‹ TurcaretChapitre 52 sur 95 · ACTE III, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XII

Frontin. Je savais bien que ce n'était qu'une faute d'attention.

M. TuRCARET. Sans doute; et, pour marque de cela, je vais, de ce pas, commander un carosse.

Frontin. Fi donc, monsieur ! il ne faut pas que vous 5 paraissiez là-dedans, vous ; il ne serait pas honnête que l'on sût dans le monde que vous donnez un carrosse à madame la baronne. Servez-vous d'un tiers, d'une main étrangère, mais fidèle. Je connais deux ou trois selliers qui ne savent point encore que je suis à vous ; si vous 10 voulez, je me chargerai du soin. . .

M. TuRCARET, r interrompant. Volontiers. Tu me parais assez entendu, je m'en rapporte^ à toi (^lui don- f^f/**^ nant sa bourse^. Voilà soixante pistoles que j'ai de | ï "^ reste dans ma bourse, tu les donneras à compte. ^y\

Frontin. Je n'y manquerai pas, monsieur. A l'égard jv^^ des chevaux, j'ai un maître maquignon qui est mon neveu à la mode de Bretagne;^ il vous en fournira de fort beaux.

M. Turcaret. Qu'il me vendra bien cher, n'est-ce pas ? 20

Frontin. Non, monsieur ; il vous les vendra en conscience.

M. Turcaret. La conscience d'un maquignon! l\

Frontin; Oh ! je vous en réponds comme de la ? mienne. 25

M. Turcaret. Sur ce pied-là, je me servirai de lui. j'é

Frontin. Autre faute d'attention. . .

M. Turcaret, V interrompant. Oh ! va te promener avec tes fautes d'attention. Ce coquin-là me ruinerait h à la fin. Tu diras de ma part, à madame la baronne, 30^ qu'une affaire, qui sera bientôt terminée, m'appelle au logis. {Il sort.)

6o TURCARET

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