‹ Tung pao. Toung pao (volume 3)Chapitre 25 sur 142 · VA · texte numérisé non relu

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envoyé un superbe Arabe, accompagné de son interprète, l’excellent cadi de Tlemcen, Si Chaïb Ben Elhadj Ben Ali Ben Abdallah. Les délégués de notre belle colonie d'Afrique ont obtenu le plus vif succès. Nous avons eu le plaisir de retrouver dans le cours du Congrès, deux vieux Chinois, commissaires du service impérial maritime le Dr. Frédéric Hirth, venu de Berlin, bien connu par ses nombreux et savants travaux sinologiques (il retourne incessamment en Chine rejoindre son poste) et M. I. M. Daae, retiré maintenant à Christiania, sa patrie.

Nous n’aurions garde d'oublier l'excellent accueil que le ministre de France en Suède, M. René Millet, a fait à ses compatriotes. venus à Stockholm ; et nous l’en remercions bien sincèrement.

L'ouverture du Congrès a eu lieu le Lundi 2 Septembre, à midi, dans la grande salle des Ecussons du Palais de la Noblesse suédoise (Riddarhuset). Nous y avons remarqué les armoiries des deux derniers Suédois annoblis dans leur pays pour leur dévouement à la science, Oscar Dicksonn et Nordenskjüld; ce dernier porte l'inscription No. 405, Friherre Nordenskiold Adolf Erik Nils avec la devise Deus Clypeus meus, les dates de l’annoblissement Utnämund d. 9 April 1880. Introducerad d. December 1881; deux ours blancs servent de support à un écusson représentant la mer avec un château au chef d'argent surmonté d’un tortil de baron portant le globe terrestre.

La salle présentait un aspect pittoresque avec les représentants du corps diplomatique en grand uniforme, les toges universitaires, mêlées aux palmes vertes de l’Institut de France et aux riches costumes des délégués orientaux ; le roi Oscar prononça le discours suivant qui a été fort applaudi :

«Messieurs les membres du Congrés,

Lorsque, sur mon invitation, le septième Congrès international des Orientalistes à Vienne décida que le huitième Congrès se réunirait dans ma capitale suédoise, j’en fus vivement satisfait. En voyant aujourd’hui autour de Moi une si imposante phalange de célèbres Orientalistes, j’'éprouve, en vérité, un sentiment d’orgueil et de joie. Accourus de régions diverses, vous vous êtes donné

Z / VARIETES

rendez-vous dans les pays des Sagas et des Vikings. Vous y apportez les rayons lumineux des domaines ensoleillés que vous avez choisis pour champ de travail, je pourrais même dire pour champ de bataille, puisque vous portez les armes pour la lumière qui enveloppe notre époque de ses éclairs éblouissants. Je puis donc dire que c’est à vous que nous la devons. Ce ne sont pas seulement les quarante siècles qui vous contemplent:

c'est plutôt vous qui, du haut des monuments de la science, contemplez les siècles et en sondez les mystères. Vous avez raison d’être fiers, et il ne serait guère étonnant que vous fussiez tant soit peu blasés.

Les annales de l'Orient racontent en maints endroits la générosité et la magnificence des princes, qui puisaient librement et à pleines mains dans les caisses de leurs Etats. Mais souvenez-vous qu'ils ne sont plus, ces temps où le roi Noamân remplissait de perles précieuses la bouche du poète Näbira et où le Khalif Mamoün payait un vers des milliers de dinàrs !

En revanche, nous princes d’aujourd'hui, nous avons à vous offrir d’autres perles, d'autres dinärs: nous vous assurons de notre profond intérêt pour tout ce que vos recherches découvrent, de notre amour sincère pour la science dont vous êtes de si dignes interprétes.

Comme les Khalifs de jadis, nous sommes ravis d’avoir accès à votre adyton de travail. Nous sommes avides de parcourir, guidés par vous, les cités antiques, remplies de ces admirables monuments à l’aide desquels vous déchiflrez savamment les plus anciennes annales de l'humanité.

Si notre hospitalité, considérée au point de vue matériel, a ses bornes, imposées par les moeurs occidentales du XIXe siècle, et si dans ce pays, depuis bientôt mille ans, on ne trouve plus d’esclaves à affranchir, lorsque, grâce à leurs soins, les étrangers sont attirés dans nos tentes, — acceptez néanmoins, illustres savants d'Europe et d’Amerique et hôtes bienvenus d'Orient, l'hospitalité du nord scandinave, tout aussi sincère et cordiale, quoique plus simple, plus sobre en phrases.

Prètez l'oreille aux murmures mystiques de nos immenses forêts, aux douces harmonies des vagues qui caressent nos

rivages; contemplez la vierge beauté de nos vallées, la majesté de nos alpes, les sombres profondeurs de nos fjords , et en nous quittant, vous remporterez, je l'espère, un souffle de poésie et de fraicheur.

Aujourd’hui, je vous souhaite la bienvenue et, en formant le voeu que vos travaux soient couronnés de succès, je déclare ouvert le huitième Congrès international des Orientalistes».

Après lui, prirent la parole, M.

d'Ehrenheim, président du Congrès, M. De Landberg, secrétaire général, le Baron de Kremer, délégué autrichien, le Comte Angele de Gubernatis , délégué italien, Zinoviev, délégué russe, Charles Schefer, délégué français, etc. De nombreux dons de livres furent faits à la Suède dans cette réunion: nous notons les deux volumes de Mémoires offerts par les professeurs de l'Ecole des Langues Orientales de Paris et le Corpus Inscriptionum Semiticarum, quatrevingts ouvrages présentés par la maison E. J. Brill de Leyde, la collection des Sacred Books of the East et des Anecdota Oxoniensia, les productions des Missionaires Jésuites de Beyrouth (Syrie), de l'American Mission Press et de l'American Bible Society de la même ville, de la Congrégation Méchithariste de Vienne; de la Society for promoting Christian Knowledge et de la British and Foreign Bible Society, de Londres; les dons de l’India Office de Londres, du Ministre de l'Intérieur des Pays Bas, du «Koninklijk Instituut voor de Taal- Land- en Volkenkunde van Nederlandsch-Indië», de la Congrégation «de Propaganda Fide», etc, etc.

Le congrès se composait de cinq sections dont la première était formée de deux sous-sections distinctes; les bureaux furent constitués de la façon suivante :

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