ACTE IV, SCÈNE XII
cela ne lui peut manquer ; et j'ai déjà ouï dire dans une maison qu'il y avait du dérangement dans ses affaires.
La Baronne. Du dérangement dans ses affaires ?
Madame Jacob. Eh ! le moyen qu'il n'y en ait pas ? ^ C'est un vieux fou qui a toujours aimé toutes les femmes, 5 hors la sienne ; il jette tout par les fenêtres dès qu'il est amoureux ; c'est un panier percé.
Lisette, bas^ à elle-même. A qui le dit-elle ? Qui le sait mieux que nous ?
Madame Jacob, à la baronne. Je ne sais à qui il est 10 attaché présentement ; mais il a toujours quelque de- j moiselle qui le plume, qui l'attrape ; et il s'imagine les attraper, lui, parce qu'il leur promet de les épouser. N'est-ce pas là un grand sot ? Qu'en dites-vous, madame .? '
La Baronne, déconcertée. Oui, cela n'est pas tout à x'5, fait. . .
Madame Jacob, P interrompant. Oh ! que j'en suis aise ! il le mérite bien, le malheureux ! il le mérite bien. Si je connaissais sa maîtresse, j'irais lui conseiller de le piller, de le manger, de le ronger, de l'abîmer. {A Lisette.) 20 N'en feriez-vous pas autant, mademoiselle ?
Lisette. Je n'y manquerais pas, madame Jacob.
Madame Jacob, à la baronne. Je vous demande pardon de vous étourdir ainsi de mes chagrins; mais, quand il m'arrive d'y faire réflexion, je me sens si péné- 25 trée, que je ne puis me taire. Adieu, madame ; sitôt que j'aurai la garniture, je ne manquerai pas de vous l'apporter.
La Baronne. Cela ne presse pas, madame, cela ne presse pas. (^Madame Jacob sort.) 30
8o TURCAÏIET