Ibid., p
4. Srbsk. Spomen., ii°70. — Monum. serb., n® 192. Acte qui ac •
LES BALSCIJIDES.
Ce fut le point culminant de la puissance de cette famille provençale transplantée au milieu des Slaves et des Albanais. La décadence ne se fit pas longtemps attendre.
Quelques mois seulement après la prise de Durazzo, le fameux Khaïr-Eddin, beylcr-beg de Roumélie pour le sultan Mourad Ier, envoya une armée de quarante mille Turcs envahir l’ Albanie. Balscha réunit les troupes qu’il avait sous la main, et, se joignant à Ivanisch, second fils de Voukaschin, marcha contre les Ottomans. Les deux armées se rencontrèrent près de Bérat, dans la plaine de Saura, sur les bords de la Voïoussa (l’Aoüs des anciens). Les conseillers de Balscha voulaient différer la bataille et attendre des renforts, considérant le petit nombre des chrétiens par rapport aux Turcs. Mais le prince impatient ’n’écouta pas leurs avis et engagea le combat. L'armée chrétienne, écrasée par les masses musulmanes, fut taillée en pièces. Balscha lui-même périt dans le plus fort de la mêlée avec Ivanisch, et sa tête fut apportée comme un trophée à Khaïr-Eddin '.
Orbini place en 1383 la bataille de Saura, mais on ne saurait la mettre que dans l’été de 1385. Les faits relatifs à la conquête de Durazzo ne permettent pas d’en fixer la date plus tôt, et, joints à celui de la mort de Khaïr-Eddin, au commencement de 1386*, nous repor-
corde aux Ragusains, dan» le duché de Dur. zzo, les mêmes privilèges que dans la Zêta. 34 avril 1385.
1. Orbini, p. 392-293. — Guthrie et Gray, p. 221. — Srbsk. Lietopis, 1843, part, il, p. 37.
2. Hadji-Kkalfa, Table * chronologiques, p. 174. — Cf. de Ham-
LES BALSCH1DES.
tent forcément en 1 385 pour le combat où Balscha II perdit la vie.
Georges, fils de Straschimir, sortit alors du château de Durazzo, dans lequel son oncle le tenait enfermé depuis quelque temps, craignant de trouver en lui un compétiteur, et saisit les rênes du pouvoir. Nous pouvons fixer la date de son avènement, grâce à un acte du 27 janvier 1386, dans lequel, prenant le titre de seigneur de Zêta et de Primorie, c’est-à-dire de la côte d’Albanie, il confirme à cette occasion les privilèges accordés antérieurement aux Ragusains par Straschimir, Georges et Balscha II 1 .
En arrivant à la puissance souveraine, le jeune prince se trouva en présence des plus graves complications, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Ce fut d’abord contre les ennemis intérieurs qu’il se tourna.
La plupart des seigneurs de la Zêta supérieure, profitant de la mort de son oncle, s’étaient soulevés conire la maison des Baux ou Balschas, et appelaient dans le pays Tvartko, roi de Bosnie. Les chefs de cette rébellion étaient d’abord deux gentilshommes appelésNicolas et André Zachet, puis un parent de la famille princière nommé Étienne de Maramont, d’une maison française établie dans la Pouille, que les trois fils de Balscha I'r avaient appelé dans la Zêta en lui donnant la seigneurie du Tsernogore, et qui, se fixant parmi les populations
nier, Histoire de l’empire ottoman, t. 1, p. 200, de la traduction française.