‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 162 sur 163 · Kou/f1, tour fortifiée · texte numérisé non relu

Kou/f1, tour fortifiée

peut-être que les peuples slavo-serbes avaient un patriarche dans leur Église gréco-orientale illyrique (résidant à Ipek), duquel les évêques du Monténégro relevèrent jusqu’en 1769. Durant la guerre de la Russie contre la Porte, qui avait éclaté alors, le patriarche serbe Basile se rendit par notre pays en Russie à cause de la persécution des chrétiens, et parce qu'il était menacé d’un grand danger. Il mourut à Saint-Pétersbourg. Il fut le dernier patriarche de la ligue slavo-serbe. Le siège des patriarches dlpek resta vacant jusqu’aujourd'hui. Par conséquent, notre évêque est resté indépendant plhs que tout autre prélat. Selon l’histoire ecclésiastique, nous reçûmes la foi chrétienne des Grecs et non pas des Russes... Nous n’avons jamais su jusqu’à présent que le sy-» node russe ait exercé un pouvoir quelconque sur les peuples slavo-serbes qui vivent en dehors des confins de l’empire russe...

« Le peuple du Monténégro et de Berda n’est aucunement sujet de l’empire russe ; il se trouve seulement sous sa protection morale, parce qu’il est de la même race et parce qu’il a la même foi, mais il n’y a pas d’autre raison. Nous avons de l’affection, de l’attachement et de la fidélité pour la cour de Russie, et nous voulons garder ces sentiments éternellement. Il est vrai que la Russie pourrait nous repousser d’elle. Cependant, nous ne l’attendons pas... Nous garderons notre fidélité et notre inclination pour la Russie, mais à la condition que nous ne partagions pas les rapports de sujets avec les habitants de la Russie. Nous défendrons de toutes nos forces l’indépendance dont nous avons hérité de nos ancêtres, et nous mourrons plutôt l'épée à la main que de subir une servitude honteuse d’une puissance quelconque...

« Nous ne reconnaissons la protection de la Russie qu’autant qu’elle résulte de l’égalité de la religion. Nous n’avons jamais été assujettis ni par traité, ni par échange de privilèges, et il n’y a point d’État qui soit notre protecteur. Cependant, nous vous assurons sincèrement que notre attachement et notre inclination pour la cour de Russie sont consi-

dérables, et s’il arrivait que ses voisins ou les nôtres fissent la guerre à la Russie (ce que Dieu ne veuille I), nous ferions sans aucun doute une diversion, et nous combattrions jusqu’à la dernière goutte de sang contre les ennemis de la Russie, ainsi que nos ancêtres l’ont fait, mais sans nous soumettre, d’ailleurs, à d’autres obligations.

« Si vous faisiez une démonstration hostile à notre pays, en dehors de vos frontières, nous nous y opposerions avec Hotre propre tactique, et nous défendrions l’entrée de notre pays à l’ennemi, quel qu’il fût. »

( Archives de Tsettinié.)

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