‹ Tung pao. Toung paoChapitre 120 sur 261 · TS I ES SE · texte numérisé non relu

TS I ES SE

1160, 1164 et 1165, il acquitte à nouveau le tribut!)

L'ambassadeur qu’il chargea, en 1166, d'aller porter ses cadeaux à Thiên Tô comprit ses devoirs d’une si singulière façon qu'il se fit accompagner de troupes prises à Ô Li et pilla les populations annamites du bord de la mer*). La Cour souffrit mal cette insulte, et, comme l'année suivante) un nouveau roi, Jaya Indravarman IV, prenait possession du trône du Champa, elle crut le moment opportun pour y porter les armes. Ordre est donné à Tô Hiên Thanh‘) d'y conduire une expédition. Il part, arrivé en territoire Cham, écrit une lettre de réprimande au roi «lui rappelant ses fautes et les «dégâts commis». Celui-ci effrayé envoie un de ses Grands «porteur «de pierres précieuses et de produits du pays demander la paix» Thiên Tô reçut les présents et donna l’ordre à Hiên Thanh de «faire entres les troupes» *).

Ce Jaya Indravarman IV était un usurpateur, et l'avoue, sans

chercher à se rattacher, par une quadrupie incarnation, aux rois

1) «En seizième année Dai Dinh à la deuxième lune 1155». 74 IV 124. «En vingt «et unième année Dai Dinh» 1160. VsZ II 85. «En deuxième année Chänh long bao

aû’ng LY FÆ 1 FE, au peneupes à la troisième lune» 1164. 7% IV 144. Cm V

12a. «En troisième année Chinh long bao dog» 1165. Vsz III 94.

2) «Eu quatrième année, au printemps, à la troisième lune, l'ambassadeur du Champa, «chargé d'apporter le tribut, arrivé à O Li, prend les troupes Phong H et Thuy 7K «(les anciennes annales disent Ma TE et Tang 8, traverse la mer et pille les popu- «lations du bord de la mer». 74 IV 146. Cm V 136.

3) En 1167. Jaya Harivarman I. Inventaire.

A. — I. MiSon, Mont G,;. 100. Stèle. S#/ C4 1079 ç= 1157 AD. Jaya Harivarman [. Fixor IV 955xx.

IL. MiSo’n, Mont G;. 101. Stèle cé sans date. Finor IV 963xxr.

III. MiSo’n, Mon‘ B,. 84. Pilier ext. Sud. 544 cA. sans date. Fixor IV 966xxu.

IV. Batau Tablah (Da Né) Ninh Thuân, 17. Inscription sur roc cz 1032 e — 1170 AD. BEerGaIGNE 83. AvMmonier 39. Finor LIL 634vrr.

V. — Po Nagar de Nhatrang. Tour Nord. Khanh-Hoù 30. Piédroit Sud A—2. Skt ch 1092ç = 1170 AD. C IL. 282xxxit. BERGAIGNE 86. AYMONIER 41.

4) T Hiën Thanh Æ$ < SI

5) «En cinquième année Chânh long bao Wong» départ des troupes en hiver, à la septième lune; arrivée de l’ambassade à la dixième lune. 24 IV 148. Cm V 13ab.

antérieurs. «Ce souverain, dit-il, a règné le premier pour le bonheur «du monde» ‘). Il se nommait Jaya Indravarman où Vatuv*?) et se dit lui-même originaire <du lieu illustre connu sous le nom de «Gramapuravijaya» À).

«Plein de force, de vaillance et de fierté, habile dans toutes les «armes; victorieux des troupes ennemies dans les batailles», c'était en outre, si nous l'en croyons, une manière de savant: «Il est versé «dans tous les traités (castras), savoir, la grammaire, l'astrologie «etc.; connaissant toutes les doctrines philosophiques, savoir, la «doctrine du Mahäyana etc.;..... habile dans tous les sanatap «(dharmaçastras), suivant notamment le Näradiya et le Bhärg- «gaviya..»*) Aussi bien, tenait-il à la Cour un rang important. Ses donations à (riçanabhadreçvara en font foi: en 1148, avant même que Jaya Harivarmau I se fût emparé de Vijaya, il offrait

au dieu <de grands éléphants, des serviteurs et des servantes».); le roi couronné, son importance semble grandir: en 1150) il fait de généreuses offrandes d’argent et dépense «82 thei d'or au revê- «tement des pinacles des temples»”). Enfin, en 1163 il offre un koça d'or à cinq visages à la fabrication duquel furent employées

quantités d'or, d'argent, de pierres précieuses et perles longuement

1) MiSo’n. Mont D,. 92. Stèle A ck 1097c = 1178 AD. Jaya Indravarman IV. Frxor 1V 970xxrv.

2) Je fais, on le voit, un seul personnage du «Jaya Indravarman de Grämapura» qui monte sur le trône vers 1167 et du Jaya Indravarman où Vatuv qui l'occupait lors de la conquête du Champa par les Khmers en 1190, et le désigne sous le nom de Jaya

Indravarman 2V. Je me crois d'autant plus fondé à proposer cette identification, déjà rendue très probable par la similitude de nom et le rapprochement des dates qu’au dire du Song Che CCCCLXXXIX 27a, ce semble être le roi Tcheou Ya Na FD HI UN monté sur le trône vers 1167, qui l’oceupe encore au moment où les Khmers s'emparent du Champa.

3) MiSo’n Mont B,. 85. Piédroit intérieur Sud. S%/ 1085 ç = 1163 AD Finor IV 969xxur & Mi-So’n 92 À.

4) Mi-So’n 92 A. 5) 1070ç, Mi-So’n 92.

6) 1072 c. Ibid.

7) Ibid.

TT ee ee à

énumérées. Il se donnait alors le nom de <Pu cei anak Cri Jaya «Indravarman de Gramapura» !).

Aussi, lorsque Jaya Harivarman I par sa mort ou tout autre

Jaya Hari-

évènement encore ignoré, laissa le trône à son fils Jaya Harivarman II, EE AT

Jaya Indravarman eut-il assez d'influence pour le faire déposer ou

assez de partisans pour le détrôner et prendre la couronne. Cette Jaya Indravarman IV

usurpation eut lieu vers la fin de 1166 ou le début de 1167, puisque 1167-1192. l'ambassadeur que le nouveau roi dépêcha à l'Empereur Hiao Tsong ?) pour lui demander l'investiture se présenta à la Cour le 3 Octobre 1167*). Nous savons, d'autre part, que Jaya Harivarman I était encore sur le trône en fin 1162*): le règne de son fils Jaya Harivarman dura done au maximum quatre ans, mais fut peut-être éphémère et de quelques mois seulement *).

Un des premiers actes de Jaya Indravarman IV avait été, nous l'avons vu, d'envoyer demander l'investiture à la Cour de Chine. Il avait chargé l'ambassadeur de présents provenant en grande partie

de cargaisons de marchands arabes) que ses sujets avaient mis au

1) En 1173 (1095 ç) 1174 (1096 ç) 1175 (1097 c) et 1176 (1098 c), étant roi, il fit de nouvelles donations à Criçänabhadreçvara. Mi-So’n 92.

2) Hiao Tsong A — règnait depuis 1163.

3) «En troisième année K’ieu tao A =) (cyclique In Z) dixième lune, jour « L À supplémentaire» Song Che XXXIV 339. CCCCLXXXIX 27e.

4) En trente deuxième année Chao Hing, à la dixième lune, au jour EP, 1. l’Empereur lui confère une dignité. Song Che XXXIII 304.

5) Ce Jaya Harivarman II est, à la vérité, des plus fantomatiques. Il nous est connu par les seules inscriptions Mi-So’n 83. C & Mi-So’n 84. La première dit: ,Il est un prince »Suzerain des rois, Jaya Indravarman, prince Harideva, de Sakañ-Vijaya, petit-fils de S. M. "(Jaya) Harivarman (1) suprême suzerain des rois, fils de S. M. Jaya Harivarman (II),

"grand roi suzerain...” et la seconde: ,1l y eut un roi, éminent petit-fils de Cri Harivarmadeva (Jaya Harivarman 1): ce fut Çri Jaya Indravarman, fils de Cri Harivarmadeva »(Jaya Harivarman II)...” Le seul indice de son règne est la qualification de ,grand roi suzerain” que lui attribue son fils; et la place que je lui attribue entre le règne de son

père et celui de l’usurpateur Jaya Indravarman IV n’est pas plus certaine que le règne lui-même. 6) Ta Che À ÉÈ , les Arabes. Song Che COCCLXXXIX 24. Wen Hien Tong K'ao XXIV on nn 536. Méridionaux 554.

pillage. Ce tribut parut si considérable à l'Empereur qu'il ordonna d'abord de n’en accepter qu'un dixième, mais quand il en apprit l'origine, par la plainte des marchands eux-mêmes), il refusa le tout et ordonna d'écrire à Jaya Indravarman IV une lettre lui expliquant le motif de ce refus’). De plus le Conseil des Ministres fut d'avis qu’il convenait d'attendre, pour investir ce roi des titres honorifiques traditionnels, que l’émotion causée par cet incident fut apaisé et de remettre l'octroi de ces titres à une prochaine ambassade À).

Ce refus n’émut que médiocrement Jaya Indravarman IV, qui, d’ailleurs, avait autre projet en tête: il voulait conquérir le Cambodge. Il s'assure la neutralité du PDai-Viét par une ambassade d'hommage et l'envoi de présents (1170)‘) puis, tranquille sur la frontière Nord, il attaque le royaume Khmer où règnait Dharanindravarman IL°).

Mais de part et d'autre on avait même nombre d’éléphants et forces égales: la lutte durait depuis longtemps «sans vainqueur ni

vaincu») lorsqu'un officier chinois ayant fait naufrage sur les côtes

1) Elle était transmise par l'intermédiaire des autorités du Fo-Kiên. Wen Hier T'ong K'ao XXIV 534, Méridionaux 554—555.

2) Hong Mai, un des membres du bureau chargé d’expédier la dépêche, proposa d'employer à cet effet du papier de soie à fleurs d’or; mais Li Tao, du ministère des rites, représenta que, suivant un précédent établi dans la vingt cinquième année Chao-Hing (1155, année où Jaya Harivarman I demanda et reçut l'investiture. Cf. supra p. 302), le papier blanc ordinaire suflisait pour la correspondance avec le Champa et qu’en d'aussi

fâcheuses circonstances ce n’était pas l’occasion de faire plus qu’on avait fait jusqu'alors.

Wen Hien T'ong K'ao XXIV nn D b4a. Méridionaux 555.

3) Song Che COCCLX XXIX 27a. XXXIV 330. Weu Hien T'ong K’ao XXIV nn D 536. 54a. Méridionaux 554—555.

4) »En huitième année Chinh long bao ung” Ws2 III 104. Il renouvela sa demarche en 1184: onzième année Trinb Phù = +. Tt IV 20a. Ce qui n’empéchait pas d’ailleurs les Chams des provinces du Nord d’aller piller de temps en temps le Nghè-An. Vs III 126. Té IV 184. Cm V 19.

5) Dharanindravarman 11. Cf. Masrero, Empire Khmer 45 & BEFEO. III. 462.

6) »En septième année K’ien T’ao” Song Che CCOCLXXXIX 274. Ling Wai Tai Ta

du Champa enseigne au roi la manœuvre de cavalerie et l’art de lancer les traits tout en étant à cheval (1171). Jaya Indravarman IV, enthousiasmé de cette nouvelle tactique, chargea le Chinois de lui aller chercher des chevaux en son pays. Grâce à eux il put prendre quelque avantage sur l'ennemi et voulut s’en procurer d’autres. L'année suivante!) il envoya un grand nombre de ses gens au Kiong Teheou*). dans l’île de Hai-Nan, avec mission d’en acheter le plus possible. Ils furent mal reçus et s'en vengèrent en mettant tout au pillage et enlevèrent tous les habitants qu'ils rencontrèrent. Effrayés, les gens de Hai-Nan leur laissèrent faire les achats qu’ils voulaient. L'empereur le sut et bien que Jaya Indravarman lui eût présenté le tribut l’année précédente“), il renouvela en 1175 l'interdiction d'exporter des chevaux hors du territoire de son empire’). Jaya Indravarman, désireux de s’en procurer à tout prix, laissa retourner au Kiong Teheou les gens que ses hommes y avaient capturés en 1172 et envoya un ambassadeur demander l'autorisation d'acheter des chevaux à Hai-Nan; l'Empereur lui répondit qu'il était défendu de laisser sortir ces animaux de l'Empire et que «l'île de Hai Nan «ne saurait avoir de règlement particulier» ) 1176.

Aussi bien Jaya Indravarman renonce à envahir le Cambodge

par terre et prépare une escadre qui lui permette d'accéder direc-

IL 11. Wexz Hien T'ong K’ao XXIV on D 54a. Méridionaux 555—556. Ce Chinois

était un habitant de Ki Yang Kiun = Br E circonscription qui correspond à l'actuel Yai Tcheou ÉÉ ff] sur la côte Sud de l’île de Hai-Nan.

1) Huitième année K’ien T'ao Song Che CCCCLXXXIX 274. Ling Wai Tai Ta II 11. Wen Hien Tong K'ao XXIV jf M 54. Méridionauz 556.

2; Kiong Tcheou FÂ Pf ,; département de l’île de Hai-Nan.

3) «Première année Choen Hi ÿjj LE , dixième mois, jour JÉ > 1174. Sony Che XXXIV 3686.

4) «Seconde année Choen Hi» Song Che CCCCLXXXIX 274. Wen Hien L’ong K’av ibid. Méridionaux 556—51.

5) «Troisième année Choen Hi» Soxg Che ibid. Wen Hien T’ong K'ao ibid. Méridionaux 557.

tement à la capitale même de Dharanindravarman. L'expédition eut lieu en 1177’). Suivant la côte, la flotte «guidée par un naufragé «chinois» *) arrive aux bouches du Grand Fleuve, en franchit les passes, le remonte jusqu’à la capitale des Khmers qu'elle surprend et met au pillage, pnis se retire emportant un butin immense *). Jayavarman VII, fils & successeur de Dharanindravarman IT), fit le serment de prendre une revanche éclatante. Il la prépara longtemps; lorsqu'il se crut en état d'y satisfaire, il profite en 1190) d'une agression Chamef), mobilise ses armées et en donne la direction au prince Çri Vidyänandana. C'était un Cham, natif de Tum-

praukvijaya, venu à sa Cour en 1182, «au temps de sa prime jeu-

1) Le sac de la capitale de l’Empire Khmer eut lieu au dire de Wex Hien Tong

K'ao la «quatrième année Choen Hi, le quinzième jour de la cinquième lune». Wen Hien T'ong K'ao XXIV IH R& 496. Méridionaux 487.

2) Ling Wai Tai Ta I, 10.

3) Song Che ibid. Wen Hien T’ong K’ao XXIV an Lin 54a. Méridionaux 557 dit que le roi du Cambodge fut tué, renseignement inexact qu’il contredit lui-même dans sa notice sur le Cambodge (Wen Hien T’ong K'ao XXIV = HA 49b. Méridionaux 487) en relatant que ce roi ,jura de tirer vengeance éclatante, ce qu’il parvint à exécuter après “dix-huit années de patiente dissimulation”. Cf. Maspero Empire Khmer 45. Un seul texte cham fait allusion à cette expédition: l'inscription Po Nagar de Nhatrang, 30. Piédroit A 3 ch (BERGAIGNE 87. AYMONIER 44—45). ,Etant allé conquérir le Cambodge, il (Jaya »lndravarman IV) donna un vase d’argent....” çaka 1105 — 1183 AD.

4) Jayavarman VII succède à Dharanindravarman II en 1104ç = 1182 AD. Cf. BEFEO III 462.

5) »En çaka deux lune-lune-lune (1112, 1190 AD) le roi du Cambodge. ... envoya... mprendre Vijaya et s'emparer du roi Jaya Indravarman où Vatuv....” Mi-So’n, 92. B.

"En çakaräja 1112 — 1190 AD, il fut un souverain de la terre du Cambodge, nommé »Vrah päda Gri Jaya Varma deva qui conquit toute la terre. Il prit la capitale du »Champa, emportant tous les liñga....” Po Nagar de Nhatrang, 30. B*. AYMONIER 47. BERGAIGNE 89. La date de la conquête du Champa par Jayavarman VII n’est pas doutense. Les historiens Chinois par contre donnent une date inexacte : le Song Che CCCCLXXXIX 21a et le Wen Hien Tong K’ao FL HK XXIV 495. Méridionaux 488 disent que cette campagne eut lieu dans les années K’ing Yuan, 1195—1201, et le dernier texte XXIV

on nn 54a Méridionaux 557 la place en l’année cyclique Ki Wei E À de K’ing Yuan LA JÉ :

6) “En 11126 le roi Cri Jaya Indravarmadeva où Vatuv se souleva contre le roi du

»Cambodge”. Mi-So’n 92. B.

«nesse.» Jayavarman VII, voyant qu'il avait les «trente trois «marques au complet, l'avait pris en affection, lui avait fait en- «seigner, comme à un prince, toutes les sciences et toutes les armes», l'avait chargé de réprimer la rébellion des gens de Malyan!) et lui

avait donné, en récompense de sa réussite, le titre de Yuvaräja ?). Division du Donc, «à la tête des troupes du Cambodge», Vidyänandana prend Champa en deux Royau- «la capitale du Champa» *) s'empare de Jaya Indravarman IV*), mes 1192.

i l à : x Süryajayavarle fait conduire au Cambodge, met à sa place an beau-frère de an VD

Jayavarman VII, le prince In qui est proclamé «Roi Suryajaya- «varmadeva dans le Nagara de Vijaya»; puis, lui-même, sous ce

même nom de Cri Suryavarmadeva, s’en va comme roi à Räjapura, apr,

dans le pays de Pandurañga*). Le Champa se trouvait ainsi divisé à nouveau en deux royaumes, le ÆRoyaume de Vijaya, au Nord, ayant pour roi un prince cambodgien et le Royaume de Panrañ, au Sud, gouverné par un souverain d'origine chame, mais inféodé

au Cambodge.

Suryavarman, à Panrañ, eut à lutter contre de «nombreux pi- «rates qui s’insurgèrent contre lui; il les combattit, les repoussa cet les vainquit tous)». Suryajayavarman, à Vijaya”) fut moins

heureux. Il fut «chassé» par un «prince Rasupati», un Cham sans

1) Mi-So’n 92. B. Je ne sais où était située la «ville de Malyañ». C'était peut-être le chef-lieu de ce Gouvernement dont Tcheou Ta Kouan rend le nom par les caractères Mou Leang Li É . Mémoires sur les Coutumes du Cambodge. Trad. PELctoT I. 171—172.

2) Mi-So’n 92 B.

3) Po Nagar de Nhatrang, 30. Biv.

4) Jaya Indravarman IV. Inventaire.

A. — I. Mi-So’n Mont B,. 85. Piédroit intérieur Sud. S#t. 1085c — 1163 AD. Fixor IV 967xxur.

II. Mi-So’n Mont D,. 92. Stèle A c4. 1097 ç — 1178 AD. Finor IV. 970xxrv.

5) Mi-So’n. 92. B.

6) Mi-So’n. 92. B.

7) Je le mentionne dans la liste des Rois sous le nom de Suryavarman I et j'attribue

au prince Vidyänandana, qui règna après Jaya Indravarman V sur tout le Champa, le nom de Süryavarman Il.

Jaya Indravarman V à Vijaya 1191.

Réunion des deux Royaumes.

Süryavarman 1192—1203.

doute, et «s’en retourna au Cambodge» pendant que son vainqueur «règnait dans Vijaya sous le nom de Jaya Indravarman V» 1191). Le roi du Cambodge, ne voulant pas reconnaître l’usurpateur, autorisa son prisonnier à retourner au Champa et y reprendre la couronne. Jaya Indravarman IV passa par Räjapura demander l’aide de Suryavarman. Celui-ci met ses troupes en marche, «prend Vijaya, «s'empare de Jaya Indravarman V qu'il met à mort»; mais, au lieu de remettre le pouvoir aux mains du souverain légitime, il prend la place pour lui et se proclame roi du Champa*). Jaya Indravarman IV, ainsi frustré de ses espérances <échappa aux Cam- «bodgiens et vint à Amaravati. Il se révolta et leva des troupes à «Amaravati, Ulik, Vvyar, Jriy, Traik, dans plusieurs circonserip- «tions. Il alla prendre Vijaya. Suryavarman conduisit des troupes et poursuivit Jaya Indravarman où Vatuv (Jaya [Indravarman IV) «jusqu'à Yan Bharuv-vijaya; il lui livra bataille, le vainquit et «l'obligea à retourner à Traik; il le fit poursuivre, prendre et tuer «à Traik.» Dès lors, Suüryavarman ayant réuni sur sa tête les deux couronnes de Vijaya et de Panrañ <règna sans opposition» sur le royaume de Champa 1192).

Le Roi du Cambodge indigné de la trahison de son ancien sujet, charge des troupes d'aller le châtier; elles furent battues 1193). L'année suivante, il envoie «de nombreux chefs cambodgiens avec «toutes sortes d'armes». Suryavarman les défait à Jai Ramya-vijaya et «vainc les chefs de l’armée cambodgienne. Puis il se mit en «route et vint à Amarävati, Il releva toutes les maisons; il fit

«faire la maison appelée Qri Herukaharmya». Il offrit enfin de

1) L'inscription de Mi-So’n 92 B. qui fournit ces renseignements, ne donne pas la date de l’usurpation de Jaya Indravarman V, mais comme le roi du Cambodge envoya dès 1192 (1114 6ç), une expédition pour le mettre à bas du trône, je crois pouvoir m’arrêter à cette date de 1191 (1113 ç) sans grande chance d’erreur.

2) Mi-So’n. 92. B.

3) /En çaka mers lune-lune-lune” (1114) Mi-So’n. 92. B.

4) ,En çaka cinq lune-lune-lune”. Mi-So’n. 92. B.

riches présents à (riçänabhadreçvara <en vue d'acquérir du mérite «en ce monde et dans l’autre» 1194’). Il envoie en même temps une ambassade au Pai-Viêt (1194) *); puis, deux ans après, en 1198°), s'étant fait ondoyer selon les rites royaux, il demande à l'Empereur Long Cän“) l'investiture qui lui fut accordée l’année suivante, 11995).

Il fut renversé par son oncle paternel, le Yuvaraja Mnagahna où Dhanapati Grama‘), auquel, le roi du Cambodge, irrité de voir son ancien sujet négliger à son égard toute marque de vassalité ou de reconnaissance avait «ordonné de conduire les troupes Cam- «bodgiennes et de prendre ce roi». Süryavarman fut battu et dut

chercher refuge à l'étranger. Il arrive au port de Co La”) en Août

1) »En çaka six June-lune-lune = 1116 ç — 1194 AD. Mi-So’n 92. B.

2) »Neuvième année Thièn Tu’ Gia Thuy” K À FZ fi . Cette ambassade se

présenta à la Cour en même temps qu’une ambassade da Cambodge. VsZ III 174. 3) rTroizième année Thièn Tu’ Gia Thuy” 74 IV 224. Cm V p. 274. 4) Long Cän HA EX, fils de Lyÿ Anh Tôn, règnait sous le nom de Lyÿ Cao Tôn

2 Eh 2 depuis 1175. Pet III, la. Sk LV 246. Tt IV 176. Om V 160, 18e.

5) »Quatorzième année Thièn Tu’ Gia Thuy, en hiver, au ouzième mois” S4 Tt IV 228. Cm V 276.

6) Le VsZ III 2045 et 214, et après lui le Sk TH IV 235 24a et Cm V 29a b

ul dit qu’en 1203 ce roi de Champa Bô Tn Âf LD fut chässé par son oncle paternel ! I Bô Do Lin Hi . La concordance de date permet d'identifier ce Bô Tri à Suryavarman II.

Or la partie de l’inseription Mi-So’n 92 B.C. tracée par ce roi, est terminée par quelques lignes au nom d’un ,Yuvaräja, de naissance illustre, appelé Mnagahña où Dhanapati” qui gouvernait le Champa, et la face D de l’incription Mi-So’n, 90, à partir de la ligne cinq nous transmet le nom d’un ,Yuvaraja nommé Où Dhanapati Gräma” qui conduisit des troupes contre le roi du Cambodge; Süryavarman, s’en empara, et reçut en récompense un titre qui pourrait être celui de Gouverneur. Ce Yuvaräja était originaire du Champa comme Suryavarman Il; il s’était comme lui réfugié au Cambodge et y avait acquis gloire et

honneur dans une guerre contre la ville de Malyañ. Aussi bien ai-je cru possible, puisque

B6 Ti — Süryavarman II, d'identifier B6 Do au Yuvaräja Mnagahña où Dhanapati Gräma. M. Finor m'écrit à ce sujet , Leur cursus [à Mnagahña où Dhanapati & Où Dhanapati »Gräma] est si semblable qu’on est bien tenté de les identifier. Il est vrai que l’un est “envoyé contre Indravarman, l’autre contre Süryavarman; c’est une grosse difficulté. L'inscription 92 est dans une langue si barbare qu'on ne peut guère traduire à coup sûr: cepen- “dant il me semble maintenant que ce Dhanapati ne se qualifie pas de Yuvaräja, mais de

fils de Yuvaräja.”

7) Cuu La JU Ë (Fs1) ou Co’ La fe Pr c’est actuellement le port de Co? Anh Nhu’o’ng ii Eu #+ EI On v 2%.

1203, suivi de toute sa famille et de nombre de ses fidèles sur une flotte de plus de deux cents jonques et y demandait asile. Cette facon de venir solliciter asile à la tête d’une flotte aussi considérable parut suspecte à la Cour qui dépêcha Di Mông') à Co La avec mission de prendre des renseignements sur les intentions du Souverain déchu. Ce fonctionnaire, voyant une telle flotte, confia ses doutes à Pham Giêng*), Gouverneur du Nghê An. «ll me semble «difficile de croire ce que prétend cet homme. Le proverbe dit: un «trou de fourmi amène la ruine de la digue; une simple étincelle «met le feu à la maison. Tâchons que B’ô Tri ne soit pour notre «pays ni le trou de fourmi ni l’étincelle». Il lui donna en conséquence l’ordre de surveiller étroitement le Roi, à quoi Pham Giêng répliqua «qu’on ne devait pas douter de la sincérité d’un homme «malheureux qui venait demander secours et le soupçonner injustement». Cependant, conscient d’avoir déplu à Di Mông et craignant de s’attirer une réprimande de la Cour, il se décida à se débarasser de Suryavarman. Celui-ci averti à temps invite Pham Giêng à son bord. Le mandarin s’y rend, suivi d’un certain nombre de jonques où il avait caché des lances, et les fait attacher aux navires Chams avec ordre de les surveiller à la lueur des torches. Mais, la nuit, les veilleurs s’endorment; les Chams jettent les torches au milieu des Annamites qui, réveillés en sursaut, et pris de panique, se jettent à l’eau et s’y noient en grand nombre. Suryavarman *) reprit

la mer et l’histoire ne nous dit pas ce qu'il devint, 1203‘).

1) Di Mông JA 5e. 2) Pham Ging y 4.

3) Suryavarman II. Inventaire.

A. — Mi-So’n. Mont D,. 92. Stèle B.C. C4 1116 ç = 1194 AD. Finor IV, 970xxtv.

C. — Mi-So'n. Mont D,. 90. Stèle D. CZ sans date, Yuvaräja où Dhanapati Grama. Finor IV. 933x1r.

4) ,En deuxième année Thièn gia bio hu’u en automne, aux septième & huitième lunes.

J’ai suivi ici la version du VsZ III 2044, 21a plus complète, et reproduite partielle-

ment par le Sk T4 IV 236 24a. Le Cm V 20ab m'a permis d’élucider quelques points

obscurs.

Après la fuite du Roi, le Yuvaräja on Dhanapati Gräma eut à Le Champa

soumettre successivement chacune des provinces. «Ensuite le putau «Ajña ku se révolta. Il conquit depuis Amarävati jusqu'à Pidhyan. «Le roi du Cambodge ordonna au yuvaräja de conduire les troupes «cambodgiennes et de prendre le putau Ajña po ku; il le prit et «l’envoya au Cambodge, selon le désir du roi»!). Celui-ci «voyant «la vaillance du Yuvaraja, le favorisa» et lui confia, semble-t-il?) le gouvernement du Champa, devenu désormais province Khmère. Cependant où Añçaräja urañn Turai-vijaya *), fils aîné de Jaya Harivarman II, était élevé à la cour de Jayavarman VIT. Il obtint en 1201“), le titre de «Pu Poñ pulyañ Çri Yuvaräja», quelque chose comme «prince héritier», et la permission d’aller rejoindre au Champa le Gouverneur Dhanapati Gräma. Il conduisit, à plusieurs reprises, les troupes cambodgiennes”®) en territoire annamite, dans le Nohé- An, mais les documents ne sont d'accord ni sur les dates, ni sur les résultats: en effet, tandis que le texte cham semble placer une de ces expéditions en 1207 et assure que «les Annamites moururent» autrement dit furent battus), les textes annamites ne mentionnent

d'attaques des Chams au Nghé-An qu’en 1216°) et 1218#) et notent

1) Mi-So'n 90 D.

2) L'inscription Mi-So’n 90 D dit qu’il lui donna un titre qui se termine par... putra: peut-être celui de rajaputra ou devaputra; ce qui correspondrait à la fonction de Gouverneur du Champa qui, au dire du Song Che CCCCLXXXIX 27a, aurait cessé de constituer un royaume pour appartenir entièrement au Cambodge”.

3) Mi-Son. Mont B,. 86. Piédroit intérieur Nord. C4 1156 ç = 1234 AD. Jaya Paramecvaravarman II. FINoT IV 976xxv.

4) 1123c. Po Nagar de Nhatrang 30. B*. BERGAIGNE 90. AYMONIER 48.

5) Elles comprenaient des contingents birmans et siamois. Cho’ Dinh, Ninh Thuân 4. Piédroit ruiné, C4 1149ç — 1227 AD., Jaya Paramecvaravarman II. BERGAIGNE 91. AYMONIER 50—52. Finor III, 63#4vur. 6) En çaka 1129, ibid.

7) »En sixième année Kièn Già 2 , à la jus lune, les Chams sp les »Cambodgiens pilient le Nghé An, le Gouverneur du Châu Ly Bât Nhiêm Ze # Zu “les disperse” S% T4 IV 296. Cm V 39a.

8) »En huitième année Kièn Già, en hiver, à la douzième lune, les Chams et les »Cambodgiens..... ibid”. Sk T4 IV 30a. Cm V 39a.

province Khmère

que Lÿ B’ât Nhiêm, Gouverneur de la province, les dispersa. Jaya Para- En 1220'), les <Khmers allèrent au saint pays?) et les gens

meçvaravar- : " Le , : : é man II <de Champa vinrent à Vijaya. Ce souverain, [le prince Añçaraja

«devenu Jaya Paramecvaravarman II] règna; en 1227) il se fit «ondoyer, fit construire des palais, des temples à Cri Vijaya*), et «derechef y fit ériger les Dieux)». C'était l'évacuation volontaire du Champa par les Khmers et la remise du pouvoir entre les mains de l’héritier des rois Chams. C'était, pour celui-ci, la reprise du trône qu'avaient occupé ses ancêtres, et l'ordinaire labeur des lendemains de grandes guerres: villes à repeupler, palais à reconstruire‘), temples à relever et munir à nouveau de toutes les richesses emportées par l'ennemi’); travaux agricoles à recommencer sur des terres laissées en friche pendant toute la durée des guerres; rétablissement des barrages et des digues, creusement des canaux d'irrigation, défrichement des champs rendus à leurs propriétaires °); et les provinces à ramener à l’obéissance °).

Ainsi finit cette lutte d’un siècle entre les Chams et les Khmers. Ceux-ci, désormais, occupés par un nouvel ennemi, le Siam, ne

rêveront plus la conquête du Champa. Ils se borneront, seulement,

1) En çaka 1142”, Cho’ Dinh 4.

2) Vrah Nagar, ibid. aujourd’hui Prah Nokor, le Cambodge.

3) »En ce çaka ci 1149” ibid.

4) AYMONIER lit Vinaya.

5) Ibid.

6) Ibid. |

7) »11 (Jaya Parameçvaravarman IL) rétablit tous les linga du Sud, savoir ceux de »Yañ Pu Nagara, et les liñnga du Nord, savoir ceux de Griçanabhadrecvara”, Mi-So’n 86. | Po Nagar de Nhatrang. 30. B,, donations de champs. Binh Dinh (Pagode de Kim Chuà) | 52. Stèle. C4 sans date. BERGAIGNE 92. AYMoNIER 53, hommages à des divinités bouddhiques.

8) Lomngô. Ninh Thuân. 7. Piédroit ruiné. Jaya Paramecvaravarman Il. BERGAIGNE 92. AymontErR 52—53. FinoT III. 634x.

9) En 1230 (1152 ç) le lakei Pañkaja prince Abhimanyudeva, personne Catheiï, Seigneur de Pandurañga et Senäpati de S. M. Cri Jaya Paramecvaravarman (II) recoit de ce prince, ordre de venir comme senäpati à Panrañ pour S. M, sans doute, pour y assurer son autorité. Phanrang. Ninh Thuân. 6. Linteau CZ 1176 ç = 1254 AD. Krnor III. 635xn, 648.

au long des siècles, à suivre les évânements qui se succèderont dans ce royaume, et les aventuriers avides de butin et d'honneur iront, à la tête de bandes irrégulières, mettre leurs forces au service des différents prétendants et prendre une large part à toutes les guerres civiles !).

1) Cf. le récit d’une expédition khmère au Champa en 1593, dans A. pe MorGa, The Philippine Islands, Moluccas Siam, Cambodia Japan and China at the close of the sixteenth century, translated by Hon. Henry E. J. Stanley. London. Hakluyt Society 1878 p. 199 soq.

(à suivre).

ESSAI DE DICTIONNAIRE LO-LO FRANÇAIS

DIALECTE A—HI

PAR

de la Société des Missions étrangères de Paris.

(Suite). 1)

—b— SR —p—

NA Oncle (frère du père).

NÀ!' Petit. 7”:*-£'ou? na!', d’un an plus jeune. Ni! na'-na'-20* gou”, faire attention (cœur très-petit faire).

NA' Humecter, mouiller. 7%°nat, mouiller. Na'-ti%-mo°-yé?, humide.

NA Étroit.

NA! Proche. M2! na! ouo!', aller en un endroit proche.

NA! (NA'-Na!) Vite. N° na'-na!

dou'-lé%, viens vite.

NA? Perdre. Go? mil-l'o* na?

hoa, j'ai perdu mon couteau.

NA° Badigeonner, enduire, col-

ler, adhérer, afficher, souder, s’atta-

cher. 7s1'-drè* fa’ ho, lyé?-peu!

a* na’, le vernis séché n’adhère pas aux mains. Zo*-n6 2!-ba* à'-mo° na? ngoa', les enfants doivent s’attacher à leurs parents. Mi ki°kyé* na, passer de la colle (sur un objet). Nil-na* na?, badigeonner avec de la boue. Lou'-mou? na?, badigeonner avec de la chaux.

So na?-p'yé?, cacheter une lettre.

Na? k'eu*, souder solidement. (0.

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