TIINTSIF FT TTNISIENS
FJlii fui Im C()ns('M|ii('iiC(' <l<' l'iilllîmcc ronrlnc owUv Snli- 111:111 II cl i^'iaiicni^ T'' roîitrc l;i iii;ii>nn d'Aiilrirho. (l'ôtnil moins Mil liaih' (|ii iiix' îiiiloiisalion cJonnêc aux francs «le faire le (•oniiiieirc dans loule retendue de l'empire turc sous le pavillon IVaneais (1).
Par les eapilulalions de 1535, le droit de juridiction fut attribué aux (lonsuls sous la condition essentielle (praucun sujet ottoman ne fui intéressé dans Ut procès. Ces capitulalions furent renouvelées en 150!l, 1581, 1004. 1073 el 1740.
Celles de 1740 constituent le seul texte ayant encore force de loi dans les Echelles.
C'est ce traité de 1740 (|ui lixa d'ailleurs nettement les privilèges accordés aux Français et les dispensa des contributions personnelles et des impôts prélevés sur les pêches en Orient. Il leur était accordé, en outre, certaines déductions sur les droits de douane, diverses concessions de pêcheries sur les côtes barbaresques.
(I) Du resto, c'est à partir de cette époque que nos Consuls en Orient reçurent leur commission du roi lui-même, tandis qu'auparavant, ils n'étaient que les simples représentants des villes dont ils avaient mission de déTendrc les Intérêts.
aim>kni)I(:k
Le système monétaire,
Le système inoïK'Iain^ Imiision a toujours été mal déliiii.
Les bases, |)ar lapporl à nos vahiuiN nKUii'Iain's, ont coulinuollnnont subi des varialions à clia(|uc émission.
L'unité monétaire est la pidstir , ([ui vaut environ 0,G3 centimes de notre nionnnaie.
Les transactions commerciales d'Iùiropéen l\ Tunisien sont singulièrement com[)li(|uées par l'existence d'une mulli[»licité de monnaies n'ayant aucun rapport avec celles de l'union latine.
Voici le tableau des monnaies ayant cours en Tunisie :
Désignation des pièces. Poids en nouayas (1).
Or.
100 piastres. 100
(1) La nouayas correspondant à 0 gr. 19.684.
Poids correspondant en grammes.
Valeur en francs
g VV.-0 O.ODO
APPENDIC
i'esignaïKiii tiei i»iccn'.
i'oiiis en nou«ya«.
Poîdi correspondant en grammes.
Valeur eti Iraiic^
.*) ])iastros.
(;2.oo
:m,uo
Cuivre,
i> caroubes ou 1/8
lie [tiaslrc.
1 caroube.
1 aspro ou 1/8
caroube.
l/i îispi'o.
L'influence du cardinal Lavigerie en Tunisie.
(Récit d'un magistrat.)
M. Honoré PoiUois, ancien président du Iribunal de Tunis, i\u\ a eu de fréquentes relations avec le cardinal Lavigerie (1) et le clergé français en Tunisie a parlé d'eux en ces termes :
« En Tunisie il y a une religion d'Etat qui est le mahométisme.
» Les autres cultes y vivent indépendants.
(I) Voir mon livre le cardinûl Lavigerie avec préface de i>lgr Lesur. A. Taflin Lefort, éditeur.
MM'KNim.J,
" lirs |iiils nul Iriirs syiiayo^iios, li'> |»n»h'.>laiil- liMirn h'iiipirs, h'> <;iili(»|ii|ii('> leurs églisrs.
» A l.i tell- (lu {'\vr\i,i\ calli()lii|tie se Imiivait un liodiiiM*. r{ un iiiailn; hoiniiK; roliii-là, S. It!. It; canlinal Lavi;/(Ti<'
» INnir apprrcioi «cUc f^rainle li^'uir <lr l'j'piscopal Iranraib en Fraiir(\ je dirais de Mijr liaviu^M'ir (jii'il êlail un (uvln' |>l('iii (le >a\(tir li (le dislincliun ilaii^ mjh milita, ut en Alriijuu (|u'il a (Hé et reslt'ra an 7/y/m/ Franaùs,
» L'inléivl de la pairie, M^M* LavJLM'rif^ en :i f.iil le lui conilanl de Ions ses ellorts. Si ses entre(uises ont reussi , c'est ([u'il a su les bien diriger; en tout cas, en Algérie comme en Tunisie, s'il a su gagner de 1 argent fï-d'unent, il a su le dépenser de même , et le dépenser |)our ac<:roilrc riniluence de la France sur tout le continent africain.
» Mgr Lavigerie a su imposer son |)restige à Tunis, non seulement à toute la colonie européenne , mais encore aux nmsulmans C'était le grand marabout! Il était populaire.
» Le musulman tunisien respecte Thomme religieux des autres cultes , et si l'on veut nous permettre de citer une autorité . Invoquons sur ce point Topinion dun musulman qui a exercé une influence énorme en Afrique , Abd-el- Kader.
^> Au moment où il concluait le traité de la Taiia . il eni^a^ea la conversation suivante avec le colonel de iMaussion .
c( Le colonel de Maas^ion. — Nous avons échangé de
35h ArPEMdth
ji.iil cl •laiilrc les prisoiiiiici's de L'iirm' app.'iilciiMnl iuix curps ((unlialluiils. Je le- rj'claiiic aujuiird liui \v.^ Il(';^^('^ ul les iir;^MCsses apparlenaiil aux douars de nos auxiliaires et (|ui ne lions mil pas élé remis.
» L'Kmti . - Les nègres sonl des choses el non des personnes. C'est un butin de guerre connue les bestiaux, les lentes, les armes, les vêtements. Us sonl à celui «jui les prend. De même (pie vous ne nous avez pas rendu les nombreux Iroupeaux captivés dans les razzias, de même je n ai pas à vous rendre de nègres qui d'ailleurs ont pu èlre vendus et revendus cent fois depuis qu'ils ont été pris.
» Le colonel de Maassion. — Tu m opposes ta loi, moi je l'oppose notre religion, (pii ne nous permet pas d'assimiler un homme, parce (pi'il est noir, à un animal.
» L'Emir. — Mais est-ce que vous avez une religion? est-ce ([ue vous êtes chrétiens? où sont vos marabouts? où sont vos églises? où et quand adressez-vous des prières à Dieu? Le Coran nous ordonne de considérer Sidna Aissa (Votre Seigneiu' Jésus), comme un prophète el YJndji (l'Évangile) comme un livre révélé par Dieu; les peuples (pii suivent les juéceples de lEvangile sont nos frères? est-ce qu'en pays musulman nous ne respectons pas la rehgion des juifs? n'ont-ils pas partout des synagogues? mais vous , vous êtes des inlidèles sans religion , des koufar.
)) Le eolonel de Maassion. — Tu as élé trompé par des apparences. Est-ce que nous n'avons pas soigné vos blessés sur les champs de bataille?
APPKNIHCK 350
MKwùv. — r'rsl iiiic (tri'iiM' Jr diaiiir' ri un l('fn<ii-
l^'iia^'c (le i'(*li;;i(Hi. l'(Hin|ii(n n'y a-l-il |»as ili* |inHn'S à vo> comhals ' IN»ii»|ii(ti le jinMn' ii'<*s!-il pas là an riiiliiMi <l<
\(MI>. ./<' ///r sr/f/rs /fVT '/ s^)^^ (inni nt lu , jr >r///(.N illlr nii
(inhrusscr la tctc rn Im th^nminhuil sa hrnêdirtum (1). »
Voilà ce (|iii a lail la lorcc du canlmal l.a\i;;j'iic uli Arri(|ue.
Avail il ce to\lc sous les veux i|iianii il ('(iln'iiiif sa rarnpagne anlirsclavaî^^islc, on scrail pn'S(piL' lrnl('' «le le finnc.
Nous avons loujoms trouvé dans son palais rpiscr)pal, à la Marsa, raccueil le plus courtois. A ses diners, il réunissait à sa table, callioliijues , prolestants, musulmans, et Israélites. Français et Européens de toutes nalionalilés.
C'était Ir trait (V union dans ce paip cosmopolite et un trait d'unio}i français.
Le cardinal n'a jamais cessé en Tunisie de mettre son influence au service de la France.
Petit résumé de l'histoire de la Tunisie.
Aux temps les plus reculés, la Tunisie était le centre de la puissance carthaginoise.
Après la chute de Garthage et la mort de Jugurtha, elle forma les deux provinces romaines d'Afrique et de Byzacène.
(1) Kécit recueilli par le docteur Warnier, qui assistait à Tentrevue
360 AiM'KNIUCK
(](Hi(|uis(' |);ir les VaiMlah's (|iii fircnl «le (]arllia^'(; Irur capilale en MV.K elle l(Mir lui enlevée par Hêlisaire en ^hV,i.
Les Arabes y |H''ri(''lrèienl en TwO <'| \ londèrenl suoessiveinent plusieurs dynaslies. ;i Kairoiian el à Tunis; celles (les Sassanides, des Aglalules, des Faliniiles, des Zeiriles.
Os derniers fun^il nMiversés par les Ahnoliades en 1140.
Au xnr' siècle, la dynastie des llafsidcs étendit sa doininalion sur l'Afriipie du Nord y compris la Tripolilaine ; elle lui remplacée en IL^TO par la dynastie des Mérinides.
Kliaïreddin llarlierousse s'empara de Tunis au nom du sultan turc Soliman en 15e*]4; mais ce fut seulement en 157'j (|ue les Tiucs devinrent les maîtres du pays, qu'ils firent gouverner par un paclia.
Les Pachas ne lardèrent })as à subir riniluence des Keys ou chefs des janissaires ipii devinrent bientôt les souverains réels du pays, et fondèrenl, en IGiKj, une dynastie héréditaire.
En IcSli, le Bey Hamoudali-Pacha s'émancipa presque entièrement de la puissance ottomane ; ses successeurs abolirent l'esclavage des Chrétiens, et mirent fin aux pirateries de leurs corsaires dans la Méditerranée.
Les Beys semblaient vivre en bonne intelligence avec la France après lacon(|uéle de l'Algérie, mais les désordres financiers de la Régence et les incursions des Khroumirs, des tribus de la frontière sur le territoire algérien provo(iuèrenl une intervention armée de la France (pii lit accepter son protectorat à Sidi-Mohammed-Sadok , par le traité signé le [2 mai LS81. à Kasa-el-Said.
M'I'KNDICK 161
Lns Krouiulrs.
li(*s klntntfuns (l j doiil on :i tant (Mii parler ri doiil h's 1 iiiciirsioiis sur le tcrriloin^ aI;^érioii liin'iii mir i|«îs rauses «le
riiilcrvciilioii iVanraisc en Tunisie, fnrnicnl une confédération (Ir Irihus de la Tiniisie nord.
Le pays dos Khrouinirs est le pays eornpris dans le raidal de Taltark;!. ;i la IVonliùre de la province de (lonslanliin', -iir le lilloral dn cap lloux au ca|» Néj^M'o.
On y lronv(» des niontaLMics graniti<pies (I .IMH) h 1,-tHI niètrcs) a\cc de superbe> forêts exploitées depuis l'occupation des trou[)es françaises.
Les principaux cours d'eau sont : l'Oued-Zebir. TOueil- Terfaô, l'Oued-Zaïn (rancienne Tnsoi).
Il y a une assez grande (pianlité de minerais et on y rencontre ipielques sources llierniales.
Les vallées y sont très fertiles. Dans beaucoup d'endroits on voit des ruines romaines.
Grands et robustes, les Khroumirs se divisent en (juatre tribus dont trois tribus arabes et une tribu berbère. Ils sont au nombre de 8,500 environ.
Les Khroumirs habitent des huttes de pierre et de boue offrant un misérable aspect ; ils ont une seule chambre qu'ils habitent avec leurs bestiaux.
Ils sont restés de fait des indépendants du Bey de Tunis jusqu'à l'occupation française en 1881.
(1) Ou dit aussi kroumir, khomair (arabe, le gente en fermentation).