FRANCE
M. Hoo Cui-rsai, fils du Ministre de Chine à Paris, a brillamment soutenu, le mercredi 26 juin 1918, à la Faculté de Droit de Paris, une thèse de doctorat sur Les Bases conventionnelles des Relations modernes entre la Chine et la Fussie.
M. Henri CORDIER a été nommé Commissaire du Journal des Savants par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1° mars 1918), Vice-Président de la Société Asiatique (8 mars 1918), Président de la Section de Géographie d Comité des Travaux historiques et scientifiques par le Ministère de l'Instructio publique en remplacement de Via DE La BLAOHE (22 avril 1918), et dent de la Société des Traditions populaires (25 juin 1918).
L'Académie des Sciences a décerné le 10 juin 1918, sur le rap du Prince Roland BonNaPaRTE, le Prix Tchihatcheff au D' Filippo de Fi qui a dirigé en 19143 et 1914 une mission géographique italienne dans région du Kara Korum et dans les territoires de l'Asie Centrale; le 8 juill 4918, sur le rapport de M. P. Puiseux, le Prix Janssen au P. Stanislas CHEVA pour ses observations à l'Observatoire de Zo-sè, près Chang Haï.
LIANG KT-TCHAU
PAR
PASCAL M. D’ELIA, ÿ. J.
- Peu d'hommes jouissent, dans la Chine contemporaine, d'autant
de renom et d'influence que le réformiste bien conuu, LranG K'r-1cH°40.
Jeune, plein d’entrain, ardent, ayant au coeur plus qu'une étin-
, celle patriotique, doué d’une remarquable intelligence, lettré très
versé dans la littérature de son pays, presque autant que dans celle des pays étrangers, il était déjà connu, en haut lieu, pour ses idées de réforme, en 1899, lors du fameux coup d'état, projeté par K'anG Yeou-wer et démasqué par le «Vieux Bouddha». Depuis lors, il n’a pas cessé d'être mêlé aux affaires qui se sont si rapidement précipitées en Chine, dans ces dernières années. Surtout il
n’a pas cessé, par ses articles, par ses journaux et par ses livres ?),
1) Il existe, à notre connaissance, au moins quatre collections des œuvres de Liang K'i-tch'ao, | La première, dont la 10° édition date de la fin de l’année 1909, a pour titre
EN DK É 4 L'é 4 « Oeuvres littéraires de la Bibliothèque du Buveur de glace »,
EN DK « Le Buveur de glace» étant le nom de plume de Liang K‘i-tch'ao. Cette collection, publiée par la Koang-tche chou-kiu FE 7 SE x] (Librairie de la vaste sa-
gesse) de Chang-hai, se compose de deux beaux volumes à petits caractères serrés: elle présente l’avantage très appréciable, de pouvoir être facilement consultée, grâce aux groupements des articles d’après l’ordre des matières. Nous la désignerons, dans nos références, par les initiales K. T. (Koang Tche).
La seconde collection, composée en 1902, a été publiée par la «Chung Hwa Book
Company », sous le titre de: EN ÿk R Æ# 4 «Oeavres complètes de la Bibliothèque
du Buveur de glace». Pour en faciliter la lecture, cette mème imprimerie s'occupe actuelle-
de faire pénétrer des idées complètement nouvelles dans l'esprit de ses concitoyens, qui, n'avaient fait jusqu’à ces derniers temps, que
dormir tranquillement sur la poussière de leurs vieux livres classiques.
ment de résumer ces ouvrages et de les publier sous le titre de EN ÿk É< Æ# 4£
AE À « Résumé des oeuvres complètes de la Bibliothèque du Buveur de glace ».
La troisième collection, composée en 1914, a pour titre Ze {€ À L'é 4£
« Oeuvres de Liang Jen-kong ».
La quatrième collection, publiée par la Presse Commerciale, sous le titre de LUN DK ÉA É 2e « Collection de la Bibliothèque du Buveur de glace », comprend les volumes
suivants :
J À # Æ Hf Théories sur le nouveau peuple, pp. 1V—254. B #r Æ 9) Fi &k Appendices aux Théories sur le nouveau peuple, pp. 1—98. Il fi É] fa Miroir de l’éducation morale, pp. vi—170.
IT Æ = 1x Précis des théories de Mei-tse (Philosophe chinois du V° au IV° siècle av. J.-C.), pp. 1V—164.
IV 5h 14 À ES Sens actuel des monographies historiques, en 2 vol. (Het T). pp. XIV—244, vi—372.
y #4 ES PH Considérations pénétrantes sur notre science nationale.pp.x1—320.
VI fi LS HF fé #1 ES Résumé des théories de certains lettrés célèbres, en
2 vol. (Eet K). pp. xxx—306, 307—620.
VII rh L'é nie Fe NE) Doctrine des guerriers chinois, pp. xtx—100. VIII 14 LA FL Hi — a Extraits des théories des Philosophes occidentaux,
pp. 11—227.
IX XF 5h y} TK Essais d'histoire étrangère, en 3 vol. (E, W, K). pp. 1v—202, xvir1—128, vi—186.
X ns fi] HY F5 Articles de circonstances (à propos) des nouvelles politiques, en 2 vol. pp. 1V—1—292, 293—560
x1 À PR DK À] FH 2 «Quodliteta» de la Bibliothèque du Buveur de glace,
pp. vI—144.
B FR vk Es El Hi E ff £k Appendices aux « Quodlibeta » de la Biblio-
thèque du Buveur de glace, pp. 1—184.
XII #r K [PE VIS AU Récit de voyage dans le nouveau grand continent (Amérique).
pp. Xxx11-—296,
XIII P Hi ES fifi Romans: mélanges. pp. 1—180.
L'édition de la Presse Commerciale se recommande par la netteté des caractères et par
la commodité d'être facilement maniable, puisqu'elle se compose de petits volumes in-8°.
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Ecrivain né, se jouant de son pinceau avec une adresse surprenante et fascinant le lecteur par son style enchanteur, il a peut-être été pour beaucoup dans les changements qui ont amené la chute de la dynastie maudchoue. On s’est même demandé s'il n’a pas été, pour la Révolution de 1911 en Chine, ce que Rousseau a été pour celle de 1789 en France ?).
Pour nos références dans les pages suivantes, nous la désignerons par les initiales C. P. (Commercial Press). Pour ne pas répéter chaque fois le titre de l’ouvrage en question, nous donnerons seulement le chiffre romain de la collection: Ze Zecteur est prié de se rapporter à la liste précédente. Lorsque dans le même volume la pagination change, ce qui, hélas! arrive assez souvent, nous avons eu soin d’ajouter les petites lettres de l'alphabet, pour indiquer l’ordre de ces paginations à l’intérieur d’un même volame.
1) « Napoleon said that without the literature of Rousseau there might not have been the revolution of France. Can we not apply the words to Liang Chih-chao, and say that without him there might not have been the Chinese revolution of 1911?» The S£. John's Echo, Shanghai, vol. XXVIII, No. 2, March 1917, p. 10.
Remarquons dès maintenant que l’auteur de cet article du Sé£. John's Echo qui, apparemment, s’est servi de l’autobiographie de Liang K’i-tch’ao, dont nous parlerons bientôt, lui a fait dire des choses qu’il n’a certainement pas dites. Que le lecteur en juge. Nous
rapportons plus bas les paroles mêmes de Liang au sujet de l’année de sa naissance (p. 238,
note 2). Il dit que ce fut l’année 7e D] de l'Empereur FF] a Or cette année n’est pas 1872 mais 1873 (voir P. Hoang: Concordance des chronologies néoméniques chinoise et européenne, p. 341). Cependant l’auteur de l’article en question dit à la page 7. « He was born in 1872». Plus bas il ajoute: « At night he slept with his father», tandis qu'il
aurait fallu dire qu’il dormait dans le lit de son grand-père 1X Hi] Hé + Sa À (C. P. XI B, p. 161). Ce n’est pas non plus son père, mais son grand-père Æ sa
qui lui parlait des héros des Song et des Ming Jul. 2 #7 R Ur G)i fE Ps Æ (ibid., p. 161—162) et non pas de ceux des Ynen et des Ming. Il n’est pas vrai que dans son enfance Liang n’avait que le nl 4 # PA LK. puisque lui-même nous dit qu’il
avait, outre ce livre, les Mémoires historiques de Se-ma Ts‘ien ÎE # 5 EU EE, o
*N $E # TH £k — (ibid, p. 162). Ce ne fut pas «a friend of his father», mais son père lui-même qui lui fit cadeau du PEU 2 et du h 126 + L'é JE
KA 3 (ibid.). À 15 ans, Liang, d'après l’auteur de l’article, poursuit ses études «in the capital ». Laquelle? Pékin assurément. Et pourtant non. Il s’agit de la capitale de la Province É.
Que l’art de savoir traduire bien exactement est donc difficile! La faute en est au chinois, dira-t-on peut-être, lorsque, dans la plupart des cas, la faute en est au traducteur, qui est allé trop vite et qui, non seulement dans les cas embarrassants — tout le monde en
rencontre, et on est excusable alors — mais même dans les passages qui ne présentent au-
cune difliculté sérieuse, a fait dire au texte ce qu’il ne voulait certainement pas dire!
Quoiqu'il en soit, il semble que ce ne soit pas sans intérêt que … d'essayer de retracer ici les grandes lignes de la vie de Liang K'i-tch'ao, et de nous faire une idée, ses oeuvres en main, de ce que pense ce grand lettré contemporain de certains grands problèmes — Dieu, l'âme, la Religion, l'éducation, ete. — qui ont, de tout temps, iutrigué les penseurs de l'Occident aussi bien que ceux de
l'Orient.