‹ Tung pao. Toung pao (volume 4)Chapitre 63 sur 64 · ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE

Le XIV: Congrès International des Américanistes se tiendra à STUTTcar, du 18 ou 23 Août 1904 Le Président de la Commission d’Organisation est M. le Dr. Karl von den STEINEN, Professeur à l’Université de Berlin; le Secrétaire général, M. le Dr. Prof. Kurt LAMPERT, Stuttgart, et le Trésorier, M. Theodor G. WanNER, 35 Kônigstrasse, Stuttgart; la cotisation est fixée à 15 francs.

CHINE

Na T'OUNG HR M] a été nommé premier ministre du Wai-wou pou à la place de WaxG Wên-chao + 2£ a transféré au Ministère des Finances.

YouEn Che-k’ai = LA EL, Vice-Roi du Tche-li, a été nommé Commandant en Chef des forces de terre et de mer.

Le procès du Sow Pao commencé à la Cour Mixte de Chang-Haï le 3 déc. s’est terminé le 7 par l’acquittement de trois inculpés; un troisième est l’objet d’un supplément d'enquête; les deux derniers qui se sont reconnus les auteurs de brochures séditieuses seront condamnés à une peine sur laquelle le Tao-t’ai

et, l’assesseur étranger ne sont pas d'accord.

Les journaux de Londres du 18 décembre, donnent les renseignements suivants sur la situation en Mandchourie: M. J. W. Davipson, Consul des Etats- Unis à Formose, qui vient d’arriver en Angleterre après avoir voyagé pendant quatre mois en Mandchourie et en Corée, a fait un récit de son voyage à un reporter. D’après ses déclarations, on a en Europe beaucoup d'idées fausses concernant la Mandchourie.

On a dit, par exemple, que ce pays ne pouvait pas nourrir, avec ses propres ressources, une armée d'occupation; mais, au contraire, le développement de certaines industries a été si rapide en Mandchourie que l’on pourra bientôt s’y

passer de la farine et de la viande de bœuf de l'étranger.

On se trompe aussi, en prétendant que les Russes construisent des édifices permanents dans des endroits éloignés du chemin de fer. Je n’ai aperçu qu'un édifice de ce genre, la Banque russo-chinoise de Tsitsikar.

On a dit aussi que les Russes maltraitaient les Chinois. Or, pendant tout le temps que j'ai passé en Mandchourie, je n’ai vu qu’une seule fois un soldat russe frapper un Chinois.

On a également des idées fausses concernant l’état du chemin de fer. On a prétendu que les lignes de Mandchourie et de Sibérie étaient si mal construites, qu'il y avait constamment des déraillements, d’autres accidents et des retards. Il en était ainsi il y a deux ans; mais la situation a changé. J’ai passé quatre mois dans les trains, et je n’ai jamais entendu parler d’un déraillement ou d’un accident grave. Aujourd’hui, il y a trente trains qui vont chaque jour à Harbin, et vice versa, sur une voie unique.

Interrogé touchant la position de la Russie en Mandchourie, M. Davidson s’est exprimé de la manière suivante :

Je ne puis pas parler de politique, et je me bornerai à constater que, d’après l'impression générale que j'ai eue, la Russie est disposée à laisser toute liberté d'action au Japon en Corée, pourvu qu'elle jouisse des mêmes privilèges en Mandchourie.

Pour ce qui est des forces militaires de la Russie en Mandchourie, tous les points importants situés sur le chemin de fer ou en dehors sont occupés par des troupes dont l'effectif, y compris la garnison de Vladivostok, n’est pas inférieur à 20,000 hommes. Les Russes avec lesquels je me suis entretenu en Mandchourie disent que, si l’on retirait leurs troupes des postes inférieurs pour les placer le long du chemin de fer, le brigandage serait encouragé par les fonctionnaires chinois, ce qui nuirait considérablement à l’exploitation de la ligne. Dès que les Russes seront convaincus que cette situation n'existe plus à l'intérieur, l'occupation sera limitée à la ligne du chemin de fer,

La situation des Russes le long du chemin de fer grandit continuellement, et des villes magnifiques surgissent partout, à côté de la ligne. Au point de vue commercial, c’est Harbin qui occupe le premier rang. Cette ville, qui n'existe que depuis trois ans, a une population russe de plus de 40,000 habitants.

Elle ressemble beaucoup, par son rapide açcroissement et par ses conditions sociales générales, à une ville minière d'Amérique se développant du jour au lendemain. Ses importants moulins à farine, ses grands établissements pour la vente en gros lui donnent une stabilité qui non seulement en fera, dans quelques années d'ici, le plus grand centre commercial de la Mandchourie, mais aussi, à mon avis, l’une des villes les plus considérables de l'Extrème-Orient.

On construit dans cette ville un bâtiment d'administration qui coûtera 110,000 livres. Il existe déjà une école commerciale ayant coûté 50,000 livres, une école technique ayant coûté 25,000 livres et huit autres écoles dans lesquelles on

apprend le russe aux Chinois et le chinois aux Russes.

Harbin sera le grand centre des voies ferrées pour toute la Mandchourie; on érige, en ce moment, des ateliers de machines dont le prix de construction s’élèvera à 251.000 liv. st. Enfin on est en train de construire pour 42.000 liv. st. un hôpital qui sera ouvert aux personnes de toutes les nationalités.

La nouvelle vile de Port-Arthur s'élève suivant un plan qui la rendra la localité de Chine la plus attrayante comme résidence. L'autorité gouvernementale exige que chacun des immeubles qu'on y bâtit soit doué de beauté architecturale ; de plus, les Chinois ne peuvent habiter cette nouvelle ville ou y construire.

Le résultat est que la ville, qui possède déja 20,000 habitants, se distingue par la beauté exceptionnelle de ses rues. On a souvent affirmé que l’amiral Alexeief portait toute sa faveur sur Port-Arthur et que Dalny perdrait, par suite, de son importance commerciale. Sur ce point, voici ce que m'a dit luimême le vice-roi de l’Extrême-Orient:

«J'ai encouragé l'établissement de magasins de vente au détail dans Port- Arthur afin de permettre aux soldats de faire leurs achats à bon marché. Mon intention n’en est pas moins de faire de Dalny le grand centre commercial et la principale ville industrielle; à tous ceux qui ont demandé à fonder des manufactures à Port-Arthur, j'ai constamment répondu qu’ils doivent ériger leurs fabriques à Dalny».

Une circonstance favorisera le développement et la prospérité de Dalny, c’est que la douane sera établie dans cette localité ou à ses portes. D'autre part, le gouvernement russe peut, à un moment donné, interdire l’entrée de Port-Arthur aux vaisseaux étrangers, tandis qu’il a donné l’assurance que Dalny resterait toujours ouvert à ces navires. Le chemin de fer de Mandchourie, s’il est bien administré, est appelé à effectuer un énorme trafic de produits mandchouriens.

On a dit que Dalny n’était pas un port libre de glaces; cela peut, à la rigueur, se soutenir; jusqu'à certaines époques, une légère couche de glace se forme dans le port; mais il ne s’est jamais produit, et les ingénieurs assurent qu'il ne se produira jamais de glace assez épaisse pour apporter un sérieux obstacle à la navigation. Un petit remorqueur à vapeur suffirait pour débar-

rasser le port de toute glace qui s’y formerait.

Sur le sujet de ce que l’avenir peut réserver au commerce anglais et au

commerce américain en Mandchourie, le consul s’est exprimé ainsi:

L'occupation de la Mandchourie par la Russie fera moins de tort au commerce anglais qu’au commerce américain, par la raison que les articles expédiés actuellement par mer, d'Angleterre en Mandchourie, ne sont pas produits en grande quantité en Russie, tandis que les quatre principaux articles de l’importation américaine sont justement de ceux que la Russie produit naturellement et en grande quantité; ces quatre articles sont: le pétrole, les cotonnades, la farine, les bois de charpente.

A Canton, le 16 décembre, en présence de la colonie française, de tous les mandarins de la ville et d’une nombreuse assistance indigène, a eu lieu l’inauguration de l’hôtel des postes français et de l'hôpital franco-chinois. L'hôtel des postes qui a été élevé au moyen de subventions fournies par l’Indo-Chine est un des plus beaux édifices de notre grande ville et ne contribuera pas peu à y donner une haute idée de la France. L'hôpital qui a été élevé partie avec des subventions de l’Indo-Chine et partie avec des souscriptions recueillies parmi les riches Chinois est aménagé suivant les prescriptions les plus récentes de la médecine. Il contient quatre chambres particulières et une chambre commune de dix lits pour les Européens, et trois grandes salles contenant soixante lits pour les indigènes. En souvenir de M. Paul DouMER, par l'initiative duquel les subventions aux deux édifices ont été inscrites au budget de l’Indo-Chine pendant qu'il était gouverneur-général, son nom a été donné à l'hôpital, et une adresse de reconnaissance lui a été envoyée par la colonie française à l'issue

de la cérémonie.

Nous tirons du Times Weekly Edition, 4 Dec. 1903, les renseignements suivants sur la région du Tibet que se prépare à traverser l’expédition anglaise:

In discussing the military future of the advance into Tibet it is desirable first to connect, and then to separate, the continued progress of the Mission and the occupation of the Chumbi Valley. The latter is, of course, in the first instance, an obvious military precaution. As a matter of fact, a military movement is very seldom made across the Frontier, without at least warning a certain number of troops to hold themselves in readiness to act, if necessary, as a support. It would be manifestly absurd to send even a.brigade into such a country as Tibet, in circumstances denoting if not hostility, at any rate a vigorous disregard of Tibetan susceptibilities, without making it certain that any support which might conceivably be required could be rendered promptly and effectively from a conveniently adjacent region. À glance at the map will show how impossible it would be to support an advance from Khamba Jong to Gyangtse Jong by a force posted in British territory, without running grave risks of delay through blocking of the very few available passes. The occupation of a portion of the Tibetan borderland is, therefore, a military necessity and the Chumbi Valley is singularly well-placed for the purpose. It forms, as Mr. Douglas Freshfield says, a long wedge of Tibetan territory between Bhutan, with which our relations are sufficiently friendly, and Sikhim, over which we exercise adequate control, and a British force posted there with possession of the Tang La, the pass which forms the northern exit from the valley, would be able, in about a week if necessary, to effect a junction with the mission and its escort at Gyangtse Jong. To indicate roughly but clearly the importance of the Chumbi Valley in this connexion it is sufficient to say that, taking Darjiling as a starting point, Chumbi itself lies about 50 miles, as the crow

flies (over 80 by the mountain roads), to the north-east. Khamba Jong, where the Mission has been encamped, is about 90 miles, as the crow flies, nearly due north of Darijiling, and Gyangtse, again, some 80 tuiles north-east of Khamba Jong. À support occupying the Chumbi Valley will, then, to all intents and purposes, lie on the right flank of the Mission’s advance, a highly advantageous position whether for purposes of relief or co-operation.

Reverting to the Mission, the position occupied at Khamba Jong is evidently a strong and well-selected one, and possibly it will continue to be held when the Mission advances, if only as a link in the communication with Darijiling by a route distinct from that by way of the Chumbi Valley. Moreover, the place seems one which renders temporary occupation by a small garrison easy. Sarat Chandra Das was there in the early days of December, and certainly found the cold intense, but he says that the country in the neighbourhood is alive with game, and it is understood that the Mission during their enforced stay have enjoyed excellent health and have experienced no difficulty in obtaining ordinary supplies. From Khamba Jong to Gyangtse there are two routes, one of which first runs in à northerly direction to Shigatse and then drops to the south-east, the other trending generally to the north-east with an easterly curve. The latter appears the more difficult, but is more direct, and the support of the force in the Chumbi Valley would be more clearly indicated if it were followed.

Gyangtse Jong, to which the Mission is advancing, is the Gian-su of Bogle and the Giantchi of Sir Joseph Hooker, and is a very notable place. It is described as a large town standing on the east or right bank of the Nyangchhu in a broad, well-cultivated valley full of white lime-washed villages. There is a famous monastery here, the Palkhor Chhoide and a many-turreted castle, the town being usvally garrisoned by about 400 Tibetan and 50 Chinese soldiers. The valley of the Nyang-chhu is reputed to be one of the richest in Tibet, and throughout its whole extent-namely, from Shigatse to about 15 miles beyond Gyangtse, a distance ot about 60 miles, it is closely cultivated. If, then, it became necessary for the Mission to make any protracted stay at Gyangtse, or the supporting force were compelled to join it at that point, there would be no lack of supplies in this “land of delicacies (nyang)”. The possibility, too, that à powerful and equipped British force may within a few weeks be comfortably quartered in this fertile region, within 150 miles of the holy capital, may not be without effect in reducing the fatuous obstinacy hitherto exhibited by the Tibetan authorities.

Turning to the Chumbi Valley, it may be mentioned that this is divided into two districts, named Tomo-me and Tomo-toi, the former, or Lower Tomo, being apparently the better cultivated, while in both there is ample pasturage, The Chumbi Valley route into Tibet is very impopular, by reason of the numbers of Bhutanese robbers which infest it and the constant demands for Customs

blackmail. These, however, are not likely to give much trouble to a British force of occupation, which will, further, treat very lightly any opposition which may be offered to its entrance to the valley at Ya-tong or elsewhere. Ya-tong, it may be mentioned, is the international trading station established in a branch of the Chumbi Valley under the existing treaty. It lies at an elevation of 9,980 ft., and is 83 miles, or five days’ easy journeying, from Darjiling by way of Kalimpong over the Jalep Pass. Close to Ya-tong is the barrier-wall, beyond which British subjects have hitherto been forbidden to pass into the main valley and so to the north. Here there are usually in residence three Chinese officials, a Tibetan ding-pon or sergeant, and a score of Tibetan soldiers.

The most important place in the Chumbi Valley is Phari Jong, which stands on a plateau at an altitude of about 14,000 ft. and has a large fort garrisoned by a handful of Tibetan and Chinese soldiers. Two years ago the actual number of the latter in the Chumbi Valley was computed not to exceed 100, and as the entire “regular army” of Tibet consists of only a few thousands, of which probably not more than 3,000 are ever on the active list at the same time, the occupation of the Chumbi Valley will probably he accomplished quite smoothly, in a military sense, so far as organized opposition is concerned. It will presumably be necessary to pay special attention to the holding of Phari, as about 12 miles further on the road to Gyangtse runs through the Tang La (15,700 ft.), the stages being Phari to Tüna, 24 miles, Kala-shar 25 miles, Samando 16 miles, Khangmar 18 miles and Gyangtse 24 miles.

FRANCE

À la séance de la Société de Géographie de Nov. on a donné lecture d’une communication de M. FRANGÇoIs, consul général de France au Yunnan, dont le Bull. de la Soc., 1899, pp. 439—449, a publié l'exploration de Canton à Long-tcheou sur le Si-kiang, et qui a accompli, comme on le sait, un nouveau voyage au Kouang-si, en 1899. Son travail était presque terminé, quand, l’année suivante, tous ses papiers furent détruits. Grâce à l’obligeance d’un mandarin, qui a fait pour lui de patientes recherches, il a pu retrouver morceau par morceau Îles feuilles de sa carte au 1/20,000°, que le service géographique de l’armée à Hanoï, vient de réduire au 1/80,000°. Le cours de la rivière de Lieou-Tcheou-Fou a été ainsi reconstitué. C'est cette carte qui va de Tsioun-Tcheou-Fou à Kin- Yuan-Fou, que M. François nous a fait parvenir par la valise en l’accompagnant d’une notice faite surtout de souvenirs. Ce travail porte sur le tiers du voyage de notre collègue et constitue à lui seul un document précieux, que d'autres envois complèteront par la suite. Nous nous contentons pour le moment de signaler ces deux feuilles, d’une exécution très soignée.

M. François ajoute qu’il a fait reconnaître tout le cours du Yang-Tseu dans

sa traversée yunnanaise et qu’il a fourni au lieutenant Grillières, du 4° Zouaves:

les moyens d'accomplir cette exploration. Cet officier a rapporté un levé complet, effectué malgré des difficultés de terrain inouïes. “M. Grillières m’a écrit de Li-Kiang, en route pour la frontière thibétaine, d’où il orientera son voyage. À cette heure tout le cours du Yang Tseu depuis le Sseu-Tchouen jusqu'au-delà de Tsi-Kiang est levé réellement. J'ai la carte et M. Grillières vous remettra lui-même un exemplaire à son retour. Dès que j'aurai le loisir de continuer ma relation, je vous enverrai le morceau de mon voyage qui va de Lieou-Tcheou- Fou à King-Yuan-Fou, puis au Koueï-Tcheou, puis au Yunnan”. (La Géographie, 15 Nov. 1903.)

Dans la séance de la Société de Géographie du 4 décembre, le docteur Noël BERNARD a fait le récit de son séjour de trois ans au Laos. Bien qu'il ait souvent parcouru le Laos français, le conférencier, afin d’être plus précis, se borne à décrire une partie seulement de cette région, le curieux plateau de Bolowen. Large de 100 kilomètres, ce contrefort qui fait partie des petits chainons de la chaine annamitique aboutissant au Mékong, est limité à l'Est et au Sud-Est par le Sékong, au Nord et à l'Ouest par la plaine de la Sédène, et au Sud par des vallées dont les eaux se rendent au Mékong. C’est une série de terrasses aux bords escarpés, séparées par des vallées profondes s’étageant de 250 à 1,200 mètres. En se dirigeant du Mékong vers la terrasse supérieure on traverse d’abord une plaine, coupée de bosquets, remises impénétrables pour le gibier de poils et plumes. Verdoyante et fleurie de mai à novembre, cette plaine se dessèche à partir de janvier, et les Laotiens qui l’habitent vivent près des rivières. Bâtis sur pilotis, les villages abritent une population souriante, tranquille et indolente.

Sur les premières terrasses, la forêt véritable apparaît avec ses pins, ses chênes, ses châtaigniers et ses charmes. De vastes clairières d’un vert pâle rompent la sombre monotonie des grands arbres jusqu’à 900 mètres. De 1,000 à 1,200 mètres la végétation devient pauvre: arbres rabougris, herbes grèles au milieu d’un menu gravier. C'est la plaine royale ou plaine d'en haut, centre du plateau. Dans cette région, trois saisons: l’une sèche, chaude et accablante, l’autre pluvieuse (juin à octobre), chaude et humide, la troisième vraiment tempérée et agréable, d'octobre à mars; alors le plateau de Bolowen offre un aspect enchanteur. Mais cette courte saison ne permet pas de préférer cette région à celle de Tranninh pour en faire un sanatorium. Les terrasses successives sont habitées par 20,000 Khas dont le groupe le plus important est celui des Bolowens, sauvages et belliqueux, sans cesse en luttes intestines les uns contre les autres. Cette région curieuse par son relief, sa végétation et ses habitants ne paraît pas appelée à un grand avenir. Si le Laos, riche en minerais précieux, est exploité, peut-être alors le plateau de Bolowen deviendra-t-il un

lieu de repos pendant la bonne saison pour les travailleurs européens.

Dans une des séances de l’Académie de Médecine de novembre:

Le docteur Kermorgant rend compte à l’Académie d’une épidémie de surra — maladie déterminée par un parasite du sang — qui a régné sur les équidés à Hatien, petit port de la Cochinchine, situé dans le golfe de Siam et qui n’est séparé du Canibodge que par le canal d'Hatien qui est la limite des deux Etats. D’après les Annamites, qui l’attribuent au mauvais vent, cette maladie règnerait à Hatien tous les cinq ou six ans et aurait aussi sévi à Kampot, localité cambodgienne peu éloignée. Le surra est une maladie à trypanosomes qui est véhiculée de même que le nagana et le mal de Caderas, par une mouche piquante ; or, l’épizootie d'Hatien a coïncidé avec l’apparition d’une espèce de taons remarquables par leur taille et leur voracité qui était telle, au dire des indigènes, qu'ils saignaient littéralement les animaux. La maladie est restée localisée à Hatien et n’a sévi que sur les chevaux; les animaux un peu éloignés de la baïe sont restés indemnes. Le surra qui règne dans l’Inde d’où il a été transporté aux Philippines et, l’année dernière, à Maurice, par des animaux malades, avait été signalé dans le Haut-Tonkin, au Laos et en Annam. Il n’y a donc rien d'étonnant à ce qu’il ait envahi le Cambodge et la Cochinchine.

GRANDE BRETAGNE

Nous sommes heureux d’apprendre qu’à l’occasion de l'anniversaire de la naissance du roi d'Angleterre, M. le Prof. R. K. DouGLas, du british Museum, a été fait chevalier (knight). Tous nos compliments à Sir Robert Kennaway

Douglas.

d : Page

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