S. AUGUSTIN, P.L. 32, 1143, N
quement les durées. Nous avons vu alors que l'unité de mesure avait été prise, — lorsque l'on va de la hauteur acoustique D à la hauteur acoustique d, — la durée correspondante à un tânine. En conséquence l'octave se présentait comme une échelle de 6 temps, dont les valeurs naissaient des espaces acoustiques parcourus en allant d'un temps à un autre.
Il s'agit en métrique de proportions; ces temps sont donc à considérer comme des durées à prendre en bloc: et comme elles n'existent qu'à la fin du mouvement qui les produit, elles doivent être attribuées, — comme temps métrique, — à la hauteur qu'elles atteignent à l’aigu; et toutefois, comme le temps métrique commence, par ex. quand il s'agit du 1% temps, l'instant qui suit D, il faut concevoir le temps métrique comme noté en son commencement
d'un accent imaginaire.
Hauteurs acoustiques, D E F* Gé D c d intervalles, !) 1+a, 1+a,1+a, 1+1,a+l, l+a
Temps métriques, E F# Gi p c d Valeurs métriques, 1 + a, 1+a, 1+a, 1+1,a+1, 1+a.
L'échelle ne pouvait être admise en cet état en Système Musical, on y accorde en effet à la hauteur Gi qui ne correspond qu'à des notes de 24e espèce, une importance de temps métrique que n'ont pas des hauteurs à notes Diatoniques: F, G, a, 5.
On étendit donc aux 12 demi-tons de l'octave l'épithète de
temps métrique (‘“s#ue"); mais comme le commencement du
Srpüres 2910" portait un accent métrique, le 1% “oyueoy” fut dit temps fort, le od temps faible; et on leur attribua comme valeur métrique une longue pour les temps forts, un groupe de 2 brèves
pour les temps faibles. Ainsi fut créée une échelle de 6 dactyles.
1) a, 1, ce, i, logarithmes des intervalles d'apotome, de limma, de comma, d’irkha.
Cfr. Art, 17, p. 363, Note 4
Pour en faire un mètre, je veux dire pour lui donner une unité vivante, il fallait la rattacher comme telle, au Système Musical. En fait, l'échelle aboutissait à la hauteur initiale d; on le souligna en la sectionnant d'après la loi 2°, qui fait descendre d’une quinte pour remonter d'une quarte, et on eut l’Hexamètre à césure penthémimère !), avec ses 2 parties égales et le 6° pied comme écho,
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Sie mea | per petu | is lique | fi unt | pec tora | cu ris. (Ovide)
Les pieds de l’hexamètre sont par nature des dactyles: cependant quand on les oppose les uns aux autres, le 5° pied réclame le dactyle à un titre particulier, car son temps faible, comme terminaison de la quarte à l'aigu, doit être un tchai métrique. Et semblablement le 1% pied doit porter dans sa constitution l'opposition de l’arsis et de la thésis, afin que dès le début du vers soit indiquée la nature de l'hexamètre ?). — Par contre le 4° pied s’accommodera
bien du spondée, pour la valeur égale de son arsis et de sa thesis ÿ).
Hexamètre de 22 forme.
Cependant on s'avisa que G ne correspond qu’à des notes Chromatiques, alors que les autres temps faibles correspondent à des notes Enharmoniques: pour avoir une collection musicalement homogène, on troqua G* contre a’, ce qui amenait au 3° pied un spondée,
Incipe, parve puer, risu cognoscere matrem. (Virgile)
— Il eut été mieux de donner au 4° pied devenu un pied a 1,
un dactyle.
1) dite à bon droit par les latins la grande césure: “Rarissime omnino si non hoc ita est” (S. Augustin, P.L. 32, 1148, N. 3).
2) Ovide y est fidèle,
3) “On préfère le spondée au 4° pied sans exclure le dactyle”, P. J. BaïNver, Métrique latine. Paris, Poussielgue, 1893, p. 12.
Hexamètre de 3° forme.
Le débit de longues périodes amena, à cause des bornes du souffle humain, une transformation plus grave. Quand on arrive à la fin d'un vers, l'appréhension de l'effort qu'il faudra donner pour suffire au vers suivant rend impérieux le besoin de respirer. Les poètes le reconnurent et écrivirent en conséquence parfois, leur dernier pied comme trochée. 1)
C'était métriquement parlant une véritable innovation. On scindait en effet le signe unique des 2 brèves.
Mais on avait admis dans le Système conçu pour les sons de voix de poitrine les sons de voix de tête; on se crut autorisé à créer un temps métrique nouveau, la brève ?), avec le silence à compter dans la mesure, contrairement au repos, qui après la coupe la suspendait seulement. — Cette scission des 2 brèves répondait d'ailleurs à une correction que l’on souhaitait parfois à la césure. Dans sa forme première l’hexamètre n'était pas sans une certaine rudesse: l'élan dont le mouvement s'amorçait au 1° pied où l’on partait d'un p'ing pour aller à un tchai®), se trouvait par le fait de la césure, brusquement suivi d'une chute, avec le 2° mouvement qui partait d'un tchai pour aller à un p'ing. En terminant le 1°
mouvement avec une césure trochaïque, on avait un vers plus doux, {)
Daphnin ad astra feremus: amavit nos quoque Daphnis. (Virg.)
a 1) “Trochaeus...,.ab eo dictus est, quod conversionem faciat cantilenae, et quasi rota currat in metris, rpogée enim Gracce rota dicitur”, (S. Isidore, P.L. 82. 90. 8). 2) Troisième temps métrique qui a fait dire “Dactyli Hexametri regulas.... in pleno versu, 24 tempora”, (S, Aldhelmus, P.L. 89. 178. D; 174, A). 8) Gemis Plithon définit l'arsis, un son aigu après un son grave; et la thesis, un son rave après un son aigu”. (D'Ortigue, Dict. de Plain Chant). — “Aristoxène, au lieu du mot Gézig emploie ..... 6 xäTw ypévog, et il appelle quelquefois l’£pziç par une locution
analogue, & &yx ypévoc"”. (P. 31. Note 2).
4) fréquent chez Homère, G. p. 51.
Dernier Hexamètre,
Enfin on eut une dernière forme d’Hexamètre par la division de l’octave en une quinte au grave et une quarte à l'aigu: césure
hephthémimère, Formosam resonare doces Amaryllida silvas. (Virg.)
On pourrait croire à une interprétation erronée de la 2° loi; ou bien c’est une liberté qu'on se sera accordée pour un développement en vue, dès la 2° forme de l’'Hexamètre, et qui devait donner
d'abord le Pentamètre.