‹ Tung pao. Toung pao (volume 4)Chapitre 41 sur 64 · JULES ARÈNE · texte numérisé non relu

JULES ARÈNE

Jules ARÈNE vient de mourir (19 juin 1903) à Sisteron (Basses-Alpes) où il était né le 22 mai 1850; il a longtemps appartenu à l’interprétariat en Chine: élève-interprète pour la langue chinoise, 13 février 1868; interprète-chancelier

à Fou-tcheou, le 6 août 1875; chargé de la gestion du consulat de Han-k’eou,

4 juin 1877, il fut nommé interprète à Chang-haï, le 23 mars 1878, quoiqu'il en ait rempli les fonctions beaucoup plus tôt, pendant presque toute la durée de mon séjour en Chine (1869—1876), mais il semblerait qu’il soit devenu une habitude de faire occuper à nos agents tous les postes excepté celui dont ils sont titulaires. Arène était ensuite nommé interprète-chancelier à Pe-king, 19 avril 4879; vice-consu] à Han-k’eou, 6 mars 1880, mais dégouté de la Chine, rentré en France, grâce à Gambetta, ami de son frère, le poète bien connu, Paul Arène, il fut inscrit dans la première classe de son grade, 18 sept. 1880, puis nommé vice-consul à Sousse, 21 fév. 1882; chargé du vice-consulat d’Algesiras et San Roque, 22 oct. 1885; consul à Sainte-Croix-de-Téneriffe, 28 mai 1889. Arène était consul à Charleroi, lorsqu'il prit, il y a quelques années, sa retraite avec le titre de Consul-général. Il est l’auteur d’un livre charmant qui

a eu deux éditions: La Chine familière et galante. HG:

Amiral COURREJOLLES.

+ Le Vice-Amiral Charles Louis Théobald COURREJOLLES, qui commandait l’escadre française au début des affaires de Chine en 1900, est mort 4 rue Guichard, à Passy, chez son beau-frère, M. René Goblet, ancien Président du Conseil des Ministres, le 29 mars 1903; il était né le 5 février 1842.

Voici les états de service du regretté Amiral qui avait contracté durant ses nombreux séjours dans l’Extrème Orient les germes de la maladie dont il est mort: Entrée au service, 1861; aspirant, 1% oct. 1863; enseigne de vaisseau,

4% oct. 1865; lieutenant de vaisseau, 7 mars 1868; capitaine de frégate, 18 sept. 1880; capitaine de vaisseau, 26 mars 1887; contre-amiral, 24 sept. 1895 ; vice-amiral, 19 déc. 1901. Au moment de sa mort, l'amiral Courrejolles était Préfet maritime de Lorient. J'avais fait sa connaissance, en 1876, à Saigon,

alors qu’il était second à bord de l’{ndre. H:te

BULLETIN CRITIQUE

J. Pène-Siefert, Membre de la Mission Paul Bert en Indo-Chine, Délégué près la Cour de Hué — Jaunes et Blancs en Chine — Les Jaunes. — Berger-Levrault, Paris [et] Nancy, 1902, in-12.

Jé crois bien que ce nouveau livre augmentera inutilement le nombre, non la valeur, des ouvrages relatifs à l’Empire du Milieu: inutile à celui qui connait la Chine, ses fautes le rendent dangereux à celui qui le prendrait pour guide.

L'auteur a sans doute été en Indo- Chine; j'ignore s’il a poussé jusqu’en Chine; dans tous les cas, son livre aurait pu être écrit par quelqu'un qui n'aurait jamais visité le grand pays de l’Extrême-Orient; il ne serait pas plus rempli de lieux

communs qui ont la prétention

d’être originaux et de théories tirées des quatre coins du monde qui ne servent qu’à encombrer le volume.

M. Pène-Siefert puisant moins dans son propre fonds que dans celui d’autres auteurs sur lesquels il semble vouloir appuyer ses théories, emploie dans l'orthographe des noms chinois une variété qui marque à la fois ses nombreuses lectures et son peu de connaissance du fond même des choses.

Tantôt il écrira You Nam (p.

27, note) et Vun-nan (p. 139); ce dernier nom ne veut pas dire «midi neigeur> mais nuageux 2=.

«Quang ton» (p. 141) et «Chantoung» (p. 97) et «Liao-toung» (p.

99), K ; « Thian chan» (p. 71) et

«Tien chan» (p. 73) X [I : les JL sont tantôt des yen (p. 420)

BULLETIN

et des Youan (p. 448); le même général est Zat-si-ching (p. 433) et Li-tsen-ching (p. 452); le célèbre ouvrage deSe-ma Ts'ien,les 5 VU

sont indiqués tantôt Chi-ki(p.556),.

tantôt Ssé-ki (p. 297); l’empereur NE #3 Chouen Tchi ou Choun T'ehi ne s’est jamais appelé Thun-tchi (p. 453); je pourrais continuer longtemps. Les noms européens ne sont pas mieux traités: « William »

pour «Williams» (p. 21), «<Richtofen» pour «kRichthofen» (p. 24), « Hautserre» pour « Vaulserre» (p.

27), <Blakidon» pour <Blakiston »

(p. 109 note). Les sources ne sont pas toujours de la dernière fraicheur; il y a de plus récentes descriptions de Chang Haï que celle du Baron de Hübuer. Notons quelques erreurs: P.171,le Fo-Pou n’est pas un des six ministères; il n’est qu’une dépendance du ministère des Rites; à l’époque des Trois Royaumes — x les Etats étaient les Petits Han (Chou, Se-tch'ouan), les Weï et les Wou; le Kk Th fr IL est un ouvrage qui renferme les Lois de la dynastie actuelle; on se demande ce que

veut dire (p. 171) «les conseils ou

CRITIQUE. 259

grands tribunaux du Ta-Tsing- Houei-Tien»; c’est comme si l’on disait «les Tribunaux du Code Napoléon ».

Je crois en avoir assez dit pour montrer ce que je pense de ce livre; l’auteur a moins étudié avec ses yeux qu'avec les livres des autres; comme les auteurs qu’il a consultés sont de valeur inégale, la mosaïque qu’il nous offre, — M. de Bonald et Montesquieu sont mis à contribution aussi bien que MM. Tiele et de Groot qui sont bien à leur place, — fait un effet fort disparate.

Historic Macao. By C. A. Mox- TALrO de Jesus, Fellow of the Geographical Society of Lisbon, Member of the China Branch R. As.

Society. — Hongkong — Kelly & Walsh — 1902, in-8, pp. vr—358.

Cet ouvrage est certainement le meilleur travail d'ensemble qu’on ait écrit jusqu’à présent sur l’établissement portugais de la Chine méridionale. Le livre du suédois

Llungstedt paru à Macao en 1832,

puis à Boston en 1836, à peu près

BULLETIN

le seul qui soit connu des étrangers, M. Montalto

de Jesus parait avoir consulté toute

fourmille d’erreurs.

la littérature imprimée relative à l'histoire de Macao et il en a tiré un parti excellent. Je fais quelques observations en vue d’une nouvelle édition que mérite certainement ce travail consciencieux:

— Page 2. — Il eut été utile de rappeler le passage suivant de la lettre adressée de Cochin, le 6 janvier 1515, par le Florentin Andrea Corsali au Duc Julien de Medicis qui fixe bien à 1514, l’arrivée des Portugais en Chine: «Quest auno passato nauigarono alla Cina nostri Portoghesi, i quai non furno lasciati scendere in terra, che dicono cosi essere costume, che forestieri non entrino nelle loro habitationi, venderono le lor mercantle con gran profitto, & tanto dicono essere d’utilità in condurre spetierie alla Cina, come a Portogallo: per esser paese freddo, & costumarle molto» !).

— Page 14. — «Can-foo, probably Si-ngan foo». Il s'agit ici de

1) Ramusio, I, f. 189 o.

CRITIQUE

Canton; Si-ngan fou était appelé «<Khamdan» par les Arabes.

— P. 81. — Rappeler la planche célèbre des Martyrs du Japon à Nagasaki par Callot.

— P. 121. — Lire Martini, au lieu de Martinez.

— P.122. — Maigrot n’était pas dominicain ; il appartenait à la Société des Missions étrangères de Paris.

— P. 178 — Je parle des entreprises des Anglais contre Macao sous Napoleon 1° dans ce no. du 7“oung Pao.

— P. 265. — La correspondance de Silveira Pinto avec Kiying a été publiée dans le Bulletin de la Société de Géographie de Lisbonne, 11? Serie, 1892, pp.

— P. 310. — Voici quelques renseignements inédits sur la mauière dont furent engagées en 1858 les négociations entre le Portugal et la Chine au sujet d’un traité qui ne fut signé qu’en 1862:

M. le Vicomte de Païva, ministre de Portugal à Paris, adressait le 15 mai 1858 de la part du

Gouvernement de son Roi, une

BULLETIN

demande pour que le Ministre français des Affaires étrangères «voulut bien consentir à donner à Monsieur le Baron Gros les ordres nécessaires pour que le Gouverneur de Macao, Mr. Isidoro Francisco Guimaraens fut admis, comme Plénipotentiaire de Portugal, aux Conférences de Canton».

La demande du Portugal fut accor-

dée à Paris, de même que l’Envoyé

du Roi à Londres sollicita et obtint |

également du Gouvernement de S. M. Britannique la même faveur.

M. de Païva, écrivait ànouveau, Paris, 23 avril 1859, au Comte Walewski, Ministre des Affaires étrangères :

«Les Traités de Commerce entre les Puissances alliées et la Chine étant déjà signés, le Plénipotentiaire portugais Va avoir à poursuivre isolément la conclusion d’un traité analogue. Le Gouvernement du Roi me charge donc de recourir de nouveau à l’obligeance de V. E. à l’effet d'obtenir que M.

ministre de France en Chine, soit

de Bourboulon, le nouveau invité à prêter son bienveillant

appui à M. Guimaraens dans les

CRITIQUE. 261

négociations que celui-ç1 va entamer pour la conclusion d’un Traité de Commerce basé sur les mêmes principes. L’obligeant empressement que V.E. mit l'an dernier à accueillir ma première demande me fait espérer, M. le Comte, un égal succès pour celle-ci».

Lorsque MM. de Bourboulon et Bruce se rencontrèrent à Macao le 10 mai 1859, M. Guimaraëns réclama leurs bons offices pour la négociation d’un traité avec la Chine, les instructions favorables envoyées au Baron (Gros étant arrivées trop tard pour que le ministre portugais put prendre part aux négociations et profiter des circonstances d'alors. Les plénipotentiaires anglais et français trouvèrent que leur «tâche était déjà trop ardue, trop compliquée, et la tournure que prendraient nos propres affaires, écrivait M. de Bourboulon, trop incertaine pour que nous puissions nous engager à donner dès notre arrivée au nord, notre appui au Plénipotentiaire Portugais, pour la négociation d'un traité, auquel il est probable

que le Gouvernement chinois, dans

262 BULLETIN

les circonstances actuelles, ne serait pas très disposé à souscrire. Nous avons donné connaissance de ces conclusions à Mr. Guimaraës que nous avons vu successivement tous les deux pendant la journée que Mr. Bruce a passée ici, en l’assurant d’ailleurs de notre sincère désir de l'aider à remplir les vues de son gouvernement aussitôt que nous nous trouverions en position de le faire».

Je renvoie à mon Âist des.

Relations de la Chine, pp. 141 — 147, pour le traité de 1862.

Henri Corptee.

El Libro de Marco Polo — Aus dem vermächtnis des Dr. Hermann KNustr nach der Madrider Handschrift herausgegeben von Dr.

R. Sruege. Leipzig, Dr. Seele & Co., 1902, 8vo., pp. xxvr—114.

This volume reproduces the old Spanish text of the manuseript Z—1-—2 of the Escurial Library from a copy made by Señor D. José Rodriguez for the Society of the Spanish Bibliophiles, which, being

unused, was sold by him to Dr.

CRITIQUE

Hermann Knust, who made a careful comparison of it with the original manuscript. This copy, found among the papers of Dr.

Knust after his death, is now edited by Dr. Stuebe. The original 14th century MS., written in a good hand on two columns, includes 312 leaves of parchment, and contains several works; among them we note: 1°, a Collection entitled lor de las Ystorias de Oriente (fol. 1—104), made on the advice of Juan Fernandez de Heredia, Grand Master of the Order of St. John of Jerusalem (1377), of which Marco Polo (fol. 50 —104) is a part; 2° and Secretum Secretorum (fol. 2547. — fol. 312v.); this MS. is not mentioned in the List, App. F', given in our Marco Polo, IT,p.456, unless it be our N°. 60.

The manuseript includes 68 chapters, the first of which is devoted to the City of Lob and Sha-chau, corresponding, in our Marco Polo, to Bk. I, ch. 39 and 40 (our vol. I, pp. 196 se9q.); ch. 65 (p. 111) corresponds approximatively to our ch. 40, Bk. III (vol. IT, p. 451); chs. 66, 67, and the last,

BULLETIN

68, would answer to our chs. 2, 3, and 4 of Bk. T (vol. I, pp. 45 segg.).

À concordance of this Spanish text, with Pauthier’'s, Yule’s, and the Geographic Texts, is carefully given at the beginning of each of the 68 chapters of the Book.

Of course this edition does not throw any new light on the text, and this volume is but a matter of curiosity.

Henri Corpier.

Notice du MS. Nouv. Acy. Franc.

10.050 de la Bibliothèque nationale contenant un nouveau texte français de la Fleur des Histoires de la Terre d'Orient de Hayton par M. H. Omont — Tiré des Notices et Extraits des Manuscrits de la Bibliothèque et autres Bibliothèques T. XXXVIIL. Paris, Imp. Nationale, MDCCCCIIT, in-4, pp. 60.

nationale

M. Henri Omont vient de nous donner un nouveau texte français de la #leur des Histoires de la Terre d'Orient de Hetoum l’Arménien, renfermé dans le manuscrit de la

Bibliothèque nationale Nouv. Acq.

CRITIQUE. 263

Franc. 10.050. Ce MS. provient de la collection Barrois et d’Ashburnham Place et figure sous le n° 260 à la vente faite à Londres en juin 1901 par Sotheby. «C'est, dit M.

Omont, un mince volume de 15 ff.

de parchemin, de format gr. in-8, mesurant 258 millimètres sur 155, et recouverts d’une reliure moderne en maroquin vert. Chaque page compte 42 lignes d’une écriture gothique régulière, qui peut remonter au milieu du XIVE® siècle; malheureusement le texte de la leur des listoires de la terre d'Orient, copié assez incorrectement par un scribe anglo-normand ou anglais, y est incomplet de tout le quatrième livre et d’une partie du troisième; il s'arrête dans le ms. au chap.

XXVII du livre II, à la p. 306 de l’éd. du texte français donnée dans le tome IT des Documents arméniens du Recueil des historiens des Croisades». Son texte est différent de toutes les relations françaises jusqu'ici connues et a été découvert trop tard pour être utilisé par les éditeurs du t. II des Por. .

arméniens; Ce nouveau manuscrit

présente non seulement un texte

264 BULLETIN

français complétement différent mais aussi tout à fait indépendant de celui des autres manuscrits jusqu'ici connus; il ne reproduit pas un certain nombre de phrases du texte latin, bien que d'ordinaire il le suive presque mot à mot. M.

Omont pose au sujet de ce nouveau manuscrit la question suivante:

«Ne serait-il pas un représentant du texte primitif, écrit par Nicolas Falcon sous la dictée de Hayton, puis traduit en latin, tandis que la rédaction française, considérée Jusqu'ic; comme l'original, ne serait au contraire qu’une traduction postérieure et dont la forme plus élégante aurait assuré le succès aux dépens de la rédaction première?»

HiC:

Chinesische Broncegefässe. Text von Julius LessixG. Vorbilder-Hefte aus dem Kôünigl. Kunstgewerbe- Museum, Heft 29. Berlin 1902.

Vergebens haben wir beim Durchblättern dieses Heftes nach dem Texte gesucht, den wir doch erwarten als

sollteu, um uns

Fübrer durch diese Abbildungen

CRITIQUE

zu dienen. Stattdessen finden wir nur ein vorgedrucktes Verzeichnis, das im besten Falle als eine » Liste der Tafeln”’ zu bezeichnen ist, mit hôchst dürftigen, mageren und teilweise ganz schiefen Angaben.

Seinen »Text” beginnt der Herausgeber folgendermassen:

»Die auf Tafel 1—14 abgebildeten 37 Bronzegefässe sind Ar-

stammen fast alle

sämtlich ältere chinesische beiten und aus einer Sammlung, welche der Kaiserl. Gesandte, Herr v. Brandt, für die Zwecke des Kgl. Kunstgewerbe-Museums angelegt hatte, Mit dem sichern Geschmack, welcher diesen vorzüglichen Kenner ostasiatischer Kunst auszeichnet, sind für unsere über 100 Stücke enthaltende Sammlung nur Gefässe ausgesucht, welchen reine Schônheit der Form eigen ist. Die Sammlung steht daher in starkem Gegensatz zu sonstigen Sammlungen chinesischer Stücke, welche durch reichen Auftrag wunderlicher Zierformen zu glänzen suchen. Die Stücke tragen nur zum kleinen Teile Stempel, welche eine Datie-

rung ermôglichen, aber es ist be-

BULLETIN

kannt, dass ältere geschätzte Stücke in China stetig und einschliesslich der alten Stempel nachgeahmt worden sind. Die Unterscheidung ist für uns überaus schwer, aber für alle Stücke der Sammlung steht wenigstens so viel fest, dass es nicht Stücke sind, welche für den Export gearbeitet sind, sondern ausgewählt gute ältere Arbeiten aus chinesischem Gebrauch. Unter den hundert Stücken der Sammlung ist keines dem ander» vüllig gleich, jeder Typus ist auf das mannigfaltigste varürt”.

Soweit Herr Lessing. Weiter kann man die Naivität kaum treiben, besonders nicht in der Furcht vor dem büsen Export, der in Bronzen niemals stattgefunden hat und wohl auch nie stattfinden wird.

Als wenn die Chinesen die alten Typen ihrer Bronzen nur für die Herren Europäer nachmachen würden und einzig und allein auf deren Kauflaune angewiesen wären! Die alten echten Stücke kommen eben deshalb nie in fremde Sammlungen, weil die chinesischen Liebhaber

solch horrende Preise dafür be-

zahlen, an die ein Europäer, und |

CRITIQUE. 265

zumal ein Museum, niemals denken würde. Den $Siegeln bringt also Herausgeber kein besonderes Vertrauen entgegen, aber doch macht es drei Stücke namhaft als mit der Regierungsdevise des Ming-Kaisers Hsüan-teh gekennzeichnet. Wer aber weiss, dass die Bronzen dieser Periode wegen ihrer Anziehungskraft auf das Publikum von jeher und bis auf den heutigen Tag mit dieser Marke in Massen fabrikmässig hergestellt werden, um die allgemeine Nachfrage zu befriedigen, und dass echter

Hsüan-teh auf dem Markte zu

schwerlich ein wirklich

haben ist, — die echten sind eben

längst in den festen Händen rei-

cher chinesischer Familien, — der

wird jenem Siegel kaum eine historische Bedeutung zumessen.

Diese Zeitbestimmung ist aber wenigstens annehmbar, da sie sich auf einen, wenn auch vielleicht nur scheinbaren, Anbhaltspunkt stützt. Was sollen nun jedoch die übrigen chronologischen Defini-

sind :

» Âltere chinesische Arbeit”’, » Ar-

tionen besagen, wie da beit aus der Ming-Dynastie, XVI.

266 BULLETIN

Jahrhundert”’, » China, XVL. Jahr-

»Chinesische Arbeit Zeit”, »China, XVIII.

Jahrhundert”?? Die Begründung

hundert”’,

neuerer

für diese vagen und ganz wertlosen Angaben hat Herausgeber für sich behalten. Dreissigmal erklärt er Stücke einfach schlecht und recht als »ältere chinesische Arbeit”. Gleichwohl lassen sich in diesen Stücken nur die letzten Ausläufer der gesamten chinesischen Bronzeentwicklung aus einer retrospektiven Epoche der Nachahmung erkennen, die vom Standpuukt des Chronologen gar nicht anders als durchaus moderne Arbeiten zu bezeichnen sind. Man vergesgenwärtige sich doch, dass die Blütezeit der Bronzeindustrie jetzt fast drei Jahrtausende zurückreicht und in die Glanzzeit der vorchristlichen Dynastieen Shang und Chou fällt.

Noch allgemeiner und unsicherer als in der Chronologie ist Herausgeber in der Bestimmung der Bedeutung der einzelnen Stücke, obwohl er für diesen Zweck aus Paléologué bekanntem Buche

L'Art Chinois sich manchen Rat

CRITIQUE

hätte holen künnen. Er operiert ausschliesslich mit den drei Stichwôrtern »Vase, Kanne. Kessel”, auf die auch jeder Unbefangene auf den ersten Blick von selbst verfallen würde. Das erinnert mitunter an die antiquierte Etiquettierungsmethode einiger Museen, z.B. buddhistische

Skulpturen mit der Bezeichnung

in welchen »vein Gôütze’”’, »ein andrer Gütze’” u.s.w. abgefertigt wurden. Der auf Tafel IL so bezeichnete » phantastische Vogel” ist ein stilisierter Hahn,

Erscheinung in der chinesischen

eine ganz gewühnliche Kunst, und der andere » phantastische Vogel” b auf derselben Tafel stellt eine Ente vor. In Ermangelung von Thatsachen scheint sich Herausgeber mit Vorliebe auf die Phantasie zu legen. So sagt er, ganz von seinem Standpuukt als Âsthetiker: » Der enge Hals der meisten Blumenvasen erklärt sich daraus, dass sie nicht für grosse Sträusse, sondern für einzelne schlanke Blüstenzweige, Pfauenfedern oder dergleichen (was ?) be-

stimmt sind”. Thatsache ist, dass

eben der Blumenstrauss in unserem

BULLETIN

Sinne in China unbekannt ist und nur einzelne Blütenzweige in Vasen gesteckt werden, aber keine Pfauenfedern oder dergleichen, die in eigenen Bambusschachteln aufbewahrt werden. Im Text und am Fusse der Tafeln sind die Blumenvasen nirgends als solche gekenn- zeichnet. Der » Kessel”’ beschriebene Dreifuss auf Tafel IVe dient als Räuchergefäss, ebenso c

auf Tafel X. Die Vase D auf

letzterer Tafel mit dem flaschen-

als

fôrmigen Halse wird von den Chinesen mit dem treffenden Namen » Hammerstiel”’, &6 u ch'oei pa, charakterisiert. Die vier Gefässe auf Tafel VIE, VITE, XIILE, XIVb sind Nachahmungen alter Sacralgefisse. Über die Ornamentik hätte sich nach den Originalen viel mehr feststellen lassen als hier geboten wird, So sind auf Tafel IIT4 in dem ovalen FeldePflaumenblütenzweige und Elstern (& RÉ si ch'üeh) !) und auf dem Deckel ein junger

1) Über die Lesung dieses Ornaments

vergl. Grabe, Beitrige zur Pekinger Volkskunde, S. 140.

CRITIQUE. 267

Lüwe mit Leichtigkeit erkennbar.

Leider ist in der Anordnung der Bronzen auf den Tafeln jede Systematik ausser Acht gelassen.

Es ist ein buntes, principienloses Allerlei, das nur einen winzigen Bruchteil chinesischer Bronzekultur widerspiegelt, und zwar keineswegs weder in ihren typischen Stücken noch in ihren besten Leistungen, denn alle abgebildeten Proben stammen aus der jüngsten Verfallzeit. Auch die Anschauungen, die der Herausgeber mit dem Werte dieser Sammlung verbindet, kôünnen wir leider nicht teilen, Der Publikation mag ein aesthetischer Wert nicht abzusprechen sein, archäologischen nicht. Der

Hauptfehler des Herausgebers ist

Zwecken dient sie darauf zurückzuführen, dass er es unterlassen hat, bei seiner Arbeit einen, Sinologen zu Rate zu ziehen, der die einheimische archäologische Litteratur kennt.

Dr. B. Lauren, z. À. Hankow.

LIVRES NOUVEAUX

Deux nouveaux volumes viennent de paraître dans la belle collection des Variétés sinologiques que dirige le R. P. Henri Boucaer depuis la mort du P. Henri Havrer. Le No. 22 renferme l'Histoire du Royaume de Teh‘ou (1122—223 av. J. C.) par le P. Albert TscHepe. «Vers l’an 1122 av. J. C., Hiong I BE RE, descendant de Tchoan Hiu AE FH, reçut de l'empereur Tcheou Ou wang F1 ii F,le fief de Tan-yang #4 D . Ce pays s'appelait alors King-man #f] #4 , c'est-à-dire «Sauvage des broussailles»; c’est seulement vers l’an 659 qu'il prit le nom de Tch'‘ou FE . Ce fief s’étendait depuis la préfecture actuelle de King-teheou fou #f] ai FF [Hou-pé] jusqu’au nord de Yu-tcheou F6 M, à 120 li au nord-est de Nan-yang fou F4 D FF [Ho-nan]; c'est-à-dire jusqu’à la forteresse de Fangtch‘eng } DR, plateau réputé imprenable. Ce même fief allait encore jusqu'à Sin-yang tcheou 45 D IN , à 270 li sud-ouest de Jou-ning fou PL'A A FF, Ho-nan». On se rappellera que le No. 10 des Variétés sinologiques était consacré au Royaume de Ou; le Royaume de Ts‘in a été publié en grande partie dans la Æevue d'Extréme-Orient, 1900—1902. Nous apprenons par la préface du nouveau volume que la mort du P. Faiïpoux, le dévoué collaborateur du P. Tschepe, suspend pour un temps la publication des

autres Royaumes. Le carte du Royaume de Teh‘ou est due au

P. P'an qui a déjà donné celle du Zch‘ouen-ts'icou en collaboration avec le P. Lorando. Un appendice, pp. 398-401, renferme l'histoire du royaume de Yué ÀX

Le No. 23 des Variétés sinologiques renferme la seconde partie du graud ouvrage du regretté Père Louis GarzLarD sur Vankin: le nouveau volume contient un Aperçu historique et géographique sur cette ancienne capitale de l’Empire chinois. Parmi les documents intéressants renfermés dans ce vol., mentionnons la reproduction des plans du rare ouvrage 4 BE nr À A Kin-ling kou-kin tou kao, ainsi que d’un bon nombre de stèles. On lit dans la préface: <Quant aux autres monographies (sur Nankin) qu’annonçait la préface du Plan de Nankin, nous ne pouvons en promettre l’immédiate publication. Depuis deux ans, notre Mission a été décimée et a perdu des hommes tels que les PP. Havret, Heude, Zottoli! Nous ne désespérons pas cependant de voir quelque jour un de nos collaborateurs reprendre pour son compte ces études si intéressantes, et utiliser les précieuses notes du P. Gaillard; il y trouvera des chapitres entiers complétement rédigés sur la Muraille de Nankin, le Temple de Confucius, le Tombeau des Ming, les Tombes des Funuques, etc., ete.,.... Les vues de Nankin sont toutes des clichés du P. Gaillard lui-même».

Le R. P. Stanislas Le Garr donne dans La Chine Géographie générale à l'usage des Evoles françaises un ouvrage élémentaire qui est appelé à rendre de grands services dans les cours: il passe en revue les fleuves, les montagnes, chaque province qui a sa carte; il examine l'administration et il termine par une liste par provinces et par une liste alphabétique des villes de Chine.

Le regretté P. Henri Havrer avait donné en 1900 un Historique de la Mission du Kiang-nan; son travail vient de recevoir une

suite dans le volume Za mission du Kiang-nan Les trois dernières

années 1899—1901, imprimé à Zi-ka-wei. Cette mission a été singulièrement éprouvée, car du mois d'août 1898 au 21 fév. 1902, elle a perdu 21 membres dont deux évêques, Mgr. Valentin Garnier, + 14 août 1898, à Chang-haï, et Mgr. Jean-Baptiste Simon, Ÿ le 10 août 1899, à Wou-hou, et des hommes de la valeur des PP. Louis Gaillard, + 12 Mai 1900, à Peking, Henri Havret, f le 29 sept. 1901, à Zi-ka-wei, Pierre Heude, Ÿ 3 janv. 1902, à Zi-ka-wei.

Suivant l'exemple de leurs confrères du Tche-li S.E. qui ont entrepris une publication trimestrielle intitulée Chine, Ceylan, Madagascar (Cf. T'oung Pao, Mai 1903, p. 156), les missionnaires du Kiang-nan font paraître un recueil également trimestriel, gr. in-8 carré, imprimé à Tours. Le No. 1 a paru; il a pour titre Relations de Chine, Kiang-Nan; ses 80 pages renferment parmi ses articles un travail sur les musulmans de Po-t’cheou; les illustrations sont

fort bien réussies.

Le R. P. Wixcer vient de faire paraître un nouveau volume de ses Rudiments qu'il appelle une oeuvre de «vulgarisation» et que nous appelons une grande oeuvre qui rend d'immenses services au public européen quoiqu'il ne lui soit pas destiné. Ce volume est consacré à l'Histoire qui donnera trois, peut-être quatre volumes. Ensuite viendront trois ou quatre volumes de théosophie et philosophie, Confucianisme, Taoïsme et Bouddhisme. La collection conservera le nom de ÆRudiments; elle sera désormais sous-divisée par sections, non par volumes, le numérotage de ces volumes étant devenu assez compliqué.

Le R. P. Couvreur imprime actuellement son Grand Dictionnaire Classique in-4, entièrement refondu, par clefs, et non plus par tons; l'ouvrage est déjà fort avancé, et il sera probablement terminé au

commencement de 1904.

La quatrième livraison du Recueil de textes chinois à l'usage des élèves de l'Ecole spéciale des langues orientales vivantes publié par M. A. Vissière comprend les pages 49 —64 et les pièces numérotées 73-92 et B32—B 48.

Cette 4% livraison contient notamment le texte chinois de la Convention franco-chinoise de frontières signée par M. Constans (juin 1887); — des spécimens de lettres et de dépêches officielles, de lettres de créance et de discours adressés par des représentants diplomatiques chinois à des souverains étrangers; — et de nombreux articles relatifs à des affaires judiciaires, aux tribunaux chinois et mixtes, à des accidents et incendies, aux prix des denrées, à l’exposition de Hanoi, à la poste chinoise, aux récoltes et impôts, au

système monétaire, aux journaux, écoles, etc.

La troisième édition de The Book of Marco Polo... by Colonel Sir Henry YuLe... revised... by Henri Copier, vient de paraitre

chez John Murray, Londres, en 2 volumes in-8.

Le Vol. IT de la traduction française par M. Gédéon Huer de l'excellente Histoire du Bouddhisme dans l'Inde par H. KerN à paru dans la Bibliothèque d'Etudes (dont il forme le t. XI) des Annales du Musée Guimet.

L'ouvrage du Dr. Paul Carus, l'Evangile de Bouddha, vient d’être mis en français par M. L. de Mizroué, et forme le t. XIII de la

Bibliothèque de vulgarisation des Annales du Musée Guimet.

Nous apprenons que M. Paul Doumer, ancien gouverneur-général

de l’Indo-Chine française est occupé à la rédaction de ses Souvenirs.

Le volume contenant pour 1902 les Papers relating to the Foreign Relations of the United States vient de paraître. La Cine

occupe les pages 129-283.

M. G. P. Rourraer vient de donner dans l’Encyclopaedie van Nederlandseh Indië, IV, un article fort intéressant sur l’histoire de Sumatra depuis la période la plus ancienne jusqu’à l’arrivée des

Hollandais (1596).

Le volume longtemps attendu du Dr. M. Aurel SreiN vient de paraître chez T. Fisher Unwin, Londres, sous le titre de Sand-buried Ruins of Khotan Personal Narrative of a Journey of Archaeological and Geographical Exploration in Chinese Turkestan. Il à été fait un

tirage à part de l’Zntroduction.

M. Henri Omowr, de l’Institut, vient de donner dans la Coflection de Documents inédits sur l'Histoire de France deux volumes sur les Missions archéologiques françaises en Orient aux XVTII* et XVITIS siècles. Quelques unes de ces Missions ont pour nous un intérêt particulier. Notons le Chap. XIV. Missions en Chine et dans l'Inde. Fourmont aîné, les PP. Fouquet et de Prémare, Signard et le P. Le Gac (1684—1737) et le Catalogue des livres chinois apportés de la Chine par le P. Fouquet, jésuite, en l'année 1722.

Le Tome X des Mouvelles Archives des Missions scientifiques qui vient de paraître renferme un ARapport sur une mission scientifique en Annam ét au Laos (Région de Xieng-khouang) par M. le Comte de Barrn£zemy. Ce rapport est accompagné d’une carte au 1/250.000 des Ztinéraires en pays Mois d'après les Levés faits eu 1898—99 par MM. de Barthélemy et de Mansay. La mission était accompagnée de M. Paul Casor, chargé de la naturalisation des oiseaux et mammifères destinés au Museum. Le «but était de recueillir des renseignements intéressants sur la faune peu connue de l'Annam et d'ouvrir des voies nouvelles au travers des régions montagneuses

et inexplorées, entre l’Annam et le Laos».

PUBLICATIONS PÉRIODIQUES

The Journal of the Royal Asiatic Society. July 1903. — The Statue of Amida the Niorai in the Musée Cernuschi. By J. Victor Dickins. [<It is the largest and finest example of Oriental bronze statuary work in Europe. .... The original seat of the statue was within the precincts (keidai) of the fera or monastery of Hauriu (the Coiled Dragon) in the village or suburb of Meguro, a few miles direct west of Shinagawa, the western approach of Tokio» |. — Setavya, or To-wai. By W. Vosr. [To-wai, is Setavyanagara, and 18, not unlikely, an attempt to reproduce in the Chinese character Sa-a-va-ya, that is, Satavaya, in which # had become elided, and with the sibilant pronounced like #. in the English word theme.] — Tibetan MSS. in the Stein Collection. By W. W. Rockizz. — Notes from the Tanjur. By F. W. Taomas.

The Geographical Journal. — February 1903. — Ærploration in Western China. By Capt. C. H. D. Ryver, R. E. [ «In Nov., 1898, I was fortunate enough to be attached by the Government of India to an expedition under Major Davies, of the Oxfordshire Light Infantry, to explore, carefully map, and report on the province of Yunnan, in South-Western China. After seven months’ wanderings we returned to England, and again entered the province in Nov. 1899. This second year, haviug completely surveyed the more important portions of Yunnau, we extended our journey into the province to the north, Sechuan and Chinese Tibet, finally reaching Shanghai, down the Yangtse, in July, 1900, just at the time of the troubles in Northern China.]|

——, — March 1903. -— Three Years Exploration in Central Asia, 1899—1902. By Dr. Sven Henin. — MNotices, from Chinese

Sources, on the ancient Kingdom of Lau-lan, or Shen-Shen. By George Macarrney. — Two Trips to the North of Cheng-Tu. By R. Lockhart JACK.

Annales des Sciences Politiques. — III. — 15 Mai 1903. — Maurice Couranr. — Les évènements de Chine (1900) d’après les

récits de quelques témoins.

———. IV. — 15 juillet 1903. — Maurice Couranr. — La France et l'Allemagne en Chine, d'après un livre récent. [Hist. des

Relat. de la Chine, par Henri Corpter.].

The Korea Review. — Vol. 3, No. 2, February 1903. — The Korean New Year. [<The first day of the new year is every Korean’s birthday, not because they were all born on the first day of the first moon but because, according to their reckoning, a Korean’s age corresponds to the number of years in which he has lived. At birth he is one year old, namely the year in which he was born; and if he should chance to be born on the last day of the twelfth moon, the very next day he would be two years old; - for he then has seen two years»]. — The Korean Physical Type. — From Fusan to Wonsan by Pack-pony (suite). — À Leaf from Korean Astrology (suite). — Odds and Ends. — Editorial Comment. — News Calendar. — Meteor. Obs., Jan. 1903. — Korean History (suite).

. Vol. 3, No. 3, March 1903. — The Test of Friendship. — From Fusan to Wonsan by Pack-pony (Fin). — The Bridges and Wells of Seoul. [<The oldest bridge in Seoul is the Kôüm-ch'ün kyo which was built in days of king Ch'ung-suk of the Koryü dynasty. It led up to a palace under In-wang Mountain in the western part

of the city. It is the only genuine arch bridge in Seoul and bears

evidence of enormous age. It has never been repaired since its building 750 years ago»]. — Odds and Ends. — Question and Answer. — Editorial Comment. — News Calendar. — Meteor. Obs.,

Feb. 1903. — Xorean History (suite).

. Vol. 3, No. 4, April 1903. — The Korean Mudang and P’ansu. — How Chin Out-witted the Devils. — The Hun-min Chong-eum. [<The above named book, the F& 3]] 2E #5 or ‘The Right Sounds for Teaching the People’, is one of the rarest books extant in Korea. It is the work that was published at the time the Korean alphabet was invented, and it explained the meaning and use of the alphabet. No foreigner has ever been so fortunate as to see a copy of this book, though a few copies of it are known to exist; but the preface to it is preserved in the great Korean Cyclopaedia called the Mun-hon Pi-90 (X EX dt RÉ )>]. — Odds and Ends. — Question and Answer. — Editorial Comment. — Review. — News Calendar. — Meteor. Obs., March 1903. — Æorean History (suite).

. Vol. 3, No. 5, May 1903. — The Privileges of the Capital. — Mudang and Pansu (suite). — The Hun-min Chong-eum (suite). — AHen versus Centipede. — Editorial Comment. — Across Siberia by Rail. — News Calendar. — Meteor. Obs., April 1903. — Korean History (suite).

—— #0-0rO—-

3IRMANIE.

Rangoon, 19 juillet. — Le gouvernement a décidé de reconnaître la nomination de l’archevèque bouddhiste récemment désigné. La juridiction ecclésiastique de l’archevèque est reconnue seulement en ce qui touche les affaires administratives dans la Birmanie supérieure. Les décisions dans les questions concernant l'administration intérieure seront sans appel. Il contrôlera la hiérarchie bouddhiste et la discipline de l’ordre monastique. Les décisions, dans les cas ecclésiastiques, devront être acceptées par les tribunaux. (Times.)

CHINE

Pe-king, 24 mai. — La Gazette de Pe-king a publié hier un mémoire qu’adresse au trône You Kang, résident au Thibet. Le résident dit qu’à la suite de nouvelles importantes provenant de la frontière, il a convoqué les conseillers d'Etat et leur a expliqué que l'Angleterre entendait envoyer des troupes au Thibet; cette décision serait motivée par la résistance que les conseillers d'Etat avaient faite l’année dernière à l’entrée dans le pays de fonctionnaires anglais venus pour régler d’une façon amicale diverses questions relatives aux frontières et au commerce. Le résident ajoute que si les Anglais persistent à vouloir pénétrer au Thibet, il ne faudra pas leur opposer la force; il faudra examiner les questions dans un esprit amical et les régler sans s’exposer à une rupture. Si la caste dirigeante thibétaine persiste à vouloir imposer sa manière de voir aux conseillers d'Etat et si d'aventure des hostilités venaient à éclater, les conséquences de cet état de choses seraient incalculables et l'intervention du résident impérial ne pourrait plus s'exercer utilement. En conséquence, il les a engagés à ne pas renouveler les erreurs d’autrefois.

Il s’agit en réalité dans cette affaire du règlement, de concert avec le gouvernement de l'Inde, de certaines questions commerciales ayant trait à la frontière. On se propose d’envoyer à cet effet au delà de la frontière un com-

missaire chargé de régler par des négociations amicales les questions en litige.

En donnant ce récit dénaturé des faits, le résident impérial paraît vouloir s’employer à décider les Thibétains à accepter les arrangements projetés que l’opiniâtreté stupide de l’oligarchie thibétaine, encouragée d’ailleurs secrètement par le gouvernement chinois, avait réussi à faire ajourner une première fois. (Times.)

Pe-king, 29 mai. — Na T'oung IN M) . le plus éminent des ministres dont se compose le Waï-Wou-Pou (ministère des affaires étrangères), est promu président du conseil des revenus, ce qui a donné lieu à un remaniement dans plusieurs administrations. Wou T'ing-fang {1 Æ pi , ancien ministre de Chine à Washington, est nommé second secrétaire du Waïi-Wou-Pou, qui a huit de ces fonctionnaires. C’est là une récompense bien insuffisante pour les services que Wou T'ing-fang a rendus à Washington et il est douteux qu'il accepte les fonctions qui lui sont offertes et qui le mettraient en état d’infériorité

vis-à-vis de personnes beaucoup moins qualifiées que lui. (Times.)

Le nouveau vice-roi de Canton À Æ KE s’est rendu à Hong-Kong, sans s'arrêter à Chang-Haï. Son voyage est dû aux troubles graves qui ont éclaté dans le Kouang-Si, province située, on le sait, dans la zone d'influence française.

Le Times annonce aussi que l’emprunt de 300,000 taëls, que Wang Tchi-tchoun Æ Fi Æ , gouverneur du Kouang-Si, avait cherché à contracter par l’entremise de la maison allemande Carlowitz, de Chang-Haï, n’a pas été autorisé par le gouvernement chinois, sur les instances, croit ce journal, de la légation française de Pe-King.

La France s’opposera, continue le Times, à ce que l’autorisation impériale qui comporte une garantie impériale, soit accordée à aucun emprunt contracté par des fonctionnaires de provinces limitrophes de l’Indo-Chine française auprès d'une tierce puissance. Dans le cas où les mines seraient engagées comme garantie d’un semblable emprunt, la France s’y opposerait énergiquement, donnant comme motif que le gouvernement chinois, dans une dépèche qu'il adressa le 42 juin 1897, à M. Gérard, s’engagea à recourir pour l'exploitation des mines

du Kouang-Toung, du Kouang-Si et du Yun-nan au concours des Français.

Le vice-roi de Wou-Tch’ang, a envoyé aux fonctionnaires placés sous ses ordres des instructions télégraphiques leur enjoignant de prendre des mesures de précaution pour prévenir un mouvement anti-dynastique. [ prétend que ce mouvement est le but réel des étudiants et autres personnes du Japon et de Chang- Haï, qui ont récemment tenu des réunions publiques pour demander au gouvernement de résister aux demandes de la Russie.

Le préfet de Nan-King a opéré une descente dans une bibliothèque publique et dans une école d'instruction occidentale où le parti réformiste tenait ses

réunions. Il a fait arrêter plusieurs étudiants très hautement apparentés. Le

gouverneur à fait remettre les prisonniers en liberté. Ceux-ci ont disparu. On les dit réfugiés au Japon.

Saint-Pétersbourg, 26 juin. — D’après un télégramme de Vladivostok à la Novoye Vremya, le général Kouropatkine, ministre de la guerre russe, a prolongé de quelques jours son séjour au Japon, en raison de l’accueil exceptionnellement cordial qui lui a été fait. Le journal déclare que les relations russojaponaises paraissent prendre une tournure satisfaisante. (Reuter.)

Pe-King, 29 juin. — M. Lessar, ministre de Russie, a été appelé à Port- Arthur pour conférer avec le général Kouropatkine, ministre de la guerre; le vice-amiral Alexeiev, l'administrateur général de Kouan-Toung; M. Pokotilov, ancien agent du ministère des finances russes à Pe-King, et d’autres fonctionnaires, sont consultés sur la question de la position de la Russie à l’égard de

la Mandchourie. M. Lessar partira le 1° juillet au plus tard. (Reuter.)

On mande de Pe-King au Times, le 28 juin:

Le chargé d’affaires anglais a soumis au prince K’ing et au ministère chinois des affaires étrangères les quatre propositions suivantes:

49 La Chine accordera une garantie gouvernementale de 50/, au chemin de fer du «Syndicat de Pe-King», déjà partiellement construit du fleuve Weï-Kouan à Tsé-Tchao, centre des charbonnages du Chan-Si méridional aux mêmes conditions que celles accordées à la Banque russo-chinoise pour le chemin de fer de Tch’eng-Ting à T'ai-Youen-Fou.

90 L'autorisation nécessaire sera accordée au «Syndicat de Pe-King» pour le transport des produits des mines du Chan-Si par la grande ligne Pe-King— Han-Kéou jusqu’à Yen-Cheng, y compris le pont qui sera construit prochaime-: ment sur le fleuve Jaune.

30 La «Corporation anglo-chinoise» et le «Syndicat de Pe-King» recevront une concession commune pour la construction d’un chemin de fer de Yen-Cheng à Pou-Kéou, ville située en face de Nankin, sur le Yang-Tseu.

4 La Chine devra prendre l’engagement, dans le cas où elle construirait un chemin de fer du Hou-Pé au Sé-Tch'ouan, de donner la préférence aux capitaux anglais.

Le correspondant anglais dit qu'il n’y a aucune raison pour que la Chine ne fasse pas droit à ces propositions, mais que la France fait une vive opposition à la troisième parce que la ligne en question détournerait le trafic de la grande ligne à laquelle elle est intéressée.

Le ministre de France a prévenu la Chine que si elle accorde cette concession, des indemnités suffisantes devront être versées au syndicat franco-belge.

Le ministre de Russie à Pe-King est appelé à Port-Arthur pour discuter avec le général Kouropatkine, ministre de la guerre, qui revient du Japon, là question de la Russie à l’égard de la Mandchourie.

Odessa, July 4. — The Swiet states that it has received the following communication from the Japanese journal Nikoru-Shimbun :

«The British and Japanese Ministers at Pe-King have presented the following Note to the Chinese Government:

«il. The delay in Russia’s evacuation of Manchuria threatens the peace of the Farthest East, and injures the interests of England and Japan.

«2. If the departure of the Russian troops from Manchuria be indefinitely postponed, Errgland and Japan must take measures for the protection of their several interests.

«3. China must demand from Russia the immediate evacuation of Manchuria by the latter’s troops.

«4. England and Japan acknowledge no Treaty concluded between Russia and China which does not bind the former to evacuate Manchuria.

«b. If, after the evacuation of Manchuria by the Russian troops, a Treaty between Russia and China with regard to the civil administration of Manchuria be deemed necessary, such Treaty can only be concluded with the approval of England and Japan, who must be previously advised of the same.

«6. À reply to this Note is demanded within five days».

The communication further states that Prince Ching has counselled the Empress-Dowager to accept the conditions contained in the foregoing Note, and has thanked the British and Japanese Ministers for its presentation. Prince Ching has also requested the United States Minister to support the Anglo- Japanese demands.

The Sviefs comments on this communication are pertinently brief. Says the Panslavist organ: «Further than this it were impossible for England and Japan to go; the coalitionary demands of those two Powers cry a Diplomatic halt to Russia; they dictate the terms in which this country must treat with China. In a word, the Anglo-Japanese Note places Russia under the immediate necessity of preparing for eventualities. It is not by any such manner or means that

Russia will be constraimed to evacuate Manchuria».

On mande de Pe-King au Times, le 30 juin, que Tchang Tchi-toung Le DIT a, depuis son arrivée à Pe-King, rendu visite à tous les ministres étrangers auxquels il à fait part des embarras financiers de la Chine.

Il semble, en effet, plus préoccupé de la question financière chinoise que de la question mandchourienne, au sujet de laquelle, en ce qui concerne les nésociations engagées, il déclare être dans la plus complète ignorance.

Les ministres de France et de Russie ont déclaré à Tchang Tchi-toung que les puissances insisteraient sur le payement de l'indemnité aux conditions énoncées dans le protocole, faute de quoi elles prendraient entre leurs mains lad-

ministration des câbles, ou bien réoccuperaient la ville indigène de T’ien-Tsin.

Le correspondant du Times à Pe-King dit qu’un décret impérial ordonne à Tchang Tchi-toung de reviser le règlement de l’Université impériale de Pe-King.

Cette université comprend quatre professeurs japonais, ignorant le chinois, qui font leurs cours par l'intermédiaire d’interprètes, devant quelques étudiants chinois dont aucun ne connaît le japonais.

Pe-King, 7 juin. — M. Pokotilov, directeur de la Banque russo-chinoise, est parti aujourd’hui pour aller prendre possession de son nouveau poste en Europe. Il est resté quinze ans en Chine. Aujourd’hui, à la gare, on lui a rendu les honneurs dus à un ministre. M. Pokotilov, qui a seulement trente-sept ans, a acquis de bonne heure une connaissance rare du caractère chinois. Son habileté à diriger les fonctionnaires chinois était remarquable. L’amitié montrée par Li Houng-tchang à la Russie était due en grande partie à son influence et il serait difficile de trop estimer les services qu’il a rendus à son pays pendant les négociations amicales qui ont eu pour résultat pratique de soustraire la Mandchourie, y compris Port-Arthur, à la domination chinoise. On a le droit de se demander si la Russie a jamais eu un homme aussi capable en Extrème-Orient. (Times.)

M. D. PozDNEIEV remplace comme Directeur de la Banque russo-chinoise à Pe-King, M. PoKkoTILov.

Pe-King, 9 juin. — Un incendie a détruit cet après-midi, pour la seconde fois en trois ans, les bâtiments du conseil des revenus.

On a épuisé vainement toutes les ressources qu'offrait la ville de Pe-King. I régnait un désordre indescriptible. Des centaines d’individus munis de drapeaux combattaient les flammes; la manœuvre à laquelle ils se livraient arrêtait complètement la circulation. C'était un tintamarre épouvantable de gongs et de tam-tams. Pour éteindre le feu, les autorités firent employer de l’eau transportée sur les lieux à l’aide de caisses de fer blanc et de paniers à huile; on se servit également d’autres appareils des plus surannés. Une pompe du temps de Napoléon [° lançait sur les flammes de faibles jets d’eau sale.

C’est grâce aux efforts des gardes des légations étrangères que l’on est par-

venu à localiser l’incendie et à protéger l'hôpital français. (Times.)

Pe-King, 9 juin. — Les bâtiments du conseil des revenus, qu’un incendie a détruits aujourd’hui, contenaient un trésor évalué à quatre millions de taëls. Les soldats étrangers ont démoli les bâtiments du conseil des rites afin d’em-

pêcher l'incendie de se propager dans le quartier étranger de la ville. (Reuter.)

Chang-Haï, 12 juillet. — Le taotaï de Chang-Haï a lancé, conformément aux ordres d’un décret impérial, un mandat d'amener contre la rédaction du jour-

nal chinois Supao, inculpée d’avoir publié des articles séditieux. Le gouverne-

ment chinois demande que les accusés soient remis aux autorités provinciales, ce qui équivaudrait à leur condamnation à mort. En recevant la note du ministère chinois des affaires étrangères, le corps diplomatique a demandé au. corps consulaire un rapport à ce sujet. En attendant, le corps consulaire a obtenu que le taotai reconnaisse formellement le principe que, dans les affaires de cette nature, les personnes domiciliées dans une concession étrangère soient traduites devant la juridiction spéciale et subissent leur châtiment dans la concession. Il est certain que le Supao a publié des articles séditieux dans lesquels il dénonçait la corruption parmi les Mandchous. Le tribunal mixte a ordonné la fermeture des bureaux du journal. C’est devant ce même tribunal que seront traduits les accusés, sous inculpation de diffamation séditieuse. Les débats auront lieu en présence des assesseurs consulaires britanniques. Des avocats anglais ont été retenus de part et d'autre.

L'importance de cette affaire réside d’abord dans l’action qu’elle peut exercer sur le journalisme chinois et ensuite dans ce fait que la campagne actuelle dirigée contre l'expression de l’opinion publique dans les journaux et dans les discours est appuyée, à la cour et en province, par de puissants fonctionnaires réactionnaires.

Le tribunal mixte condamnera vraisemblablement les accusés à la prison, peine à purger dans la prison municipale. L'opinion s'oppose à ce qu’ils soient livres aux autorités chinoises. Dans les milieux réactionnaires, on fait de grands efforts pour empêcher que Tchang Tchi-toung retourne à Nanking. (Times.)

[Le malheureux journaliste Chen-tchien a été livré aux autorités chinoises, et, par ordre de l’impératrice-douairière a été fouetté jusqu’à ce que mort s’ensuive à Pe-King le 31 juillet.]

Chang-Haï, 28 juillet. — Au sujet du journal indigène Supao, le conseil municipal a envoyé au corps diplomatique un télégramme conseillant l’adoption de mesures législatives qui permettraient de contrôler la presse indigène dans la concession étrangère. Le conseil municipal demande que l’on use de son influence pour que le gouvernement chinois accepte en principe d'accorder aux inculpés un traitement compatissant, et pour qu'il s’en tienne aux conditions

acceptées par le taotai relativement au procès et au châtiment. (Times.)

Les Returns of Trade and Trade Reports for the year 1902 des Douanes impériales chinoises viennent de paraître. La valeur annuelle du commerce étranger en 1902 a été: Importations, H. Tls. 315.363.905, Exportations, 214181.584, Total 529.545.489, le chiffre le plus haut qui ait jamais été at-

teint: le haikouan tael est calculé à francs 3,928. — Le revenu s'élève à H. Tls. 30.007.044, dont 4100.803 pour le Zikin sur l’opium. — Sur le chiffre de H. Tls. 315.363.905 pour les importations, il faut compter l’opium pour

35.456.656, les cotonnades pour 127.545.309, les lainages pour 3.921.173, les

métaux pour 10.574998, le charbon pour 6.843.188, l'huile de Kerosine d'Amérique pour 6.828.276 tandis que ce commerce n’est représenté que par 80.895 pour Borneo, 72 pour le Japon, 1.283.065 pour la Russie et 3.371.544 pour Sumatra, le riz pour 23.611125, le sucre 20.711.516, etc. — Sur le chiffre de H. Tls. 214181.584 pour les exportations il faut compter le coton écru pour H. Tls. 13.461.051, les peaux de vache et de buffle 5.727.210, la soie sous toutes ses formes pour 79.212.207, les fourrures pour 5.268.372, la paille tressée, 3.904.099, le thé noir pour 12.113.048, vert pour 6.555.935, la poussière de thé pour 4.036, le thé noir en briques 3.402.845, le thé vert en briques 635.389, les tablettes de thé 148,576, le tabac pour 2.195.451, etc. — Il a été importé dans les ports ouverts 50.764 piculs d’opium en 1902 dont 17.758 de Malwa, 20.284 de Patna, 10.455 de Benares et 2.267 de Perse. — Le nombre des navires entrés et sortis en 1902 était de 69.499 jaugeant 53.990.002 tonneaux sur lesquels la France est représentée seulement par 1511 bâtiments et 833.759 tonneaux. — Il y avait dans les ports ouverts 1189 maisons de commerce étrangères et 18962 étrangers ainsi répartis: Anglais, 5.482, Américains, 2.461, Allemands, 1.359, Français, 1.263, Hollandais, 155, Danois, 168, Espagnols, 438, Norvégiens, 105, Suédois, 135, Russes, 258, Autrichiens, 166, Belges, 252, Italiens, 418, Japonais, 5.020, Péruviens, 2, Brésiliens, 3, Portugais, 1220, Coréens, 8, Sujets de Puissances sans traité, 49. — H. C.

Les ratifications du traité Mackay entre la Grande Bretagne et la Chine ont été échangées à Pe-King le 28 juillet.

FRANCE

M. Henry de la VaLLéE-PoussiN, élève de l'Ecole des Langues Orientales, s’est embarqué le 31 mai sur le paquebot des Messageries Maritimes pour occuper le poste de secrétaire-interprète de la nouvelle ligne de chemin de fer qui doit être construite sous les auspices de la Banque russo-chinoise de Tchenting à Taï-youen (Chan-si).

Des documents récemment découverts permettent de dire que le célèbre missionnaire et voyageur Evariste Huc est né le 1% juin 1813, non à Toulouse, comme on le croyait jusqu'ici, mais à Caylus (Tarn & Garonne).

GRANDE BRETAGNE

M. Joseph Henry LONGroRD, ancien consul d'Angleterre à Nagasaki, a été nommé professeur de japonais à King's College, Londres.

INDO-CHINE FRANÇAISE. Le cyclone du 8 juin.

Nous avons donné hier, dit le Temps, quelques détails sur le cyclone qui s'était abattu le 8 juin sur Hanoï et Nam-Dinh. Voici de nouveaux détails qui nous parviennent sur les ravages causés par l'ouragan:

La citadelle de Hanoï a beaucoup souffert, et pour les seuls bâtiments militaires les dégâts sont évalués à un million de francs au minimum. Les casernes de l'artillerie, du service colonial, les pavillons des officiers, etc., sont complète-

ment découverts; une pluie torrentielle a achevé ce que le vent avait respecté ; aux premiers étages comme aux rez-de-chaussées, tout a été détérioré et les approvisionnements militaires, fournitures pour l'habillement, sont dans un état pitoyable.

Aux batteries d'artillerie, une vingtaine de mulets ont été tués.

Le square avoisinant le Petit-Lac n'existe plus: arbres et plantes ont été fauchés. Le casino du Lac n’est plus qu’un monceau de pierres, de plâtre et de tôle.

Le square Paul-Bert est complètement dévasté; seule, la statue du grand Tonkinois est restée debout.

Le mur d'enceinte de la résidence-mairie est complètement détruit, et la vérandah qui conduisait aux appartements privés du résident-maire à été arrachée et projetée à terre.

À six heures du matin, la rue de la Concession, dont les nombreux arbres étaient presque tous fauchés, présentait, à peu de chose près, l'aspect d’un coin de forêt vierge; il fallait, ou plutôt il eût fallu se frayer un chemin à coups de hache et de coupe-coupe pour arriver à circuler.

Dès neuf heures, les nombreuses corvées de tirailleurs avaient fait un déblaiement, très sommaire, il est vrai, mais qui néanmoins permettait aux piétons de parcourir la rue dans toute sa longueur; à midi, les pousse-pousse pouvaient également passer.

Cette rue, que sa végétation rendait une des plus belles d'Hanoï, n’est plus, à l'heure actuelle, qu'une clairière dont les côtés sont garnis de tas de bois menu et de morceaux de troncs d’arbres.

Le bâtiment du cercle des officiers, dont la construction était presque terminée, a eu son premier étage rasé.

À Nam-Dinh les casernes n’existent plus; elles ont été rasées, au ras du sol. De la résidence, il ne reste plus que les quatre murs.

De l'hôtel Caralp, il ne subsiste que la verandah.

La gendarmerie a été détruite de fond en comble en moins de cinq minutes!

Détruite aussi l’entreprise R. Debeaux: on a retrouvé des tonneaux d’alcoo!l à environ 200 kilomètres de Nam-Dinh.

Quant à la cotonnière, cette belle installation, elle est entièrement ravagée.

Les jonques et les sampans qui s'étaient réfugiés sur la rive opposée de Nam-Dinb, ont été pris à rebours par l'ouragan qui a duré une heure environ. Tout a été chaviré. Les Annamites, entraînés par le tourbillon, n’ont pu se sauver. On compte qu’ils ont péri au nombre de 2,000 au moins. Mais il est à craindre que ce chiffre soit au-dessous de la vérité.

Thaï-Binh n'existe plus. La ville n’est qu’un amas de décombres. Toutes les maisons sont rasées, y compris la Résidence.

On ne signale pas d’accidents d'Européens.

Il ne reste plus que l’entresol de la vice-résidence. Tous les Européens y sont réunis. Ils sont sans abris, car il n’existe plus une maison debout.

À Tan-De, tout a été détruit. Il n’y a plus d'habitants; ils ont évacué.

Le cyclone du 8 juin a sévi surtout, comme il fallait s’y attendre, sur la batellerie fluviale. Le nombre des jonques coulées est difficile à apprécier mais il est considérable. Plusieurs bateaux à vapeur ont eu des avaries.

Dans les villes, les maisons européennes ont en général résisté, sauf celles qui étaient en construction et les bâtiments d'usine, où le vent s’est engouflré

et dont la toiture a sauté. Les paillottes indigènes ont beaucoup plus souftert. On se souvient, d’ailleurs, qu’à Hanoï en particulier, depuis longtemps déjà, les Annamites doivent reconstruire leurs maisons en brique et les couvrir en tuiles, lorsqu'elles deviennent inhabitables, ou qu’un sinistre les détruit.

D'autre part la population européenne soit à Hanoï, soit bien plus encore dans les villes de province, n’est certes pas assez considérable pour occuper tout le périmètre actuel des villes. Le problème consistera donc à trouver un type d'habitations suffisamment solides pour résister aux tempêtes, présentant des garanties contre l’incendie, et dont le prix de construction de vente ou de location n'effraie pas l’Annamite.

Dans la séance de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres du 17 juillet, le Secrétaire perpétuel donne lecture d’une lettre dans laquelle le Directeur de l’école française de l’Extrême-Orient annonce à l’Académie qu’une partie des collections de l'Ecole a été détruite par le cyclone qui a dévasté la ville d'Hanoï et une partie du Tong-king dans la nuit du 8 juin dernier.

Ces richesses artistiques étaient restées dans la salle qu’elles occupaient durant l'Exposition, à l’extrémité gauche du Palais.

On n’attendait que l’achèvement des travaux d’aménagement pour y installer le musée de l’école.

L'ouragan a éclaté avec une force et une rapidité telles qu'aucune mesure de préservation n’a pu être prise.

Les pertes sont considérables. La plus sensible est celle d’un bon nombre de magnifiques porcelaines chinoises et de manuscrits précieux.

La collection des peintures chinoises, sans égale en Europe, a victorieusement résisté à l’action de l’eau. Les jades et les bronzes sont intacts. Une partie des cloisonnés à été épargnée.

Enfin, la bibliothèque a relativement peu souffert.

Page 1