I.KS CATIIOLIUlIES Kl KKIUS ÉTAIILISSE^ENTS CIIAKITAllLES M
liCs clu'fs n'li;;i<Mi\ (|<î ces |mmi|)I.hIl's li'ur font uriP p^uerro arliariiiV car ils savtMil Imcii (juc ces iMunines viHus (h; hlanc ri c'oillV's (le la ihrihhi luaisienin' l<'iii culèveiit plus (l'adJKMTiils (juc la foni' parrn! les populalions dont ils paiTourrnt lo lerriloirc.
l\irlaiil (il! CCS inissioriuaires de France, Mgr Lavigerio disait Mil jour :
« Dispersé sur tons les points dn niondiî et jns«|n'au fond des contrées les |)lus harhares, le clcrgi* des Missions françaises garde partout à la France un ardent amour. Fn la f|uillanl, il renonce à tout ici-bas : au sol natal , aux alTrctions des siens, à la vie même, car il en fait, par avance, le sacrifice; filais il conserve pieusement, comme un dernier et plus cher trésor, avec le culte de Dieu, le culte de la patrie. Chargé de perpétuer ses traditions les plus pures, sa charité, sa foi, ses inspirations généreuses , il compte , parmi ses jours les plus fortunés, ceux où, en servant la religion et l'humanité, il peut servir et honorer le nom de la France.
» Étranger aux divisions de la politi([ue humaine , il se serre autour de son drapeau qui protège dans le monde entier, par un privilège dix fois séculaire , sa croix et ses autels. Il demande à Dieu, chaque jour, pour elle, tout ce qui rend les peuples grands et respectés : au dehors, la conservation d'une influence presque partout liée à la conservation de sa foi; au dedans, l'union et la paix, que peut seul donner, au milieu de tant de passions, le respect de tous les droits , de ceux des humbles , des pauvres , des enfants, comme de ceux des puissants et des forts. Il se
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rrjonit, dans les jours lioiiieux, de ses succès et de ses . I^doires; il Iremlile, dans les mauvais jours, des périls qui la iiienacenl. 11 annonce à Ions ses bienfaits. Il voile aux yeux ennemis ou jaloux , ses erreurs ou ses fautes , comme un lils pieux voile, en |)leurant, les erreurs ou les fautes d'une mère. Il meurt enfin en la bénissant, en lui envoyant ses derniers vœux, en gardant l'invinrihle espérance ({u'elie restera, malgré tout, comme la nomment encore autour de lui lanl de peuples divers, hi grande nation, c'esl-ii-dire la nation choisie par Dieu, pour faire triomj)her dans le monde les grandes causes de l'humanité, de la vérité, de la justice. »
A cùlé des Pères Blancs, le Cardinal avait créé ces Sœurs-Apôtres, auxquelles on a donné le nom de Sœurs Blanches. Elles ont pour rôle d'enseigner la religion catholujue aux femmes infidèles, de diriger les orphelinats indigènes, de soigner les malades dans les hôpitaux et hospices, dans les dispensaires ; d'enseigner dans les pensionnats et dans les écoles, de visiter les malades à domicile.
Dans une lettre, datée de i(S87, le Cardinal écrivait en parlant de ces Sœurs :
(( Et ce n'est pas seulement auprès des femmes infidèles que ce spectacle de la femme apôtre, de la Sœur de charité, est de nature à produire une impression irrésistible, c'est encore auprès des païens eux-mêmes.
» On le voit bien là où les Sœurs de divers ordres ont déjà pu s'établir, parmi les infidèles, sur les bords, par exemple, de notre Méditerranée. Ils les croient supérieures à
PIONNIERS DU SAHARA i I X F A .M E R I E I
LES CATIIOLIUIIKS KT I.KI US KTAIII.ISSKMKNIS «IIAIlITAIIf.KS «73
la iialiin; limnaiiic ils l(*s coniparcnl aux nw^rA iUt l)u'ii. J'ai cilô (Hi('l(|iir pari, cl jr n'«|M''lr hnijours avor t'inolioh cclU; |iar<il(^ d'iiii mciix Turc .iirtl.-inl un jiMir, dans une ville inusulniane, mi(> dr nos SdUirs de (lliarilé, pour lui dire :
» Ma SdMir, esl-ro (pie, cpiand vous <l«;snindez du ciel, vous autres relij^ieuses, vous êles hahillêes rouiuie vous voilà? »
Vax IcS")!), le clioliMa mil eu lufuière le dêvoueuient des Sœurs. A Tunis, l'une d'elle surcoinha au ll<''au.
« La su[)érieure des S(eurs de Soussc, S(eur Joséphine, écrivait cpielipies années plus tard un voyageur, est 1res respeclée des musulmans eux-mêmes, (pii ont ap()ris à connaître son dévouement et son courag(\ [)rinci[):ileme[it à l'époijue du dernier choléra.
» Médecin et même chirurgien au besoin, elle prodigue tous les jours aux malades qui viennent la voir ses soins, ses conseils et ses médicaments.
» Elle a su, en eiïet, par de véritables miracles d'économie, et avec des ressources entièrement limitées, fonder une petite pharmacie à l'usage des pauvres. »
A Sfax, l'établissement des Sœurs de Saint-Joseph compte une cinquantaine d'années d'existence.
Le collège des Marionites que nous avons eu le plaisir de visiter en détail ne date que de 1882. Quand xMgr Lavigerie le créa , il le confia à quelques religieux français de l'Ordre de Sainte-Marie.
Environ 200 enfants reçoivent l'instruction que leur donnent les bons religieux qui font ia classe du matin au soir. Malheureusement l'école nous a paru bien petite.
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Au graïul séiiiiiiaire csl adjoiril un dispensaire iniiiii d'une pliarinacic. I.à, au rcz-de-cliaussée, dans une cliarnhre spéciale, d'uiKî grande proprelé , tous les malheureux des environs qui onl dos mt'dicainents ou des conseils à deuiandcr, des plaies à faire soigner, sont certains d'être cordialement reçus.
Tout leur est donne graluilcrnent par un des Pères missionnaires d'Alger (pii ne dédaignent |)as de se faire inliriniers volontaires (1).
A la Maison-Carrée, nous avons pu admirer un splendide orphelinat agricole qui est en pleine prospérité et qui est dirigé par des Frères et des Sœurs. On se croirait à quelques lieues de Paris chez un riche propriétaire.
« Installé sur un sol aride et sablonneux, il a donné des résullals surprenants, dit M. Gaiïarel. Les fourrés épais de palmiers nains ont été remplacés par des champs de froment ou des cultures maraîchères. Déjà sur les flancs de la colline, s'éla'M'nt de beaux vignobles. Les outils dont se servent les 700 à 800 orphelins de la Maison-Carrée, la nourriture (|u'ils absorbent, les vêtements qu'ils portent, tout est le produit de leur travail. »
C'est une des plus belles institutions catholiques de la Tunisie.
(1) Mgr Lavigerie a tenu à ce que les missionnaires soient initiés aux connaissances les plus usuelles de la médecine.
LKS ADMlNIS'l'l'iA rioXS
Traité entre la République Française et S. A. le Bey de Tunis, Signé à, Kassar-SaYd, le 12 mai 1881.
Le gouvernement de l;i llr[)u!)li<iiie française et celui de Son Allesse le Bey, voulant empùclier le renouvellement des désordres qui se sont produits récemment sur la frontière algérienne, et juii;eant qu'il y a lieu de resserrer les liens d'amitié qui existent entre la France et la Régence de Tunis, ont résolu de conclure un nouveau traité.
Le général Bréart, plénipotentiaire franrais, est tombé d'accord avec S. A. le Bey sur les stipulations suivantes :
Article premikh. — Les traités d'amitié et de commerce et toutes les conventions existantes entre le gouvernement de la Répuolique française et le gouvernement du Bey de Tunis sont expressément confirmés et renouvelés.
Art. 2. — Dans le but de faciliter au gouvernement de la République l'accomplissement des mesures pour atteindre le but que se proposent les hautes parties contractantes, S. A. le Bey consent à ce que l'autorité militaire française
ilQ TUNISIE KT TUNISIENS
fasse occnpcM' les points (|u'elle jugera nécessaires pour assurer le rétablissement de l'ordre et la sécurité des frontières.
Cette occupation cessera quand les autorités tunisiennes et françaises auront reconnu que le gouvernement du Bey est en état de garantir le maintien de l'ordre.
Aht. 3. — Le gouvernement de la République prend rengagement de prêter son constant appui à S. A. le Bey contre tout danger qui menacerait sa personne ou sa dynastie ou qui comj)romeltrait la sûreté de ses Etats.
Aht. 4. — Le gouvernement de la République garantit l'exécution des traités existant entre le gouvernement de la Régence et les diverses puissances européennes.
Aht. 5. — Le gouvernement de la République sera représenté auprès du gouvernement du Bey par un ministre résidant qui veillera à l'exécution du présent traité et au règlement des affaires entre les deux pays.
Art. 6. — Les agents consulaires et diplomatiques français seront chargés des intérêts des nationaux tunisiens et du gouvernement de la Régence à l'étranger.
En retour, le gouvernement du Bey s'engage à ne conclure aucun traité ayant un caractère international sans en avoir, préalablement, informé le gouvernement de la République, et sans s'être entendu avec lui.
Art. 7. — Le gouvernement de la République et le gouvernement du Bey se réservent, d'un commun accord, de jeter les bases d'un traité financier qui soit de nature à garantir les droits des créanciers de la Régence de Tunis.
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AiiT. 8. — lîiit' convention nllérirurcî drlcrmincra le chiffre <lu liil)ul (le ^HKMTe h imposer anx Irilms révolU'es dont le Hey se |)orlo responsahie dn paiemenl.
Aht. !>. — Afin (l(» prol/'i^^cr ronirc la cnnlrcbarnle <!<: guerre les frontières al;^n''riennes , le ;,'onverneinetil dn Bey s'en<^'a«^^e ;i proliiher tonte introdnclion de innnitions de ^Mierre par liie de Taharka, par (laiiès i\[ les poil> dn snd de la Tunisie.
Aht. 10. — Le présent traité sera soumis au gouvernement français, et sa ratification sera transmis(^ au Bey dans h; [)lus bref délai possible.
Le 9 juin 1881, M. llonstan, nommé ministre résident, accompagné du personnel de la légation, en grand costume, a remis la ratification de ce traité au Bey, qui l'a reçue , en audience solennelle.
La Justice tunisienne autrefois.
Autrefois, le Bey de Tunis rendait la justice du haut de son trône, dans une des salles du palais du Bardo ; il était à la fois le souverain absolu et le grand justicier. Ses jugements étaient sans appel, et presque aussitôt la sentence rendue, le châtiment venait punir le vrai ou faux coupable.
Les peines ordinaires étaient l'amende, la bastonnade, la prison et la mort.
Les petits délits, tels qu'insultes, vol, étaient punis par la
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haslonnadc (|ui se composait de cent coups de hâtons, adminislivs sur la plante des pieds (1).
C/étail par geste que l'arrêt se prononçait.
Si le Bey faisait le simulacre de couper l'air en tournant la main droite la paume en haut, c'était donner l'ordre de trancher la tête du coupable. Et il n'y avait pas de sursis ni de grâce à attendre, car le jugement du souverain était sans appel.
Le condamné à mort subissait la peine capitale séance tenante, à la porte même du tribunal.
Un exécuteur des hautes œuvres était toujours là tout près pour accomplir sa répugnante besogne.
Du reste, tous les condamnés n'étaient pas exécutés de la même façon. Pour les Juifs et les Arabes nomades, c'était la potence qui les attendait. Pour les Maures, il y avait un sabre bien affilé, et pour les Kourouglis et les Turcs, une solide corde fortement savonnée, destinée à les étrangler en un tour de main.
Quant aux étrangers, ils avaient une justice spéciale, formée au moyen des consulats et des juges-consuls de leur nation. Ce système de justice avait pris le nom de Capitulations.
Quand la France eut mis son protectorat sur la Régence de Tunis, un des premiers soins du gouvernement français a été de chercher à supprimer ce genre de juridiction. L'Angleterre, la Russie, l'Allemagne, l'Espagne, l'Autriche, les États-Unis ont été les premières nations qui ont accueilli
(1) C'est peut-être là, la raison qui faisait qu'autrefois on rencontrait tant d'indigènes infirmes ou estropiés.
LKS AhMlNISTU \ M" n «79
fîivoraMcmont les |M(>|)(isitions dr noln* ;;')iivoriitMiniil |jcMir s'en HMiiflln' à l.i jiiridiclioii fniur;iis(î.
Avant rôlal)liss(MiuMil du |)rulecl()ial, lurstjiK* l:i juriLliclion consulairo (Hait vi\ Meneur, iii) trihnnal mi.rtf , («imposr'' dp juges iiidi;^(Mios cl d'Kiirnpéeiis, avait été élahli à Tunis [)()ur jugiM' ciMlaines (|iiestions entre lùuopéens et indi;^'èncs, nolamrnenl les (pu^slions dites (riniinalriculation. Ijors de la suppression des jurididions consulaires, le trihunal mixte continua de fonctioinier, mais ces décisions n'étaient exécutoires (|u'après conlirmalion du tribunal français. Ce système occasionna des lon<,nieurs qui amenèrent dos [)laintes. C'est alors ([ue le (Comité des protectorats de Paris rendit exécutoires les décisions de ce tribunal mixte.
La Justice contemporaine. — Les Tribunaux
en Tunisie.
1° «lustfce Trançaise.
Les tribunaux français connaissent de tous les crimes, délits, contraventions, commis par les Européens, et de tous les crimes commis par des indigènes tunisiens contre des Européens.
Pour les appels , ils ressortent de la cour d'Alger.
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9" .TiihIIoc miifliiilnifirK».
Charâa de Tunis.
La Charâa connaît de toutes les affaires mobilières et immohilicres, des affaires pénales; il est seul compétent en matières religieuses, mariage, divorce, etc.
Xrihuniil de Pi%niin.
C'est le tril)iinal de commerce des indigènes. Il est composé de dix notables négociants, présidés par l'Amin.
Ordre de Tunis.
On a donné ce nom à un Ordre religieux et militaire qui date du xvf siècle.
Cet ordre avait été créé, en Tannée 1535, par l'empereur Charles-Quint, quand il eut rétabli Muley-IIassan sur le trône de Tunis.
La naturalisation en Tunisie.
Le Journal officiel du 25 août 1887, a publié un décret relatif à la naturalisation en Tunisie.