‹ Turcaret comédie en cinq actes Le SageChapitre 41 sur 107 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

LE CHEVALIER, FRONTIN, LISETTE dans le fond.

Le Chevalier.

Je te rencontre à propos, Frontin , pour t’apprendre... Mais que vois-je? Quelle est cette beauté brillante ?

Frontin.

C’est une fille que je donne à madame la baronne pour remplacer Marine.

Le Chevalier.

Et c’est sans doute une de tes amies ?

Frontin.

Oui, monsieur ; il y a longtemps que nous nous connoissons ; je suis son répondant.

Le Chevalier.

Bonne caution ! c’est faire son éloge en un mot. Elle est, parbleu, charmante. Monsieur le répondant, je me plains de vous.

Frontin.

D’où vient ?

Le Chevalier.

Je me plains de vous, vous dis-je; vous sçavés toutes mes affaires, et vous me cachés les vôtres ; vous n’étes pas un ami sincere.

Frontin.

Je n’ay pas voulu, monsieur...

La confiance pourtant doit être réciproque ; pourquoy m’avoir fait un mystère d’une si belle découverte ?

Frontin.

Ma foy, monsieur, je craignois...

Le Chevalier.

Quoy?

Frontin.

Ho! monsieur, que diable! vous m’entendés de reste.

Le Chevalier.

Le maraud! Où a-t-il été déterrer ce petit minois-là? Frontin, monsieur Frontin, vous avés le discernement fin et délicat quand vous faites un choix pour vous-même; mais vous n’avés pas le goût si bon pour vos amis. Âh! la piquante représentation ! l’adorable grisette !

Lisette.

Que les jeunes seigneurs sont honnêtes!

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