‹ Tung pao. Toung paoChapitre 245 sur 261 · LES & KOUO-CHE OU <MAÎTRES DU ROYAUME> DANS LE BOUDDHISME CHINOIS · texte numérisé non relu

LES & KOUO-CHE OU <MAÎTRES DU ROYAUME> DANS LE BOUDDHISME CHINOIS

PAR

PAUL PELLIOT.

Dans un colophon important joint à un des textes rapportés de la Mongolie méridionale par le colonel Kozlov, et qui date de 1189, M. Ivanov ') a rencontré, attribué à des religieux du royaume Sihia, le titre de BB Æovo-che, <maître du royaume», et il a fait cette remarque: «Il est intéressant de noter l'existence de ce titre pour des religieux chez les Tangut. En Chine, comme on sait, il n'apparaît qu'à l'époque mongole.> M. Chavannes,?) qui a retraduit avec raison ce même colophon, s’est borné à signaler qu'il était intéressant de trouver dans le royaume Si-hia «cette institution des maîtres du royaume qui est bien connue à l'époque mongole».

Il est exact que le titre de «maître du royaume» est surtout connu de la sinologie européenne pour l’époque mongole, mais cela tient à une circonstance fortuite: il fut porté par le célèbre lama ’Phags-pa, l'ami de Khoubilaï-khan et l'inventeur de l’«écriture

carrée» des Mongols.*) En réalité, l'institution des «maîtres du

1) Séranitsa 1z istorii Si-sya, dans Izvéstiya imperatorskoi Akademii Nauk, 1911, p.835. 2) Toung Pao, IT, XIL, juillet 1911, p. 444.

3) Cf. par exemple Nanjio, À Catalogue of the Buddhist Tripitaka, App. IT, n°.169.

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royaume» remonte beaucoup plus haut. Il suffit de consulter le

4 il À M Fo tsou t'ong ki pour le voir porté, sous les Tang par exemple, par un moine célèbre du Wou-t'ai-chan, VE Fa] T’eng-

kouan, *) sous l’année 810°?), ou, comme titre posthume, par HE

2 Wou-ye en 822 *); puis, sous les Song, en 972, par le moine du T'ien-t'ai ph 7 Tü-chao *). 2e Ts'eu-hien était «maître du royaume» sous les Leao (967—1126). *) On trouverait d'autres exemples sans peine.

Le BK Hi Fo kiao tseu tien (Bukkô jiden), publié en 1895, nous permet d'aller plus loin. °) S'appuyant sur le L2 = Yao lan”) et le fe 5 EX Seng che lio, *) il montre que le titre

1) Teng-kouan est le grand commentateur de lAvafamsakasütra (cf. Nanjio, Catalogue, n° 1589, 1590, et App. If, n°. 37; et S. Lévi, Nofes chinoises sur l'Inde, dans B. E. F. E.-

O., 11, 248). Nanjio qui, à la col. 350, fait mourir T’eng-kouan en 806, indique plus

vaguement 806—820 dans l’appendice III. La première date était sûrement fausse, car

on a ume inscription de T’eng-kouan, datée de S11, au ch. 1, f°.11, du Si & Te & Æ EX Æ Pao tie tchai kin che pa wei; cf. également, au sujet de ce moine, le Es Th

Ji 1£ Kouang ts'ing leang tchouan, ch. [N , #. 4—5. On lit généralement son nom T'ek'eng kouan; le premier caractère a en effet les deux prononciations. Mais son nom est connu des Tibétains sous la forme 7#eñ-Hvan, avec une traduction Dri-med-gzigs qui équivaudrait à un sanserit Vimaladrsti; tel est bien en effet le sens du nom chinois (cf. Sarat Chandra Das, À Tibetan-english Dictionary, p. 587). C'est cette transcription tibétaine qui m’a décidé à écrire T’eng-kouan.

2) Fo tsou t’ong ki, ch. 41, dans Tripitaka de Tokyo, F4 IX: 84%

3) Jbid., ch. 42, même édition, f°. 86 v°.

4) Ibid., ch. 43, même édition, f°. 96 r°.

5) Cf. Nanjio, Cataloque, App. IT, n°. 166.

6) Le titre de «maître du royaume» y est l’objet d’une notice sous le mot En louo.

7) Il s’agit du FE Æ 2. 2 Che che yao lan, ouvrage en 3 ch. publié sous

les Song par NES IX Tao-lck'eng. X\ en subsiste des exemplaires au Japon, et une nouvelle édition doit ètre incorporée au Supplément du Tripitaka de Kyoto; mais elle

n’a pas encore paru Je n’ai jamais eu accès à l'ouvrage lui-même.

8) Le Sa che lio ou K R fer 5h 2 Ta song seng che lio, en 3 ch.

est l’oeuvre de = LUE] Tsan-ning. Sur Tsan-ning, mort en 1001, cf. Nanjio, Catalogue, EE App. II, n°. 46, et B.E.F.E-0., 1X, 242 (où j'avais raison de révoquer en doute

l'attribution à Zsan-ning du + Don K £k 15 King yeou tl’ien tchou tseu

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