SCÈNE VI Y^ y
La Baronne, M. Turcaret, Frontin 20
Frontin, à la baronne. Madame, vous allez bientôt avoir la fille dont je vous ai parlé.
La Baronne, à M. Turcaret. Monsieur, voilà le gar- <
çon que je veux vous donner. V>
M. Turcaret, à la baronne. Il paraît un peu inno- 25 l*^-'
it.
La Baron n physionomies !
cent.
La Baronne. Que vous vous connaissez bien en
M. TuRCARET. J'ai le coup d'oeil infaillible. (A Frontin.^ Approche, mon ami: dis-moi un peu, as-tu déjà quelques principes ? iJ<u„o-W-. \U4.v. *-y^ Frontin. Qu'appelez-vous des principes ? 5 M. TuRCARET. Des principes de commis, c'est-à-dire si tu sais comment on peut empêcher les fraudes ou les favoriser ?
I Frontin. Pas encore, monsieur ; mais je sens que I j'apprendrai cela fort facilement.
lo M. TuRCARET. Tu sais du moins l'arithmétique ; tu sais faire des comptes à parties simples ? ^
Frontin. Oh! oui, monsieur; je sais même faire des parties doubles : ^ j'écris aussi de deux écritures, tantôt de l'une, tantôt de l'autre.
15 M. TuRCARET. De la ronde, n'est-ce pas? Frontin. De la ronde, de l'oblique.
M. TuRCARET. Comment, de l'oblique ?
Frontin. Eh ! oui, d'une écriture que vous connais- ) sez ; là, d'une certaine écriture qui n'est pas légitime. 20 M. Turcaret, à la baronne. Il veut dire de la < bâtarde.^
, Frontin. Justement; c'est ce mot-là que je cher- \ chais.
M. Turcaret. Quelle ingénuité ! Ce garçon-là, ma- 25 dame, est bien niais.
- La Baronne. Il se déniaisera dans vos bureaux. si,-'"^ M. Turcaret. Oh! qu'oui, madame, oh! qu'oui;
/^--y d'ailleurs, un bel esprit n'est pas nécessaire pour faire "^ \ son chemin. Hors moi et deux ou trois autres, il n'y a i;'^. 30 parmi nous que des génies assez communs : il suffit d'un 1^^'" certain usage, d'une routine que l'on ne manque guère d'attraper. Nous voyons tant de gens ! Nous nous