CHAPITRE IX
Fin de la XIIe Dynastie. — Jaya Siñhavarman IV & Ché Nang. La XIII Dynastie 1318. — Le Règne de Ché Bông Nga 1360—1390.
Jaya Siñhavarman IV?), «fils de Çrt Harÿit» *) et de «la pre-
Jaya Sinhavarman IV.
mière reine ‘) princesse Bhaskaradevi», était âgé de vingt-trois ans 1307—1312.
quand il monta sur le trône). Il avait, en 1298), reçu le titre de Taval Çura Adhikavarman ’); deux ans plus tard son père, ayant apprécié «sa bonté, ses qualités, sa bravoure, son habileté
«à la guerre)», lui confiait le gouvernement d’une partie du
1) Voir T’ourg Pao, Mars 1910, pp. 125—136. Mai 1910, pp. 165—220. Juillet 1910, pp. 319—350. Octobre 1910, pp. 4$9—526. Décembre 1910, pp. 547—566. Mars 1911, pp. 53—87. Mai 1911, pp. 236—258. Juillet 1911, pp. 291—315. Octobre 1911, pp, 451—482. c
2) Nous n'avons, à vrai dire, aucune inscription qui le désigne sous son nom de roi, et celui que lui attribuent les Annamites: Chê Chi, Ché Chi ou Tâe Chi (cf. infra) n’en permet aucune reconstitution. Cependant l'inscription Po Sah 22, laissée par le fils de Cri Harijit (que nous identifions avec Chè Chi), nous le montre recevant de son père, en 1304, le nom de (Pulyan Uddbrta) Sinhavarman: il n’est pas impossible, par conséquent, qu'il l’ait gardé comme nom de règne et on peut l'appeler, jusqu'à preuve du contraire, Jaya Siñnhavarman IV.
3) «Harijitätmaja». Po Sah 22. Cri Harijit était le nom de Jaya Siñhavarman IIF.
4) Jaya Sinhavarman III eut, à notre connaissance, deux femmes de 1°" rang: la reine Bhaskaradevi, mère de Jaya Sinhavarman IV, et la reine Hayén Tran, fille de l'Empereur Trôn Nho'n Tôn.
5) Il était né «en 1196 caka» = 1274 AD. Po Sah 22.
6) «En 1220 caka» = 1298 AD. ibid.
7) «En 1222 çaka» = 1300 AD. ibid.
8) Ibid.
royaume !); il lui donnait, en 1301, «le nom de Seigneur Pulyañ «Uddhrta Siñnhavarman» ?) et en 1306 celui de <Pulyañ Mahendra- «varman» *).
Son premier soin, en prenant le pouvoir ‘), avait été de faire ‘acte de soumission à l'égard de Anh-Hoàng *). Mais il n’observa pas longtemps cette attitude et les textes annamites nous le montrent «souvent rebelle» 5). Les Chams habitant O et Lÿ supportaient mal la domination annamite; le Roi et sa Cour regrettaient ces provinces et souffraient de voir la frontière Nord de leur pays ramenée au Col des Nuages, comme aux temps anciens où le royaume Cham avait commencé son histoire. Les incursions y étaient fréquentes, plus fréquents encore les actes de rébellion, et la vie n’était plus tenable aux colons annamites qui s’y étaient installés. Aussi bien, au début de 13127), Anh-Hoùng décida une expédition contre le Champa. Or, juste à ce moment, se présentait à la Cour un ambassadeur qui apportait le tribut de la part de son souverain Cr Jaya Siñhavarman. Il était Gouverneur du camp retranché de
Cu Chiêm ?). L'Empereur chargea Doan Nhu’ Häi ?) de le circonvenir
1) «S. M. Gri Jaya Siñnhavarman, dans son auguste tendresse, lui donna à régir «Mandalika... partageant le royaume depuis le flenve Vok jusqu'a Bhumana Viaya». Po Sah. 22. 2) ibid. 3) «1228 çaka». Po Sah. 22.
4) Les textes annamites lui donnent le nom de roi de Ché Chi ill æ ou Ché Chf fl) F2 ou Täc Chi #f]] Te. Tt N1 276 Cm IX 46. L’orthographe [2 du Cm IX 4b doit être fautive. 5) Cf. l’ambassade de 1307, supra.
6) JX A] 2 vi 20%. Cm 1X 40.
7) «En dix-neuvième année Hu’ng long, en hiver, à la deuxième lune». S4 T£ VI 2765. Cm IX 46. La dix-neuvième année correspond en réalité à 1311, mais son douzième mois appartient en grande partie à 1312.
8) Cu Chiêm Trai Chu, c4 Kiu Teb’eng Tchai Tehou ÂH, H %E Æ. Nous ne possédons aucune donnée sur l’emplacement exact de ce poste. Cependant comme il semble être le premier qu’ Anh Hoàng ait rencontré en pénétrant sur le territoire du Champa, on peut supposer qu’il était situé à proximité de la frontière, non loin du Col des Nuages dont il gardait l’entrée.
9) PDoan Nhu° Hai, supra. C’était un homme du Iông-Châu VE . Cm NIIT 288. Cf. ses diverses promotions Cm VIII 408 et 426.
et l’engager à obtenir de son roi qu'il vint faire acte de soumission; l'ambassadeur promit de s’y employer.
À la cinquième lune, l'Empereur prend lui-même la direction des troupes et se met en marche. Une fois au Lam Binh!) ïül divise son armée en trois corps: l’un suit le chemin des montagnes, le second la voie maritime, le troisième, sous son commandement, continue par la plaine, avec Doan-Nhu-Häi en avant-garde. Arrivé en vue du camp retranché de Cu-Chiêm, il fit reposer ses troupes et Nhu’-Hai dépêcha un officier rappeler au Gouverneur la promesse qu'il avait faite comme ambassadeur. Celui-ci avertit son souverain de l'arrivée des armées annamites et l’engagea à faire sa soumission. Jaya Siñhavarman s'y décida et, suivi de sa famille, allait prendre la voie de mer pour venir se présenter à Anh Hoàng, quand ses troupes, peu satisfaites de cette attitude humiliée, attaquèrent le camp de l'Empereur; déjà leurs éléphants y semaient la panique quand, voyant arriver l’armée de Quôe Cho’n, ils se retirent rapidement. Jaya Siñhavarman fut fait prisonnier, et son frère Ché Dà-a-bà-niêm ?) fut chargé du Gouvernement du Champa avec le
titre de «Prince feudataire de second rang» *). Au sixième mois la campagne était terminée et l'Empereur rentrait dans sa capitale *) ramenant avec lui son prisonnier auquel il donna le titre de <Hiéu Trung Vu’on'g» puis celui de <Hiéu Thuân Vu'o’ng» °). Ces honneurs ne consolèrent pas Jaya Sinhavarman de son exil et de sa
1) Lèäm Binh Ph à . Cest, dit le CM IX 56, la même ch l ) Làäm Bin u KE 2 JF es A 56, la même chose que le Dia-ri Hi HET (Quang-Binh central et sud) qui avait été colonisé conformément à un
édit de Lÿ-nho’n-Tôn ZE = jé publié en 1075. Cm III 345.
2) Ch Di-a-bà-niêm 2] D Lnj 2 Ah 56 76 VI 280. Cm IX 46 52. 3) A Hâu nn LE
4) Sk Tt VI 28ab. 296 Cm 1X 4b 5ab.
5) Hiêu Trung Vu’o’ng; 2% hi + Hiêu Thuän Vu'o’ng ZK NE + quelque
chose comme «Roi Fidèle» et «Roi Pacifique» S% Tt VI 295 304. Cm IX 66.
déchéance: il mourut au début de 1313‘) au palais de Gia-Läm. On fit brûler son cadavre et enfouir les cendres ?) selon la coutume Chame à).
Le Champa, en fait, devenait province annamite. Pour protester contre cette annexion et manifester qu’il la tenait comme non avenue, Jen Tsong ‘) en fin 1312) donna l’ordre au roi du Champa de lui envoyer des rhinocéros et des éléphants. Les Yuan, depuis 1289 semblaient se désintéresser de ce pays, et le besoin d'animaux aussi encombrants ne pouvait être le vrai motif d’une telle démarche; il n’est pas douteux qu’elle fût uniquement dictée par le désir de faire pièce à un voisin insoumis, dont la puissance devenait inquiétante et d'affirmer nettement qu'aux yeux de la Cour Mongole le
Champa, pays tributaire de la Chine, ne devait recevoir d'ordres de nul autre que son Empereur. Anh Hoàng n’en fut point troublé et continua de se considérer comme seul suzerain du royaume qu'il venait de soumettre par la ruse autant que par les armes. Il en acceptait les devoirs, d’ailleurs, car, l’année suivante, en fin 1313 °), il le défendit contre une incursion siamoise,
Le royaume de Siam, Muoug Sukkhôdaya ou Muong Sajjanalaya-
1) «Vingt et unième année Hu’ng Long à la deuxième lune». S% T4 VI 308. Le Cm place sa mort en vingtième année Hu’ng Long 1312. Cm IX 64. 2) Le palais de Gia Im Z£ A ÂT HE 54 24 VI 305. Hing Kong, an Hänh Cung ÂT É est un palais où l'Empereur s’arrête en voyage. 3) Jaya Siñhavarman IV. Inventaire:
A. — Po Sah, Ninh Thuân 22. Stèle CZ 1228c = 1306 AD. AYMONIER 62. BERGAIGNE 99. For III 636xvir 641.
4) Jen Tsong e—- 7 : prince Ngai-yu-li Pa-li-pa-ta (Ayour Bali Bata Bouyantou
FEES gr À pl IX pi) À\ ea frère cadet et successeur de Wou Tsong nu
. Is étaient fils de Chouen Tsong NE 5 - Règna de 1312 à 1321. Yuan (he
XXIV à XXV et XXVI de 398 à 494.
5) »Première année Hoang K’ing, fin de la onzième lune”. Yuan Che XXIV 434. 6) »Vingt et unième année Hu’ng Long, en hiver, à la onzième lune”. S4 T4 VI 3la. Cm IX 84. d
Sukkhôdaya ‘), comme le désignent les souverains de l’époque sur les inscriptions qu’ils ont laissées, avait alors pour souverain, semble-t-il, le Phraya Su'a Thaï?) que nous conuaissons fort peu ?). Son père Rama Komheng, ou Phrayä Räma Raja) avait fait au Cambodge, quelques années auparavant une campagne victorieuse dont
Teheou Ta Kouan, envoyé des Mongols à la Cour Khmère en 1296
1) Muâng Cri Sukkbôdaya, Muâng Saïjanälaiya Sukkhôdaya (je donne ici et par la suite l'orthographe des inscriptions). Inscriptions «) Thaïs de Räma Komheng (Vat Prakeo, Bangkok) et de Çri Surya Mahä Dharmaräja (Jum); #) Khmère de Gri Surya Maha Dharmaräja (Vat Prakeo, Bangkok), transcrites et traduites par le P. Schmidt et publiées dans Mission Pavie. Etudes diverses XI. 175 —246. Les ruines de Sukkhôdaya (Sukhôthai) se voient encore à côté de Mnang Thani, le chef-lieu de la province du même nom. FOURNEREAU trouve dans celles qui s'élèvent au Nord de Kampheng-phêt, les restes de Ja ville de Sajjanälaya L. FOUuRNEREAU. Le Siam Ancien. Annales du Musée Guimet, Tome XXVIL Paris, Leroux 1895, p. 157 sq. Cf également sa carte p. 119. Le P. ScHmipr. Mission Pavie Etudes diverses 11. 176 et 191 à la note 5 de la page précédente, la retrouve dans les ruines de Sangkalôk.
2) Phrayà Su’à Thäi. Phraya, aujourd’hui Phra, est un titre qui est porté aussi bien par le Roi que par certains grands mandarins du Siam.
3) Nous ne le connaissons que par l’Inscription de Cri Surya Mahä Dharmaräjadhiräja (Jum) qui se dit (P. Scxminr Mission Pavie. Etudes diverses I] 235 ligne 3) ,fils de
»Phrayà Sù'a Thäi et petit fils de Phraya Räma Räja”. l'ambassade envoyée par le Roi
de Siam à la Cour des Mongols, en 1297 ,Première année Ta Tô K fi, quatrième nmois” Yuan Che XIX 194 venait peut-être annoncer à l'Empereur son avènement au trône. En 1299 «troisième année Ta Tüô» il demanda des chevaux blancs comme ceux qui avaient été accordés à son père. On ne les lui accorda pas, mais on lui donna une tablette au tigre. Yuan Che XX CCX 55%. En 1300 «quatrième année Ta T6, sixième mois» il envoya une nouvelle ambassade Yuan Che XX. Cf également PELLIOT tinéraires 242 — 43.
4) Räma Komheng Phraya Räma Räja. Il était le troisième fils de Çri Indräditya, qui paraît avoir délivré son pays de la domination khmère, et règna après son frère (lautre était en bas âge). Il occupait déjà le trône en 1283 AD (1205c) et s’y trouvait encore en 1296 AD. Juscription de Räma Komheng. Op laud. Il fut en relation avec les Empereurs Mongols, auxquels il envoya des ambassades: 1292 AD nvingt neuvième année »”Tche Yuan, à la dixième lune” Yuan Che XVII 118. — 1295 npremière année Yuan Tcheng” TÉ JE . Juan Che CCX 554. (Notice sur le Sien Kouo É [i ) et qui lui
en adressèrent en 1282 -dix-neuvième année Tche Yuan” Yuan Che XII, (à moins qu’en
cette année ce fût encore le frère aîné de Räma Komheng qui règnât) — 1293 »trentième “année Tche Yuan quatrième lune” Yuan Che XVII 125 — 1294 ,trente et unième
année Tche Yuan, septième lune”. Yuax Che XVIII 145. (Le roi du Siam y est appelé
Kan-mou-ting FX À J Kamrateñ (?) Cf. PELLIOT Jtinéraires 240 — 42,
nous à transmis en ces termes le souvenir: € Dans la récente guerre «avec les Siamois, le pays a été entièrement dévasté»!). Su’à Thäi, qui lui succéda vers 1297 ou 1298, recommença-t-il cette expédition vers 1312, et l'ayant réussie, poussa-t-il jusqu’au Champa? C’est ce que porte à croire la présence en 1313, dans ce royaume, de bandes Siamoises qui y commettaient pillage et vandalisme *). Anh- Hoàng chargea Dô-Thiên, qu'il venait de nommer Kinh Lu’o’c du Nghé-An et Lâm Binh *) d'aller les chasser ‘).
1) Tourou Takouan. Mémoires sur les Coutumes du Cambodge. Peziot II. 173. TAKOUAN accompagnait l’ambassadeur chargé d'obtenir du souverain du Cambodge qu’il se reconnût vassal de l'Empereur Koubilaï.
2) ,En vingt et unième année Hung long, en hiver, à la onzième lune”. S4 Té VI 3la. Cm IX 86. Moura Cambodge T, 477 cite cette invasion siamoise. Sur quoi AYMONIER Cambodge XII 708 écrit: ,»Nous croyons que Moura se trompe quand il prétend, d’après »les Annales Annamites, que les Siamois ayant attaqué le Ciampa en 1313, l'Empereur »d'Annam envoya à son allié ou tributaire une armée pour le secourir. Cette assertion »supposerait nécessairement, soit une étroite alliance entre les Siamois et les Khmers, soit nla conquête complète du Cambodge par le Siam, et rien ne nous autorise à admettre de semblables hypothèses en cette première moitié du XIV: siècle”. Il semble que l’état de nos connaissances sur l’histoire du Cambodge et du Siam à cette époque ne permet pas de rejeter une donnée fournie par les Annales Annamites, qui présentent, jusqu'à preuve du contraire, toutes garanties de vérité. Nous devons plutôt, puisque les documents Khmèrs et Siamois sont encore aujourd’hui si rares, recueillir soigneusement ceux que nous fournissent les documents étrangers, si contraires et opposés soient-ils à nos connaissances actuelles; et lorsque nous aurons su réunir tous ceux qui y sont épars, l’histoire du Cambodge et du Siam s’éclairera d’une lumière plus réelle que celle sous laquelle nous
croyons la voir aujourd'hni.
3) D6 Thiôn ÆE JC Nehé-An Lâm-Binh Kinh luoe sù 22 2 KE 2 EX fE. Tt NI 3la. Cm IX 86.
4) Je trouve la première mention du Siam, Xiêm-la ÏÉ %E, dans les annales annamites en 1146 »septième année Dai Dinn DAT É ” dans le 74 IV 194 où il est dit -Le Xiêm-la vient payer tribut”. Deux ans après, en neuvième année Dai Dinh 1149 ”AD — dit encore le 74 IV 204 — des marchands du Xiêm-la et du Tam Phât Tè (San- “fo-Ts'i —= 4 7K Palembang PELLIOT Zfinéraires 321—332-33) arrivèrent dans la
! \ “province (Trân ÊE ) de Vân dôn 22 UD avec des marchandises précieuses et en D]
firent le commerce”. Ce même fait est rapporté différemment et à une autre date par le Cm IV 43a. En dixième année Dai Dinn, écritl, au printemps, à la deuxième lune,
nest créé le comptoir de Vân dôn. — A cette époque des navires de commerce de
Ché Dà-a-bà-niêm, qui régnait sous le nom de Ché Näng ') crut pouvoir profiter de l’avènement d’un nouvel Empereur *) pour se dispenser de toute démarche de vassalité et tenter de reconquérir les territoires de Ô et Ly. Il fut d'abord vainqueur et mit en déroute Lyÿ-tât-Kién ) qui resta sur le terrain. Il eut moins de succès avec Pham-ngu’-Lao *): il est tourné, voit la déroute débander ses troupes et se retire en toute hâte. Craignant le sort de son frère, il prend la mer et va se réfugier à Java‘) (1318)°). Avec lui
s’éteignait la XII° dynastie ?).
»Qua-Hoa (Koua-Wa = Java) et de Xiêm-la se rencontrèrent en grand nombre à 2, V es .
»Hai-Dông ## K et construisirent des maisons dans une île de cette mer. On appela \ ce centre: le comptoir de Vän dôn” et le Cr» donne à la page suivante (IV 436) la notice qui suit et qui n’est qu’un résumé du début de la notice du Wing Che CCCXXIV 154 sur le Sien-lo, an Xiêm-lat »Au temps des Soui PE et des Tang FE c'était le »Xich thô (Tche t’ou, DIS SE le Siam? PeLLioT Z'inéraires 213 et Le Founan et les nthéories de NM. Aymonier BEFEO IV 398—99); il était situé au Sud-Ouest du Chiêm
»Thanh on D (Champa) et était différent du Pho Nam FR F4 (Fou-Nan). Ensuite
il fut divisé en deux pays: le Xièm ÏÉ et le La-hôc Pr fé} (Lo-Hou. Cf. PELCIOT »Ilinéraires 235 à 264). Au commencement de la période Yuan tcheng TÉ E des Yuan »(le Xièm-la) vint présenter le tribut (l’ambassade de 1295. Yuur Che COX 55.) aux Yuan. Ensuite le La-hôc devint puissant et s’annexa le sol du Xiêm. On ndonna alors au pays le nom de Xièm-la-hôe fé Par fé} (Sien-lo-hou). Dans la periode Hong-Wou des Ming (une ambassade) étant venue à la Cour, l'Empereur des "Ming accorde (au Roi de Xiêm-la-hôc) un cachet de Roi du royaume de Xièm-la. C’est à partir de ce moment qu'on a appelé le pays Xiêm-la”.
1) Chè Näng fi] HE. Cm IX 14. ;
2) Anh Hong abdique en 1314 en faveur de son quatrième fils Trân-minh-Tôn
El HF prince Oanh a qui prit le titre de Ninh hoàng Fr Es et règna de 1314 à 1329. S% T4 VI 315 475. Cm IX 108 27a. Le Tableau chronologique B. E.
O. F. p. 97 renferme, pour Trân-minh-Tôn une faute d'impression. Il faut lire Trân-minh-Tôn il H} = au lieu de Bi HF] ni qui se lirait Trân-minh-Chu’o’ng.
8) Lÿ-tât-Kién du titre de Hiôu téc hâû 2 RS HR. “C'était, dit le On IX 156, un descendant de la famille Lÿ ne Tt NI 35a. Cm IX 146.
4) Phâm-ngu-Lao JD . E A commandait l’armée Thiên Thuôc. Il fut, en récompense de sa victoire, promu au grade de Quan Nôi Hâù FA] A fÀ ; et son fils élevé
au mandarinat. S% 1% V1 35a Cm IX 146 154 5) Sk Tt NI 45a. Cm IX l4a 156.
Ché Nang 1312—1318
Il peut paraître étrange de voir un souverain Cham chercher
asile à Java. Le fait semble moins extraordinaire à se rappeler que
6) «Cinquième année Dai Khäoh TN be ». Tt NI 354. Cm IX 146.
7) XII° Dynastie.
Rudraloka
Jaya Rudravarman L Brahmaloka ou Paramabrahmaloka 1145 Nai Jifiyan |
Jaya Harivarman I | Prince Çivaänandana 1145—1167 X Vañça-räja essaie | de s’emparer du trône avec l’aide des Annanites.
Jaya Harivarman Il détrôné vers 1167 par Jaya Indravarman IV où Vatuv
Jaya Paramecvaravarman II Jaya Indravarman VI. Paot’ot’ouo fille
Reprend le Gouvernement du Prince Harideva, de Hoa | Champa sous la régence de Sakañ Vijaya, tué par ETES Mnagahna Où Dhanapati Indravarman VI 1265. Indravarman VI Grama 1203. Règne en 1220. [Jaya Siñhavarman] 1265 —1287 Jaya Siñhavarman III prince Harïit 1287—1307 | (de la reine Bhas- (de la reine Tapasi):
karadevi): Jaya Si- Chê da-a-bà-niêm ou TE havarman IV. Chè Näng 1312. S’en- 1307—1312 fuit à Java 1318.
Sous cette dynastie il y eut nombre d’usurpateurs. I. — Harideva
placé sur le trône par son beau-frère Süryavarman II, Roi du Cambodge 1148—1149 II. — Jaya Indravarman IV Où Vatuv 1167—1190 emmené en captivité à la Cour de Jayavarman VII Roi du Cambodge en 1190 Le Champa est alors divisé en deux
ne / nn, à Vijaya, Soryajaya- à Pandurañga varman prince In, beau- Süryavarmadeva.
frère de Jayavarman VII roi du Cambodge 1190, détrôné par Jaya Indravarman V prince Rasupati 1191.
SR 2, Il est réuni à nouveau par Süryavarmadeva qui, chargé par le roi du Cambodge de rétablir Jaya Indravarman IV sur le trône, chasse bien Jaya Indravarman V, mais se proclame lui-même Roi da Champa sous le nom de Süryavarmau 1192—1203; chassé par Mnagahna Où Dhanapati Grama.
Jaya Siñhavarman III avait épousé «une princesse, fille du roi de «Yava (Java), qui est venue du Yavadvipa et se nomme la reine &Tapast» ‘). Ché Pà-a-bà-niêm était fort probablement son fils, et il est assez naturel que, cherchant une sûre retraite, 1l ait pensé
au pays de sa mère, et s’y soit rendu, elle le suivant peut-être.
: ne c . , XIIe Dynasti Le Champa se trouvait ainsi sans roi et, semble-t-il, sans pré- 16e
tendant légitime au trône; le Général vainqueur proposa à l’Em- Pre pereur la nomination d'un Chef militaire appelé A-Nan *) au Gouvernement du Champa. L'Empereur ratifia ce choix et nomma A-Nan Vice-roi *) (1318) *).
Il en fut de lui comme de ses prédécesseurs: dès qu'il se crut assez puissant, il essaya de secouer le joug annamite. Il commença par se rapprocher des Mongols; ceux-ci continuaient d'exiger du Champa, assez rarement d’ailleurs, des contributions en vivres
\ ou animaux rares: en 1316, durant que Ché Näng règnait, Jen
Tsong lui avait demandé deux mois de vivres en riz °). En 1821,
1) Po-Sah. 22. En 1318, le trône de Majapahit était occupé par Jayanagara, alias Kala Gëémet, né en 1294 de Kértaräjasa, alias Raden Wijaya, fondateur et premier roi de Majapahit en 1292 A D, et de la princesse Dara-Pétak. C'était, en 1318, un enfant encore et il ne pouvait être que le neveu de la reine Tapasi. Celle-ci était donc probablement sœur de Raden Vijaya et fille, par conséquent, de Mahisa Campaka, qui était mort en 1273 AD. Ce ne sont, ai-je besoin de le dire, que des probabilités, basées sur des concordances de dates et de faits Cf BraNDEs Pararaton. Sur Mahisa Campaka IV p. 63 à 64 et 84; sur Kértarajasa VII 104 à 106; et sur Jayanagora VIII 106 à 118.
2) A-Nan [ff ÆfÉ. C'était un Tù 6% Ts'iou fE «Chef Militaire» Sk T4 VI 45a. Cm 1X 15a.
3) Hiéu-Thành A-Vu’ong 23% JM Mi Æ 22 VI 45. Cm. IX 154 Le 74 écrit
un au lieu de ff.
4) « Cinquième année Pai-Khänh » ibid.
5) «Troisième année Hoang K’ing É LÉ à la deuxième lune, jour Wou Yin on
«ordonne à l’Inspecteur du Hou-Kouang d’écrire au roi de Champa (et à d’autres) de LA l
«fournir du grain grillé de voyage pour deux mois». Yuan Che XXV 454.
Ché A-Nan reçut l’ordre d'envoyer des éléphants domestiques ‘); il en profita pour charger un ambassadeur de présenter le tribut, 1322 ?). L'année suivante, il charge son frère Pao Yo Pa-ts’eu-tcho ©) d'aller demander à Jen Tsong assistance contre son puissant voisin. L'Empereur saisit avec empressement cette occasion d’être désagréable à l’Annam et, dès l’année suivante, ses ambassadeurs ‘) invitèrent Ninh Hoàng à respecter le territoire Cham et lui enjoignirent de donner des ordres en ce sens à ses fonctionnaires des provinces méridionales, 18324 5). Ninh Hoàng fut fort irrité de ce message et résolut de s’en prendre à celui que le lui valait; il partit en expédition, 1326 6). Il fut malheureux: Ché A-Nan défit et mit en déroute ses armées 7) et cessa de se considérer comme vassal.
Il continua, par contre, ses relations avec les Mongols, et ses ambassadeurs se présentèrent à la Cour de Chine en 1327, 1328
et 1330 *); puis il cessa tout envoi et termina son règne en prince
1) «Première année Tche-tche æ En à la neuvième lune, on donne l’ordre d’en- «voyer des ambassadeurs au Champa, au Cambodge pour demander des éléphants dressés » Fuan Che XXVNII 514.
2) « Deuxième année Tche-tche, à la première lune, jour Ki-Sseu 2 FE, complé- «mentaire» Yuan Che XXVIIT 534.
3) « En troisième année Tche-tche, à la septième lune, jour Jen Chen » . ra
Pao Yo Pa-ts’eu-tchô 1 À JAt À] JE . Je ne suis pas certain du second caractère
qui a sauté sur mon exemplaire, Fuan Che XXVIIT 556.
4) Ils se nommaient Ma ho Meou, ax Mâ-hiêp-Mu’u Æ 2, EU et Yan tsouen Chouei ax Du’o’ng-tôn-Thoai À B# Fi et étaient chargés de remettre les nouveaux
calendriers. Le premier faillit créer un incident diplomatique. Il s’obstinait à vouloir ranchir, à cheval, le pont du canal qui entourait le palais, malgré toutes les explications des gardes et fonctionnaires du palais et il fallut qu'un haut dignitaire vint lui-même l'en supplier. Cm IX 224. |
5) «Première année Khaï Thaï DH A” Sk Tt NI 426 43a. Cm IX 224.
6) « Troisième année Khai Thai» SX T4 44a 450. Cm IX 34b 35a.
7) Elles étaient commandées par le Huë Tue Vu’ong Dai Niên GA Et + K e Cf. les paroles dont Ninh Hoàng le gratifia à son retour. 8% 74 VI 44 45a. Cm IX 254.
8) En 1327 il s’en présenta deux. Quatrième année Tai Ting LS : à la
souverain ‘) qui prétend ne tenir sa couronne et ses droits que de lui-même. Nul ne lui demanda compte de cette attitude: en Annam l'habitude qu'avaient adoptée les Empereurs de la dynastie Trân d'abdiquer et de remettre l'apparence du pouvoir à un enfant en tutelle ?) n’était pas faite pour rehausser le prestige de l'Empire au dehors; en Chine, la scission se faisait chaque jour plus grande entre les Mongols et la population indigène, et déjà se dessinait le mouvement national qui devait faire succomber, sous les coups des
Ming, la dynastie qui règna sur le plus grand empire du monde ÿ).
“cinquième lune, jour Ki-Wei E À Yuan Che XXX Sa.» Idem à la septième lune,
»le Champa offre deux éléphants dressés,. Yuan Che XXX 86. 1528 ,Première année
»Tche Houo F4 1 à la première lune, Yuan Che XXX 9a. 1330 Première année
»Tche Chouan æ NE , à la deuxième lune, le Champa envoie son sujet Kao ngan Tou seu Er ffrir le tribut, Ye XXX à JF] IE #T pi) offrir le tribut, Yuan Ce XXXV ZA: | 1) En 1329 ,Première année Khai huu BH Don » Trân-khäc-Chung demandait une
expédition ,contre le Champa qui négligeait ses devoirs de vassal, 74 VI 49a. 2) Trân-thäi-Tôn Pit K TR: le fondateur de la dynastie, abdique en faveur de
\ son fils Trân-thanh-Tôn Pit En ES âgé de 17 ans. 1258. Celui-ci, en 1278, transmet
\ le pouvoir à son fils Trän-nho’n-Tôn il 1 Te qui n’a que 20 ans. Nho’n-Tôn à son La LL W "mA a D: 4 tour abdique en faveur de son fils Trân-Anh-Tôn Pit re D (Anh-Hoàng) qui a 26 ans, \ : À ee ; ; nb TA di 1293. Anh-Tôn quitte le pouvoir en 1314 et le confie à Trân-minh-Tôn Pit H} DS
âgé seulement de 5 ans; ce dernier enfin, en 1329, ayant à peine 20 ans, abdique en
\ faveur de son fils cadet Trân-hiên-Tôn Bi FR
quand ce dernier meurt, en 1341, la même année que Chè A-Nan, l’Annam, depuis 27
ni DE ;: : Are 7 qui n'avait que dix ans. Si bien que,
ans, était gouverné par un prince en tutelle.
3) Jen Tsong À= Æ* mort en 1320, son’fils Ying Tsong ii = Che to pa la
Soutai-Bala #H fi j\ il) ) fut assassiné en 1323 après trois ans de règne, âgé de 21 ans seulement. T’ai Ting LS É Tie mou eul A À EU Yesoun-Timour) son successeur mourut au bout de quatre ans de règne (1324—1328). Minh Tsong HF — Houo Che la An TE Fil fils de l'Empereur Wou Tsong, s’empare du trône, mais est supprimé par son frère Wen Tsong D'é Te (T’ou Mou eul, Tob Timour jui HE A3 quatre mois après son avènement. Wen Tsong ne règna que trois ans (1330—1332) et fut
z : | : 2 s LEE remplacé par le fils de Minh Tsong, (T’o Houan Tie Mou eul Togan Timour) ke. 12
jus FPE Fa qui règne, sous le nom de Chouen Ti NE fr et fut le dernier empereur DS
de la dynastie de Yuan. 1333—1368.
Ché A-Nan vécut les onze dernières de son règne dans la paix et l'indépendance, et donna à son peuple une tranquillité qu'il ignorait depuis si longtemps.
C'est sous son règne, sans doute, que le «Bienheureux Frère «Odoric de Pordenone ‘)» visita le Champa, et y trouva si grandes merveilles qu’elles méritent d’être enregistrées: «Près de l’isle Natem, «est un royaume qui a nom Campe et y a très bel pays, car on «y treuve toutes manières de vivres à tres grant habondance de chiens. Le roy qui en ce pays regnoit quant je y fus, avait bien «CC enfants, que fieux que filles: car il avoit pluseurs femmes € espousées et grant planté de concubines. Ce roy a bien quatorze € mille oliphans privez, lesquelz il fait garder et nourrir par gens «de ses villes. En ce pays treuve on grande merveille: car toutes «mauières de poisson que on treuve en la mer vient en ce pays «si que on ne vois riens en cette mer fors que poisson. Et vient «chascune espèce de poisson par lui, et demeure trois jours droit «à la rive, et puis s'en va cette manière de poisson. Puis vient «une autre generaction et fait ce meismes et sic de alüs jusques à «tant que tous y sont venus une fois on en l'an tant seulement. «Et quant on demande à ceulx du pays dont ce vient et que ce «monte, ilz dient que ces poissons viennent faire reverence au roy «de ce pays. En ceste contrée vy je une limace*) qui estoit si «grande que ce estoit merveille. Elle estoit plus grande que le cclochier Saint-Martin de Padue, se il feult ainsi tournez comme «maison de lymace. Quant aucuns homs meurt en ce pays on en-
1) Religieux, de l’ordre des frenciscains, qui voyagea en Asie de 1318 à 1330 et mourut à son retour en son couvent d’Udine le 14 Janvier 1331. Les Voyages en Asie au XIV siècle du Bienheureux Frère Odoric de Pordenone, Religieux de Saint François, publiés avec une introduction et des notes par HeNRt CORDIER. Paris. Leroux MDOCCCXCI. Le chapitre que je transeris ici est intitulé «Du royaume de Campe» et se trouve à la
. 187 de l’édition de H. Corprer.
2) Une «tortue» dit le Commentaire.
€sevelist sa femme avec lui, car ilz dient que drois est que elle «demeure avec lui en l’autre siècle».
De son vivant, Ché A-Nan avait pris en affection son gendre Trà Hoù Bô Pé ‘) et lui avait confié des fonctions plus importantes ?) qu'à son propre fils Ché M6 8). Bô pé, tout en faisant montre à l'égard de ce dernier de grands sentiments d'affection, le défendant et s'interposant lorsqu'il s'attirait le blâme de son père, le desservait sous main dans l'esprit de la population. Il s'attacha, en même temps, à obliger et s'assurer la dévotion des Grands de l’armée, si bien qu’à la mort de Ché A-Nan, Trà Hoù B6 Dé n’eut pas de peine à évincer Ché M6 et se faire reconnaître roi en sa place. Juin 1342 ‘).
Ché M6 n'accepta pas cette usurpation; il prit la campagne, souleva les populations restées loyalistes et lutta dix ans pour reconquérir la couronne. Vaincu, sans ressource, il en fut réduit à solliciter l'appui de l’ennemi séculaire de son pays et de sa race, et
se ne à la Cour de Du Hoàng, 1346 5). Celui-ci en profita pour
1) Trà Hoù Bô Dé Z fi in JÉ gendre (À 45) de Chê A-Nan. Sk Tt
VII 164. Cm IX 416.
1 ! 2 2) Lorsque le roi Chè A-Nan était encore en vie, son fils Chè M6 remplissait les
/ \ / \ fonctions de BG Diên et son gendre celles de Bô dè Tt NII 164. 15 À Fi LE | Cm X 3a. Ils donnent à propos de ces deux titres les ORNE suivantes: , BÔ Diên :
Ja traduction en signifie Dai vu’o’ng K Æ (grand roi); Bô Dé, la traduction en signifie TÉ Tu’o’ng a #H , Ministre d'Etat. SE TE NII 16. Cm X 36.
3) Chè Mê Mi] HE Ge 24 écrit EE) Sk Te VII 164. Cm X 3e 4e.
4 » Deuxième année Thiéu Phong El. à à la cinquième lune, le Roi du Champa ) En q P
.Ché 4- Nan étant mort, son gendre Trà Hoù Bô D: s’éleva lui-même au trône et envoya
un ambassadeur (à la Cour d'Annam) annoncer le décès de son beau père. 5% Tt VIT.
Cm IX 416.
5) »Douzième année Thiéa Phong, au printemps, à la troisième lune,. Sx T4 VII, NT \ T1 Dr 2 164. Cm X 3a. Trân-Du-Tôn fils de Trên Minh Tôn Bi rs FX > prince Cao dgL
règna sous le nom de Du Hoàng Z4 É1. Il fut élevé au trône, à l’âge de six ans, À ==
\ ] ère Trân hiên Tô HE a i ’o’ng i règ
a mort de JL frère Trân hièn Tôn IS] RER ge Prince Vw’o’ng HE qui règna sous le nom de Trièt Hoàng +}; EE de 1329 à 1341. Il ne prit la direction effective du pou-
[il Trà-Hoù Bô- Dé 1342—
rappeler à Bô pé qu'il n'avait pas présenté le tribut depuis son avènement et lui en demander les causes. Bô P& ne se trouvait pas en état de répondre par les armes à cette injonction et se hâta d’envoyer un ambassadeur; ses présents furent jugés insuffisants !). Ché M6 fut bien reçu et ses préseuts ?) furent acceptés avec force remerciments; on le combla d'honneur et de belles promesses, mais d'expédition il ne fut point question; si bien qu'au bout d’un an, fatigué d’attendre, il conta un jour cet apologue: «Autrefois, «en mon pays, vivait un roi qui élevait un singe et l’aimait beau- «coup. Il désira l'entendre parler et promit dix mille livres d’or «à qui lui donnerait la parole. Un homme se présente; il est accepté, «exige cent livres d’or par mois pour les drogues et demande un «délai de trois ans. D'ici là, se disait notre charlatan, le roi, le «singe ou moi serons morts *)». On comprit et on décida de tenter l'aventure. L'armée partit à la sixième lune 1353 ‘); mais ne reucontrant pas à C6-Luy 5) la flotte qui devait la ravitailler en vivres
et munitions, elle rebroussa chemin, ramenant Ché M6 avec elle, Il
mourut peu après ‘).
voir qu’en 1357, à la mort de son père Ninh Hoang (Trân-minh-Tôn) et mourut en 1369. 1) Sixième année Thiêu Phong (1346) au printemps, on envoie Phàm-ngu’o’n-Hadng
«jÙ TÉ 5 comme ambassadeur au Champa, adresser des remontrances de ce que
(le Roi) n’envoyait pas le tribut; en hiver, au dixième mois, le Champa fait présenter le
"tribut, mais il était de piètre importance». Sk T£ VII 1346. Cm IX 464.
2) Il offrit à l'Empereur ,uu cheval blanc, un éléphant blanc, une fourmi longue d’ rune coudée neuf dixièmes (070, environ!) et divers produits du pays». Cm X 3a.
3) Il est curieux de retrouver, en plein XIV° s. au Champa et en Annam, la trame d’une des fables de La Fontaine. ,Le Charlatan (fable XIX) »que ses commentateurs disent tirée des ,Poggii Facetiae,. J’ai traduit à peu près textuellement l’apologue tel qu’il est au 7% VII 165 et au Cm X 46.
4) ,Treizième année Thiéu Phong, à la sixième lune, S# 74 VII 166. Cm X 4a.
5) Cô Luy nr HN - C’était autrefois la limite (Sud) du Je-Nan. A partir des Tang \ .
il fit partie du Champa. Lorsque Hô Häu Thu’o’ng en eut obtenu la cession pour prix de
sa victoire sur Ba-dich-lai (1403) il en fit les Châu de Tu’ A, & de Nghia &.
Sous les Lé il forma la préfecture FF de Tu’ Nghia Æ &. C’est aujourd’hui la
province A de Quang Nghia FÉ & Cm X 5a.
6) Sk Té NII 166. Cm X 4a b. 5a.
Trà Hoù Bô Pé conçut un «orgueil» immodéré de l'échec de son beau-frère et de la retraite des troupes annamites, et voulut profiter des circonstances pour réoccuper le Hoù Châu ‘); il échoua à la première attaque et la Cour d'Annam ayant envoyé Tu'o’ng
häng Siêu y tenir garnison, il n’insista pas (neuvième lune 13538) ?). Il eut pour successeur Ché Bông Nya *) auquel les Chinois ses tribuent le nom de Ngo-ta-Noo Tehô ‘) et en qui Aymonier croit retrouver le Binasuor de la Chronique ‘). Nous ignorons ses titres à la couronne et sa parenté avec Trà Hoù B6 Dé. Nous ne sommes
pas plus renseignés sur la date de son avènement. Les textes Anna-
1) Ia partie Sud du Quang Tri, à peu près la région actuelle de Huëê.
2) Tu’éng bénh Sièu PE : A 54 Te VII 174. Om X 56.
3) Chè Bông Nga fl Æ Sk Tt VII 436 & sqq. Cm X 394 et sqq.
4) Ngo ta ngo tchô Mn À PT] Æ$. Mxy Che IT 4e COOXXIV 13 & sqq.
5) Selon AYMONIER 82 Ché Bông Nga est une ,transcription probable de Chéi Bañguo’r »(Cëi Vañu) le prince fleur?,. Mais aucun texte, que je sache, ne fournit cette forme Bañhuo’r (baïno’r ou bañuor, fleur). La Chronique Royale, dont AyYMoNIER donne un fac. simile à la suite de sa Grammaire de la Langue Chame. Excursions et Reconnaissances XIV. 31. Saigon 1889, porte à la ligne 23 Binna thuo’r et à la ligne 26 Binne thuo’r. Or Thuo’r — qui se prononce suo’r (du se svar cicl, paradis) — est une terminaison commune à beaucoup de rois: Debata Thuo’r, Patal Thuo’r, etc, Reste Binna ou Bhinne qui ne peut pas venir de Bañuo’r, mais semble être une déformation chame du sanscrit #hinna, brisé, perdu, percé, marqué d’une cicatrice, dont le dictionnaire tam donne la forme Bhin. Quoi qu’il en soit d’ailleurs, il est fort possible que le Bhinne Thuo’r des traditions chames rappelle le souvenir, très déformé par la légende, du roi Chè Bông Nga. Voici ce qu'en dit la Cronique Royale (AYMONIER Grammaire de la Langue Chame D. XIV 31. 88) ,Alors le Po Bhinne Thuo’r, frère cadet utérin du roi Patal Thuo’r, monta sur le trône en l’année du dragon. Ce roi règna quarante six ans à la capitale Angoué; il quitta le trône en l’année du buflle (au XIV® s. la première année du dragon à été "1304 et la première du buflle 1301)-. Et AYMONTER dans ses Légendes Historiques des Chames. Excursions et Reconnaissances XIV n° 32, nous donne, d’après ,un autre manuscrit, qu’il ne désigne pas plus explicitement, le développement qui suit. ,En l’année du serpent les Annamites amenèrent des troupes entourer la capitale Bal Thuh. Le dieu (le roi) »Binoe-Thno’r fit une sortie et battit le roi Yuon, qui reprit le chemin de son royaume. Les Annamites furent massacrés par toutes les routes, leur sang inondait les plaines. A »Bal Thuh, leurs têtes furent amoncelées en pyramides hautes comme des montagnes. Puis rle dieu Binoe Thuo’r les suivit, s’empara du roi Yuon et subjugua l’Annam; mais il y
prit femme, et il perdit la vie et la royauté en ce pays des Yuon,.
mites, à ma connaissance, prononcent son nom pour la première fois en 1376 ‘). Les Annales Chinoises nous disent qu'en 1369, il fut <nommé Roi du Champa» *) mais c'était là simplement reconnaissance par le premier empereur de la dynastie des Ming 3) d’un fait accompli depuis longtemps. C'est à partir de 1361 que commencent contre l’Annam les campagnes victorieuses qui se succèderont presque sans interruption jusqu’à la mort de Ché Bông Noa, en 1390; il serait assez étonnant que l’ardeur belliqueuse et les qualités militaires de Trà Ho B6 dè aient attendu la vingtième année de son règne pour se manifester, et il semble plus rationnel de voir dans la reprise soudaine des hostilités la preuve de l'avènement d'un jeune prince, doué de qualités guerrières remarquables. Aussi bien, fixeronsnous aux environs de l’année 1860 l'avènement de Ché Bông Nga.
En 1361 ‘) le nouveau Roi du Champa fait tout à coup irruption dans le port de Da Li‘), met en fuite les quelques troupes qui le défendent, pille la ville et ses environs, fait un massacre de la po-
pulation et repreud la mer, chargé de butin‘). Du-Hoàng nomme
1) » Quatrième année Long Khanh, Æ LA Sk TE NII 438 Cm X 39.
2) »Deuxième année Hong Wou dE nee . Ming Che I 4a. CCCXXIV 134.
3) Profitant de l'insurrection qui, depuis 1348, troublait le Sud de la Chine, Tchouyuan-tchang À TÉ EE s'empare de Kin-ling & 5 (Nan-King) en 1356, de Teh’ang Tcheou + hf] et de Yang Tcheou k: PH en 1357, bat en 1364, Tch’en
=L c 7150 you lang ii X EX — rebelle lui aussi contre les Yuan, et qui s'était en 1360, déclaré Empereur de la dynastie des Han, — et se proëlame lui-même Empereur Wou FH. À la mort de Ming-yu-Tchen HF Æ > (1366), qui depuis 1363 était Empereur Ha E] il reste seul en face du dernier des Yuan, Chouen Ti, continue sa marche
conquérante, se proclame en 1368. , Empereur Ming, et installe sa capitale à Nan King.
Chouen Ti prend la fuite et meurt l’année suivante (1369). 4) »Quatrième année Pai-Tri K He au printemps, à la troisième lune, SÆ Té VII 24a. Cm X 146.
5) Le port de Da-Li SE H # F4 se trouve à présent, dit le Cm X 15a,
(l »dans le village de Li-Hoà H fl du huyên de Bô Trach in +
6) 54 Tt 2a. Cm X 146.
aussitôt Pham A-Song préfet !) de la province de Lâm Binh, dont Pa-Li faisait partie, et le charge de mettre la région en état de défense *); mais les Chams recommencent l’année suivante *), à la troisième lune, et dévastent le chef-lieu du Hoä-Châu. L'Empereur ne peut qu’ordonner de relever les ruines encore fumantes et charger D6-tu’-Binh de passer l'inspection des troupes du Lâm-Binh et du Thuân-H6a “).
Pendant deux ans les populations de ces provinces ne furent pas inquiétées; mais comme les garçons et les filles étaient réunis à Bà-du'o'ng *) pour fêter, selon la coutume du Hoa-Châu, le début de l’année Ât-Ti‘) en jouant à l’escarpolette 7), les Chams qui, depuis les derniers jours du mois précédent *) se tenaient cachés dans les mamelons environnants, surgirent à l'improviste, raflèrent filles et garçons, puis filèrent à toutes voiles ?).
L'année suivante !‘), ils furent moins heureux. Pham A-Song les attendait; à peine débarqués dans le Lâm Binh ils sont assaillis,
culbutés et mis en fuite !!). Enfin, comme les incursions Chames con-
1) Tri Phu FH KF ch Tche Fou.
2) »Quatrième année Hai-Tri, cinquième lune,. Pham A-Song SO Fry 1 (ou selon le 7). Sk Tt VII 244. Cm X 148.
3) »Cinquième année Dai Tri, troisième lune, 1362. S4 T4 VII 25a. 4) Dôtu-Binh ÀE F 2. Le Ze VII 254. Cm X 168.
5) Ba du’o’ng JE D . Les Annales ne donnent aucun renseignement sur cet emplacement. Ce devait être probablement un site agréable, situé dans les environs du chef-lieu et où on se réunissait aux jours de fête.
6) ÂcTi FA} EF . nHuitième année Pai-Tri au printemps, à la première lune, 1365. Sk Tt VII 266 27a Cm X 19.
7) Thu thièn ik LES ch ts’ieou-ts’ien.
8) -Douzième lune de la septième année Dai-Tii, S4 T4 VII 286.
9) Sk Tu VII 285 29a Cm X 19a.
° 10) ,Neuvième année Pai-Tri, à la troisième lune, 1366. Sk T# VI1 276 Cm X 19 20a.
11) Pham A-Song fut, à la suite de ce succès, élevé au grade de Pa tri phu hänh
quân th ngu” sw. 0 SN MF ÀT Ep EE se 1e vit 276. Cm X 202.
tinuaient, Trân-thé-Hu’ng reçoit, en janvier 1368 ‘), le commandement d’une expédition avec D6-tu’-Binh ?). L'armée venait de partir, qu'un ambassadeur se présentait à Dü-Hoàng et demandait la rétrocession du Hoä-Châu *). Il fut éconduit; mais Ché Bông Nga, averti de l’arrivée des troupes annamites, s’embusque au lieu dit «Caverne Chame» “) les surprend, leur inflige une sanglante défaite et fait prisonnier Thé-Hu’ng. Tu’-Binh battit précipitamment en retraite avec ce qui restait de l’armée, Mai 1368 *).
Cependant Tehou Yuan Tehang ‘) se proclamait «Empereur Ming» et installait sa cour à Nan-King. Dès l’année suivante, il envoie, à tous les états vassaux l’ordre de venir faire acte de soumission. Avant même réception de l’édit, Ché Bông Nga avait expédié au nouvel empereur des éléphants, des tigres et autres produits du pays. Yuan Tchang, heureux de cet empressement, désigna un de ses dignitaires pour reconduire l'ambassadeur et remettre à Ché Bông
Nga un édit *) le nommant «Roi du Champa», un sceau, trois mille
1) ,Dixième année Dai-Tri, en hiver, à la douzième lune, 7% VII, 276. Cm X 206.
La dixième année Dai-Tri correspond en réalité à 1367.
2) Trân-thé-ILu’ng Pi TE F4, du grade de Minh Tu HF =" est nommé Thông quûn hañh khièn A fi ÂT JE et Pôtu”-Binh ft S. 2. au grade de DT tri thu’o’ng tho’, ta tw su” F] PA fi EE ua A] #. Tt NII 276.
) »Onzième année Dai- Tri, à la sixième lune, 1368. L’ambassadeur se nommait Muc
bà ma 1 JE É. Sk T4 NII 284. Cm X 2la.
4) D'après le Cm X 208 21e »Chièm Dông on ‘l était, au (one des Tang, nterre de l'ancien Je-Nan. Ce devint ensuite territoire Cham. Sous Hô Héu Thu’o’ng
»(1400—1407) on le divisa et on en fit les deux châu de Thäng $F et de Hoa Âk, .
»Sous les Lé on les réunit sous le nom de Thäng hoa Phu SF Ât, FF: C’est maintenant le Thäng Binh Phu de la province de Quäng Nam.
5) »Onzième année Dai Tri, au printemps, à la quatrième lune, 54 T£ VII 28a. Le Cm X 206, par la façon dont il narre cette défaite, semble la placer fautivement à la
douzième lune de la dixième année Dai-Tri
6) Tchou Yuan Tchang À TJ Jr , nièn hao Hong Wou dE ii: nom de règne T’ai Tsou K MEL
7) L’édit fut signé »au jour du douzième mois de la deuxième année Hong Wou, 11 Janvier 1370. Ming Che IT 4a.
calendriers et quarante pièces de soie de différentes couleurs. Le Souverain Cham y répondit par l'envoi d’une nouvelle ambassade, 1370 '), et désormais il s’attacha à renouveler l'hommage le plus régulièrement possible *). Cette même année, 1370 *) Yuan Tchang chargea un de ses fonctionnaires d’aller au Champa offrir des sacrifices propitiatoires aux génies des montagnes et des fleuves et instituer des examens pour les étudiants. Il enjoignait en même temps à l’Annam et au Champa de cesser leurs guerres et vivre en bonne intelligence +).
Du Hong était mort en Juin 1369 5). Malgré les observations des grands mandarins, un fils reconnu de son frère aîné ©) fut, grâce aux intrigues de sa mère Du’o’ng Khu’o’ng proclamé roi, par la Reine douairière, veuve de Ninh Hoàng: il se nommait Du'o’ng-
nhw’t-Lé 7). Phü, frère du défunt frustré de ses droits, se réfugia
1) Ming Che IT 46 et Notice sur le Champa. CCOXXIV 134.
2) »Depuis ce temps, il continua à offrir le tribut, soit une fois par an, soit une fois rtous les deux ans, soit deux fois par an». Ming Che CCOXXIV 136.
3) »Troisième année Hong Wou, Ming Che CCCXXIV 130.
4) Dans la notice sur le Champa du Ming Che CCCXXIV 136, il est dit à la troisième année Hong Wou 1370: ,Au commencement [de l’année] l’Annam et le Champa étaient venus aux mains; le fils du Ciel envoya un ambassadeur les séparer; mais l’Annam vint sassaillir (le Champa), et la notice sur l’Annam, Ming Che CCCXXI la, écrit, à la deuxième année Hong-Wou 1369 — le texte emploie deux fois de suite le terme HF a »Vannée suivante,, ce qui ne le rend pas des plus clairs; je crois bien cependant qu’il faut lire ,deuxième année Hong-Wou, — ,A ce moment, l’Annam et le Champa en étaient »venus aux mains; l'Empereur ordonne de leur enjoindre de cesser la guerre. Or, en 1369 pas plus qu’en 1370, les textes annamites ne parlent de guerre entre les deux pays; PAnnam était alors troublé par l’usurpation de Du’o’ng-nhut-Lé (cf. infra) et ne songeait pas à attaquer le Champa. Aussi bien, les Annales n’ont fait probablement qu’enregistrer les lettres adressées à l'Empereur tant par l’Annam qne par le Champa, où chacun accusait l’autre d’envahir son territoire et demandait des armes et des subsides.
5) »Douzième année Dai-Tri, cinquième lune, vingt cinquième jour, [Sk% VII dit quatrième lune,] 74 286. Cm X 224.
6) Due Fm, fils aîné de Ninh-Hoàng (Trân-minh-Tôn) portait le titre de Cung Tue Vu’o’ng.
7) Du’o’ng-nhu't-Jè À H TE. Sa mère, une comédienne, nommée Du’o’ng Khu’o’ng D Es , était enceinte de lui, lorsque Cung Tüc Vu’o’ng, ayant conçu pour
dans la montagne, s’y constitua une armée et, l’année suivante, s'emparait de Nhu't-Lè, le jetait en prison ‘) et prenait possession du trône sous le nom de Nghia-Hoàng ?), onzième lune 1370 *). La mère de l’usurpateur, Du’o’ng Khu'o’ng, prit la fuite et se réfugia à la cour de Chè Bông Nga. Elle lui représenta les frontières dégarnies, les places fortes démunies et excita ses convoitises par la description du butin qu'il ne manquerait pas de rapporter d’une invasion inopinée en Annam. Il ne put résister à la tentation et mit à la voile à la troisième lune de 1371 “): il pénètre dans le delta par le port de Dai-An‘), marche directement sur la capitale «comme en «simple promenade», et parvient au gué de Chäi Cô qui n’est pas défendu ©). Il entre dans la ville au moment où Nohia-Hoàng la
quittait ”), enlève les enfants et les femmes, s'empare de gemmes et
elle un grand amour, l’épousa et reconnut l'enfant qu’elle portait. Celui-ci n'avait donc aucun droit au trône.
1) On lui attribua le titre de Hôn-Di’e-Công K pi À . I] fut tué quelques jours après pour avoir étranglé Trân-ngô-Lang Eh . A qui l'avait trahi. SX Tt VII 33a 6. Cm X 266 27a.
2) Trân- nghé-Tôn Eh Eh 2 = prince Phu HA . Il était le troisième fils de Trân-minh-Tôn, portant le titre de Cung-Dinh-Vu'ong LIN ns +. Il prit à son
avènement le titre de Nghia-Hoàng & Es 1 abdiqua, en 1371, en faveur de son frère Kinh BL
3) Deuxième année PDai-PDinh K Œ à la onzième lune, au treizième jour, S# Tt VII 334.
4) »Deuxième année Thiéu Khänh #7 LE troisième lune intercalaire». Sk T4 VII 37a. Cm X 30a.
5) Pai an X €.
6) Le gué ou bac de Châi cé K TE C’est Hope hui le hameau É; phu’è’ng]
de Phuc cé Âÿ # dans le huyên de Tho Xu’o’ng = = de Hà-Noi ve] NE Cm X 306.
7) I1 s’enfuit à Tong Ngan K Fe. cô Phäp nr “Æ fut d’abord le nom d'un Châu FN sous les Pin ; puis en fit le chàau de cé Jam tr Ed PM: les Lé changèrent ce nom en celui de cé Phäp. Les Li en firent le Phu de Thièn-Pji’e K fi KF et les Trân le huyên de Tông Ngan K JF : Sous les Lé on lui rendit son an-
étoffes précieuses, met le feu au palais impérial, détruit les archives eb tout ce qui y était enfermé, 1371 !).
L'année suivante *) parvint à Yuan-Tehang une lettre du Roi du Champa écrite en caractères du pays sur une feuille de papier doré *). «Sa Majesté, le Grand Empereur Ming ‘) disait-elle, du haut «de son précieux trône, gouverne les peuples des quatre mers comme «la Terre et le Ciel les portent et les couvrent, comme le Soleil et «la Lune font descendre leurs rayons sur eux. Sur moi, Ngo-ta «Ngo-tchô, misérable fétu, elle a déjà répandu ses bienfaits en char- «geant un ambassadeur de venir m'établir sur le trône et me remettre «un sceau doré; et je ne cesse de l’en remercier et de penser con- «stammert à elle. Aujourd’hui l’Annam amène des armées pour s'emparer de mon territoire et mettre ses habitants au pillage. Je «viens done supplier S.M. l'Empereur de m'envoyer des équipements «militaires, des instruments de musique et des musiciens. Ainsi «l'Annam verra que mon Royaume de Champa est terre tributaire «de S.M. et n'osera plus le molester 5)».
Pas de date, mais les documents annamites sont assez précis pour qu'il soit possible d'affirmer qu'aucune armée des Tràn ne
vint, cette année, attaquer le Champa. Ché-Bông-Noa mentait ef-
cien nom. (est maintenant le huyên de Tông Ngan de Bac Ninh JU me . Cm II = 68 X 308.
1) »Deuxième année Thiéu Khänh, troisième lune intercalaire, vingt septième jour,. Tt NII 37a.
2) La notice sur le Champa, Ming Che CCCXXIV 136 donne la lettre comme envoyée en quatrième année Hong-Wou-: = 1371, mais les Annales Principales qui ne portent aucune ambassade du Champa en cette quatrième année, Ming Che II 4b en mentionnent une en ,cinquième année, = 1372, Ming Che II 5a. On pourrait done admettre que la notice sur le Champa, enregistrant la lettre elle-même fournit la date de sa rédaction, portée sur la lettre elle-même, tandis que les Annales Principales ont noté la date d'arrivée à la Cour de l'ambassade qui l’apportait.
3) Ayant une coudée de long sur une demi coudée de large, Ming Che CCOXXINV 135.
5) Ming Che CCCXXIV 134.
frontément; désireux de s’assurer la neutralité de la Chine, il s’efforçait d’imputer l’agression à l'ennemi même dout il envahissait le territoire et saccageait la capitale: bien plus il demandait qu’on l'aidât. Yuan-Tchang n’envoya rieu et se borna à se répandre en bons conseils que le Ministre des Rites eut charge de coucher sur un édit: «Champa et Annam servent l’un et l’autre l'Empereur !) «et l’un comme l’autre lui présentent leurs vœux au premier jour «du premier mois. Pourquoi alors s’arrogent-ils le droit de troubler «l’ordre, manquant ainsi à leurs devoirs envers l'Empereur, et rom- «pant les relations amicales avec le voisin? A partir de ce jour, «l’Annam doit rentrer ses armées, le Champa faire la paix avec «lui et chacun s'occuper de son propre territoire. Pour ce qui est «des équipements militaires, en fournir au Champa au moment où «les deux pays sont en désaccord serait l’exciter à la guerre et ne «constituerait pas le meilleur moyen d'arriver à conciliation. En ce “qui concerne les instruments de musique et les musiciens, je ne «puis donner satisfaction (au Roi du Champa), le langage et les «sons différant d’un pays à l’autre. Cependant, s’il est en ce royaume «des gens sachant le chinois, qu’on les envoie en Chine pour y faire des études (musicales?). Enfin il est défendu aux fonction- <naïres de la province de Fou-Kien *) de prélever des taxes sur «les Chams, en marque de faveur impériale ‘)». C'était une fin de non-recevoir, mais Ché Bông Nga avait réussi à persuader que les torts venaient de l’Annam: c’est tout ce qu'il demandait.
A cette époque, des pirates ‘) parcouraient la mer, interceptant
1) Tch’ao t’ing Eh ÆÆ :
2) Fou Kien Sing Ma FE À. Les fonctionnaires de cette province percevaient probablement une petite commission sur tout étranger se rendant à la Cour.
3) Ming Che CCCXXIV 136,
4) On les nommait Tchang-Jou-Hou pe PA EX et Lin-Fou et ils se donnaient eux-mêmes le titre de Yuan Che TÉ él »Chefs suprêmes, Ming Che CCCCXXIV 134.
les voies et pillant tout navire qu'ils rencontraient. Ché Bông Nga les poursuit, les atteint, les bat, noie les équipages et ramène vingt vaisseaux eb soixante dix mille livres de bois précieux ‘). Il en fait présent à l'Empereur Ming qui, heureux de ce succès, lui consentit plus de cadeaux que de coutume, 1373 ?).
Quelques mois plus tard, il apprit que l’Annam armait contre lui. Aussitôt après *) l'incendie et le pillage de sa capitale, et sans doute pour rompre le néfaste, Nghia-Hoàng avait désigné comme héritier présomptif son frère Kinh *) en faveur duquel il abdiqua au neuvième jour de la neuvième lune 1372. Khâm Hoùng, le nouvel Empereur, résolu à venger l’affront que le Champa avait infligé à sa dynastie, ordonnait, dès la huitième lune de l’année suivante, de compléter l'effectif des compagnies et commencer la construction de bateaux de guerre‘). Ché-Bông-Noa s'empresse d'écrire à Yuan Tchang qu’il est «attaqué par les Annamites». Celui-ci, fatigué de ces perpétuelles plaintes et remarquant que, si cette année le Champa se plaignait d’une agression annamite, l’année précédente c'était l’Annam qui demandait aide contre une agression chame et qu'il était, par conséquent, impossible de savoir de qui provenait le tort, s’en tint aux paroles et fit donner l’ordre à chacun d’avoir à déposer
les armes et vivre en bonne intelligence f).
1) fi À Sou-mou Coesalpinia, bois des Indes, COUvREUR.
2) »Sixième année Hong-Wou, Ming Che CCCXXIV 138. C’est probablement cette ambassade qui est mentionnée au K. II 5a des Annales Principales. En outre celles-ci, IT 56, en placent une en 1375 ,huitième année Hong-Wou,, qui n’est pas mentionnée dans la notice sur le Champa.
3) La prise de Hà-Nôi avait eu lieu le vingt septième jour de la troisième lune 1371 et Kinh fut nommé héritier présomptif à la quatrième lune. 74 VII 376 38a. Cm X 31a.
4) Trân-Duë-Tôn IS] LAS RE prince Kinh FL, onzième fils de Trân-Minh-Tôn; portait avant son avènement, le titre de Cung-Tuyên-Vu’o’ng 1 + . I prit, en
montant sur le trône, le titre de Khûm Hoàng &R EE. Tt VII 398. Cm 330.
5) En hiver, à la huitième lune, de la première année Long Khänh, Æ Le . Tt VII 406. Cm X 340.
6) »Sixième année Hong-Wou, en hiver, Ming Che CCOXXIV 136. Les Annales
Au début de Janvier 1374 ‘), Khâm Hoàng annonçait qu'il conduirait lui-même les troupes, mais en été 1376 la campagne n'était pas encore entreprise. Il fallut une agression des Chams sur le Hoi Châu *?) pour que le projet fut mis à exécution. Khâm Hoàng ordonne de pousser activement l'instruction des troupes et la construction des bateaux de guerre, puis, à la sixième lune il manifeste à nouveau son intention de prendre la direction de l'expédition. Les Grands s'en émurent et, le mois suivant, lui adressèrent de pressantes représentations pour le faire revenir sur sa décision, le suppliant de confier la direction des armées à un général qui, assuraient-ils, saurait suffire à la tâche. Il refuse de les entendre, et donne l’ordre aux troupes du Thanh-Hoa et du Nghé-An de transporter et réunir à Hoä-Châu cinquante mille mesures de riz grillé “), puis, en présence de son frère l’ex-empereur Nghia-Hoàng ) il passe au fleuve de Bach Hät 5) une revue générale des troupes, dixième lune‘); enfin, les munitions distribuées, il se met en marche à la tête de l’armée forte de cent vingt mille hommes, Janvier 1377 ?).
Ché Bông Noa prend peur et se hâte d’expédier à Duê-Tôn dix
principales Miug Che II 54 signalent qu’en cette année 1373, le Champa vint présenter le tribut.
1) »Première année Long Khänh, en hiver, à la douzième lune,. 7€ VII 408. La première année Long Khänh correspond en réalité à l’année 1373.
2) . Quatrième année Long Khänh, en été, à la cinquième lune. 7£ VII 424. Cm X 38a.
3) » En automne, à la huitième lune,. 74 VII 434.
4) Le Té VII 43 dit ,les deux Empereurs,, le C# 38b écrit le Thu’o’ng Hong”
\ LÉ Æ était, en 1376 Trân-nghéTôn FE #8 2, sur le trône sous le nom de Nghia-Hoàng et avait reçu après son abdication, en 1372, le
titre de Quang hoa Anh triêt Thâi thu'ong Hoàng pè + £, re LA K "É EE fr Te NII 404. Cm X 33b 34a.
qui avait précédé Khâm-Hoàng
\ 5) Bach Hät Giäng = {EE 7T »Ainsi nommé du huyên de Bach Hät dans la province de So’n-Täy [ll py . Il fait suite, en amont au Po dà giäng sa ÉA VE be
“et communique en aval avec le Phü lu’o’ng giäng, Es: É TE : Cm NII 46 5a. 6) Tt 43a. Cm X 38 ab.
7) »Quatrième année Long Khänh, douzième lune,. 74 VII 43 ab. Cm X 39 ab.
plats d’or. Mais Pô-tu’-Biuh ‘), qui gardait le H6a-Châu, les intercepte, et, pour que son vol reste ignoré, excite encore l'Empereur à la guerre en lui montrant le Roi des Chams comme un homme méprisable, sans usage et avec qui il convenait n'avoir de relations que les armes à la main.
Cependant l’armée suivait la côte. A Nhu’t-Lê on campe, et pendant plus d’un mois on exerce officiers et soldats. De son côté, Lê qui Lÿ, chargé de transporter par eau les approvisionnements fournis par le Noœhé-An et le Tän-Binh, les réunissait au port de Di-luän *) et les embarquait sur de nombreux navires *). Le vingttroisième jour de la première lune 1377 ‘) la grande armée arrivait au pont de pierre qui se trouve à l'entrée du canal de Cri Banûi *) et campait au poste d'Y-Mang 5), en vue de Vijaya ) que Ché Bông Nga avait entourée d’une enceinte palissadée. Un Cham °) se présente à Khâm-Hoàng, lui dit la ville déserte, le Roi en fuite et assure qu'en faisant vite on pourra facilement le rattraper. En vain le
Général en Chef P6-Lé *) lui rappelle les règles les plus élémentaires
1) Détu-Bih ÀE - 2.
2) Le port Di-luân Ti 5 #+ il se trouve à présent au village de Di luän, “huyên de Binh Chänh 2P: DZ , province de Quäng Binb,. Cm X 398. C’est le port appelé vulgairement Ron à l’embouchure du Cu'a Ron. Cf. Canrere, B.E F.E.O. H. 63, IV 204.
3) TE NII 4346. Cm 30ab.
4) ,Cinquième aunée Long Khänh, Te VII 4535. Cm X 394.
5) Thi Nai Câng Fr if} 2 supra.
2 2 6) Y Mang dông fi JD ‘fl le »poste. d’Y Mang. Un ‘bel dong est, chez les Annamites, un poste situé dans la forêt ou la montagne. Le Cm X 41ab dit. , Depuis, le nom d’Y Mang a été changé et on ne sait à quel poste il s'applique; cependant le pont os »de pierre existe encore; il est situé au village de Phü-Ho . Au sommet de Ja ! ë ë Fr fi :
montagne (voisine?) il existe encore un poste que l’on soupçonne être celui de Y Mang,.
7) «En vue de la ville de Chà Bin E] Xe DR -.
8) 11 se nommait Muc-bà-ma HE De FE . C’est peut-être celui qui fut chargé,
en 1368, d’aller demander la rétrocession du Héa-Châu.
9) Dai tu'é’ng Di ré K LES FE 1e} . Le Général en Chef Dô LE.
de la guerre, le supplie d'envoyer des officiers en reconnaissance, de charger un lettré d'aller aux renseignements, il ne veut entendre aucun conseil de prudence, et finit par s’écrier en colère: «A ceux «qui ont un cœur de femme, il faut un vêtement de femme». Le vingt-quatre, donc, vêtu de noir, monté sur un cheval à robe foncée !), suivi du Ngu câu Vu’o’ng Su'c ?) habillé de blanc, sur un cheval blanc, il s’avance, au milieu de l’armée qui marchait sans ordre, à la queue leu leu, «en brochette de poissons» *). Les Chams font brusquement irruption, interceptent le passage, et provoquent une telle panique que l'Empereur tombe au milieu des rangs et y trouve la mort. Les généraux en chefs Pô Lé et Nguyên-nap-Hoù et le Hänh khiên Pham-Huyèn-Linh restèrent sur le champ de bataille 4). Nou câu Vuong SW’e se rendit; Pô-tu’-Binh, qui s'était tenu à l'arrière, ne porta nul secours et prit la fuite 5); Lé-qui-Lÿ, informé de la défaite, prit la haute mer‘).
Ché Bèng Nga se hâte alors d’appareiller et fait voile vers le Delta. Son approche fut connue de la capitale au début de la sixième lune. Le Thu’o'ng Hoàng, l'ex Nghia-Hoàng *), venait d'y proclamer
Empereur son neveu Hién qui avait pris le titre de Gian Hoàng *).
+ 1) De EE Æ Nè thông mä, un cheval couleur ,boue, ou »pelure d’oignon,. Tt NII 44a.
2) Ngu câu Vu’ong Sû’c {ip Fe Æ É c
3) A FA 74 VII 440. Cm X 406.
© Dai uog engineer k 4 DE XP A. Hanb khién Phamuyên-Tinh ÂT JE SIA LA ES.
5) Dô-tu’-Binh, à son retour, fut hué et reçu à coups de pierres. Il fut mis en jugement et envoyé dans les camps comme les soldats déserteurs. 72 VII 444. Cm X 41a.
6) Té NII 436 44dab. 4ba. Cm X 390 40ab. Ming Che CCCUXXI la et CCCXXIV 136. Khâm-Hoàng y est dénommé Thuyên Xi ou Trân-Thuyên Pi PE -
7) Cf. supra, p. 24.
\ 8) Trân Dé Hiôn [ff ft JM, prince Hiên JA, fs aîné de Trân-dué-Tôn
(Khâm-Hoàng); prit à son avènement, le treizième jour de la cinquième lune 1377, le
Il charge le Cung-chänh-v'u’ong-Su’ Hién !) d'aller défendre Dai-An; mais Ché Bông Nga passe par Thân Phù *), arrive directement à la capitale, la met au pillage pendant toute une journée *) puis s’en retourne par la bouche de Pai-An. En mer, il essuie une violente tempête et perd nombre de ses navires #). Le butin qu'il rapporta de cette expédition fit probablement tous les frais du tribut qu'il présenta, cette année, à Yuan Tchang ).
Ché Bông Nga avait donné une de ses filles en mariage à son prisonnier *) le Ngu câu vu’o’ng Su’c. L'année suivante ), à la cinquième lune il le conduit au Nghé-An, l'y installe comme Gouverneur *) après avoir occupé le pays et avoir fait accepter son autorité par les habitants, puis, à la sixième lune, franchit le fleuve Pai-Hoàn ?), bouscule Dô-tu’-Binh qui accourait, parvient à la capitale, s'en empare, fait prisonnier Lè Däc le Gouverneur, qu'il condamne à mort pour
n'avoir point consenti à se prosterner devant lui !°) et reprend la
titre de Gian Hoëng ff] Él. Ze VIT 459. Cm X 410. Le T4 VIII le le nomme
Phé pi F& fr »VEmpereur destitué,.
1) 4 DE Æ M FR. 24 vi 465. On X 424.
2) Thân Phù ip F+ Via à FA est l’ancien nom de Thân Dän. Cm X 424. Thân
Dâu se trouve dans le Ninh Binh LA] SP. à la limite du huyèn de Yên MÔ La
. Les L& lui donnèrent le nom de Thân Phàù. A présent c’est le Dai Vam K DIR (ou plus simplement le Dai). Cm 1 404.
8) En été, à la cinquième lune, au vingt et unième jour, 1377. T£ VII 456.
4) Tt NII 456 464. Cm X 410 42a.
5) “Dixième année Hong Wou, 1377. Ming Che IL 6a. Les Annales principales, Ming Che IX 56, en signalent également une en -Huitième année, 1375.
6) Zt VII Cm X 4la.
7) »Deuxième année Xu’6ng Phù JE Âéf- 1318. 24 VIII 18. Cm X 438 44a.
8) Avec un titre usurpé, disent les textes annamites. 7% VIII 14. Cm X 434.
9) Dai Hoàn giäng K La /L. C’est aujourd’hui le Dai-Hu'u giäang de Gia-
7 HA » on Viên FE LL K # VA D Cm 1 37a.
10) Lè Dâc F4 ff. Fait prisonnier il refusa de se prosterner devant le vainqueur
disant: ,Comment un Dignitaire d’un-pays tel que le mien se prosternerait-il devant toi
#qui ne cesses de proférer des injures?,. Chè Bông Nga, furieux, le fit mettre à mort. Il
route du Champa tout chargé du produit du pillage ‘) dont il adressa une partie sous forme de tribut à Yuan Tchang ?).
Dès lors, la population annamite vécut dans la terreur: Gian Hong fait transporter le trésor et les richesses de l'Etat à la montagne de Thiên Kién ‘) et dans les caveaux de Kha lang*) pour les soustraire à l’avidité des Chams, 1379 °). La précaution était bonne car, malgré l'injonction que lui adressait la Cour de Chine d’avoir à déposer les armes et laisser les Anpamites en paix‘), Ché Bông Nga entreprenait, en 13807), une nouvelle expédition. Il recrute des hommes au Tân Binh et au Thuân Héa, pille le Nghé-An en Mars, le Thanh Héa*) en Avril, et s’avance vers la capitale. Le vieux Roi donne à Lé-qui-Lÿ le commandement de l’armée de mer,
à Do-tu’-Binh celui de l’armée de terre, leur ordonne d'attendre
mourut en injuriant ses bourreaux. On lui donna le titre posthume de Mac täc trang
2 \ », "n . « QC à vo hâu ES HE pit EU 1 sujet fidèle qui insulte l’ennemi, et son fils, encore tout ca ÿ \ ù — jeune, reçut celui de Cân thi ki hâu ir 4 TK 1 sujet préféré de l'Empereur».
Sk Tt VIII 16. Cm X 44a.
1) T4 VIII 14. Cm X 43b 44a.
2) »Onzième année Hong Wou, Ming Che IT Ga.
3) Thiên Kiên so’n K fé LL] . Autre nom de la montagne de Fjja Cân Hi
\ EH LL, dans le village actuel de Thièn Kiôn du huyên de Thanh Lièm 5 H&, de la province de Hà-Nôi. Cm X 164 46a.
4) Les caveaux de Kha lang F] Eu fs Nom d’un village du Phu de Luong
. =L y» 2 = : - € Die gang Eh TE Le Il a changé de nom et il est impossible de l'identifier aujourd'hui.
Cm X 464. FÈ qui doit se prononcer Khäm, est une salle située en dessous d’une tour ou pagode de Bouddha. Cm 46a.
5) »Troisième année Xu’o’ng Phà, à la neuvième et dixième lune». 7£ VIII 34. Cm X 46a. 6) .En douzième année Hong Wou (1379) l'ambassadeur (du Champa) se présente,
sans que son arrivée ait été annoncée par les secrétaires de la Chancellerie du
, Conseil de l'Empereur (FH ci Tchong chou). Celui-ci blâma Hou Wei Yong nil ” JE F4 et Kiang Kouang Yang ?L F — qui sollicitèrent leur pardon. Il or- “donna de faire remettre au Roi du Champa des calendriers et des vêtements, de lui “donner l’ordre de reprendre les relations avec l’Annam et de poser les armes’. Mixy Che CCCXXIV 134.
7) »Quatrième année Xu’ong Phù,. 7% VIII 34. Cm X 46ab.
8) Diên Châu FA PM écrit le Tt VIII 34.
l'ennemi au fleuve Ngu') et de l'y arrêter. Lé-qui-Lÿ charge Nguyën-kim-Ngao, Général de l'armée de Thân Vo, et P6-da-Ca, Général de l’armée de Th; Vé ?) d'ouvrir le combat, mais le premier, faisant faire demi-tour à ses bateaux, prend la fuite. Lé-qui-Ly le fait mettre à mort, rallie la flotte au son du tam-tam, et avance sur les Chams. Ils sont battus et Ché Bông Nga bat en retraite ©).
La nouvelle de cette défaite parvint à la Cour de Chine au moment où un ambassadeur du Champa y présentait à l'Empereur les vœux d'anniversaire *). Yuan Tchang en profita pour faire une petite semonce à sou turbulent vassal. «Auparavant, lui écrivit-il, «ce sont les Annamites qui ont attaqué les Chams; ceux-ci les ont “battus et ont pénétré en Annam: d’où grande honte pour ce pays. «Les rois doivent se borner à veiller sur leurs frontières et donner «la paix à leurs peuples; c'est à ce prix seulement qu'ils jouissent «du bonheur parfait. Mettre ses armées en campagne, au contraire, «entreprendre des guerres pénibles, c’est jouer jeu dangereux ear «la victoire, pas plus que la défaite, n’est jamais assurée. L'aigrette «et le coquillage entretenaient querelle; vint un pêcheur qui les
«mangea. Bien souvent on regrette ses actions quand il est trop tard».
1) Ngu giang bé AL: *C’est dans le huyên de Hoàu Héa D, 74 du Thanh
”Hoa, à l’endroit où le courant du Ma giang FE 2 (Song Ma) se divise (en plusieurs bras). Cm X 47a.
2) Nguyën-kim-Ngao, ir & 2 Thân Vo Quân tu’6’ng mi nu fi LE
Général de l’armée de Thân-Vo D6 dà Ca À +. Thi-Vé Quân tu'éns À F5 HE > Général de l’armée de Thi-Vê. 74 VIII 44. Cm X 4686.
3) Tt VIII 3a 46. Cm X 46ab Aa. Lé-qui-Lÿ fut, à la suite de sa victoire, nommé Hänh Häi Tày pi thông Chè ÂT #$ pt #T *À il . Le Cm 4Ta dit à propos de ce titre: ,Le titre de Häi Tày Dao ff py HT. Gouverneur Général de l’Ouest de la mer, n'existait pas avant les Trân. Ce sont les Lé qui, au commencement de la »première année de Thuñn Thièn NE DS formèrent le Gouvernement Général de l'Ouest de la mer avec le Thänh-H6a, le Nghé-An, le Tân Binh et le Thuñn Héa. C’est done probamblement par erreur que les Anciennes Annales disent que ce titre fut attribué à Lé-qui-Lÿ,.
4) »En treizième année Hong-Wou, Ming Che II 66 CCCXXIV 136.
Malgré cette défaite Ché Bông Nga restait, en fait, maître du Thuân-H6a, du Tân-Binh et du Nghé-An, et le Thanh-H6a, soumis à ses incursions continuelles, échappait à peu près à l'autorité des Tran. Ceux-ci, malgré leur victoire, étaient en mauvaise position. Ils se virent contraints, en 1381 !), d'augmenter les impôts, de faire appel à toutes les réserves, de donner l’ordre même au Bonze de Dai-Nang *) d’enrôler tous les moines vigoureux et aptes à être soldats, ceux des provinces *) ainsi que ceux des régions éloignées qui n’ont pas de brevet‘). On exécutait bien les habitants du Thanh-Hôa qui avaient suivi les Chams *) mais le pays vivait dans la terreur et l'Empereur, craignant une nouvelle invasion, fit transporter à An-Sinh°) les Images”) des tombes de Cà-Hu’o’ng ‘) Thäi-Pu’o’àg *), Long-Hu’ng ‘°) et Kién xu’o’ng ‘’), sixième lune ‘).
1) Cinquième année Xu’o’ng Phù, au printemps, à la troisième lune,. Z£ VIII 45 5a. Cm X 476.
2) Dai Nang Thoàn su’, K fé je ÉP "Dai Nang K fé est un nom
de village. Il appartient maintenant au huyêu de Gia Binh FZ 2 de la province de Bac Ninh,. Cm X 48a.
3) Thièn ba tag KP 6.
4) Son lâm vô Do PDiép, LL LEA HE JE HE .
5) » Quatrième lune». 2% VIIT 54.
\ \ 6) An-Sinh a Æ. C’est un village du huyên de Pông Trièu K Hi] province : » \ \ NÉE \ de Häi-du’o’ng #$ Bx . Cm VI 188. Trân-anh-Tôn, Trân-minh-Tôn, Trân-du-Tôn, Trânnghé-Tôn y avaient déjà leur tombeau.
7) Thân Tuong, c4 Chen Siang ii} Le ; Image du défunt dans laquelle réside son âme.
8) Cù Hu’o’ng HE jy - "Ce nom a été changé en cop de Thàänh-Thi PK 1h
»qu’il porte à présent. Se trouve dans la sous-préfecture de My- -Lôc ES TE: province
sde Nam-Hinh Ff %E » On X 480.
9) Thâi-Du’o’ng K He . “Nom d’un village. Se trouve actuellement dans la sous-
préfecture de Hu’ng Nho’n É (an , de la province de Hu’ng Yên En a nr. Cm X 4.
10) Long Hung HE LU »C’était anciennement le nom du territoire du village de
> c , \ » Da-Cang LA F4] où se trouvaient les tombeaux des ancêtres de la famille Trân. On
»Va changé en Phù de Long-Hu’ng. Il fait partie aujourd’hui de la province de Hung
Aussi se trouvait-on prêt, lorsqu'au printemps de l’année suivante !) Ché Bông Nga envahit à nouveau le Thanh-Héa.
Lé-qui-Ly, avec l'armée de terre, gardait les défilés de Long Dai 2) qui séparent cette province de celle de Ninh-Binh, et Pa phu'o’ng*) surveillait la bouche de Thàn PDäu. Tandis que la flotte Cham avançait rapidement, les troupes occupaient les crêtes qui dominent la mer et faisaient tomber sur l’escadre de Da phu’o’ng une grêle de rochers dont elle éprouvait grand dommage. Ne trouvant aucun abri, il sort, sans attendre les ordres de Lé-qui-Lyÿ, fond sur les navires Chams, les surprend avant qu’ils aient pu se mettre en ordre de combat, y met le feu et disperse ceux qui ne sont pas coulés; ce que voyant des hauteurs, les troupes se réfugient dans la montagne et la forêt; elles y furent traquées pendant trois jours et quand elles parvinrent au Nohéô-An, qui était alors, par droit d'occupation, territoire Cham, elles avaient laissé derrière elles nombre des leurs qui avaient succombé à la faim; deuxième et troisième lune 1382 ‘).
La Cour d’Annam, désireuse de profiter de sa victoire, confie
à Lé-qui-Lÿ le commandement d’une flotte imposante qui devait
\ \ \ »Yèn,. Cm NI 28a X 486 Trân-thäi-Tôn, Trân-thânh-Tôn et Trân-nho’n-Ton y avaient leur tombeau.
11) Kién xu’o'ng FE #4. “Préfecture de Kién-xuo°ng, province de Nam Dinh.. Um NI 285 X 48. Trân-hièn-Tôn y était enterré.
12) T% VIII 5a. Cm X 48ab.
1) »Sixième année Xw’o’ng Phù, 1382. T4 VIII 56. Cm X 496 50a.
2) Long Dai Sôn FE En LU] . Se trouve à la limite de la sous-préfecture de "Dôüng So’n K [l , province de Thanh-Hoä. Cm X 504.
3) Nguyên-Da-Phu’o’ng Dir É À Il était Thân khôi quân tu’o’ng it} fEL £ f, Général de l'armée de Thân Khôi.
4) TE NIII 56. Cm X 496 504. Nguyên-Da-Phu’o’ng fut nommé Kim ngô vé Dia
tu’o’ng quàn & Æ. F5 À LU FE; Général en chef de l’armée de Kim ngô,
quatrième mois. 77. Cm ibid. (Un FF Vé est en réalité un régiment).
aller poursuivre l'ennemi chez lui, détruire ses places fortes, ses armées et ses munitions. [l met à la voile dans les premiers jours de la nouvelle année !) mais sans grand désir, semble-t-il, de s’acquitter de sa mission, Car, ayant rencontré, dans les baies de Lai bô nang bé?) et Diêu Tung *), grand vent et forte mer, il fit demi tour et mit à cap au retour ‘) sous prétexte que ses navires fatiguaient.
Ché Bông Nga, accompagné de son Général en chef La-Khai 5) conçoit alors un plan hardi. Puisque, sur mer, il ne peut se mesurer avec les Annamites et que ceux-ci gardent les défilés séparant le Thành-H6a du Ninh Biub, il pénètre hardiment dans la haute région, à travers montagnes et forêts et débouche dans le Quang Oäi‘), en face du poste de Không Muc‘), au Nord même de la capitale. Ce
fut, parmi la population, une panique générale; le vieil Empereur,
A affolé, envoie Léê Mât On *) à la rencontre de l’ennemi. En vain ce
1) Septième année Xu’o’ng Phù, au printemps, à la première lune,. 7% VIII 64. Cm X 504.
2) Mer de Lai bô nàng bè Hai HE ? . »On a changé son nom; c’est aujourd’hui le port de Nang bé À HR Re … AD »Ki-Anh, province de Hà Tinh ve] M. Cm X 5la. C’est probablement ce que la carte Pavie dénomme Baie de Vung Han, au nord du Bung quia.
3) É, pi #$ Piêu tüng Hai. ,C'est maintenant la baie de Vinh So’n dans la “sous-préfecture de Binh Chânh 2p DZ : province de Quäng Binh, à sa frontière avec »la sous-préfecture de Ki-Anh du Hà-Tinh». Om X 5la.
4) Tt NIIT 64. Cm X 506.
5) La-khai JE [leg Thu tuéng PA AS, Général en chef, dit le 74 VIIT Ga. Le Ming Che CCCXXIV 136 le nomme Ko Cheng Fx] R$ .
2 » C7 6 ang Oâi . rAnci rovi B6) du Giao Chi. Sous les Lÿ, ) Quarg Oi ES Hk ncieune province (AP 0) du Giao Chi. Sous les Ly
“ce fut le Quang Oâi châu, sous les Trân ce devint un Trân £ gouvernement (le Cr nécrit fautivement FL ), sous les Ming, un Chàu MI, sous les Lè un Phu ff CAS mpréfecture. C’est maintenant la préfecture de Quang Oâi de S’on Tày LL pY ». Cm V 386 X 524.
7) Không Muc jL H Fr "C’est un quân }F qui fait partie du Quäng Oi.
»Mais il a aujourd’hui changé de nom et il n’est plus possible de l’identifier,. Cm X 52a.
8) Lè Mt On #2 38 JE.
Général, à hauteur de Tàm Ki Châu ‘) répartit ses hommes en carrés égaux, Ché Bông Noa, jusque là invisible, précipite sur eux ses
éléphants qui les foulent aux pieds et en font un effroyable carnage. \
Mût On tombe entre ses mains. Dès l'annonce de cette défaite, le vieil Empereur confie à Nouyên-Da-Phu'o’ng la garde de la capitale avec ordre de la mettre en état de défense, et lui-même se fait transporter à Dông Noûn ?); sixième lune 1383 *). Ché Bông Noa ne se retira qu’au début de 1384).
L'Empereur Ming, à qui le Roi de Champa envoyait chaque aunée un somptueux tribut”) se gardait d'intervenir, En 1386, cependant, il écrivit à Gian Hong qu’il avait l’intention de «faire «une expédition contre le Champa>» et donnait l'ordre qu'on «pré- «parât cinquante paires d’éléphants et qu’on disposät tout le long «de la route, du Yun-Nan au Nohé-An, des relais et approvision- «nements de riz grillé»). La Cour d’Annam ne conçut aucun enthousiasme de cette proposition et ne mit aucun empressement à y répondre. Peut-être doutait-elle des intentions de Yuan Tchang
et craignait-elle que son armée, une fois en Annam, ne fût employée
1) Tâm Ki Châu — ilrX Pf . Même remarque que pour Không Muc. 2) Dông Neèn K + Cf. supra. Les habitants de la capitale furent outrés de cette lâcheté et de cet abandon. Un lettré, nommé Nguyên- Mông-Hoa DE 9 FE,
se jette à l’eau au moment où la barque impériale quittait le bord, en saisit l’avant de la main et supplie l'Empereur de ne pas les quitter, de les mener au combat. Ce fut en vain, Cm X 5lb 52a.
3) Septième année Xu'o’ng Phù,. Tt VIII Gaë. Cm X 5lab 52a
4) , À la douzième lune de la septième année Xu’o’ng Phù qui correspond en réalité "à 1383». Te LUE Ta. Cm X 52a.
5) Ché Bông Nga envoya des ambassades à la Cour de Chine: »en quinzième année mHong-wou, 1832. Ming Che III 68 ven seizième année, 1383. Ming Che IUT Ta »en ndix-septième année, 1384 ibid. En 1383 il présenta ,deux cents défenses d’éléphants, à Yuan Tehang qui lui fit donner ,des pièces de poésie (?), trente deux pièces de soie et “dix-neuf mille pièces de faïence». Ming che CCCXXIV 134.
6) »Dixième année Xu’o'ng Phù, au printemps». L’ambassadeur se nommait Li Ying 2 FL. Té NIII 9x. Cm XI 3a. Le Ming Che me dit rien de cette proposition pas plus dans les Annales principales que dans les notices sur l’Annam et le Champa.
à toute autre conquête que celle du Champa. Ché Bông Nga, d’ailleurs, ne paraissait pas douter des sentiments de l'Empereur Ming qui continuait à lui manifester toute sa faveur. L'année même, en effet, où 1l annonçait à Gian Hong une prochaine campagne contre le Champa, il accueillait avec honneur le fils même de Ché Bông Nga, Pao Pou, qui venait lui offrir, en même temps que des vœux d'anniversaire, cinquante-quatre éléphants, et le fit escorter, au retour, jusqu’à son pays, par un fonctionnaire de moyen rang {). L'année suivante, nouvelles marques d'estime à l'ambassadeur Cham qui présentait cinquante-et-un éléphants, du bois d’aigle et des cornes de rhinocéros. On le reconduisit à grands honneurs jusqu’à Canton où il fut fêté par les fonctionnaires qui l'indemnisèrent de tous ses frais de transport, 1387 *?).
L'année n'était pas écoulée que ces bons sentiments faisaient place, dans le coeur de Yuan Tchang, à une profonde irritation: un rapport lui annonça qu’un quart des éléphants à lui envoyés du Cambodge en tribut, avaient été retenus par Ché Bông Noa au moment où ils traversaient le Champa; il en manifesta, par lettre, tout son mécontentement. Elle n'était pas arrivée à destination qu'un ambassadeur Cham se présentait devant Yuan Tchang avec les excuses de son maître; elles furent agréées et l’envoyé traité avec les mêmes égards et les mêmes fêtes que ses prédécesseurs 1388 ).
En Annam, la situation était de moins en moins brillante. A l'instigation de Lé-qui-Lÿ, le vieil Empereur avait déposé et fait étrangler Gian-Hoàng #) et l'avait remplacé par son propre fils, âgé
de douze ans, qui reçut, le jour de l’avènement, le titre de Nouyên
1) ,Dix-neuvième année Hong Wou, Ming Che TIT 76. CCCXXIV 134.
2) » Vingtième année Hong Wou, Ming Che TITI 7b CCCXXIV 135.
3) » Vingt et unième année Hong Wou, en été, Ming Che TIT 76 CCCXXIV 134.
4) 11 fut déposé, reçut le titre de Linh Die Dai Vu’o’ng ÊA pi K en , et aussitôt étranglé; douzième lune de Ja douzième année Xu'o’ng Phà (début de Janvier 1389). T4 VIII la 136. Cm XI Ga.
Hoàug '). Un nommé Nguyén-Thanh?) alors soulève la province de Thänh-Hôa dont il était originaire, en se faisant passer pour Phé Dé, l'Empereur déposé, et s'établit à Nou giäng, tandis qu’à Nông Công, un autre individu, nommé Nguyëén-Ki*) levait une bande de partisans et se déclarait «Roi de L6» +) Lé-qui-Lyÿ s’avançait à la tête d'une armée, pour les ramener à l’obéissance quand il apprit que les troupes Chames avaient pénétré dans la province et dépassé Cô Vô 5). Il fait dresser un camp qu'il entoure, en manière de protection, de tous ses navires tirés au sec, et y reste vingt jours dans l’expectative.
Ché Bông Noa, pendant ce temps, établissait un barrage dans le fleuve Lu’o’ng, en amont du camp de Lé-qui-Lÿ; son travail achevé, il cache soldats et éléphants puis feint de plier bagage comme pour s'en retourner. Lé-qui-Lÿ se laisse prendre à cette feinte ; toutes ses troupes, les plus braves en tête, sortent de leurs retranchements et se mettent à la poursuite de l'armée Chame. Celle-ci fait brusquement demi-tour et massacre les Annamites avant même qu'ils aient pu prendre positions de défense; en même temps Ché Bông Nga ouvrait le barrage et les eaux, longtemps contenues et amassées, se répandent en torrents impétueux, empor-
tant quantité de bateaux annamites. Ce fut pour l’armée des Tràn
\ \ 1) Trän-thuän-Tôn Eh NX + prince Ngung HA - dernier fils de Trân-ngh6-Tôn ù Y D Y
(Nghia-Hoàng). Il portait le titre de Chièu-Fjinh-Vu’o’ng 4 na + et prit à son avènement celui de Nguyèn-Hoàng TÉ É. Té NIII 136 da. Cm XI 164.
2) Nguyèn Thanh Din TH - Le texte dit qu’il venait de purger une condamnation. Te VIII 146. Cm XI 76.
3) Nguyên Ki Dir E. Lô Vuong & Æ., Roi de Lô. Je ne sais à quoi correspond ce titre. 7€ VIII 149. Cm XI 84.
4) »Deuxième année Quang Thai - 7%, huitième et neuvième lunes. 7% VIII 145. Cm XI 76 8a.
5) C8 Vi nn HE, nom d’un village, se borne à dire le Cm XI 9.
une défaite complète. Nouyên Chi !), général de l’armée de Thänh Du’e reste sur le terrain . plus de soixante dix officiers. Lé-qui- Lÿ, sous prétexte d'aller solliciter des renforts de l'Empereur *), se sauve, laissant au [Lieutenant-général Phàam Khä Vinh 5), le commandement de l’armée de Thänh Duc. Cependant Nauyên-Da- Phu'o’'ng tenait bon au fleuve Ngou. $e voyant abandonné par Qui Lÿ, il dit à Kha Vinh. «L’ennemi est plus fort que nous, la résistance «impossible; si nous battons en retraite, l'ennemi se mettra à notre «poursuite». Ils donnent l’ordre de déployer les étendards, d’amarrer les jonques aux pieux de la berge, pour faire croire à l'ennemi que l’on faisait bonne garde, puis à la faveur de la nuit, ils embarquent tous leurs hommes sur les bateaux les plus légers et prennent la fuite. Au matin, Ché Bông Noa trouva les navires vides; il les mit au pillage ‘).
Continuant sa marche en avant, il atteint le fleuve Hoàng °). Une fois de plus, la terreur règne à la capitale. Ordre est donné à Tran Khäc Cho'n$) de marcher à sa rencontre; la crainte
qu'inspiraient le roi Cham et ses armées était si grande que, quand
1) Nguyén Chi QG Æ Thâuh Die Quan Tu'éng HE YA] HE HS, Général \ de l’armée de Thänh-DW’e. On l'appelait encore Trân Diñh Qui Pi Fes . Tt NII 154. Cm XI 86 9.
2) L'Empereur les lui ayant refusés il présenta sa démission et ne se présenta plus
aux armées. Cm XI 9a.
2 Lu —
3) Pham Kha Vinh Y{ H] ZK: 7% VIII 15. Cm XI 84.
4) »Deuxième année Quang Thäâi, en hiver, au dixième mois». T£ VIII 14b 154. Cm XI 8ab Ja.
5) Hoàng gijng La AT: Se trouve encore à l’heure présente, à la frontière de la sous-préfecture de Nam Xu’o’ng F3 LE , préfecture de Lÿ-Nho’n H 1e En amont, il prolonge le Thièn M4 giäng he ET 7 en aval il pénètre dans le Giao
Thuy gang ZE JR 7L. Om VI 44.
6) Trân-khac-Cho’n gi Dan É.. C'était, dit le Cr XI 107 un homme de Vinh . Cr" MERS 1 z » —- Ninh 3K es du Thanh Ho fi 10 :
ce Général se présenta devant le vieil Empereur, il ne put, malgré son courage, contenir ses larmes, et son souverain pleura, lui aussi. Néanmoins il s'avança jusqu’au fleuve Hong. Y trouvant les Chams en trop grande force pour accepter le combat, il se retire jusqu'au fleuve Hai-Trièu 1). La situation semblait désespérée; tout laissait prévoir une prompte occupation du pays par les troupes Chames. Le frère cadet de l'Empereur, Nœuyen Dié ?), passa alors avec tous les siens dans le camp de Ché Bông Nga, espérant sans doute que celui-ci, maître de l’Annam, lui eu confierait le Gouvernement ?). En même temps, un bonze, Phàäm-su’-On ), à la tête d’une bande de partisans, occupe la capitale; les deux Empereurs durent fuir et rappeler le Général Huinh Thé Phu'o’ng‘) qui avait été envoyé contre les troupes Chames restées au fleuve Hoàng sous le commandement du Général La Khai sp
C’est alors que la trahison d’un officier subalterne vint arrêter la marche victorieuse des Chams et sauver l’Annam d’une invasion où peut-être eût sombré son indépendance. Comme Ché Bông Nga, suivi du prince Nguyen Diéu, s’avançait, avec une centaine de vaisseaux de guerre, reconnaître les forces ennemies, un de ses officiers,
ayant reçu un blâme et craignant pour sa vie”), passa à l'ennemi
1) Hai Triêu giang #È 3] 1E- Se trouve à présent dans la province de Hu’ng »Yên LE a et sépare les deux huyên de Hung Nho’n À= et de Thièn Lu
{ll 43: Cm XI 104.
2) Nguyen Diéu, JT L . TE NII 164. Cm XI 9%.
3) » Deuxième année Quang Thäi, onzième mois. 7€ VIII 164. Cm XI 9.
4) Pham su On 90 BJ DL. Ze VIII 165 17a. Cm XI 103 La.
5) Huainh-thè-Phu’ong Tu’6’ag HT À EE .. le Général Huinh-thê-Phu’o'ng.
\ C'était un homme de Cô Ping Dr J& du Thanh-Héa,. Om XI 118,
6) »Deuxième année Quang Thâi, en hiver, au douzième mois». 74 VIII 164 17a. Cm XI 106 114.
7) Il se nommait Baäu-Khè WS Yfj MES. 22 VIII 17. Cm XU LG.
et apprit à Träu-Khac-Cho'n que le bateau du roi de Champa était facilement reconnaissable à la couleur verte dont elle était ornée, Khäc Cho’n fond sur les Chams en donnant l’ordre de concentrer l'effort sur la barque royale. Ché Bông Nga cerné de tous côtés, reçoit une décharge de mousqueterie en plein corps et tombe. Nouyen Diêu, voyant désormais qu'il ne peut plus compter sur ce puissant protecteur, lui tranche la tête et fait force de rames avec tous les siens vers les troupes annamites. Les Chams, déroutés par la mort de leur Chef, battent précipitamment en retraite et rejoignent le gros de l’armée qui se tenait au fleuve Hoàng, sous les ordres du Général La-Khai, Février 1390 !).
Cependant Nguyen Diéu aiteignait le front annamite et se présentait à. Phàm Nhu’ Lät?) qui commandait en second l'armée Long Thiép. Celui-ci le fait mettre à mort, s'empare de la tête et la porte tout droit à Binh Nang, où se tenaient les souverains. Il y arrive fort avant dans la nuit, après la troisième veille. Le vieil Empereur, réveillé en sursaut, se croit surpris par l'ennemi, s’effraie. Mis au courant, sa joie se manifeste toute grande; il fait appeler tous ses officiers, en reçoit forces congratulations et félicitations. Alors, considérant cette tête qui, hier encore, le faisait trembler, il murmura: «Le voilà, ce Ché Bông Nga avec qui je lutte depuis «si longtemps. Je le vois aujourd’hui comme autrefois Kao Tsou
«des Han a vu Hiang Yu. La paix maintenant ne sera plus troublée *).»
1) » Troisième année Quang Thâi, au printemps, au vingt-troisième jour de la première lune». 74 VIII 17ab. Cm XI 115 124.
2) Phèm Nhw Lät Sy JA ÉJ. N avait le grade de Dai Doi Pho ZX FX El de l'armée de Song Thitp # . Dé NII 176. Cm XI 124. H 5 D H
3) T4 NIIT 18a. Cm XI 124b. Le vieil Empereur faisait allusion à Kao Tsou Er , an Cao Tô, fondateur de la dynastie des Han, (Empereur de 202 à 195 av. J. C.). I y pereur Il ne dut l’Empire qu’à sa victoire sur Hiang Yu, 4 Hang Vo 1 1, après huit
années de luttes où il avait connu maintes fois la défaite.
DIALECTE A-HI PAR
de la Société des Missions étrangères de Paris.