LES ENYIEONS DE TUNIS
Pour tous ceux qui se sentent empoignés par ce pays dont cent auteurs anciens ont célébré la beauté et la fertilité, à ce point qu’ils éprouvent le besoin de noircir un peu de papier à sou intention, l’idée première est d'écrire sur la Tunisie entière. Ce fut aussi la mienne de prime abord. Mais je me suis bien vite aperçu que dans ce livre on pouvait difficilement embrasser Tunis et la Tunisie sans donner au volume des proportions excessives, ou sans les sacrifier l’un à l’autre.
Tunis m’apparut alors comme un tout parfaitement distinct, devant être traité à part. Cela est si vrai, qu’arrivé à la fin de mes travaux je n’ai pu utiliser que la moitié des aquarelles que j’avais faites, et que le cœur m’a saigné lorsqu’il a fallu me résoudre à en faire rentrer un grand nombre dans mes cartons.
J’en aurais mis, mis, toujours mis : mais l’éditeur m’a sagement retenu dans les limites déterminées à l’avance.
Je l’avoue en toute sincérité. En ajoutant les Environs à Tunis j j’ai eu, selon une expression familière, «les yeux plus grands que le ventre »; et si j’avais à recommencer, je me contenterais de « Tunis » tout court, laissant les Environs pour le volume que je