ACTE I, SCENE IV î
Marine.
De combien, madame?
La Barone.
De dix mille écus.
Marine.
Bon, voilà la faute du diamant réparée.
Je vois un autre billet.
Marine.
Encore au porteur ?
La Barone.
Non; ce sont des vers que M. Turcaret m’adresse.
Marine.
Des vers de M. Turcaret?
La Barone, Usant.
« A Philis... Quatrain... » Je suis la Philis, et il me prie en vers de recevoir son billet en prose.
Marine.
Je suis fort curieuse d’entendre des vers d’un auteur qui envoie de si bonne prose.
La Barone.
Les voici; écoute. [Elle Ut.)
Rtcevés ce billet, charmante Philis,
Et soyés assurée que mon ame
Constrvtra toujours une éternelle flamme.
Comme il est certain que trois et trois font six.
Marine.
Que cela est finement pensé!
La Barone.
Et noblement exprimé! Les auteurs se peignent dans leurs ouvrages... Allés, portés ce coffre dans mon cabinet, Marine. {Marine sort.) Il faut que je te donne quelque chose, à toy. Flamand. Je veux que tu boives à ma santé.
Flamand.
Je n’y manqueray pas, madame, et du bon encore.
La Barone.
Je t’y convie.
Flamand.
Quand j’étois chez ce conseiller que j’ay servi ci-devant, je m’accommodois de toutj mais, depuis que je sis chés M. Turcaret, je sis devenu délicat, oui.
La Barone.
Rien n’est tel que la maison d’un homme d’affaires pour perfectionner le goût.
{Marine revient.)
Flamand.
Le voici, madame, le voici.