ACTE III, SCENE V 8i
a dites que je n’ay pas eu la force de répondre : ne l’avés-vous pas remarqué?
La Barone.
Vous en avésusé sagement; j’ay admiré vôtre modération.
M. Turcaret.
Moy, usurier I Quelle calomnie 1
La Barone.
Cela regarde plus M. Rafle que vous.
Vouloir faire aux gens un crime de prêter sur gages ! Il vaut mieux prêter sur gages que prêter sur rien.
La Barone.
Assurément.
M. Turcaret. ^
Me venir dire au nez que j’ay été laquais de son grand-pere ! Rien n’est plus faux : je n’ay jamais été que son homme d’affaires.
La Barone.
Quand cela seroit vray : le beau reproche ! Il y a si longtemps ! cela est prescrit.
M. Turcaret.
Oui, sans doute.
La Barone.
Ces sortes de mauvais contes ne font aucune
impression sur mon esprit ; vous êtes trop bien établi dans mon cœur.
C’est trop de grâce que vous me faites.
La Barone.
Vous êtes un homme de mérite.
M. Türcaret.
Vous vous moqués !
La Barone.
Un vray homme d’honneur.
M. Türcaret.
Ho ! point du tout.
La Barone.
Et vous avés trop l’air et les maniérés d’une personne de condition, pour pouvoir être soupçonné de ne l’être pas.