ENSEIGNEMENT DU CHINOIS
La mort de Gabriel Devéria le 12 juillet 1899 laissait la chaire de langue chinoise vacante à l'Ecole des Langues Orientales vivantes. M. Arnold Vissière !), premier interprète de la légation de France à Pe-king comme l'avait été celui qu’il était appelé à remplacer, fut nommé à cette chaire, importante puisque son titulaire donne l’enseignement aux jeunes gens qui se destinent à suivre la carrière d’interprète à la légation et dans les consulats de Chine. Comme on devait s’y attendre d’un homme aussi expérimenté que l’est M. Vissière, l’enseignement de l'Ecole des Langues Orientales n’a pas périclité entre ses mains et le nombre des élèves du cours de chinois varie de 35 à 40 pour les trois années. M. Vissière emploie pour
son cours comme livre de textes un recueil dont il a fait paraître
1) Vissière, Arnold-Jacques-Antoine, né le 2 Août 1858; élève diplomé de l’Ecole des Langues Orientales, 25 novembre 1879; élève-interprète (hors cadres) détaché à la mission brésilienne en Chine, 16 janvier 1880; interprète-adjoint à Pé-King, 21 février 1882; second interprète, 10 mars 1883; interprète de seconde classe, 1° mai 1884; premier interprète de la légation, 28 mai 1886; interprète de première classe, 9 novembre 1887; consul de seconde classe, 12 mars 1894; gérant du consulat de Tien-Tsin, 5 avril 1897— 23 mai 1898; consul de première classe à Canton (non installé) 10 février 1899; secrétaire-
interprète à Paris, 16 octobre 1899.
deux livraisons qui comprend non seulement des pièces officielles, mais aussi des extraits de journaux, des documents commerciaux, etc. !)
J'écrivais dans mon dernier rapport sur les Etudes chinoises qu'il était possible, sinon probable, que les grands intérêts commerciaux de Lyon en Chine, fissent créer, dans cette ville, une chaire de chinois. En effet des cours de chinois ont été organisés dans cette grande ville par la Chambre de commerce avec le concours du Gouvernement général de l’Indo-Chine et de la Faculté des Lettres et on a nommé à la nouvelle chaire M. Maurice Couraxr que recommandaient son séjour dans les divers pays d’Extrême- Orient et ses excellents travaux. M. Courant daus des rapports présentés à la Chambre de commerce de Lyon aux mois de juin 1900 et 1901 a donné des renseignements reproduits dans une lettre qu'il a adressée à M. Picavet, Directeur de la Revue de.
l'Enseignement supérieur; nous en tirons les notes suivantes:
Dès le début les cours ont été divisés en deux séries:
19 Enseignement de la langue chinoise moderne parlée et écrite. Les cours de cette série sont des cours de la Faculté des Lettres. Ouverts le 17 mars 4900, ils ont eu lieu d’abord deux fois par semaine dans une salle de la Faculté; j'ai, äès le mois de mai de la même année, ajouté une leçon faite à 8 h.1/, du soir pour les auditeurs que leurs occupations retiennent toute la journée: l'association des anciens élèves de l'Ecole supérieure de commerce avait bien voulu me prêter une salle. J'ai vite reconnu qu’un aussi petit nombre de cours est insuffisant pour des jeunes gens qui exercent une profession ou font d’autres études, qui, par suite, ne peuvent fournir hors des cours que peu de travail personnel. Dans l’année 1900—1901, j'ai donc fait deux séries de cours, les uns à 5 h. 12, les autres à 8 h. 1/, du soir, comprenant respectivement 2 et 3 leçons par semaine ;
29 Exposé des mœurs et institutions de la Chine contemporaine faisant non
1) Recueil de textes chinois à l’usage des élèves de l'Ecole spéciale des Langues orientales vivantes — Textes en langue orale, Extraits de journaux, pièces administratives et commerciales, correspondance épistolaire, documents officiels, traités, lois, réglements, etc. Réunis par A. Vissière, Professeur à l’École spéciale des langues orientales. Première livraison. Paris, Imprimerie nationale — MDCCCCII, in-8, pp. 1—16. — Deuxième livraison. Ibid.,
seulement connaître les grands traits de la société chinoise, mais donnant des détails précis et pratiques sur la vie quotidienne des indigènes et sur leurs rapports journaliers avec les étrangers. Les cours de cette série ont lieu tous les jeudis soir au Palais du Commerce, où ils ont été ouverts le 25 janvier 1900.
Les matières traitées au Palais du Commerce l’an dernier (25 janvier—mijuillet) ont été les suivantes: calendrier, poids, mesures et monnaies; — la famille et le clan; — les communes rurales, les associations provinciales; — les corporations de marchands et d’artisans; — la propriété foncière, contrats, impôts; — les monopoles officiels, les droits sur la production et les transactions; — liste générale des produits étrangers importés en Chine; — la classe des lettrés et des mandarins.
Cours du Palais du Commerce (mi-octobre 1900 à mi-juillet 1901): l’administration (sous-préfectures, — préfectures et cercles, — provinces, — armée chinoise et armée mantchoue, etc.). — Situation faite aux Européens par les traités et les précédents et état économique et politique des diverses régions de l’Empire Chinois. — De cette vaste étude je n’ai abordé jusqu'ici qu’une partie: Mantchourie, Mongolie, Turkestan, Tibet, en insistant sur le port de Nieou-tchoang et sur l’activité des Russes dans ces régions. Je compte dans la nouvelle année scolaire m'occuper, aux mêmes points de vue, de la Chine propre, puis du Tonkin et de l’Annam.
Des résumés du cours ont été polycopiés et distribués aux auditeurs.
Pour la langue chinoise, les cours de 5 h. 1/, ont été consacrés plus spécialement à la grammaire et à l'explication des textes écrits contemporains. Au cours de 8 h. 1/2, réservé à la langue parlée, j'ai exercé les élèves à comprendre et à faire eux-mêmes des phrases usuelles (exercices oraux, explication de dialogues, thèmes et versions par écrit) en insistant au fur et à mesure des besoins sur les principes grammaticaux appliqués. Je n’ai eu garde de négliger l'étude des caractères chinois; car la langue chinoise dite parlée s'écrit elle aussi, et celui qui ne peut reconnaître les mots usuels, s’aider de l'écriture pour compléter une explication insuffisante, celui-là est comme un aveugle. L'expérience de ces deux années, confirmant mes opinions antérieures, m’a démontré que des résultats solides sont atteints par cette méthode en un bref espace de temps.
Des principes de grammaire et des textes de versions et de thèmes, ainsi que les éléments d’un vocabulaire, ont été polycopiés et distribués aux auditeurs.
Des dictionnaires, recueils de dialogues, recueils de documents écrits, etc. ont été achetés par la Chambre de commerce, qui a fait dresser aussi une grande carte murale de l’Empire Chinois. La bibliothèque de l’Université a fait également l’acquisition de plusieurs ouvrages.
Le nombre des auditeurs réguliers (1900—1901) a été de 12; toutefois,
lun deux, après plus de 4 mois d’assiduité, a été interrompu; il annonce l’in-
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tention de reprendre à la rentrée. Parmi les auditeurs de passage, je dois signaler plusieurs étudiants de la Faculté de droit qui ont assisté à diverses leçons. Le nombre 192, indiqué plus haut, se décompose de la manière suivante:
Elèves de l'Ecole de commerce Comptables .
Employés de commerce.
Etudiant en pharmacie .
Etudiant pour la licence ès lettres. .
Professeur de l'Enseignement secondaire .
Officier enr retraite 5... Lin
Allemand.
Anglais
Er ETES ten RO