‹ Tung pao. Toung pao (volume 3)Chapitre 24 sur 142 · CONGRÈS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES · texte numérisé non relu

CONGRÈS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES

Le huitième congrès international des Orientalistes s’est réuni à Stockholm et à Christiania du lundi 2 sept. 1889 au jeudi 12 sept. 1889, sous la présidence honoraire de S. M. le Roi de Suède et Norvège Oscar II et la présidence effective, pour la Suède, de M.

P. d'Ehrenheim, ancien Ministre, grand Chancelier des Universités d’Upsal et de Lund, Président de l’Académie royale d'Agriculture; pour la Norvège, de M.

I. L. R. Sverdrup, Ministre de l’Instruction publique et du Culte, avec M. J.

Lieblein, Professeur d’Egyptologie à l’Université de Christiania pour viceprésident M. le Comte Carlo de Landberg, Docteur-ès-lettres, Agent diplomatique et Consul général de Suède et | Norvège en Egypte, remplissait les fonctions de secrétaire-général du Congres. les membres honoraires comprenaient l'Empereur du Brésil Dom Pedro, le Châh de Perse, le Prince héritier de Suède et Norvège, le Grand-Duc de Saxe, Charles Alexandre , le Duc de Saxe- Cobourg et Gotha Ernest II, l’Archiduc Rénier, le Khédive d'Egypte Moham- .med Tawfiq, le Prince Charles de Suède | et Norvège, le Prince Oscar Bernadotte, | et le Gaikowar de Baroda. Le comité d'organisation pour la Suède se composait de MM. H. Almkwvist, Dr.-èslettres, Professeur de Linguistique comparée à l’Université d'Upsala. Fr. Fehr, Dr.-ès-lettres, Pastor primarius et pasteur de la paroisse de Storkyrkan, Président du Consistoire de la ville de Stockholm. Hans Hildebrand, Dr.-èslettres, Antiquaire du Royaume. Le Comte Carlo de Landberg. Esaias Tegnér , Dr.-ès-lettres, Professeur de Langues !

sémitiques à l’Université de Lund, l’un des 18 de l’Académie suédoise. Pour la Norvèse de MM. E. Blix, Dr.-ès-lettres, ancien Ministre de l’Instruction publique en Norvège, Professeur à l’Université de Christiania. S. Bugge, Dr.-ès-lettres, Professeur de Linguistique indo-européenne à l'Université de Christiania.

C. P. Caspari, Dr. en théol. et ès-lettres, Professeur de Théologie à l’Université de Christiania. J. Lieblein, Professeur d’'Egyptologie à l’Université de Christiania. A. Seippel, Dr.-ès-lettres, Professeur de langues sémitiques à l’Université de Christiania.

Les congrès précédents s'étaient assem-

blés successivement à Paris, où fut fondée cette réunion internationale,

sous la présidence de M. Léon de Rosny (1873); Londres, (1874) Prés. Samuel 3irch; St-Pétersbourg, (1876) Prés.

Prof. Grégoriev:; Florence (1878), Prés.

Sénateur Michele Amari: Berlin (1881) Prés. Prof. Dillmann; Leyde (1883), Prés. Prof. Kuenen et Vienne (1886), Prés. le Docteur Baron A. von Kremer.

Nous avons à regretter la perte des présidents Birch, Gregoriev, Amari, et von Kremer. Chacun de ces congrès

| a été marqué par un caractère spécial

suivant le pays et la façon dont il avait été organisé. C’est justement ce caractère spécial et local, qu'avec nos règlements internationaux, nous devons conserver à nos réunions. Il faut bien se mettre en garde de perdre ce point de vue et de chercher par les commissions ou les instituts spéciaux, à régenter une oeuvre prospère jusqu’à ce jour. Tous les congrès sont toujours encombrés par les personnes attirées

sine

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Par l'éclat des fètes données aux membres; il suffit pour écarter ces importuns ou ces parasites, l'expérience est faite, de tenir les congrès dans des villes modestes où la science seule est en honneur , où des rencontres fréquentes permettent aux savants de se connaître mieux les uns les autres, où la distraction est l’accessoire et non le principal.

Tel a été le cas à Leyde: une hospitalité large et sans fracas, de la cordialité doublée de bonhomie, une grande tradition scientifique glorieusement conservée avec simplicité, l'absence de morgue et de vaine gloriole, ont fait de la réunion de Leyde, la mieux réussie des assemblées auxquelles les orientalistes ont été convoqués.

La caractéristique du congrès de Stockholm a été d’une part le manque de toute valeur scientifique, d’une autre, la plus merveilleuse hospitalité qui se puisse rêver. Le roi Oscar II a été infatigable dans ses efforts pour rendre agréable le séjour dans ses Etats aux savants étrangers. Il semblait porter aux études de ceux qui lui étaient présentés, le plus sérieux intérêt; véritablement, il ne perdait pas un mot de ce qu’on lui disait, et parfois, à côté de paroles courtoises, il savait donner un renseignement utile; c’est ainsi qu’à l’occasion de quelques paroles échangées au sujet de la Compagnie royale de Suède dans l’Extrême-Orient , le Roi attirait mon attention sur le pavillon chinois du parc de Drottningholm, qui porte le drapeau même de l’ancienne factorerie suédoise à Canton.

Le Roi d'ailleurs a été secondé de la plus aimable manière par ses fils: à Stockholm par le prince héritier Gustave; à Christiania, où le Roi ne put se rendre malgré son désir, par le prince Eugène dont tous les Parisiens connaissent le talent de peintre. Le Roi avait réservé une hospitalité particulière à quelques membres distingués, tels que M. Charles Schefer, membre de l’Institut, administrateur de l'Ecole des Langues Orientales vivantes de Paris, M. I. de Goeje, Professeur à l’Université de Leyde, M. le Doct. Max Müller, Prof.

à l’Université d'Oxford, le Conseiller privé L. Zinoviev, Chef du Département Asiatique au Ministère des Affaires Etrangères, à St. Pétersbourg , le Baron

A. von Kremer, ancien ministre du

| commerce d'Autriche, les prof. de l’Uni-

versité de Berlin A. Dillmann et E.

Schrader, membres de l’académie des Sciences de Berlin, etc.

Dès la fin du mois d’Août, les membres du Congrès se retrouvèrent sur toutes les lignes qui se dirigent vers le Nord; la plupart des Anglais s’embarquèrent à Hull; les continentaux prenaient de préférence les routes de Hambourg, Kiel, Corsür, ou de Berlin, Warnemunde; c’est cette dernière que j'ai choisie, et j'ai eu le plaisir de voyager avec le Docteur Euting, de Strasbourg, et le Docteur D. Chwolson, Conseiller d'Etat, de St-Pétersbourg. Le plus grand nombre débarquèrent à Malmô, où ils trouvèrent le délégué du Concrès, le docteur Hans Hildebrand, Antiquaire du Royaume, qui arrivait de Paris où il avait assisté au Congres d’Archéologie préhistorique; cet aimable savant a aplani aux membres du Congrès les difficultés d’un voyage, nouveau pour la plupart d’entre eux; il a laissé à tous ceux qui ont eu le plaisir de le rencontrer le plus sympathique souvenir. Un grand nombre de savants, délégués et autres, assistaient au Congrès, je note au hasard :

de France, les membres de l’Institut Charles Schefer et Jules Oppert, les prof.

Henri Cordier, Joseph Halévy et E.

Amélineau, M. le baron et Mad. la Baronne de Baye, MM. Henry Coutagne, Ollivier Beauregard, Paul Boell et Christian Schefer; de Hollande, les prof. de l’Université de Leyde J. de Goeje, J. H. C.

Kern, G. Schlegel, P. A. van der Lith, M. J. J. Meyer, officier du gouvernement des Indes Néerlandaises à Batavia, les deux chefs de la Maison Brill A. P. M.

van Oordt et F. de Stoppelaar, dont les grands services rendus à la typographie orientale ont été récompensés par la Croix de Wasa; de Grande-Bretagne, le docteur Robert Needham Cust et son aimable famille, le Dr. Max Müller, de l’Université d'Oxford, le Rév. A. H.Sayce, d'Oxford, le Dr. Reinhold Rost, bibliothécaire en chef de l’India Office, Mr. A. G.

Angier, Directeur du London & China Telegraph, Mr. E. Delmar Morgan, le traducteur bien connu des voyages de Prejvalsky, le prof. H. Ethé, d’Aberystwith, Mr. Cécil Bendall, du British Museum, le Général Pearse, C. B., Prof.

W.T. Bensly de Cambridge, etc.; d'Italie, le Comte Angelo de Gubernatis, professeur à l’Institut des Etudes supérieures, de Florence, M. Celestino Schiaparelli, professeur à l’Université de Rome, le P.

Cesare de Cara, S. J., de la Propagande à Rome, le prof. Ignazio Guiïdi, de l’Academie des Lincei ; d'Allemagne, les membres de l’Ac. des Sciences de Berlin A.

Dillmann, E. Schrader, A. Weber, le Dr.

Schnorr von Carolsfeld, Secrétaire de la Bibliothèque royale de Munich, le prof.

Adalbert Merx, de l’Université de Heïdelberg, le célèbre égyptologue Brugsch- Pacha ; d’Autriche-Hongrie, les membres de l’Ac. des Sciences de Vienne, l’ancien ministre baron A. von Kremer, mort en Décembre dernier, et Leo Reinisch, le prof. G. Bühler, les membres de l’Ac.

hongroise des Sciences Ign. Goldziher et Paul Hunfaldy, les prof. de l’Université de Vienne D. H. Müller et Joseph Karabatek, le Dr. Rudolf Dvoräk, de l’Université de Prague, le Dr. A. Ehrenfeld , de Marienbad ; de Danemark, le prof. A.F.

von Mehren, de l’Université de Copenhague:; de Russie, le conseiller privé L.

Zinoviev, les conseillers docteurs Chwolson, de Pétersbourg et J. Gottwald, bibliothécaire en chef de l’Université de Kazan ; de Suisse, le Dr. Max von Berchem et le sinologue François Turettini, de Genève; de Finlande, le Dr. O. Donner, prof. à l’Université de Helsingfors; du Portugal, le prof. G. de Vasconcellos Abreu, de l'Ecole supérieure des lettres de Lisbonne; des Etats-Unis d'Amérique, Mr. Charles G. Leland, de Philadelphie, président de la Gipsy-lore Society, l’auteur bien connu de Hans Breitmann’s ballads, les prof. James Taft Hatfield et Paul Haupt, de l’Université John Hopkins, de Baltimore. Les pays d'Orient étaient représentés par un grand nombre de personnages distingués; en tête venait la Perse, avec toute son ambassade de Constantinople et le plus aimable des diplomates, $S. E. Mohsin Khän mu'’in elmulk, le général Nedjef Ali Khän et les secrétaires d’ambassade Néroûz Khân et Hasan Khän; la Turquie avec le journaliste Ahmed Midhat Bey; des Indes, nous venaient le grand prêtre Jiwanji Jamshedji Modi du temple Jijibhoy des Parsis à Colaba, Bombay, le juge H. H.

Dhruwa, délégué du Gaikwar de Baroda et le Dr. G. W. Leitner, jadis à Lahore, aujourd’hui à Woking. L'Algérie avait

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