ACTE V, SCENE VI i îç
dire; on y lit tous les ouvrages d’esprit qui se font à Cherbourg, à Saint-Lô, à Coutances, et qui valent bien les ouvrages de Vire et de Caen. J’y donne aussi quelquefois des fêtes galantes, des soupers-collations. Nous avons des cuisiniers qui ne sçavent faire aucun ragoût , à la vérité ; mais ils tirent les viandes si à propos, qu’un tour de broche de plus ou de moins, elles seroient gâtées.
Le Marc^uis.
C’est l’essentiel de la bonne chere. Ma foy, vive Valognes pour le rôti !
Madame Turcaret.
Et pour les bals, nous en donnons souvent. Que l’on s’y divertit ! cela est d’une propreté ! Les dames de Valognes sont les premières dames du monde pour sçavoir l’art de se bien masquer, et chacune a son déguisement favori. Devinés quel est le mien.
Madame se déguise en Amour, peut-être?
Madame Turcaret.
Ho ! pour cela, non.
La Barone.
Vous vous mettés en déesse, apparemment, en Grâce ?
Madame Turcaret.
En Vénus, ma chere, en Vénus.
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Le Marquis.
En Vénus ! Ah ! madame , que vous êtes bien déguisée !
Lisette, bas.
On ne peut pas mieux.