‹ Turcaret comédie en cinq actes Le SageChapitre 28 sur 107 · ACTE II, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I

vie retirée, qui ne reçoivent que des visites sérieuses, un mari et une femme qui s’aiment, des gens extraordinaires; enfin, c’est une maison triste ; ma pupille s’y est ennuyée.

La Barone.

Où est-elle donc à l’heure qu’il est ?

Frontin.

Elle est logée chés une vieille prude de ma connoissance, qui, par charité, retire des femmes de chambre hors de condition, pour savoir ce qui se passe dans les familles.

Je la voudrois avoir dés aujourd’hui; je ne puis me passer de fille.

Frontin.

Je vais vous l’envoyer, madame, ou vous l’amener moy-méme : vous en serés contente. Je ne vous en ay pas dit toutes les bonnes qualités : elle chante et joue à ravir de toutes sortes d’instrumens.

La Barone.

Mais, Frontin, vous me parlés là d’un fort joli sujet.

Frontin.

Je vous en réponds : aussi je la destine pour l’Opéra; mais je veux auparavant qu’elle se fasse dans le monde , car il n’en faut là que de toutes faites. (// s'en va.)

La Barone.

Je l’attends avec impatience.

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