CONVENTION DE SCDTAR1 ENTRE LE MONTÉNÉGRO ET LA PORTE OTTOMANE
Article 1er. L'administration intérieure du Monténégro restera telle qu’elle a été avant l’entrée des troupes impériales sur son territoire.
Art. 2. La ligne de démarcation tracée par la commission mixte en 1859 constituera à l’avenir la limite du Monténégro.
Art. 3. Le gouvernement ottoman permettra aux Monténégrins l’exportation et l’importation des marchandises dans le port d’Antivari sans prélever aucun droit de douane. L’importation d’armes et de munitions de guerre est prohibée.
Art. 4. Les Monténégrins auront Ja faculté de prendre à erme des terrains en dehors du Monténégro, dans le but d’y faire de l'agriculture.
Art. 5. Mirko quittera le Monténégro et n’v pourra plus retourner*.
Art. 6. La route de Herzégovine à Scutari, passant par l’intérieur du Monténégro, sera ouverte au commerce. Sur le trajet de cette route, plusieurs points seront occupés par les troupes impériales, qui tiendront garnison dans des blocbaus. Les points à occuper seront désignés plus tard.
Art. 7. Les Monténégrins ne devront plus faire d'excursions hostiles hors de leurs frontières. En cas de soulèvement d’un ou plusieurs districts voisins du Monténégro, les Monténégrins ne leur accorderont aucun appui, ni moral ni matériel. Tous les sénateurs, chefs des nahias et autres dignitaires du Monténégro devront donner au serdar-ekrem leur engagement par écrit d’observer cette condition.
Art. 8. Tous les différends de moindre importance qui pourraient survenir sur les confins, seront réglés d’un commun accord. Chacune des puissances limitrophes du Monténégro aura un représentant chargé de régler ces différends, et dans le cas où une question importante ne pourrait recevoir par eux une solution satisfaisante, les deux parties s’adresseront directement à la Sublime-Porte.
Art. 9. Aucune famille ne pourra entrer au Monténégro sans un passeport délivré par les autorités turques. Tout contrevenant devra être rigoureusement renvoyé.
Art. 10. Il sera permis aux Monténégrins, dans l’intérêt de leur commerce, de voyager dans toute l’étendue de l’empire ottoman. Les voyageurs auront la protection du gouvernement.
1. Cet article fut modifié dans la suite. Mirko obtint le droit de rester au Monténégro, à la condition d’y vivre en simple particulier. Aujourd’hui Mirko, président du Sénat, grand-voïvode, est le premier personnage au Monténégro après le prince.
Art. H. Tous les criminels seront arrêtés et consignés à eurs autorités respectives, sur la base d’une extradition réciproque.
Art. 12. Tous les criminels rayas seront renvoyés dans leurs familles.
Art. 13. En vertu du même principe de réciprocité, tous les objets volés seront restitués et les auteurs des vols seront punis.
Art. 14. Les Monténégrins s’engageront à ne construire aucun koulé 1 ni ouvrage de fortification sur les confins de l’Albanie, de la Bosnie et de l’IIerzegovine.
Scutari, 81 août, 1862.
Le 3 juillet 1804, les Monténégrins, réunis en diète générale, adressèrent à un envoyé russe, nommé Ivelitch, une lettre dont voici quelques extraits. C'est une pièce capitale pour montrer comment les habitants du Tsernogore ont toujours entendu la protection de la Russie sur leur pays :
«... C’est dans la Serbie turque, où I on massacre les pieux prêtres, que l’orthodoxie opprimée a besoin de secours. Nous n en avons pas besoin, car, Dieu merci, nous ne sommes opprimés de personne : nous jouissons, sous le règne de notre bon évêque, de la pleine liberté. Le synode russe ignore