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Nous avons le profond regret d'annoncer à nos lecteurs la mort de M. le Professeur Dr. Gustave ScaLecel, l’un des deux fondateurs-directeurs du 7‘oung Pao, décédé à Leyde, à l’âge de 63 ans le 15 Octobre. Depuis plus d’une année la perte de la vue l’'empêchait de prendre part à la direction de cette Revue.
Nous donnerons dans le prochain Numéro la biographie de
notre savant ami.
Henri Corpter.
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NECROLOGIE.
Le Dr. GUSTAVE SCHLEGEL.
Une maladie lente qui, presque sans souffrance, mine traîtreusement les plus solides constitutions, a emporté le Dr. Gustave SCHLEGEL, dans son domicile, à Leyde, ie 15 octobre, vers midi, à l’âge peu avancé de 63 ans. Une cécité prématurée, causée sans doute par son état de santé, mais surtout par l'excès du travail, l’avait privé de la vue depuis plus d’un an. En lui, disparait Pun
des sinologues les plus remarquables de la seconde moitié du XIXe siècle.
Lorsque j'arrivai en Chine au commencement de 1869, Schlegel résidait en qualité d’interprète à Amoy qu'il quitta en 1872 pour se rendre à Batavia où il allait occuper le poste d’interprète du Gouvernement des Indes néerlandaises. Je n’eus donc pas alors l’occasion de le rencontrer, car pendant cette période, je demeurais à Chang-Haï et je ne voyageais que dans le nord et le centre de la Chine; je ne fis la connaissance personnelle de Schlegel qu’en 1883 au Congrès des Orientalistes de Leyde et depuis vingt ans nos relations ont continué, plus intimes depuis 1889, époque à laquelle nous créâmes le T’oung Pao.
J'avais été obligé de cesser la publication de la Revue de l'Extrême Orient, faute de caractères chinois; en effet, il y a vingt ans, il était à peu près impossible d'imprimer à Paris un texte chinois ailleurs qu'à lImprimerie nationale, dont les tarifs élevés n'auraient pas permis de vivre à un recueil scientifique périodique, sans attache officielle. Ajoutons que les études chinoises sur lesquelles Lesge jetait l'éclat de son nom à Oxford étaient médiocrement représentées en France depuis la mort de Stanislas Julien. Toutefois, convaincu de l’utilité d’une revue consacrée en Europe à l’étude scientifique des questions d’Extrême-Orient, je n’avais jamais abandonné l’idée de recommencer un jour dans des conditions plus favorables. L'occasion me parut bonne lors du fastueux Congrès des Orientalistes de 1889, tenu successivement à Stockholm et à Christiania. Je trouvai là à la fois un collaborateur dans la personne de Schlegel et des éditeurs en MM. F. de Stoppelaar et À. P. M. van Oordt, chefs de la maison Brill, de Leyde, universellement connue et estimée. Les pourparlers,
commencés à Stockholm, furent terminés à Christiania à l'hôtel Victoria; je
trouvai le nom du nouveau périodique en face de la forteresse devant laquelle Charles XII perdit la vie, dans le voyage de la capitale de la Norvège à Trolhattan; à Gothembourg, le T’oung Pao existait.
Aucun papier n'avait été échangé entre directeurs et éditeurs; de simples paroles, beaucoup de bonne volonté et un travail constant ont suffi à créer et à faire vivre la nouvelle revue. Qu'elle fut née viable, il n’y a aucun doute, car, malgré les incertitudes de la première heure, elle va commencer la quinzième année de son existence; qu’elle répondit à un besoin, ne parait pas moins évident, car, en dehors des bulletins des sociétés orientales, elle est en Europe le seul recueil consacré exclusivement à l'étude de l’Asie centrale et orientale. Schlegel s'était dévoué corps et âme au T’oung Pao et l’on peut dire, que pendant les quinze dernières années, son activité scientifique s’est concentrée dans notre Revue. Nous sommes conscients des erreurs que nous avons pu commettre, mais nous sommes certains qu'aucun autre mobile que la poursuite désintéressée !) de la vérité n’a dicté notre conduite et nos jugements. La charge qui incombe au fondateur survivant du T'oung Pao est lourde pour un homme seul; et il est probable que dans un avenir assez rapproché, il devra s’assurer la collaboration d’un savant plus jeune, sinon plus actif.
Gustave SoHLEGEL est né le 30 sept. 1840 äans le village de Oegstgèest, près de Leyde, mais il était, comme Gabelentz, d’origine saxonne; son père était le célèbre naturaliste Hermann Schlegel, mort le 17 janvier 1882, Directeur du Musée royal d'histoire naturelle à Leyde; sa mère se nommait Cornelia Buddingh. Le jeune Gustave reçut de son père sa première éducation; il ne fut envoyé à l’école qu’à onze ans et un an plus tard il entra au Gymnase de Leyde.
Le fameux docteur J.-J. Hoffmann était un des habitués de la maison d'Hermann Schlegel: ses conversations excitèrent la curiosité du jeune Gustave et lui donnèrent le désir d'apprendre les langues de l’Extrème-Orient. Hoffmann consentit à être le maître de l’enfant alors âgé de neuf ans et lui donna sa première leçon le 13 nov. 1849. En 1853, le Gouvernement ayant besoin d’interprètes chinois pour les Indes Orientales néerlandaises, le Ministre des Colonies s’adressa au Dr. Hoffmann pour lui désigner quelques jeunes gens de bonne volonté ayant appris ou désireux d'apprendre le Chinois. Hoffmann ayant indiqué Gustave Schlegel. celui-çi, par décret du 17 janvier 1854, fat nommé élèveinterprète avec la forte! allocation de 25 florins par mois pour encourager ses études. Le 19 sept. 1857, Schlegel était immatriculé à l'Université de Leyde et le 24 octobre de la même année, il partait pour la Chine en qualité d’élèveinterprète pour la langue chinoise. 11 fit le voyage par le Cap de Bonne Espérance, arriva le 5 février à Batavia, où il se rembarqua le 26 pour Hong-kong
1) Je tiens à déclarer que le 7'’ouxg Pao, n’a jamais rapporté un centime d'honoraires
à ses Directeurs qui sont en même temps les principaux rédacteurs, et que les Editeurs
couvrent simplement leurs frais de publication.
où il parvint le 12 Mars. Après avoir résidé quelques mois à Macao, il partit pour Amoy, où il débarqua le 1er Juin. C’est pendant son séjour dans cette ville où il poursuivait ses études de chinois qu’il eut, lors de l’expédition francoanglaise de 4860, l’occasion de rendre service à un transport français qui s’était échoué sur une roche sous-marine:
Au mois de Juin de l’an 1860, le transport de guerre, l’Zsère, commandant M. Allègre, ayant à bord des munitions et des provisions pour l’armée du Nord de expédition Francoanglaise de Chine, fit naufrage sur une roche sous-marine dans le port d’Emoui, près de l’île de Kolangsou. Le commandant de l’Zsère, voulant à tont prix sauver son bâtiment, fit débarquer le chargement sur un îlot dans la rade d’Emoui, et fit pendant plus de six mois de vaines tentatives pour relever le bâtiment sombré au moyen de caissons vides et autres engins. La vase remuée par l'équipage au fond du navire pour le dégager, finit par donner des fièvres malignes aux hommes. Un hôpital étant requis, une maison particulière sur l’île de Kolangsou fut louée, évacuée et installée comme hôpital par les bons soins de MM. G. Schlegel et J. J. C. Francken (décédé en 1863), élèves-interprètes pour la langue chinoise. Les matelots malades y furent transportés et soignés par le ler chirurgien du bord, M. Bonnaud.
Une attaque nocturne ayant été faite par des Chinois «tailleurs de pierre» dans l'île de Kolangsou, contre la maison habitée par quelques officiers de l’état major de l’Zsère, le commandant fit descendre à terre quelques marins, et arrêter, sur les indications fournies par MM. Schlegel et Francken, une douzaine de notables de l’île de Kolangsou pour servir d’otages, jusqu'à ce que la justice chinoise eût puni les coupables.
Cette mesure eut un plein succès, et après une correspondance très prolongée entre le commandant de l'Zsère, l’agent consulaire de France à Emoui, M. Tait, et les autorités chinoises, correspondance conduite pour les traductions chinoises entièrement par les bons soins de MM. Schlegel et Francken (le consulat de France n’ayant pas d’interprète) les coupables furent enfin punis sur le lieu même de leur délit, et les otages mis en liberté.
Le ler Officier de l’Zsère, M. Eugène Malleville, étant tombé malade, fut reçu au consulat des Pays-Bas, où M. Schlegel cèda au dit oflicier pendant plusieurs semaines son propre appartement jusqu'à sa guérison.
Les officiers de l'état-major de l’Zsère, nommément M. Talexis, 24 lieutenant, M. Emile Bonnaud, ler chirurgien, M. Armand Borchard, 2d chirurgien, MM. Séguin et Fôlin, enseignes, furent reçus presque tous les soirs au consulat néerlandais, le seul établissement à Emoui où ils pouvaient parler français MM. Schlegel et Francken, par leur connaissance des langues chinoise et française, ont très souvent pu éelaireir des malentendus entre l’équipage de l’Zsère et la population chinoise, ce qui a puissamment contribué à la bonne entente entre les deux parties M. Schlegel accompagnant en outre souvent le Dr. Bonnaud dans ses visites aux malades chinois de l'île qu’il traitait, et servant d'interprète entre le médecin et le patient.
L'état-major de l’Zsère a quitté Emoui en Novembre 1860 pour Canton, d’où il s’est
embarqué en Décembre pour la France.
En juillet 1885, Schlegel fut tardivement nommé Commandeur de l'Ordre
royal de Cambodge, pour le concours qu'il avait donné à l'Etat-major de l'Isère.
Le 12 nov. 1860, le Gouverneur-Général des Indes néerlandaises donnait l’ordre à Schlegel de se rendre à Canton pour étudier le dialecte local. Arrivé le 17 juillet 1861, il résida dans cette grande ville jusqu’au 8 juin 1862; un article rappelle son séjour à Canton). Le 27 juin 1869, il quittait la Chine pour Singapore et Batavia où il arrivait le 29 juillet. Un décret du Gouverneur général du 20 août suivant le nommaïit interprète à Batavia; en outre, le 23 sept. 1866, il fut nommé membre extraordinaire de la Chambre des Orphelins, et le 19 janvier 1865, membre d’une Commission chargée de rédiger un projet de législation civile pour les Chinois des colonies hollandaises. Pendant cinq ans (1867—1871), il fut aussi membre de la Commission d'examen pour les employés du Gouvernement. C’est pendant ce séjour à Batavia que Schlegel commença la publication des travaux qui lui assurèrent une réputation universelle,
Les premiers articles de Schlegel furent des études de droit chinois, publiés en 1862—63 ?) à Batavia, et ils furent suivis d'année en année par un grand nombre d’autres mémoires sur des sujets variés. Le 19 juin 1869, une Dissertation sur les usages et les jeux chinois lui valut le titre de Docteur en Philosophie de l’Université d’Iéna 3). |
En juin 1872, le mauvais état de la santé de Schlegel l’obligea à prendre un congé, sans qu’il ait eu l’occasion de visiter le centre et le nord de la Chine. Il rentra à Leyde où le 1er sept. 1875, il fut chargé à l’Université, avec le titre honorifique de professeur, d’un cours de chinois à l’usage des élèves-interprètes. Enfin, une chaire de chinois ayant été expressément créée pour lui, le 3 oct. 1877, il fut nommé professeur ordinaire à l'Université de Leyde. Schlegel a occupé cette chaire jusqu’à la fin de sa vie consacrée dorénavant à la science et qui n'offre guère qu’un incident à signaler: c’est la visite mémorable de Li Houng-tchang le 5 juillet 1896, à Schéveningue, au cours de laquelle Schlegel remit une épitre en chinois au célèbre vice-roi du Tche-li #). Le 7 avril 1873, il fut nommé membre correspondant de l’Académie royale des Sciences d'Amsterdam, et le 9 avril 1888, membre ordinaire; depuis il a été décoré de l’ordre du Lion néerlandais et fait officier de l’Instruction publique (5 févr. 1890).
1) A Canton Flower-Boat. (Zat. Archiv f. Ethn., VII, 1894, pp. 1/9, 1 pl.).
2) lets over Chineesche Testamenten, donatiën en erfopvolging. (et Regt in Nederlandsck Indië, N°. 11 en 12, Batavia, Sept. 1862).
— Wettelijke bepalingen omtrent de huwelijken in China en beschrijving der daartoe gebruikelijke plegtigheden. (Zbid., Nov. 1862).
— De Chineesche Eed (/bid., Mai 1863).
3) Chinesische Bräuche und Spiele in Europa. Inaugural-Dissertation der philosophischen Facultät der Universität zu Jena zur Erlangung der Doctorwürde in der Philosophie, vorgelegt svon Gustav Schlegel, Interpret der chinesischen Sprache beim Niederl. Ostind. Gouvernement zu Batavia. Breslau, Druck von Robert Nischkowsky, 1869, br. in-8, pp. 32.
4) CL T'oung Pao, NII, Oct. 1896, pp. 407/413.
Un des ouvrages les plus utiles de Schlegel à été le travail !) qu’il a fait paraître en 1861 sur les Sociétés secrètes chinoises, qui pullulent non seulement en Chine, mais aussi parmi les Chinois en pays étrangers; elles sont indispensables à connaître pour les fonctionnaires des contrées où résident ces fils du Céleste Empire. Aussi le livre de Schlegel, plein de documents nouveaux, a-t-il été apprécié autant dans les Etablissements anglais du Détroit de Malacca
que dans les Indes néerlandaises. On peut dire qu’il est classique.
Schlegel a traduit en hollandais, en 1865, l'Histoire du papier à lettre fleuri, Hoa Tsien ki PI2 es sb 2), le huitième des Tsai Tseu Chou À À =. Sir John BowrixG, Plénipotentiaire anglais en Chine, traduisit en anglais, sans dire la source, la version hollandaise de Schlegel, ce qui attira au diplomate de Hong-kong, cette critique de la Saturday Review 3): «Comme traduction du chinois, le /owery Scroll est pire que sans valeur, comme traduction du hollandais, elle est imparfaite».
Schlegel traduisit également, en français cette fois, un autre roman, celui-ci tiré du recueil bien connu de quarante contes, le Kin kouw ki kouan, Æ nr NS: Fa] dont il est le trente-neuvième: le Vendeur d'huile qui seul possède la Reine de Beauté. Outre une traduction littérale, Schlegel donne le texte chinois, et de plus, il a placé en tête de son volume une partie du trentequatrième conte âu même recueil, 4 Bachelière du Pays de Chu 7e 75 À F2 Â# A À ; Devéria considérait ce volume comme l’un des meilleurs textes placés à la disposition des étudiants #).
Un autre ouvrage de Schlegel qui a eu beaucoup de succès et a été traduit
1) K Hi ér Thian Ti Hwui. The Hung-league or Heaven-Earth-League. A Secret Society with the Chinese in China aud India. By Gustave Sehlegel, Interpreter for the Chinese Language to the Government of Netherlands-India, Member of the Batavian Society of Arts and Sciences, and of the Royal Institute for the Philology, Geography and Ethnology of Netherlands-India With an introduction and numerous cuts and illustrations, — Batavia, Lange & C°. MDCCCLX VI, in-4, pp. xL—253.
2) Geschiedenis van het gebloemde Brief-Papier. Chineesche Roman, uit den oorspronkelijken text vertaald door G. Schlegel. 1866. (Ferk. Bat. Gen, XXXII).
— Hwa tsien ki. The Flowery Scroll. A Chinese Novel. Trauslated and illustrated with Notes by Sir John Bowring... London: Wm, H. Allen & C°., 1868, in-12, p. vinr—309,
3) Nov. 21, 1868, pp. 690/1.
4) Fi Ah AS à] Hi À+ 4 Mai Yu lang toù 1chen Hoa Kouvi. — Le Vendeur-d’huile qui seul possède la Reine-de-Beauté ou Splendeurs et Misères des Courtisanes chinoises. Roman Chinois traduit pour la première fois sur le texte original par Gustave : Schlegel, Docteur en Philosophie, Professeur de langue et de littérature chinoise. (Tous les droits réservés). — Leyde, E. J. Brill. Paris, Maisonneuve & Cie. 1877, in-8, pp. xvi1— 140 et 79 p. de texte chinois.
en français et en allemand est un opuseule sur Za& Prostitution en Chine qu'il inséra en 1866 dans les Mémoires de la Société des Arts et des Sciences de
Batavia.
Malgré sa solide érudition et l'étendue de ses connaissances, Schlegel a souvent fait la part large, trop large même à son imagination, dans quelques unes de ses dissertations philologiques et scientifiques. Son début dans la philologie comparée 1) pour être moins paradoxal que celui d'Edkins n’en fut pas moins l'exposé d’une théorie fort risquée sur les racines primitives; nous le retrouverons encore parfois imprudent dans un travail plus récent, d’ailleurs fort méritoire.
Il a apporté un peu de cette imagination dans son ouvrage si neuf et si documenté sur l’Uranographie chinoïise?), qui, si certaines critiques qui lui ont été adressées n'étaient pas justifiées, était en revanche vulnérable sur d'autres points. Semblable critique peut être adressée à ses Problèmes géographiques 3) qui ont paru ici même dans le T’oung Pao; la première série était remarquable. Schlegel avait débuté par un coup de maître: s’il n’a pas prouvé péremptoirement que Krafto est le Fou-sang, il n’en a pas moins ruiné définitivement la théorie que ce pays dont parle le pélerin bouddhiste Hoei-chin est l'Amérique. Schlegel a été beaucoup moins heureux dans la seconde série de ses Problèmes qui est une des parties faibles de son bagage scientifique. Il
reprenait un travail déjà fait par un savant estimé, M. W. P. GROENE-
1) Siniro aryaca ou Recherches sur les Racines primitives dans les langues chinoises et aryennes. — Etude Philologique par Gustave Schlegel, Docteur en Philosophie, Interprète
pour les langues Chinoises près du Gouvernement des Indes-Orientales—Néerlandaises,
Directeur de la Société des Arts et des Sciences à Batavia. — Tirage à part du XXXVIe Volume des Transactions de la Société des Arts et des Sciences à Batavia. — A Batavia,
chex Bruining & Wit, Libraires, 1872, in-8, pp. xvI—181.
2) EE Jia 4 JF Sing Chin Khao Youen. Uranographie chinoise on Preuves directes que l'Astronomie primitive est originaire de Ja Chine et qu’elle a été empruntée par les anciens peuples occidentaux à la sphère chinoise: Ouvrage accompagné d’un Atlas céleste chinois et grec, par Gustave Schlegel, Docteur en Philosophie... Publié par l’Institut royal pour la Philologie, la Géographie et l’Ethnologie des Indes-Orientales néerlandaises à la Haye. La Haye, Martinus Nijhof—Leyde E. J. Brill, 1875, 2 parties grand in-8, pp. xIv—1/646, vi—647/929, et un Atlas céleste composé de 7 planches d’après le Tex youen li .
3) Problèmes géographiques. Les peuples étrangers chez les historiens chinois. — I. Fou-sana Kouo. FR FX Ek -
Le Pays de Fou-sang. Par Gustave Schlegel, Professeur de Langue et de Littérature chinoises à l’Université de Leide. Leide, E. J. Brill, 1892, in-8, pp. 68. — Extrait du T'oung Pao, Vol. III, n°. 2, Mai 1892.
VELDT !), et ce qu'il a pu faire de petites corrections aux notes de son devancier, n’est pas compensé par ses théories sur la géographie de l’Indo-Chine et
de l’Archipel malais.
L'oeuvre capitale de Schlegel est certainement son grand Dictionnaire hollandais-chinois?) dont il dressa le plan alors qu’il était interprète à Amoy avec J. J. C. FRANCKEN qui se chargea de compiler un Dictionnaire chinoishollandais, dans le dialecte de cette ville. l'oeuvre de Francken n’a vu le jour que tardivement à Batavia en 18823), après que le Dictionnaire du Rév. Carstairs DouGLas#), publié à Londres en 1873, en eût diminué singulièrement l'utilité. Le Dictionnaire de Schlegel parut de 1882 à 1891, à Leyde, chez Brill, en 14 fascicules, formant quatre vol. gr. in-8. Cet ouvrage étant destiné aux interprètes des Indes néerlandaises, le dialecte choisi par Schlegel fut celui de Tchang-tcheou, qui est celui de la population chinoise des possessions néerlandaises de l'archipel malais. Déja Schlegel avait exposé, en 1883, lors du Congrès des Orientalistes de Leyde, l'importance de la langue hollandaise pour linterprétation de la langue chinoise 5). Ce dictionnaire contient non seulement tous les termes usuels, mais aussi des noms propres, tels que Jupiter, Apollon, etc; en outre, il renferme un certain nombre de figures qui aident à la compréhension des définitions. Il est très facile de se servir de ce dictionnaire,
même à ceux qui ne connaissent pas la langue hollandaise; il est toujours
1) Notes on the Malay Archipelago and Malacca. Compiled from Chinese Sources by W. P. Groeneveldt. [Batavia, 1877]. gr. in-8, pp. 1V— 144, carte.
— Supplementary Jottings to the «Notes on the Malay Archipelago and Malacca, compiled from Chinese Sources». By W. P. Groeneveldt. (T’ourg Pao, VII, Mai 1896, pp. 113/134).
2) H6 Hoë Bän-Gi Lui-Ts'am {ni FÈ L' Fa KE R Nederlandsch-Chineesch Woordenboek met de transcriptie der chineesche Karakters in het Tsiang-tsiu dialekt Hoofdzakelijk ten behoeve der Tolken voor de Chineesche Taal in Nederlandsch-Indië bewerkt door Dr. G. Schlegel Hoogleeraar in de Chineesche Taal- en Letterkunde aan de RijksUniversiteit te Leiden — Uitgegeven met ondersteuning van het Ministerie van Koloniën. — Leiden, E. J. Brill. 1886—1890, 4 vol. gr. in-8.
3) Chineesch-Hollandsch Woordenboek van het Emoi Dialekt door J. J. C. Francken en C. YF. M. de Grijs uitgegeven door het Bataviaasch Genootschap van Kunsten en Wetenschappen. Batavia Landsdrukkerij, 1882, in-4, pp. viit—774 à 2 col.
4) Chinese— English Dictionary of the Vernacular or spoken language of Amoy, with the principal variations of the Chang-chew and Chin-chew Dialects. By Rev. Carstairs Douglas, M.A LL. D. Glasg., Missionary of the Presbyterian Chorch in England. London, Trübner, 1873, in-4, pp. xix—612 à 2 col.
5) Sur l'importance de la langue hollandaise pour l'interprétation de la langue chinoise à l’Université de Leide. (Actes du Ge Cong. Int. des Orient, Leide, 1883, 4e Part, Ert.- Orient, pp. 121—142).
aisé de trouver dans un dictionnaire français-hollandais le mot nécessaire consulter pour avoir l'équivalent chinois. Ce grand ouvrage a valu à Schlegel
le prix Stanislas Julien à l’Institut de France.
Ainsi que nous le disons dans nos Ætudes Chinoises 1899-—1909, l’année dernière, le Dr. Schlegel, comme s'il avait eu le pressentiment de sa fin, eut l’idée de dresser une liste chronologique de ses travaux 1): elle ne comprend pas moins de 256 numéros, et s’étend depuis le mois de septembre 1862 jusqu’à 1901; plus que tout Commentaire, cette liste montre quel a été pendant trente ans le labeur opiniâtre employé au service de la science aussi étendue que profonde de notre collégue.
Schlegel avait conservé dans l’âge mür toute l’ardeur d’un débutant et il apportait dans les discussions toute la passion de la jeunesse. On peut dire qu'il a guerroyé à peu près contre tous ceux qui s’occupaient des mêmes études que lui, contre Gabelentz pour les inscriptions de l’Orkhon, contre Arendt pour je ne sais quelle raison, contre M. Chavannes au sujet des inscriptions de Bodh Gayà, contre l’abbé Gueluy à cause de la loi du Parailélisme en style chinois, contre moi-même à propos de tout. Je lui fus indulgent parce que je savais que ses motifs étaient dictés par les intérêts — pas toujours très bien compris — de la science, mais son esprit combatif dont il fut la première victime, lui avait attiré de terribles inimitiés. Ses derniers jours furent attristés par des attaques, parfois trop violentes, auxquelles son état de santé lui interdisait de répondre. Les infirmités, plus que l’âge, eurent raison du vieux lutteur resté sur la brèche jusqu'au moment où les armes lui tombèrent des mains.
Les connaissances du Dr. Schlegel étaient variées et étendues: à la possession de plusieurs langues étrangères, il joignait celle de la plupart des dialectes parlés dans l’Extrême-Orient ; il avait fait une étude assez approfondie de la z00logie auprès du grand naturaliste que fut son père. Si l'apparence de Schlegel était fruste, si sa plume traduisait souvent mal sa pensée, il était en réalité un homme à l'esprit original, bon, prêt à rendre service, dont la physionomie joviale manquera bien certainement dans les réunions scientifiques et en particulier dans les Congrès des Orientalistes auxquels il assista tant que sa santé le lui permit. Quant à moi, je ne puis oublier que, pendant quatorze ans, nous avons travaillé à une oeuvre commune et ce n’est pas sans un serrement de coeur que le fondateur survivant du T’oung Pao envoie un dernier adieu à
son vaillant compagnon de lutte. Henri CORDIER.
Le Dr. Gustave Schlegel a été enterré au cimetière de Groenesteeg. Des discours ont été prononcés sur sa tombe au nom de ses plus anciens amis, par le
1) Liste chronologique des ouvrages et opuscules publiés par le Dr. G. Schlegel . ... 1862— 1901. Leide, E. J. Brill, 1902, br. in-8, pp. 24.
Dr. J. D. E. Schmeltz, Directeur du Musée d’Ethnographie, au nom du Sénat de l’Université par le Recteur magnificus, le Prof. Dr. H. Kamerlingh Onnes, et au nom des étudiants, par le Président de l’association de Leyde, M. F. W.R. Wittewaal. Henri CORDIER.
Mgr. ANZER LE à ..
-Mgr. ANZER, arrivé à Rome depuis peu de temps, est mort d’une attaque d’apoplexie, le 24 Novembre dernier, au Collége allemand, dit de l’Anima.
Il appartenait à la Mission, créée en 1875, par M. Arnold Janssen, prêtre du diocèse de Münster, à Steyl, sur la Meuse, dans le Limbourg hollandais, diocèse de Ruremonde. Les premiers missionnaires de la nouvelle Congrégation qui étaient Jean-Baptiste Anzer, né à Weinricht bei Pleistein, diocèse de Ratisbonne, le 16 mai 1851, et Joseph Freinademetz, du diocèse de Brixen, partirent pour la Chine le 2 Mars 1879. Ils reçurent des passeports de la Légation de France à Peking le 4 Mars 1882. Bien accueilli par le vicaire apostolique du Chan-toung, Mer. Elisée Cosi, Anzer fut choisi par celui-ci pour être son pro-vicaire dans la partie méridionale de la province. Au mois de Mai 1883, M. Anzer fut attaqué par les Chinois à Ts’ao tcheou, et et laissé pour mort, et ce fut en portant plainte au Tsoung-li Yamen, pour le mauvais traitement dont le missionnaire allemand avait été l’objet, que notre Chargé d'Affaires à Peking, M. le Comte de Semallé, eut à subir une incartade du trop fameux Tchang Peï-loun.
Par décret du 22 Décembre 1885, le Chan-toung méridional fut transformé en vicariat, comprenant les préfectures de Yen-tcheou, Ts’ao-tcheou et I-tcheou, ainsi que la sous-préfecture de Ts’i-ning et M. Anzer fut sacré évêque de Télepte.
Nous avons raconté, dans le Tome III de l'Histoire des Relations de la Chine avec les Puissances Occidentales, comment en 1890, Mgr. Anzer abandonna le protectorat de la France pour celui de l'Allemagne, ce qui permit à cette dernière puissance de prendre prétexte de l'assassinat des PP. Nies et Henlé (4er Nov. 1897) pour s'emparer du territoire de Kiao-tcheou.
Henri CORDIER.
BULLETIN CRITIQUE
Mis de la MazerrèRe — Essai sur l’évolution de la civilisation indienne — Ouvrage orné de gravures hors texte. Paris, Plon, 1903, 2 vol.
in-16.
L'Inde au Moyen Age. — XI. L'Inde
— I. L'Inde ancienne —
moderne.
C'est avec la même conscience, le même souci de la vérité que M.
le Marquis de La Mazurière traite
les sujets les plus divers. Les
Ascètes de l'Inde, le Japon, puis la Chine, même la Peinture Allemande au XIXE® siècle, sollicitent tour à tour l'attention de ce curieux doublé d’un savant.
M. de La Mazelière nous donne aujourd’hui un travail d'ensemble sur l'Inde: il étudie l’évolution de la civilisation de cette vaste con-
trée, dans les temps anciens, au
Moyen Age, à l'époque moderne et
— chacune de ces trois divisions de
| son ouvrage donne lieu après de
nombreuses observations de faits, à des conclusions ingéuieuses.
À l’époque préhistorique, l'Inde
est habitée par des sauvages au-
| tochtones ou immigrés; au plus bas
de l'échelle, les Négritos; un peu
| au-dessus, les Colariens, pècheurs et
| chasseurs. Puis les Mongols pénè-
trent par le Nord-Est — Assam et Bengale —; les Dravidiens par le Nord-Ouest — Punjab —. Les Aryens, alliés aux Iraniens de Perse, viennent également par cette
même route du Nord-Est et se ré-
| pandent dans la vallée du Gange.
De ce mélange d’Aryens, de Dravidiens, de Colariens, de Mongols, est constituée la race hindoue. Les
deux faits importants de la période
BULLETIN
ancienne de l'histoire de l'Inde sont la formation des castes et la prédominance de la classe brahmanique. Comme conclusion de cette première partie, M. de La Mazelière écrit, p. 129: « Dans cette première phase de la civilisation indienne, la science moderne reconnaîtrait sans doute l'état d’une société qui ne sait pas différencier nettement la structure et les fonctions de ses organes. Pour nous servir d'une comparaison de Spencer, c’est un corps où les organes de l'alimentation se sont développés, mais où le système nerveux est encore 1mparfait; où, comme chez les vers, les tronçons de l'animal mutilé se régénèrent et continuent à vivre d’une vie indépendante. Le régime des castes ne produit que la juxtaposition des éléments politiques et sociaux, il n’opère pas leur fusion; c’est un mélange au lieu d’une combinaison ».
À la fin du VIII* siècle de notre ère, la société indienne se disloque, les invasions se multiplient, et en trois siècles, l'Inde se trouve transformée par l’établisse-
ment de nouveaux peuples origi-
CRITIQUE. 417
naires de l’Asie Centrale, par la création de la féodalité dans la Péninsule, et enfin par l’envahissement de l'Islam. Ces deux derniers éléments combattent la caste, mais celle-c1 reste triomphante tout en se transformant: « L'idée de l'unité politique de l'Inde”, écrit notre auteur, p. 349, «s'impose à tous et cependant l'unité morale de l'Inde est brisée par la constitution de nationalités indépendantes, par la formation de langues distinctes.
Dans l'Inde ancienne tous les écrivaius se servaient du sanscrit et tous avaient une tournure d'esprit commune, si bien que le style et l'inspiration d’un ouvrage nous révèleraient difficilement la patrie de son auteur. Désormais chaque langue populaire aura sa littérature originale dans la forme, originale dans le fond».
L'Inde, pendant cette période,
devient une puissance asiatique.
Le second Volume de l'ouvrage est entièrement consacré à l'Inde moderne. L'auteur y étudie la transformation que subit l'Inde au
contact de l’Europe et comment
BULLETIN
elle prend par suite place dans l’histoire générale du monde. L’invasion de l’Angleterre donnera au pays son unité politique. Déjà on voit se manifester deux tendances, d'abord la fusion des éléments qui composent la société indienne et la réconciliation des idéeseuropéennes et des idées asiatiques, des sentiments anglais et des sentiments
indiens.
Le problème indien est un des plus graves de l’heure actuelle; nombre de publicistes aux Indes aussi bien qu’en Angleterre et en France, en cherchent la solution.
Il est impossible de ne pas consulter les deux volumes de M. de La Mazelière, qui offrent matière à méditations aussi bien à l’économiste, à l'historien qu’au philo-
sophe. H°0-
— Petit Dictionnaire Chinois- Français par F.$. CouvreurS. J.
— Ho-kien Fou, Imprimerie de la Mission Catholique 1903, in-8, pp.
xXIV—736, 24 francs.
Le R. P. Couvegur nous dit
CRITIQUE
dans son court avis que ce nouveau dictionnaire est «spécialement destiné aux étudiants qui connaissent peu la langue chinoise, et à ceux qui dans les voyages désirent avoir avec eux un Court manuel pour aider leur mémoire» et que «c’est l’abrégé du dictionnaire chinoisfrançais» qu'il a publié en 1890 et dont il prépare unenvuvelleédition.
Comme les caractères sont rangés par clefs, je trouve que c’est plutôt une traduction un peu abrégée du Dictionarium Sinicum et Latinum publié en 1892 à Ho-kien-fou. Ce livre est présenté avec le même soin que ses aînés et nous ne pouvons que renouveler nos compliments au savant et laborieux missionnaire du Tche-li.
Ye
En Kinesisk O Vürldskarta frän 17:de Arhundert
K. AHLENIUS:
(avec un résumé en allemand).
Extrait des Skrifterutgifna af K.
Humanistika Vetenskaps-Samfundet in Uppsala, 1903, VIT, 4. — in-8° de 25 + 1v pp. et une planche hors texte. Uppsala, Akademiska Bok-
handeln,et Leipzig,0.Harrassowitz.
BULLETIN
La grande carte chinoise du monde publiée en 1674 par le P.
Verbiest (en chinois Nan Houai-jen FH ul À=) est bien connue. Le catalogue de Courant (N°S 1914— 1924) eu siguale cinq exemplaires, dont l’un est incomplet et dont un autre est de dimensions réduites, au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale, et un exemplaire colorié à la section des cartes de cette même bibliothèque.
Cordier (L'imprimerie sino-euro-
CRITIQUE
Bayer (De Ferdinandi Verbiesti S. I. scriptis, praecipue vero de ejus globo terrestri sinico),M.K.Ahlenius raconte la vie de Verbiest et ses voyages en Chine; il étudie ensuite les sources auxquelles à recouru Verbiest
les remarques qu'il fait sont utiles
dressenant sa carte, et
pour l'histoire de la géographie. Il observe avec raison que la nomenclature de la carte a dû être d’abord rédigée en latin, puis transcrite en
Chinois; mais il a tort de dire que
péenne en Chine, p. 60, n° 355 —17) | le livre explicatif qui fut publié en
indique l'existence d’un autre exemplaire dans la Bibliothèque des PP. Jésuites à la rue de Sèvres.
Cette carte se trouve aussi au British museum et j'ai eu l'occasion de la voir encore dans la bibliothèque privée du prince Roland Bonaparte. Elle n’a cependant jamais été reproduite de nos jours et il faut remercier M. K. Ahlenius de nous en avoir fourni une excellente phototypie d’après l’exemplaire qui a été donné à la bibliothèque de l’Université d'Upsal en 1702 par le philologue J. G. Sparfvenfeldt.
Après avoir rappelé que la carte de
même temps que cette carte est perdu, car le catalogue de Courant (n% 1526—1529) en mentionne trois exemplaires à la Bibliothèque nationale.
Ed. CHAvanNes.
Haxs VircHow: Das Skelett Chinesinnen- Fusses (Zeitschrift für Ethnologie, 35 Jahrgang, 1903, p. 266 —316,
eines verkrüppelten
avec » planches hors texte).
Vers 1850, le squelette du pied d'une femme chinoise de 30 ans fut
donné à l’Institut anatomique de
Verbiest a été décrite par G. $. | Berlin; il avait été recueilli à
420 BULLETIN
Hongkong par le Dr. Morrisson.
Mr. Virchow s’est servi de ce squelette pour faire une étude minutieuse des déformations produites sur les divers os du pied par la compression à laquelle se soumettent les femmes chinoises. Il none que ces modifications sont d’une extrême complexité et qu’elles varient d’ailleurs de sujet à sujet, comme le prouvent les divergences qu'on peut signaler entre les auteurs qui se sont occupés de cette question. Il étudie et critique les travaux antérieurs de H. Wecker (Über die künstliche Verkräppelung der Füsse der Chinesinnen [| Arch.
antropol. vol. IV, 1870, p. 221 — 2382]; Die Füsser der Chinesinnen [ibid., vol. V, 1872, p. 133 —152]), de Vollbrecht (Der künstlich verstümmelte Chinesenfuss [ Denkschrift zum 70 G'eburtstagevonColer,19007), de G. Perthes (Über den künstlich * missgestalteten Fuss der Chinesin im Hinblick auf die Entstehung der Belastungsdiformitäten | Arch.Klin.
Chirurgie, vol.67,cah.3, p.1 —33]), et Haberer (Schädel und Skeletteile I, Jena 1902).
On remarquera que Vollbrecht, à
aus Peking, vol.
CRITIQUE
limitation du Japonais Miura, a en l'excellente idée de se servir des rayons + pour étudier la constitution et le fonctionnement du pied de la femme chinoise.
J'ajouterai ici quelques observations sur l’origine et la raison d'être de la singulière coutume que certaines sociétés, comme la
«société contre le bandage des pieds» {JE Æ 7, ou celle «du pied naturel» ZX Æ 7,
cherchent aujourd’hui à faire dis- On dit l’empereur Aeou-tchou A Be (583—582 p. C.), de la dynastie
Teh‘en, fut le premier qui ordonna
paraître. souvent que
à une de ses femmes de comprimer de bandelettes (cf, Wells Williams, the middle Kingdom, t. X, p. 766, n. 1).
ses pieds en les entourant
Cependant, au revers d’un miroir de l’époque des Han qui représente la Reine d'occident pf Æ ÆF,on voit une femme qui se dresse sur les mains en agitant en l'air ses jambes terminées par de fort petits pieds. Les auteurs du Ain che sono & 4 à qui reproduisent ce monument(21° planche delasection
des Miroirs), remarquentà ce propos
BULLETIN CRITIQUE
que la coutume des petits pieds n’a | de l'indiquer en citant les sages
point commencé à l’époque des six dynasties (220 —587p.C.) puisqu'on en trouve une application sur ce miroir et qu'on en observe un autre cas dans les bas-reliefs de la famille Wou (vers 150 p. C.); d’après ces auteurs, en effet, la mère de Tseng-tseu serait figurée sur un de ces bas-reliefs avec des pieds fort petits: je dois dire cependant que si on se reporte à l’estampage (cf. ma Sculpture sur pierreen Chine, planche III, 1'€ scène à droite du second registre), on constatera que les pieds de la mère de Tseng-tseu
sont en effet plus petits que ceux
des hommes représentés surle même |
bas-reliefs, mais qu’ils ne sont pas pourtant comparables aux pieds minuscules des élégantes dela Chine
moderne. Quoiqu'il en soit, on voit
que les érudits chinois ne sont pas
d'accord sur l’époque à laquelle il
faut faire commencer cette mode,
et que quelques uns d'entre eux |
seraient disposés à en rapporter.
l'origine à la dynastie des Æan orientaux (25—220 p. C.).
Quant à la raison d’être de
cette coutume, qu’on me permette
paroles du bon Montaigne dans son chapitre «des Boyteux»: «On dict en Italie en commun proverbe, que celuy-là ne cognoit pas Venus en sa parfaicte douceur qui n’a couché avec la boiteuse.... Je viens d’apprendre que memre la philosophie ancienne en a décidé: elle dict que les jambes et cuisses des boiteuses ne recevant, à cause de leur imperfection, l'aliment qui leur est deu, il en advient que les parties genitales qui sont au dessus sont plus plaines, plus nourries et vigoureuses; ou bien que le defaut empeschant l'exercice, ceux qui en sont entachez dissipent moins leurs forces et en viennent plus entiers aux operations de Venus».
Ed. CHAvVANNES.
J. S. Srever: Über den Bodhisaltva als Elephant mit sechs Haucähmen (Zeitschrift der Deutschen morgenländischen (Gesellschaft, vol.
LVII, 1903, p. 305—310).
La représentation du Bodhisattva sous la forme d’un éléphant
à six défenses n’est point inconnue
BULLETIN
en Chine; elle était figurée sur les parois des grottes des mille Bouddhas, près de Cha tcheou, comme uous l’apprend une inscription de l’année 776 !); Baber ?), et, après lui, Bonin *) ont décrit le colossal éléphant à six défenses, fondu en cuivre blanc, quise trouve dans le monastère du mont Vgo-mei lé JA - Les sinologuesserontdonc intéressés par l'explication ingénieuse eb très vraisemblable que J. S. Speyer vieut de proposer en indiquant le jeu de mots qui a dû servir de trait d’anion entre le Bodhisattva et les six défenses de l'éléphant: le mot chaddanto ne signifie pas seulement<àsix dents»; il a pu être aussi employé dans le sens de <qui a dompté les six »; le Bodhisattva a sans doute étédésigné par l'épithète de chaddanto «celui qui
entendez: «organes des sens», à
a dompté les six» (sous-
savoir les cinq sens, indriyâni, et le
1) Cf. Mémoires présentés par divers savants à l’Acad. des Inscriptions, le série, tome XI, 2° partie, p. 72.
2) Cf. E. Cozs. Baser, Zravels and
DA
Researches in Western China, p. 32—35.
3) Cf. BoniN, Le mont Omei (Bull. de
Géogr. hist. et descr., 1899, n°. 1, p. 69—71).
CRITIQUE
sens intérieur, manas); quand on a combiné cette épithète avec la représentation du Bodhisattva sous la forme d’un éléphant, le sens de «possesseur de six défeuses» lui a été attribué par une confusion verbale qui était presque inévitable.
Ed. CHaAvanNes.
A. Hexry: The Lolos and other Tribes of Western China (The of the Anthropological Institute, vol. XXXIITI, January to June 1903, p. 96—107 et 2
planches hors texte).
Journal
M. Henry répartit les nombreuses tribus du Sud-Ouest de la Chine en un petit nombre de groupes qui sont: 1° les Tibétains, dans les parties occidentales du Sseu-tch'ouan et du Fun-nan; 2° les Miao-tseu, originaires du Æoueitcheou, qui se rencontrent aussi dans les montagnes du Fun-nan et dans le Tonkin au Sud de la Rivière Rouge; 3° les Yao, qui s'étendent sur une ligne allant de Sseu-mao (prov. de Yun-nan) jusque dans le ÆXouang-si, et qui sont
probablement aborigènes de cette
BULLETIN
dernière province; 4° les Shans, dans la Birmanie supérieure et le Yunnan méridional, qui ne sont qu’une variété des Siamois; 5° les Woni, qui sont les aborigènes du territoire au Sud de la Rivière Rouge dans le Yun-nan et dans le Laos; ils paraissent être les Kas de certains auteurs français; 6° les Lolos.
Avant de parler des Lolos, M. Henry donne quelques détails sur la peuplade des Pula qui parle un dialecte lolo. On signale des Pula près de Mong-tseu ES A ct de Fuan-kiang JG ŸE : j'ai trouvé, dit l’auteur, un de leurs villages, isolé dans les montagnes, au nord de Mong-tseu, où la stature des femmes dépassait à peine 4'/pieds, et celle des hommes 4%, pieds, tous étant d’ailleurs des gens bien conformés. Il serait intéressant d’étudier de près ce débris d’une race de pygmées, qui,ethnographiquement, n’a rien de commun avec les Lolos.
Les Lolos sont disséminés dans tout le Yun-nan et dans quelques districts du Xouei-tcheou; mais leur berceau est au Sseu-tch'ouan, entre la vallée de Xïen-tch'ang 2 1
et le Vang-tseu, dans les montagnes
CRITIQUE. 423
Ta-leang K ji: les Chinois euxmêmes n'osent pas pénétrer dans ce repaire et les voyageurs Européens tels que Baber ‘) n’ont fait qu’en effleurer le bord. L'écriture des Lolos ne se laisse pas encore déchiffrer; M. Henry donne le sens de vingt-deux de ses signes. Cette écriture est disposée, comme le Chinois, en colonnes verticales, mais, Contrairement au Chinois, elle se lit de gauche à droite; les caractères Lolo étaient à l’origine pictographiques; maintenant :ïls sont simplement syllabiques et représentent des sons. La langue Lolo appartient à la classe des langues monosyllabiques dont le Chinois est le membre le plus développé.
M. Henry étudie ensuite les croyances des Lolos; au nombre des observations intéressantes qu’il a faites il faut signaler celles qui ont trait aux cérémonies funéraires, à la cosmogonie, à la légende du déluge, cette dernière trahissant peut-être, d’après M. Henry, une
influence des missionnaires nesto-
1) E. Cozsorne BABER: Travels and
researches in Western China.
424 BULLETIN
riens que Marco Polo signale au Vun-nan. Sur le totémisme chez les Lolos, je citerai les paroles mêmes de M. Henry: «The great authority on the religions of China, De Groot, says that he has found no trace in China of animals being worshipped in the capacity of tribal progenitors, and he entertains serious doubts whether any so-called totemism existsin Eastern Asia as a religious phenomenon.
It is interesting then to know that Lolo surnames always signify the name of a tree or animal or both tree and animal, and that these are considered as the ancestors of the family bearing the name. This
name is often archaic. Thus the
surname Bu-luh-beh is explained |
as follows: — Bu-luh is said to be |
an ancient name for the citron, which is now known as sa-lu. The common way of asking a person what his surname is, is to inquire:
«What is it you dou’t touch?»
and a person of the surname just mentioned would reply, «we don’t
touch the sa-lu or citron». People
caunot eat or touch in any way the |
plant or animal, or both, which
CRITIQUE
enters into their surname. The plant or animal is not, however, worshipped in any way».
Dans les coutumes relatives au mariage, on notera que,invariablement, quelques jours après les épousailles, la femme s'échappe et retourne chez son père; le mari envoie des présents au père pour la prier de revenir; mais souvent il doit insister longtemps; quand elle se refuse absolument à reprendre le chemin du domicile conjugal et que plusieurs sommations sout restées sans résultat, le mari a le droit de l'aller chercher et de la battre jusqu’à ce qu’elle cède. — La traduction de deux poésies populaires terminé cet article bien docu-
menté qui sera suivi, nous promet
l’auteur, d’un livre entier sur les
| Lolos.
Ed. CHAvANNES.
Captain C. H. D. Ryper: Ex-
| ploration in Western China (The | Geographical Journal, vol. XXI,
February 1903, p. 109—126) — Carte: South-western China and
parts of adjacent countries, from
recent Indian government surveys;
BULLETIN CRITIQUE
à l’échelle de 1 : 2 000 000. (7%e Geographical Journal, vol. XXII, August 1903, p. 236).
Le capitaine C. H. D. Ryder a fait partie d’un groupe de topographes que la Funnan Company et le Government of India ont chargé de dresser une carte exacte de la province de Yun-nan. Ce travail considérable avait pour premier objet d'étudier quel tracé serait le plus avantageux pour établir une voie ferrée entre la Birmanie et la Chine. Il a été reconnu qu’on devait renoncer absolument à la ligne de 7‘eng-yue fe bk (Momein) à Ta-li fou K eu ff qui présente des difficultés insurmontables; une voie qui lougerait le Mékong se heurterait aussi à des obstacles considérables ; le seul tracé admissible est celui qui, parlant de Kun-long Ferry sur la Salwen, remonte la rivière Nan-ting F4 TT ÿrf sur presque tout son cours, puis atteint la ville de Yun-tcheou & PA] , traverse le Mékong et parvient à Ta-li fou.
Mais ce n’est pas seulement uu
itinéraire unique qui à été étudié
en détail par le capitaine Ryder et ses compagnons; ils ont parcouru
dans toutes les directions la pro-
| vince de Yun-nan et une partie du
Sseu-tch'ouan; 1ls se sont servis du télégraphe pour se mettre eu communication avec Bhamo et déterminer ainsi les longitudes exactes des lieux où ils se trouvaient; ils ont fixé avec précision la configuration de la singulière courbe que forme le Yang-tseu au nord de Li-kiang fou et qui avait été déjà signalée, par MM. Bouin d’une part, et Amundsen de l’autre. La carte qui résume leurs travaux topographiques est assurément une des meilleures que nous possédions du
Fun-nan. Ed. CHavanves.
Dr. Sven Hoi: Three Years’ Exploration in Central Asia, 1899- 1902 (The Geographical Journal, vol. XXI, n° 3, March 1903, pp.
Grorce MacarTNey: Notices, from Chinese sources, on the ancient kingdom of Lau-lan, or Shen-shen (ibid, p. 260 —265).
Dans la séance du 8 Décembre
BULLETIN
1902 le célèbre voyageur Sven Hedin à raconté devant la Société géographique de Londres ses voyages à travers le Turkestan oriental et le Tibet septeutrional de 1899 à 1902. Dans l’article du Geographical Journal qui reproduit cette conférence, je me bornerai à signaler l’importante découverte archéologique qui y est mentionnée. En Février 1901, Sven Hedin partit de l’oasis de Tograk-kuduk et se rendit au point appelé Altimishbulak (les soixante puits); de là, trois jours de marche l’amenèrent (par environ 40° 40’ Lat. N. et 90° Long. E. Gr.) sur la rive septentrionale d’un grand lac desséché dont l'emplacement est marqué par les myriades de coquillages et la rangée d’arbres morts qui le bordent; on sait que, pour Sven Hedin, ce bassin tari serait le vrai Lob nor de l'antiquité, et c’est abusivement qu’on donnerait à présent le nom de Lob nor aux grands marais Kara koshum qui sont notablement plus au Sud; Sven Hedin découvrit les ruines de quatre villages disposés sur une ligne qui va
du NNO au S$SE et qui coïncide
vraisemblablement avec une ancienne grande route longeant la rive nord du lac aujourd’hui desséché; dans une des maisons, il exhuma uue quantité de documents écrits en Chinois les uns sur du papier, les autres sur des fiches de bois; un sinologue allemand, M.
Himly a été chargé du déchiffrement de ces textes; 1l a pu reconnaître qu’ils dataient pour la plupart des années comprises entre 264 et 270 p. C. Il y a done ici une remarquable coïncidence avec le
résultat des fouilles faites par Stein
au-delà du point où la rivière Niya interrompt son cours, puisque la date de 269 p. C. a pu être lue sur une des fiches de bois trouvées par M. Stein ‘). Quoique les historiens officiels de la Chine n’en aient gardé qu’un faible souvenir, il apparaît maintenant comme certain que, pendant le règne du
premier empereur (265 —290) de P42
= | oriental, au moins jusqu’à Niya,
la dynastie Tsin , le Turkestan
subit l'influence politique de la
Chine. Il faut attendre la publica-
1) Cf. M. A. STEIN: Sand-buried Ruins
of Khotan, p. 405.
BULLETIN CRITIQUE
tion complète des textes chinois remis au jour par Sven Hedin pour se rendre compte des renseignements nouveaux qu'ils peuvent ap-
porter. Dès maintenant cependant,
on peut mettreen doute l'exactitude |
de l'opinion de Sven Hedin qui identifie l'endroit qu'il a visité avec la principauté de Zeou-lan FE É ou Chan-chan #1 É dont :l est souvent question chez les chroniqueurs chinois; M. G. Macartuey a rappelé lesindications qu’on trouve sur cette principauté dans le T's'ien Han chou et chez Fa-hien et Hiuan-
tsang; mais s’il avait fait une en-
| quête plus approfondie, il se serait
aperçu que certains témoignages ne peuvent s’accorder avec l’hypothèse de Sven Hedin: c’est ainsi que le Tang chou (chap. XLITI, 8, p.15 r°) dit formellement que Leoulan est à 300 /i au Sud du Lob nor Æ 6 À 4 = A Hi: à supposer même que Sven Hedin ait raison de placer l’ancien Lob nor là où il le marque sur la carte, on ne saurait admettre que les ruines explorées par lui au Mord de ce lac desséché soient identiques à Zeoulan qui était au Sud du Lob nor.
Ed. CHAVANNES.
LIVRES NOUVEAUX
Nous avons recu deux nouveaux pen de Zi-ka-wei, l’un HI H FH + est l’almanach du Aoei Pao pour 1904, l’autre À D'é pres UN 2 De est un Souvenir du 300€ anniversaire du baptême de Siu Kouang-k'i, le célèbre ministre et ami de
Matteo Ricci.
Le sixième volume des publications du Séninaire des Lanques Orientales de Berlin, consacré à l’Asie Orientale, vient de paraître. Il renferme la Chronique du Séminaire de Pâques 1902 au mois d'août 1903, Chamorro-Grammatik von Frirz, Beiträge zur Kenntniss der Insel Formosa von Hermann Pr£aur, Japanische Wappen von R. Laxce, Über einige südchinesische Dialekte und ikr Verhältniss zum Pekinesischen von A. Forks, ÆRussische Arbeiten über Ostasien
von W. BarrHorz.
M. À. Vissière a fait un tirage à part du «Guide Madrolle: Pékin» actuellement sous presse renfermant des Æudiments de la langue chinoise — Prononciation, Ecriture, Grammaire, Syntaxe. Celui qui possède à fond les 36 pages de cet opuscule a déjà une connaissance plus qu’élémentaire de la langue chinoise. Il a été fait également un tirage à part de l’Æistorique de la Chine par CL MA-
DROLLE publié dans ce même volume.
M. Maurice CouranT a donné un article sur Ze bassin du
Yang-tseu dans les Annales coloniales du 15 nov. 1903.
L'Atlas qui complète l'Ævposé des travaux de la mission PAviE en Indo-Chine vient de paraître chez Challamel; il résume les études géographiques de la mission, ainsi que tous les travaux antérieurs, et il tient en outre compte de ce qui a été fait, depuis l'achèvement de cette mission jusqu’aujourd’hui, pour augmenter nos connaissances sur la presqu'île orientale. La première des cartes qui le composent montre l’ensemble de cette unité géographique réparti en deux unités politiques: l'Zrdo-Chine française et le Siam. L’Indo-Chine française est ensuite détaillée en einq cartes et un croquis, puis le Siam est représenté en trois cartes. En raison du voisinage du Yun-Nan, et des importantes relations que notre colonie a avec lui, une carte de cette province de la Chine a été
ajoutée à l’atlas.
M. Félix R£Écamey vient de faire paraître à la librairie Paul Paclot, 4 rue Cassette, Paris, un volume in-4 carré intitulé Japon. Ce beau livre est orné de 394 illustrations en noir et en couleurs dûs à l’auteur, écrivain et artiste, dont tout le monde connait les œuvres si remarquables. Le tirage est de 1025 exemplaires: 25 sur papier du Japon à 100 fr.; 1000 à 30 fr.; quelques exemplaires
dont les planches ne sont pas coloriées, 20 fr.
La première partie (il y en aura deux) du Vol. I de la seconde édition revue, corrigée et considérablement augmentée de la Bibliotheca Sinica de M. Henri Corbier paraîtra au mois de janvier 1904 à la librairie E. Guilmoto, successeur de J. Maisonneuve, 6 rue de Mézières,
Paris. L'ouvrage comprendra trois volumes.
Le)
PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
The Geographical Journal. — April 1903. — The Volcanie Eruption on Torishima. [D’après M. KurscnerA dans les Mitt. de la Soc. de (éog. de Vienne] — Additional Remarks on new Discoveries in the Text of Carpini. By C. Raymond B&azey. [Confusion des MSS. faite par Thomas Wright.]
——— — August 1903. — Map of South-West China to accompany Captain Ryder's Paper. |cf. T’oung Pao, p. 278, et p. 425.]
——— — November 1903. — Journeys in Mongolia. By C. W. CawpBerr. [Peking to Kalgan. — The Chahar Country. — Dalai Nor Region. — East Hochid and Uchimuchin. — Khalha River. — Bur (Buir or Buyur) Nor. — The Kerulon Valley. — Urga. — The Kentei Mountains. — Tomb of Touyukuk. — The Orkhon Valley
aud Erdeni Tsu (Karakorum).]
The Korea Review. — Vol. 3, No. 6, June 1903. —— Note on Ch'oe Chi=wun [Great soldier and scholar of Ancient Silla.]. — The Japanese Occupation of Seoul, May 1592. By T. SIDEHARA. — Across Siberia by Rail. (suite). — Mudang and Pansu. (suite). — Odds and Ends. [The Centipede ‘“‘is considered the most dangerous reptile in Korea. The older the centipede is the more dangerous is its bite. They sometimes attain a length of twelve inches. The Koreans say that the only sure cure for a centipede bite is to bind on to the wound an old cloth that has been used for wiping up the table in a wine shop..”]. — Æditorial Comment. — News Calendar. — Meteorolog. Obs., May 1903. — Korean History (suite).
——— — Vol. 3, No. 7, July 1903. — Korean and Formosan. [Comparative Vocabulary of Ten Savage Groups in Formosa.] — Korean Relations with Japan. The Cheung-jüng Kyo-rin-ji (#? JE ZE RE x). — Mudang and Pansu (suite). — Across Siberia by
Rail (suite). — The Coming Conference. By ©. C. Vinrox. [Missionaries|]. — Editorial Comment. — News Calendar. — Meteorolog. Obs., June 1903. — Korean History (suite).
—— — Vol. 3, No. 8, August 1903. — The Peddlars’ Guild. [After the establishment of the present capital “two distinct kinds of peddlars were recognized; one kind did not use à Jigi or porter’s frame on the back to carry his goods. He simply carried his wares in à bundle on his back. This class of peddlars was called Po-sang or ‘Bundle Traders”,. The other class used the j'gi on which to cary their goods. These were called Pu-sang or “Blackload Traders”. Very commonly both of these names are used together and these traders are known by the joint name Po-pu-sang or Bundle and Blackload Traders”.] — Mudang and Pansu (suite). — Korean Relations with Japan (suite). — Across Siberia by Rail (suite). — [Mort de l'ingénieur George Mitchell, 28 juin.] — Odds and Ends. — News Calendar. — Meteorol. Obs., July 1903. — Korean History (suite).
—— — Vol. 3, No. 9, September 1903. — Mudang and Pansu (suite). — The Taiku Dispensary. By W. 0. Jonxson, M.D. — Korean Relations with Japan (suite). — Review. — Odds and Ends. [“Koreans say that canker-sores on the tongue are caused by drinking water out of a gourd dipper that has been scraped over a sandy surface and some of the grains of sand have adhered to its under surface. The certain cure is to find a dipper of such a kind, take off some of the grains of sand and apply them to the tongue”.[ — Æditorial Comment. — News Calendar. — Meteorol. Obs., Aug. 1903. — Korean History (suite).
—— — Vol. 3, No. 10, October 1903. — À Korean Poem. By F. S. Mrirer. — Korean Relations with Japan (suite). — The Fortress of Puk-han. By O. Seunc-Geun. — Odds and Ends. — Editorial Comment. — News Calendar. — Meteorol. Obs., Sept. 1903. — Korean History (suite).