LA BARONE, FRONTIN
Frontin, lui donnant le diamant.
ÎE n’ay pas perdu de temps, comme îvous voyés, madame; voilà vôtre S diamant; l’homme qui l’avoit en [gage me l’a remis entre les mains dés qu’il a vu briller le billet au porteur, qu’il veut escompter moyennant un tres-honnéte profit. Mon maître, que j’ay laissé avec lui, va venir vous en rendre compte.
La Barons.
Je suis enfin débarrassée de Marine; elle a sérieusement pris son parti; j’appréhendois que ce ne fût qu’une feinte; elle est sortie. Ainsi, Frontin, j’ay besoin d’une femme de chambre; je te charge de m’en chercher une autre.
Frontin.
J’ay vôtre affaire en main : c’est une jeune personne douce, complaisante, comme il vous la faut; elle verroit tout aller sens dessus dessous dans vôtre maison sans dire une syllabe.
La Barone.
J’aime ces caracteres-là. Tu la connois particulièrement ?
Frontin.
Tres-particulièrement ; nous sommes même un peu parens.
La Barone.
C’est-à-dire que l’on peut s’y fier.
Frontin.
Comme à moy-même ; elle est sous ma tutelle; j’ay l’administration de ses gages et de ses profits, et j’ay soin de lui fournir tous ses petits besoins.
La Barone.
Elle sert sans doute actuellement ?
Frontin.
Non; elle est sortie de condition depuis quelques jours.
La Barone.
Et pour quel sujet ?
Frontin.
Elle servoit des personnes qui mènent une