ACTE IV, SCENE II io
Le Chevalier.
C’est-à-dire que c’est une connoissance de bal?
Le Marquis.
Justement : j’y allois l’autre jour, un peu chaud de vin; j’étois en pointe, j’agaçois les jolis masques. J’aperçois une taille, un air de gorge, une tournure de hanches. J’aborde , je prie, je presse, j’obtiens qu’on se démasque; je vois une personne...
Le Chevauer.
Jeune, sans doute.
Le Marquis.
Non, assés vieille.
Le Chevalier.
Mais belle encore, et des plus agréables?
Le Marquis.
Pas trop belle.
L’amour, à ce que je vois, ne t’aveugle pas.
Le Marquis.
Je rends justice à l’objet aimé.
Le Chevauer.
Elle a donc de l’esprit.
Le Marquis.
Ho! pour de l’esprit, c’est un prodige. Quel
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flux de pensées ! quelle imagination ! Elle me dit cent extravagances qui me charmèrent.
Le Chevalier.
Quel fut le résultat de la conversation?
Le Marquis.
Le résultat? Je la remenay chés elle avec sa compagnie; je lui offris mes services, et la vieille folle les accepta.
Le Chevalier.
Tu l’as revue depuis !
Le Marquis.
Le lendemain au soir, dés que je fus levé, je me rendis à son hôtel.
Hôtel garni, apparemment?
Le Marquis.
Oui, hôtel garni.
Le Chevalier.
Hé bien?
Le Marquis.
Hé bien, autre vivacité de conversation, nouvelles folies, tendres protestations de ma part, vives réparties de la sienne. Elle me donna ce maudit portrait que j’ay perdu avant-hier. Je ne l’ay pas revue depuis. Elle m’a écrit, je lui ay fait réponse; elle m’attend aujourd’hui; mais je ne sçais ce que je dois faire. Iray-je, ou n’iray-je