‹ Turcaret comédie en cinq actes Le SageChapitre 38 sur 107 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

La Barone.

Cent bouteilles !

Frontin.

Ce n'est pas trop , madame ; il y aura huit concertans, quatre Italiens de Paris, trois chanteuses et deux gros chantres.

M. Turcaret.

Il a, ma foy, raison, ce n’est pas trop. Ce repas sera fort joli.

Frontin.

Ho ! diable, quand M. le chevalier donne des soupers comme cela, il n’épargne rien, monsieur.

J’en suis persuadé.

Frontin.

Il semble qu’il ait à sa disposition la bourse d’un partisan.

La Barone.

Il veut dire qu’il fait les choses fort magnifiquement.

M. Turcaret.

Qu’il est ingénu! Hé bien, nous verrons cela tantôt. Et, pour surcroît de réjouissance, j’améneray ici M. Gloutonneau, le poète; aussi bien, je ne saurois manger si je n’ay quelque bel esprit à ma table.

La Barone.

Vous me ferés plaisir. Cet auteur, apparemment, est fort brillant dans la conversation ?

M. Turcaret.

Il ne dit pas quatre paroles dans un repas; mais il mange et pense beaucoup : peste! c’est un homme bien agréable... Ho! ça, je cours chés Dautel vous acheter...

La Barone.

Prenés garde à ce que vous ferés , je vous en prie; ne vous jetés point dans une dépense...

Hé fi, madame, fi ! vous vous arrêtés à des minuties. Sans adieu, ma reine.

(// sort.)

La Barone.

J’attends vôtre retour impatiemment.

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