‹ TurcaretChapitre 24 sur 95 · ACTE I, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XII

souffrez que, charmé de vos manières généreuses, je vous fasse connaître. . . .

La Baronne, r interrompant. Non, je vous le défends ; ne parlons point de cela.

Le Chevalier. Quelle contrainte pour un cœur aussi 5 reconnaissant que le mien !

La Baronne, en s'en allant. Sans adieu, chevalier. Je crois que nous nous reverrons tantôt.

Le Chevalier, en s^en allant aussi. Pourrais-je m'éloigner de vous sans une si douce espérance ? 10

%^.^^U^' SCÈNE XII , i Ky

Frontin, seul

J'admire le train de la vie humaine! Nous plumons , j une coquette, la coquette mange un homme d'affaires, < ^jj l'homme d'affaires en pille d'autres: cela fait un ricochet >*^ ' de fourberies le plus plaisant du monde. 15

^r /, ' (,■; ur^^tu^'. eo^^^' (^ '-Ji. rAl*^ , / {L /À. ' ^ /■

fT^^""^ SCÈNE PREMIÈRE

)^ La Baronne, Frontin

l»,v^»*r^ ' Av^i'

Iv^^^'^

Frontin, lui donnant le diamant. Je n'ai pas perdu de temps, comme vous voyez, madame ; voilà votre dia- V mant ; l'homme qui l'avait en gage me l'a remis entre 5 les mains dès qu'il a vu briller le billet au porteur, qu'il ^'j veut escompter moyennant un très honnête profit. Mon I maître, que j'ai laissé avec lui, va venir vous en rendre ' compte.

La Baronne. Je suis enfin débarrassée de Marine;

lo elle a sérieusement pris son parti ; ^ j'appréhendais que

ce ne fût qu'une feinte ; elle est sortie. Ainsi, Frontin,

\ j'ai besoin d'une femme de chambre ; je te charge de

m'en chercher une autre.

Frontin. J'ai votre affaire en main; c'est une jeune 15 personne douce, complaisante, comme il vous la faut ; / elle verrait tout aller sens dessus dessous^ dans votre maison sans dire une syllabe.

La Baronne. J'aime ces caractères-là. Tu la connais particulièrement .-* 20 Frontin. Très particulièrement ; nous sommes même ^U un peu parents.

^/ / La Baronne. C'est-à-dire que l'on peut s'y fier. 3 \ Sf î Frontin. Comme à moi-même ; elle est sous ma tu-

Page 1