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LEURS ÉTABLISSEMENTS CHARITABLES

La mort de saint Louis a consacré le souvenir de Carlhage. Son fils conclut, en 1270, avec le roi de Tunis, un traité qui Stipulait expressément la liberté de conscience pour tous les chrétiens et le droit de construire des églises.

On peut donc dire qu'il y a plus de six siècles que le rôle de la France en Tunisie a toujours été de protéger les catholiques. Les Lazaristes, fondés par saint Vincent de Paul, s'établirent dans la Régence au xvii® siècle.

Comme nous l'avons déjà dit, le 8 août 1830, M. Mathieu de Lesseps signait au Bardo le traité qui abolissait en Tunisie l'esclavage des chrétiens.

Depuis longtemps d'ailleurs, le nombre des esclaves chrétiens avait beaucoup diminué à Tunis.

C'est surtout dans l'instruction publique que l'influence des catholiques en Tunisie s'est fait rapidement sentir.

En 1884, il n'y avait presque rien en Tunisie relativement il l'instruction.

LES CATIIOMOUKS KT I.IX'IIS fJAULISSKMKNTS (IIAIUTAni KS f6&

Tout (Hait à cmir cl les ressources «lu hiiJjri rianl inininies, il faut reconiiailre avec franchise (|iie l»* n'*sullal ohlenu au coiiiiiiciicciiiciil de l'aiimM; ISSÎI ('•(ail vraiiinMit merveilleux.

On peut dire ([ue l'instruction (;sl niainl(.'nant très dévelopi^ée.

Le personnel enseignant comprend 2'i!2 professeurs, instituteurs ou institutrices dont l\) indij^^ènes formés en Tunisie. Tout ce personnel enseignant est nUrihin'' par le gouvernement tunisien, et l'enseignenicnt est gratuit dans toutes les écoles primaires. Les fournitures et les livres sont de même donnés gratuitement à tous ceux (|ui en font la demande.

On peut dire ([u'à l'heure actuelle , il n'y a plus une seule petite ville renfermant un groupe d'Européens (pii n'ait une école.

A Tunis , l'instruction publique comprend trois classes d'enseignements :

1° L'enseignement français ;

2° L'enseignement musulman ;

3*^ L'enseignement étranger.

L'enseignement français a fait de grands progrès, grâce surtout au dévouement des catholiques.

L'instruction primaire est donnée aux fdles dans les trois écoles suivantes, tenues par des Religieuses :

Pensionnat des Dames de S ion.

Pensionnat Sainte-Monique,

Ecole des Dames de Saint- Joseph,

Les dames de Saint-Joseph de l'Apparition ont dans

"im TIMSIK ET TUNISIENS

leur école de jeunes filles un 1res grauJ nombre d'élèves, el c'est de ces Sœurs (jue Tahlié Bourgade disail, eu 1858 :

«< Les Sœurs de Sainl-Joseph , toujours aux avaiil-pnstes de la civilisation , ont bien mérité particulièrement de la France dans plusieurs circonstances solennelles. Kn Afrique, où elles se trouvaient seules de 1833 à 1810, elles se sont dévouées aux soins des cholériques les deux fois que If lléau y a sévi avec intensité, et continuellement aux sonis des coliuis , si cruellement éprouvés par les fièvres et par des peines de tout genre, ainsi qu'à l'éducation de leurs enfants (1). »

Une visite à l'école des Sœurs de Saint-Joseph est des plus intéressantes :

On trouve rangés sur des gradins en amphithéâtre, d'un côté, une centaine de petits garçons, et de l'autre, autant de petites filles de quatre à six ans.

Tout ce gracieux petit monde, à la vue dun étranger, entonne des chants avec accompagnement de fifres, de mirlitons et de tambourins et nous récite des fables ou débite des dialogues instructifs et amusants.

En 1882, le cardinal Lavigerie fit transporter à Tunis, sous le nom de collège Saint-Charles l'établissement fondé par lui à Garlhage (2). Il est dirigé par les missionnaires d'Alger et donne l'enseignement primaire et l'enseignement secondaire (3).

L'enseignement primaire pour les garçons est aussi donné dans

(1) Paris, 1858, i pages in-i" de rimprimerie Firmin-Didot.

(2) Il y a 23 professeurs, 17 religieux et 6 laïques.

(8) Le collège a coûté lui seul aux missionnaires, terrain compris, près d'un million.

I.KS CATIIOI.IOIIKS KF LEUIIS l-TAULISSBIHENTS (IIAUITAHI.Ks «67

([iialK» rcolcs ^lirigros par 1rs rn*M<'^ ''••' Ëcolcs (llirélioiiiKîS.

Les Ecoles (les Frères onl un |^r;ih<l succès a Tunis (1). Il y a (l(''j;i l()ii;^l(Mii|»s (|iie le Frère Aii;^el nous a e\|)li«nié ce sucrés dans le lliillilm de l'irin:rc tics Ecolr^ d Orient :

« Une pnMuière raison, disail-il , lient à rétuilr de la lani^iie francais(î (|M(^ lOn apprécie comme elle le mérite et dans laipielle les jeunes Tunisiens nul si lien réussi, (|ue tout ce (pi'il y a d'actif et d'intelli^^'enl aujourd'hui [jarmi les jeunes gens de Tunis sait [)arler français, ce (|ui n'existait pas il y a uik» ([uin/aine d'années. Une autre raison , c'est que les personnes de religion diiïérentc savent très bien «pie, du moment que nous acceptons leurs enfants dans nos classes , nous tenons à honneur que nos élèves catltuliiiues ne fassent nullement soa/frir leurs compagnons d'étude pour des motifs de religion. Si nous sommes arrivés à un pareil résultat , cela n'a pas été sans dilTiculté (2j. »

(( En 1885, écrivait M. Elisée Reclus, on évaluait à GOO le nombre des enfants du culte islamite qui reçoivent une éducation française ; même des étudiants des mosquées vont aux cours du soir, établis pour les adultes, compléter leur éducation, avec l'agrément de leurs maîtres spirituels. Quant aux écoles franco-juives fondées par l'alliance Israélite, elles enseignent le français à plus de 1,200 enfants. »

(1) Ea 1875, une médaille de bronze fut accordée à l'école des Frères de Tunis; en 1876, ils obtiennent une médaille d'argent, et en 1878, un diplôme de participation à la médaille d'or qui fut décerné à l'Institut des Frères.

(2) Le Frère directeur écrivait : w Les classes gratuites sont toujours tellement remplies que nous sommes obligés de refuser ces enfants qu'on nous présente.... .Nous avions le projet de diminuer notre personnel, mais nous avons dû au contraire augmenter Teffectif de la communauté....

2G8 TUNISIi: KT TUNISIENS

« Jai vu il Tunis, dit M. Paul Melon, des Itiiliens de vin^^t ans, pauvres, négliger leur gagne-pain poin- venir s'asseoir et s'inslruirc dans nos écoles françaises, au nnilieu d'enfants do se|)t à huit ans. »

Voilà un l»el éloge pour la France.

Ainsi que nous Tavons déjà dit, c'est au cardinal Lavigorie, à son activité, à son zèle, à son influence que Ton doit le rapide développement du catholicisme en Tunisie et la création de nombres d'établissements charitables.

On lui doit cette admiral)le création des Pères Blancs et des Sœurs Blanches.

Les Pères Blancs , ainsi nommés à cause de la couleur de leur costume, sont des misssionnaires qui se consacrent particulièrement à l'apostolat dans l'intérieur de l'Afrique.

Leur Maison mère est à Saint-Louis-des-Français, auprès du tombeau de saint Louis.

Dans cette belle retraite , les Pères Blancs prient et étudient.

Quand ils se sentent assez fortifiés par la prière et quand ils se croient assez instruits dans les différents idiomes, ils partent le bâton à la main et vont prêcher la parole du Christ bien loin, dans le sud de la Tunisie, au miheu de ces peuplades à demi barbares, aux mœurs souvent cruelles.

Leur mission est des plus périlleuses, car ils sont entourés de dangers de toutes sortes.

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