: ».
7) L'’oung Pao, 1920, p. 46. 8) D,, 278,
ni :
$ 2. La Taforte Des 8 Toxs.
Cette Théorie doit être abandonnée. Elle apparaît un essai de synthèse, basé, dans la perte de la science ésotérique des Modes Grecs, sur des traditions mal comprises.
Selon la mentalité antique, dont nous avons encore un vestige dans le «Réglement de 628 pour les Hymnes>°), on a du attribuer au Culte divin le premier Ton du premier Mode rencontré dans le Système musical, z.1 dont la finale est G.
D'autre part, les 7 douoyiz débutaient à l’aigu par un Ton à même finale G:£.3.
Et il se trouvait qu'à partir de G on avait une Quinte jusqu’à la Dominante de x.1, une Quarte jusqu'à la diatonique grave de B.8. L’inventeur des 8 Tons du Plain-chant s'y méprit, en croyant y reconnaître la raison de l'opposition de l’Authentique et du Plagal; puis, confondant la diatonique grave avec la corde finale, il prit la suite Ré, Mi, Fa, Sol, écrite selon le diapason primitif lt), comme groupant les 8 Modes et il généralisa pour les trois autres finales ce qu'il avait rencontré en G.
La méprise initiale est évidente d'après les définitions que les Plain-chantistes donnent de leurs Tons 8° et 7°, comme nous pouvons en juger.
Voici d’abord, sans parler des sons de voix de tête, B.3.C et æ.1.C, avec toutes leurs cordes (celles entre parenthèses ne correspondent, dans le Mode, qu'à des notes de 2° espèce), puis dans
leurs cordes modales seulement,
4340. DE (f)Ga f c(f)def(f)g ad Ci (Œ)F(HGap(fje def ga.
9) M. CouRanT, La musique des Chinois. ..., Bibliographie, N° 99, 1° Hymne: « A l'autel du Ciel on prend.... Hoàng tehonng...., de la Terre,,., Linn tchonng,.,, des
Ancêtres,... Tai tsoû ».
10) T'‘oung Pao, 1920, pp. 43, 42, 38.
Les cordes modales, hauteurs successivement occupées par la tonique
grave et le tonique aigue dans les 3 bonds constitutifs du Mode De
sont pour 1. 108 D Ga c du f g CA FE 46 c de a”
Or les Tons 8° et 7° sont définis, comme cordes et binôme
(corde finale, corde rebattue),
Quinte Quarte | + | Ton 8e DEF G a j € d Ton 7° ÿ © defg La F Quarte Quarte Quinte
binôme: avec finale G: e pour le Ton 8°, d pour le Ton 7°.
Et ils disent 12): «La finale est la dernière note de la cadence finale qui termine la pièce de chant ou le Mode, et sert à le reconnaître. .... La Dominante (est) celle sur qui le chant a davantage son cours, son retour et son soutien, et qui, jointe avec la finale, donnent ensemble la principale forme et la distinction de chaque Mode»; et encore 1%) «La Dominante ...la note... que l’on rebat».
D'après ces définitions le Ton 8° est spécifié comme nous spécifions 2.3. Pour le Ton 7° — Jumilhac dit sagement «La principale forme» — comme le binôme G.d, convient à 4 Tons, il
demande à être complété pour spécifier le Mode.
ce fr F G de ' LE MIE RE — ms} æ. 1. F G cde a TL - 1: F G a d e T 11) T'oung Pao, Juillet 1914, p. 340, 6° Loi.
12) Jumrcxac cité en D., col. 829, « Cordes modales », 13) D., col, 1142,
Pratiquement qu'entendent les Plain-chantistes? Il n'y a qu'à recourir aux chants qu'ils attribuent au Ton 7°. Comme le P. Dechevrons cite, «malgré sa date » 4) la Séquence « Dies iste celebretur» comme «<exemple», je la prends comme caractéristique. Les Cordes qu’elle emploie, indiquent dans leur fréquence relative, l'importance de e après d, sans
que les valeurs proportionnelles y contredisent: c’est donc x.
Cordes touchées, F G a ce d e f g
fréquence, 5, 31, 29, 29, 44, 62, 29, 19, 4
la mélodie est en 4.1.0; le Ton 7° est bien ce que nous avons avancé,
$ 3. La Psarmonre.
Le premier Ton rencontré dans le Système musical, &.1, invitait à rebattre la tonique aigue en son état grave pour terminer sur la tonique grave en son état moyen. La chute étant ainsi d’une Quiute y conviait. Mais ce repos naturel, définitif, s’accordait mal avec la répétition des courts versets d'un Psaume: on abandonna, pour la psalmodie, la position moyenne de la tonique grave pour sa position aigue, ainsi qu'en témoignent les traditions Plain-chantistes.
«Dans le chant Gallican, il y avait un genre de Psalmodie, dont la dominante n'était au dessus de la corde finale que d'un ton, ou même d’un demi-ton, et quelquefois cette dominante était la corde finale» 1°). Si, pour la distance d’un ton, on peut hésiter à cause des mélodies en /.1, ou en 2.4, le doute n’est plus possible pour les distances plus faibles. Quand la corde finale et la corde rebattue
sont: G.G; d.d; E.F; a.h; {.c; et aussi: d.e, on est en pré-
14) A. DECHEVRENS, Etudes de science musicale, 1° et 2° Etudes, Paris, 1898, Typographie musicale de M.M.'* Blanc, 4 Rue Malebranche, p. 170.
Je relèverai, en passant, dans l’Appendice 4°, du même auteur, sur la musique Arabe, que la tradition (p. 29), des «17 intervalles inégaux et difticilement appréciables» donne Octave, de T à G (exclusivement) de la totalisation des Cordes de voix de poitrine et de voix de tête du Système musical (7 ‘ouxg Pao, juillet 1914, p. 360).
sence d’une Psalmodie. Dans les autres cas, jusqu’à la distance triton, le morceau est à examiner. Parmi les «Tons des Psaumes», le 3°
avec terminaison Si !f), est une Psalmodie au sens technique du mot:
Di - xit Do-mi-nus Do-mi-no me- 0,
RE
Se-de a dex-tris me-is.
En Chine, où les aveugles se groupent en différents syndicats qui se distinguent par leur chant, j'ai entendu en Février 1908, traversant le Hien hien, un aveugle «Il entonne, me dit le P. Rivat, Uts, descend au Si, pour terminer Fa:, et chant non mesuré». — Uts, Fa, notre » (Si ») et notre E », sont des hauteurs naturelles à la voix’) mais l'arrêt sur Si, la hauteur a, ne s'explique guère et semble réclamer le souvenir d’un chant entendu. Pour moi, celui qui fit choix de cette phrase pour ce groupe, n’a fait que démarquer un chant voisin, rebattant la hauteur » pour conclure sur E, mélodie en s.3, ou en ©.3, ou, — et plus vraisemblablement, — Psalmodie en x.8.C ou en x.3.E.
On pourrait done rencontrer la Psalmodie en Chine.
16) « Cantus diversi, quos tradidit... D' P. Wagner, Commissionis Vaticanae membrum », Arras, 22, Rue Jeanne d’Are, 1907, p. 79.
17) T'oung Pao, Octobre 1915, p. 492 et p. 493.
St
Dr. Franz BaBixGer. Gottlieb Siegfried Bayer (1694—1738), ein Beitrag zur Geschichte der morgenlündischen Studien im ÎS. Jahrhundert. Leipzig, O. Harrassowitz, 1916,
in-8°, 85 pages.
L'histoire de l’orientalisme en général n’est pas écrite; celle des études sinologiques a été amorcée par plusieurs travaux très documentés de M. Corpter, mais là encore il reste beaucoup à faire. Nous ne pouvons donc qu'applaudir au dessein de M. BABINGeR, lequel paraît vouloir consacrer une partie de son activité scientifique à établir des biographies critiques d’un certain nombre d'anciens orientalistes de langue allemande. Gottlieb Siegfried Bayer, né à Kôünigsberg Je 6 janvier 1694, mort à Petrograd le 10 février 1738, méritait mieux que les brèves notices qui lui avaient été consacrées jusqu'ici. Ce savant encyclopédique, très au fait des littératures classiques dès ses années d’adolescence, avait acquis en même temps une certaine connaissance de l’hébreu et, dans sa 19° année, commença tant bien que mal l'étude du chinois. En partie sous l’influence de La Croze, il s’attaqua ensuite à presque toutes les langues orientales; sa réputation fut bientôt suffisante pour qu’au lendemain de la fondation de l'Académie des Sciences de Petrograd en 1724, il ait été invité à accepter une place dans la nouvelle iustitution de Pierre LE Granv. Ce séjour en Russie élargit encore l'horizon de Bayer. Bien que ce polyglotte n'ait pas appris le russe, il fut un des pionniers de l’ancienne histoire russe; en même temps,
les relations des tsars avec l'Asie centrale lui permirent de réunir
une documentation alors très neuve sur les Mongols et même les Tibétains. Les travaux publiés par Bayer n’ont souvent plus qu’un intérêt historique; mais il y aurait peut-être à glaner dans les manuscrits qu'il a laissés ét qui sont dispersés surtout entre Petrograd, Kôünigsberg et Glasgow. De son abondante correspondance, on ne connaît guère que ses lettres à La Croze éditées en 1742 par J. L. Ua dans le Thesaurus Epistolieus LaCrozianus. Il y aurait certainement intérêt, pour l’histoire de l'orientalisme, à ce qu’on publiât, au moins par extraits, les lettres de La Croze lui-même à Bayer, conservées à l’Académie des Sciences de Petrograd, tout comme celles de La Croze à J. Chr. Wozr, qui sont conservées à Hambourg.
Bayer, en dépit de l'extrême dispersion de son effort, a fait en général preuve de bon sens. C’est peut-être pourquoi il ne se décida jemais à publier son travail sur Ze christianisme en Tartarie et en Chine promis à La Croze à diverses reprises et où Bayer devait établir que le christianisme n'avait pas pénétré dans la Haute Asie avant Gengis-Khan. Par là Bayer devait réfuter l'abbé Renaupor, et venir en aide à La Croze qui niait l’authenticité de l’inscription de Si-ngan-fou. Le manuscrit de ce travail inédit de Bayer ne s’est pas rétrouvé. Je doïs avouer que si l’abstention finale de Bayer est une marqué de clairvoyance, sa correspondance avec La Croze à propos dé l'inscription de Si-ngan-fou, telle que cette correspondance est publiée par Uh]l, me paraît faire moins d'honneur à son caractère. Mais c’est une question sur laquelle je compte revenir ailleurs ?).
P. PELLIOT,
1) Le travail de M. Babinger est très bien informé, Je relève un ou deux points de détail: P. 39: La date de 1666 pour le retour du P. Couplet est uue inadvertance; Je crois que c’est en 1680 que le P. Couplet s’était embarqué pour rentrer en Europe; la date de 1687 indiquée par Abel-Rémusat, Nouv. Mél, Asiat., I, 259, est par contre trop tardive. — P. 60: Lire «Tso-k'ieu-ming». Le passage d’Abel-Rémusat ne vise que la reproduction de textes chinois originaux, et ne dit pas que Bayer ait été le premier à attirer
l'attention sur le Zck‘ouen ts'ieou.
Mél tnt MR à à
Casimir ScHnyner. Æduard Huber, ein schweizerischer = Sprachengelehrter, Sinolog und Indochinaforscher. ZLurich, Art. Institut Orell Küssli, 1920, in-8°, vrrr + 203 pages, avec 40 ïll. et 3 cartes. Prix: 20 francs
suisses.
Edouard Huber, né à Grosswangen (canton de Lucerne) le 12 août 1879, mort le 6 janvier 1914 à l'hopital de Vinh-long, fut un des plus prodigieux cerveaux de philologue que le monde ait connus. Avant tout sinologue et indianiste, ses dons exceptionnels lui avaient permis de s’assimiler la plupart des langues anciennes et modernes de l'Asie, arabe, ture et persan compris; comme en se jouant, il avait appris assez d’annamite, de cham, de khmer, de siamois, de mon, de birman, de javanais, de malais, pour pouvoir manier les textes écrits dans toutes ces langues et en extraire les matériaux de ses travaux peu nombreux et peu étendus, mais d’une richesse d'information et d'une originalité de vues qui leur assuraïent plus de portée qu'à beaucoup de gros livres. L'Ecole française d'Extrême- Orient, qui accueillit Huber quand il avait 21 ans et à laquelle il appartint jusqu’à sa mort, garde le souvenir très cher du camarade trop tôt disparu, et à qui son directeur, L. Finot, a rendu dans lé Bulletin de 1914 un hommage légitime. Il était bon que la personnalité exceptionnelle de Huber fût mieux connue dans les pays de langue allemande. Aussi ne peut-on que louer le soin pieux avec lequel M. C. Scunyper a traduit, intégralement ou en résumé, les principaux articles de Huber, ainsi que les notices nécrologiques qui lui ont été consacrées. La biographie fait aussi état de lettres de Huber; de celles-ci on ne devra user qu'avec précaution. Huber, d'une exactitude si scrupuleuse dans ses travaux, faisait preuve de beaucoup de fantaisie dans ses propos; nous voyons aujourd’hui que sa correspondance est un peu la mise par écrit de ses propos.
P, PELLIOT,
English-Chinese Dictionary of the Standard Chinese Spoken Language (CE Sf) and Hanbook for Translators, including Scientific, Technical, Modern, and Documentary Terms. By K. HemeunG, Ph. D., Commissioner of Chinese Maritime Customs. — Based on the Dictionary of the late G. C. Stent, published 1905 by the Maritime Customs. Shanghai: Statistical Department of the Inspectorate general of Customs. — 1916, in-8, pp. vi—1726. à 2 col.
George Carter Srenr, mort le 1° sept. 1884, avait publié à Chang Haï dès 1871 un vocabulaire chinois et anglais du Kouan houa de Pe King; l'ouvrage répondait à un besoin et il eut plusieurs editions, dont la troisième fut publiée en 1898 par le Rév. Donald Mac Grruivray. En 1905, M. Hemeuiwe reprit le dictionnaire et lui donna un grand développement; une nouvelle revision lui à permis de donner l'œuvre actuelle destinée surtout aux étrangers faisant des traductions en chinois. Ce dictionnaire a été compilé principalement pendant les cinq aunées que l'auteur a occupé à Pe King le poste de Secrétaire chinois des Douanes. Dix lettrés chinois familiers avec le Kouan houa du nord et du sud l'ont aidé dans sa tâche. L'orthographe de Sir Thomas Wane a été adoptée; les tons n'ont pas été marqués. Ce dictionnaire essentiellement pratique répond évidemment aux besoins du grand service auquel
il est destiné. H; C
The History of Shanghai by G. LanniN6—$S. CouLine, Part I. Printed and Published for the Shanghai Municipal Council by Kelly & Walsh, 1921, in-8, pp.u + if.n. ch + pp. 504—5 + 1 f. n. ch.
En 1906, le <Municipal Council» de Chang Haï a chargé G.
Lannine d'entreprendre cette publication pour son compte; lorsque
LanxisG mourut en janvier 1920 après avoir accompli la plus grande partie de sa tâche, Mr. S. CouzixG fut chargé de terminer le volume qui comprend deux parties, l’une consacrée à la Chine en général (Chap. I— VIII), l'autre à Chang Haï même (Chap. IX—LIITI); deux nouveaux volumes devront compléter cette seconde partie.
La première partie qui forme une introduction et occupe un trop grand nombre de pages du volume aurait pu être écartée à mon avis car elle est étrangère au sujet même — l'histoire de Chang Haï — qui ne commence en réalité qu’au chapitre XX VIII; cette introduction prétentieuse n’a aucune valeur d’ailleurs.
On est tout d’abord surpris que l’auteur ne mentionne pas les travaux de ses devanciers comme C. Saaw, W. H. Meouxursr sen., C. Scamipr, J. W. Maczezran, Monrarro de Jesus, ete. Puis, quand on entre dans le détail des chapitres, on est étonné de la pauvreté de la documentation. Lanning ne semble pas connaître à propos du royaume de Wou La l'ouvrage du P. Albert TscHer£ pas plus que le Nankin du P. Garrrarp; je doute qu'il ait ouvert le Tsong Ming du P. Havrer. Le f #9 HG A, ne lui est pas familier. Il ne se doute pas qu’il y a eu un consul de France nommé MoxnriGxy qui a joué un rôle important et il n’a pas entendu parler du bombardement de la ville indigène par les Français. IL aurait pu tirer parti pour l’origine des Douanes à Chang Haï des documents diplomatiques inédits que j'ai moi-même publiés. Horrinewortx dans le Journal of the North China Branch of the Royal Asiatic Society a traité d'une façon plus sérieuse des noms des Gifférents espèces de thé. Dans son chapitre Banking il ne mentionne pas la création du Comptoir d'Escompte à Chang Haï en 1860; il est vrai qu'on peut lire tout le volume sans se douter qu'on dehors des
Anglais et des Américains, il y ait eu d’autres étrangers à Chang Haï.
Je pourrais remplir une demi-douzaine de pages d'observations semblables. Je n'ai pas eu l'honneur de connaître Lanning, mais il est évident qu'il n'avait pas les qualités nécessaires pour écrire une Histoire de Chang Haï ou même toute autre histoire; heureuse-
ment que quelques planches compensent en partie la pénurie du texte. H. C.
LIVRES NOUVEAUX
Le vendredi 11 mars 1921, M. Jan Feenstra Kurrer a soutenu à l'Université de Leyde une thèse pour le Doctorat intitulée Japan
en de Buitenwereld in de achttiende eeuw.
Il a paru à Peking en juillet-octobre 1920 le premier numéro d'une nouvelle revue: Bulletin Médical franco-chinois. Parmi les articles, nous notons ceux du R. P. Léon Wirçer, La Médecine chinoise. — Historique et du D' H. Jouveau-Dureur, Le service
de la vaccine à l'hôpital de Tchentou (Setchouen).
Les Conférences faites au Collège de France par M. Masahara ANEsakt, Professeur à l'Université Impériale de Tokyo, ont été réunies dans le Tome 43 de la Bibliothèque de Vulgarisation des Annales du Musée Guimet sous le titre de Quelques pages de
l’histoire religieuse du Japon.
Vient de paraître le troisième fascicule du Dictionnaire Cambodgien- Français par Joseph GuespoN, ancien missionnaire apostolique au
Cambodge, chez Plon-Nourrit, Paris.
Nous avons reçu des Maritime Customs la List of Lighthouses, Light-vessels, Buoys, and Beacons on the Coast and Rivers of China, 1921, corrigée au 1% décembre 1920. Il y avait à cette date un total de 1496 feux dont 197 phares.
Vient de paraître chez Bossarn (Paris, 1921) Trois Mystères Tibétains Tchrimekundan— Djroazanmo— Nansal traduits avec Introduction, Notes et Index par Jacques Bacor. Bois gravés d’après les dessins de V. GorouBew. Ce livre forme le Volume III de Les Classiques de l'Orient Collection publiée sous le patronage de l'Association française des Amis de l'Orient et la direction de Victor GoLOUBEw.
À la même librairie ont été publiées des Fables chinoises du TI11e au VIITIe siècle de notre ère (d’origine hindoue) traduites par Édouard CHavannes versifiées par MM€ Édouard Oxavannes ornées
de 46 dessins par Andrée KarPerès.
Nous avons recu des Douanes Maritimes Chinoïises: Foreign Trade of China, 1920. — Part I: Report and Abstract of Statistics. Le revenu total des douanes en 1920 a été de Hk.tls. 49.819.885; le change était en 1920 de fr. 17.79 contre fr. 10.12 en 1919 et fr. 3.40 en 1911, par Haïkouan tael.
Nous avons reçu du Directeur général des Douanes de Bangkok le rapport sur The Foreign Trade and Navigation of the Port of Bangkok years 2461 (1918—19) and 2462 (1919—20).
Nous avons reçu 39 feuilles de la grande carte du Chinese Turkistan and Kansu dressée d’après les relevés exécutés durant les explorations de Sir Aurel SreIN au cours de ses trois explorations en 1900—01, 1906-08, 1913 —15; la carte entière comprendra 47 feuilles à l'échelle de 1:500.000. Elle fait le plus grand hon-
neur à l’auteur et au Survey of India.
Vient de paraître chez Paul GEuruner, Paris, le quatrième et dernier volume de l’Ærstoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la
chute de la Dynastie Mandchoue par Henri Cornier. Elle comprend:
I. — Depuis les temps les plus anciens jusqu’à la chute de la Dynastie T'ang (907 après J..C.).
Il. — Depuis les Cinq Dynasties (907) jusqu'à la chute des Mongols (1368).
IT. — Depuis l'avènement des Ming (1368) jusqu'à la mort de Kia K'‘ing (1820).
IV. — Depuis l'avènement de Tao Kouang (1821) jusqu’à l'époque actuelle.
Ce dernier volume renferme un index alphabétique de 93 pages.
NOTES AND QUERIE.
L’étymologie du nom des monts K‘ouen louen.
Dans un article récent 1), j'ai dit que le nom des monts K'ouen louen?) était peut-être la transcription phonétique d’une appellation étrangère. Maïs il me paraît plus probable que ce nom — très ancien puisqu'il figure dans le Tchou chou ki nien et dans le Mou t'ien tseu tchouan — possède une signification proprement chinoise, analogue à celle qui, dans l’antiquité gréco-latine, associa l'Atlas africain aux fondations de l’univers.
K'ouen louen exprime, en effet, la sphéricité de la voûte des cieux, dont les gigantesques montagnes tibétaines semblaient être le prolongement ou le support). Et, d'autre part, ZLouen houen signifie le chaos‘) comme aussi #4 mn: Il y a évidemment une
entité cachée sans l’analogie des termes EL, EL nm, E #7:
L'expression Æ‘ouen louen — probablement abrégée ‘) de fi
1) La Relation des voyages du roi MOU, Journal asiatique, avril-juin 1921.
9) E fi cie E À.
£ Le — Ryx
0 JL by El fi AE à El mm À 6 x 8 LE “ni (Dict. K'‘ang hi).
4) Notons, à propos de cette dernière expression, que l’identité étymologique de fi
et de FA (comme aussi de AT : Ki et il) est un autre exemple de cette catégorie
de caractères où la prétendue phonétique est simplement le mot primitif, différencié postérieurement par l’adjonction de divers radicaux afin de distinguer les acceptions dérivées (voir à ce sujet ma note sur le caractère &li] dans le Z'‘oung Pao, vol. XIV, p. 808).
5) Indépendamment du sens géographique, le dictionnaire de Wells Williams indique: & IT FI The canopy of the sky»; cette signification, dont il ne justifie malheureusement
pas l’autorité, s’attacherait donc, par abréviation, au terme K‘oven louen pris isolément.
NOTES AND QUERIES, a
ER — semble donc avoir signifié «les hauteurs du bout du monde» !). Dans l’ère moderne ce nom de ÆX'ouen louen a été appliqué successivement à diverses contrées (et à divers peuples) de l’Indochine et de la Mélanésie, ainsi qu'à Madagascar ?). Mais cette appellation, quand elle apparaît, désigne toujours des pays situés à la limite du monde alors connu des Chinois, c’est-à-dire à des pays qui sont censés toucher à la voûte des cieux.
1) Le dictionnaire K‘ang hi place les monts K'‘owen louen dans le Khotan actuel et leur attribue 500 Z de longueur. Dans mon susdit article du J. À. (p. 279), j'ai cité un
rescrit de l’empereur ÆX‘axg hi placant le pays de Si-wang-mou aux environs du mont
] JK HY. que M. W. R. Carles assimile au mont Kaïlas dans un mémoire destiné au Geographical Journal. Maïs le mont Kaïlas se trouve en fait dans le Tibet méridional par 31° de latitude et 81° de longitude, ce qui rend cette identification inadmissible, Le terme du voyage du roi Mou doit être placé, à mon avis, dans le Tibet septentrional, aux monts K'‘ouen louen proprement dits.
2) Cf. G. FerranD. Le K'‘ouen louen ei Les navigations interocéaniques, .T. A., 1919. L’auteur explique cette communauté de dénomination par le fait que les Chinois auraient
ttribué une parenté ethnique à ces divers peuples.
CHRONIQUE
FRANCE
Dans sa séance du vendredi 4 mars 492, l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres a accordé le prix GiLes à M. Léoporp de SAUSSURE pour ses travaux sur l’Astronomie chinoise; dans la séance du vendredi 11 mars 1921, elle a décerné le Prix ordinaire à M. Henri MASPERO pour son étude sur le
Dialecte de Tch'ang Ngan sous les T’ang.
M. Paul PezuioT, Professeur au Collège de France, a été élu par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres dans la séance du 6 mai 1921 membre ordinaire en remplacement du Comte de LASTEYRIE.
TTL PL LL
Page
Andrews, F. H., Ancient Chinese figured silks excavated by Sir Aurel Stein 181
Avesaki, Masaharu, Quelques pages de l’histoire religieuse du Japon, con-
Babinger, Franz, Gottlieb Siegfried Bayer, notice par P. Pelliot
férences du Coliège de France
Bacot, Jacques, Trois Mystères tibétains .
Bangkok, The foreign trade and navigation of de Por of, Gansoie Bayer, Gottlieb Siegfried, par le Dr. Franz Babinger, notice par P. Pelliot : . 293
Bouïnais, Pierre, le Tso Kiang, notice par H. Cordier Bulletin Médical franco-chinois .
Burlinglon Magazine .
Cambhala, Quelques transcriptions apparentées à, par P. Pelliot Central Asian Relics of China’s Ancient Silk trade, by Sir Aurel Stein .
Chapuis, Alfred, la Montre chinoise, notice par P. Pelliot.
Chavannes, Mne Edouard, Fables chinoises traduites par Ed. Rene.
Chine, la, à travers les âges par Fe: NV ecer. s. 14 pre par T Core
Chine, la, après la querre européenne — dis tchan heou tche tchong
Chong Su-see, Foreign trade of un nt par DA Rep J
et versifiées par, .
kouo, par Siu Che-tch’ang.
Classiques de l'Orient. © Conquêles de l'Empereur de la Chen par Paul Dale. Cordier, Henri, Nécrologie: Léon Tournade .
— George Ernest Morrison.
— Jules Harmand. ET
Notices: sur Public Debts in China hr. Heng a Fe ang — sur Foreign trade of China by Chong Su-see
— sur Modern China by Sih Gung cheng
— sur le Tso Kiang par Pierre Bouïnais . :
— sur la Chine à travers les âges par L. Wieger, s. I.
— sur English-Chinese Dictionary by K. Hemeling - — sur History of Shanghai by G. Lanning and $. Coulines Ser Marco Polo Notes and Addenda.
Histoire générale de la Chine, 4° vol.
Elu Corresponding Fellow of the British ROME
Couling, Samuel, History of Shanghai, notice par He Cu
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Journal Asiatique . .… . F1 OR IE Journal North-China- she of the Royal: Mob sata Ce D ac: Journal Royal Asiatic Sociely. . . . ; 474
Jouveau-Dubreuil, Dr., Service de la vaccine à l'hôpital Fe ‘chéntoit . 367 Juif Ngai, le, DEN du Père Mathieu Ricci, par P. Pelliot.:. . 32 Julion, Stamisläs, ‘prix *% % . % “4040, CONSO OR
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Maritime Customs, List of Lighthouses, BUY EU ENT RAT : Maspero, Henri, Ouverture du cours de langue chinoise au Collége de France 300 — Reçoit le Prix ordinaire de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 372
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Mathiôu, Girl Systeme tmusieal. 40 4 4 , eut, à au Ju40N855 Mémoires de la Société de Linguistique . . 2 SUQNNI 181 Modern China, by Sih Gung Cheng, notice par Henri Ébrier/ » 292 Montre chinoise, la, d'Alfred Chapuis, notice par Paul Pelliot. 61 Morrison, (George-Ernest, nécrologie par Henri Cordier. 71 Moule, A. C., Life of Odoric of Pordenone . 275 — Small Abe to the study of the Bb ane of Odorie 301 Mou Wang, Voyage de, par Léopold de Saussure . 49 N.
NERO RENE Er ONU hui QUE 288. 1000. jh CHGUTONA 74 Odoric of Pordenone, Life of, by A. C. Moule 219 Odorice, Small contribution to the Fu of the bibliogr apn$ a dy A. c. Moule. : FMUOUT Origines de l’Astronomie inous par Léo de désire 86 E:
Peinture el gravure européennes en Chine au temps de Mathieu Ricci, par Paul Pelliot , : 1 Pékin, Université de, Ouverture d une sn Fe Pneu = 182 Pelliot, Paul, La peinture et la gravure européennes au temps de Mathieu Ricci . 1 — Le Juif Ngai, tnt “e P. Mate LU 32 — Quelques transcriptions apparentées à Çambhala dans les ice che 73 — Conquètes de l'Empereur de la Chine . . 183 — Note sur les T’ou-yu-houen et les Sou-p'i. . 323 — Notices: sur la montre chinoise d'Alfred Chapuis . . 61 — — sur Kou king t’ou lou, par Lo Tchen-yu. . 142 — — sur Kokei no Kenkyü par Tomioka Kenz5 . 142 — — sur Recherches sur la découverte de l'Amérique par Prada S. S. Pissarlancar. PR D LS, - . 156 — — sur Peuples d'Extrême- Qrienbs la Chine, par Emile Hovelaque . 157 — — sur la Marche à la Lumière ie Louis Finot,. . 294 — — sur Gottlieb Siegfried Bayer, par Franz Babinger . . 361 — — sur Eduard Huber, par Casimir Schnyder . 363 — Ont paru quatre Pdeties des planches des Grottes de ouai a 298 — Elu membre ordinaire de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. 372
Petruccei, Raphaël "prix Stanislas Julien .
Peuples d’Extrême-Orient, la Chine, par Emile Hveligue: noi par P. Pelliot 157
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Pissarlancar, Panduranga, S. S., Recherches sur la découverte del’Amérique, notice par Paul Pelliot. . 156 Postes Chinoises, Rapport pour 1919 MCE 2 . 168 — Rapport sur les Opérations de la Caisse d'Epargne postale 1919 . AU Public Debts in China, by Feng Hua Huang, notice par Henri Cordier . 290
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Recherches sur la découverte de l'Amérique, par Panduranga S.S. Pissar-
lancar, notice par Paul Pelliot . .. 156
Rees, le Rev. W. mie nommé D NE de ne à LDniesté de Londres .
Richenet, l'abbé, Note sur is MassibA ae M énieles) en A obie À sd S.
Saussure, Léopold de, Voyage de Mou Wang et hypothèse d'Edouard Ghavanness CECI RES CT OR RE 49 — Origines de l’Astronomie chinoise. ; : ‘86 — Etymologie du nom des Monts Kouen louen. . 370
— recoit le prix Herbert Giles de l’Académie des Inscri mar à Belles Leb es Schnyder, Casimir, Eduard Huber, notice par Paul Pelliot à Shanghaï, History of, by G. Lanning and S. Couling, notice par H. Cordier
Sih Gung Cheng, Modern China, notice par Henri Cordier . « Soothill, le rev. W. E., nommé professeur de Chinois à l’Université d'Oxford 72 Stein, Sir Aurel, Central Asian Relics of China’s ancient silk trade. . 130 — Traversée du Désert par Hiuan tsang . . 332 — Carte du Chinese Turkistan and Kansu EUEPRET ANR EEE Système musical, par G. Mathieu. - + . . . . . . . : -. : 40, 355 Le Tagore, Abanindra Nath, Art et anatomie hindous . è : 20H Tomioka Kenzo, Kokei no Kenkyuü, notice par Paul Pelliot . . 142 Tournade, Léon, nécrologie par Henri Cordier. De | T'ou yu houen, note sur les, et les Sou p'i, par Paul Pelliot, . 323 Tso-kiang, or Water transport Conditions, par Pierre Bouinais, notice par Henri Cordier . 293 Ve Van Hee, L. S. J., le [Jai-tao Souan-king de Lieou. 3 W.
Wieger, Léon, S. J., la Chine à travers les âges, notice par Henri Cordier 295
— La Médecine chinoise .
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