‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 116 sur 163 · HEURE · texte numérisé non relu

HEURE

« 1 . Wuycz sera prince du Monténégro et il obéira à « tous les ordres venant de la Porte.

* 2. Le pays sera soumis à la suzeraineté de la Su- « blime-Porte Ottomane.

« 3. Wuycz s’engage à fournir à la Porte, comme « tribut, 300,000 ocques de laine non lavée.

■ 4. En cas de guerre, le Monténégro fournira des « troupes auxiliaires. »

Devant la folle outrecuidance d’un semblable projet apporté aux vainqueurs de Kroussa par un particulier désarmé, sans qu’un seul soldat l’appuyât, le vladika ne daigna même pas s’irriter. Après avoir lu le document, il donna au présomptueux Polonais le conseil de quitter le Tsernogore en lui déclarant qu’il ne répondait pas de sa vie si les montagnards venaient à apprendre de quel étrange message il s’était fait le porteur. Le comte Wuycz ne se le fit pas dire à deux fois et vida les lieux le jour même, protégé jusqu’à la frontière par une escorte que Pierre lui avait donnée1.

Cet incident ridicule ne mériterait pas d’ètre consigné dans l’histoire, s'il n’avait eu pour résultat de décider la Turquie à une résolution que la mort de Kara-Mahmoud elle-même n’avait pas suffi pour lui arracher. Lorsque l’on apprit à Constantinople l’insuccès de la mission de Wuycz, le Divan s'effraya des conséquences que pouvait avoir cet acte, par lequel il venait de provoquer les Monténégrins en soulevant les susceptibilités de leur amour-propre national, dans

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