‹ Turcaret comédie en cinq actes Le SageChapitre 61 sur 107 · M. TURCARET, LISETTE, FRONTIN · texte numérisé non relu

M. TURCARET, LISETTE, FRONTIN

Frontin.

Je suis ravi , monsieur, de vous trouver en conversation avec cette aimable personne : quelque intérêt que j’y prenne, je me garderay bien de troubler un si doux entretien.

M. Turcaret, à Frontin.

Tu ne seras point de trop; approche, Frontin; je te regarde comme un homme tout à moy, et je veux que tu m’aides à gagner l’amitié de cette fille-là.

Lisette.

Cela ne sera pas bien difficile.

Frontin.

Ho ! pour cela, non. Je ne sçais pas, monsieur, sous quelle heureuse étoile vous êtes né, mais tout le monde a naturellement un grand faible pour vous.

M. Turcaret.

Cela ne vient point de l’étoile , cela vient des maniérés.

Lisette.

Vous les avés si belles, si prévenantes!...

M. Turcaret.

Comment le sçais-tu?

Lisette.

Depuis le peu de temps que je suis ici, je n’entends dire autre chose à madame la barone.

Tout de bon?

Frontin.

Cette femme-là ne sçauroit cacher sa faiblesse : elle vous aime si tendrement!... Demandés, demandés à Lisette.

Lisette.

Ho ! c’est vous qu’il en faut croire , monsieur Frontin.

Frontin.

Non, je ne comprends pas moy-méme tout ce que je sçais là-dessus; et ce qui m’étonne davantage, c’est l’excès où cette passion est parvenue, sans pourtant que monsieur Turcaret se soit donné beaucoup de peine pour chercher à la mériter.

M. Turcaret.

Comment, comment l’entends-tu ?

Frontin.

Je vous ay vu vingt fois, monsieur, manquer d’attention pour certaines choses.

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