‹ TurcaretChapitre 23 sur 95 · SCÈNE X Le Chevalier, Frontin · texte numérisé non relu

SCÈNE X Le Chevalier, Frontin

Frontin. Un billet de dix mille écus ! La bonne J15 aubaine,^ et la bonne femme ! Il faut être aussi heureux : que vous l'êtes, pour en rencontrer de pareilles. Savez- = vous que je la trouve un peu trop crédule pour une H coquette ?

Le Chevalier. Tu as raison. 20

Frontin. Ce n'est pas mal payer le sacrifice de notre vieille folle de comtesse, qui n'a pas le sou. !

Le Chevalier. Il est vrai. \

Frontin. Madame la baronne est persuadée que j vous avez perdu mille écus sur votre parole, et que son 25] diamant est en gage ; le lui rendrez-vous, monsieur, avec > le reste du billet ?

Le Chevalier. Si je le lui rendrai "i ■

Frontin. Quoi ! tout entier, sans quelque nouvel article de dépense ?

Le Chevalier. Assurément ; je me garderai bien d'y '[ manquer.

S Frontin. Vous avez des moments d'équité ; je ne I m'y attendais pas.^

1 Le Chevalier. Je serais un grand malheureux de m'exposer à rompre avec elle à si bon marché.

Frontin. Ah ! je vous demande pardon : j'ai fait un lo jugement téméraire ; je croyais que vous vouliez faire les choses à demi.

Le Chevalier. Oh ! non. Si jamais je me brouille, ce ne sera qu'après la ruine totale de M. Turcaret. Frontin. Qu'après sa destruction, là, son anéan- 15 tissement ?

Le Chevalier. Je ne rends des soins à la coquette

que pour ruiner le traitant. '^^^

Frontin. F'ort bien : à ces sentiments généreux, je reconnais mon maître.

20 Le Chevalier,, voyant revenir la baronne. Paix, Frontin, voici la baronne. » ' «

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