Engel, Geschichte von Servien, p
LES ItALSCHIDES.
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seller son cheval et s’élance au galop vers les tentes du Sultan. Il insiste pour qu’on l’introduise en sa présence, disant qu'il a des secrets de la plus haute importance à lui révéler. Mourad, averti, ordonne qu’on le fasse entrer. Alors Milosch, feignant de s’incliner pour baiser le bas de sa robe, lui porte un coup de poignard. Le Sultan tombe blessé à mort, et Milosch profite du premier mouvement de stupeur pour s’élancer hors de la tente. Mais les janissaires se mettent à sa poursuite, l’atteignent et le massacrent.
Alors l’armée turque, brûlant de venger son souverain, se jette, conduite par Bayezid. avec une fureur inexprimable sur les Serbes. Ceux-ci résistent vaillamment pendant quelque temps, mais la trahison de Vouk Brankovitj décide la journée, en causant la déroute de l’armée chrétienne. Lazare essaye en vain de rallier les fuyards; il est fait prisonnier et conduit à Bayezid, qui ordonne qu’on lui tranche la tète pour venger la mort de son père. Mais le kral de Servie a eu du moins la consolation d'apprendre de la bouche de Bayezid l’exploit de Milosch et la mort de Mourad; en s'agenouillant pour recevoir le coup mortel, il s'écrie : ■ Béni sois-tu, mon Dieu, puisque tu as permis qu’avant mon trépas je visse étendu mort l'ennemi de tous les chrétiens ! »
La bataille de Kossovo finit la résistance des Serbes. Bayezid cependant, après cette journée, ne fit pas de la Servie un evalet soumis à son autorité directe. 11 se contenta de la réduire à l’état de vasselage, et le fils du roi qui avait péri à Kossovo, Étienne Lazarevitj, en
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reçut de lui l'investiture, mais avec le simple titre de despote au lieu de celui de roi. Tous les pays qui avaient envoyé leur contingent à l'armée de Lazare suivirent l’exemple de la Servie et reconnurent la suzeraineté du Sultan.
Seul, le souverain de la Zêta, qui s’était distingué par sa valeur dans la fatale bataille, ne voulut pas se soumettre à cette humiliante condition, et, malgré la faiblesse de ses états, prétendit se maintenir indépendant. Aussi la Zêta devint-elle le refuge de tous les hommes généreux qui ne voulurent pas accepter le vasselage du musulman.
Cette conduite hardie devait naturellement attirer sur Georges II la colère de Bayezid. Son pays fut envahi par des armées très-supérieures en nombre à celles qu’il pouvait y opposer, et, malgré tout le courage de ses soldats, il fut bientôt serré de si près qu’il se vit obligé, en 1394, d’implorer le secours des Vénitiens, qu’il dut payer par la cession des villes de Durazzo, de Croïa et de Scutari '.
La défaite et la prise de Bayezid par Timour, à la suite de la bataille d’Angora, en 1402, ainsi que l’ébranlement que la puissance ottomane reçut de cet événement, permit aux chrétiens orientaux de se reposer pendant quelques années. Dans cet intervalle Georges de Zêta mourut, et son fils Balscha 111 lui succéda.
Ce dernier était déjà sur le trône, lorsqu’en 1410, à
i. Orbini, p. 294. — Mur&tori, Annati d’itulia, t. XXII, p. 762.
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l’avénement du Sultan Mousa Chélébi, le fameux Évrenos-Pacha, dernier survivant des compagnons d’Orkhan , déjà presque centenaire, envahit la Zêta à la tète d’une puissante armée; il fut repoussé *.
Orbini* prétend que Balscha était le troisième fils de Georges, et qu’il ne monta sur le trône que parce que ses deux aînés, Joitj et Ivanish, étaient morts du vivant de son père. Cependant nous voyons, par un acte du 3 mai 1416 3, qu’Ivanisch était vivant et portait le titre de knèze ou comte de Tsettinié, dans le Tsernogore, tandis que Balscha était prince de Zêta. Nous devons en conclure à une erreur dans le livre du chanoine de Raguse, faire de Balscha le second et non le troisième fils de Georges II.
Nous ne savons pas si c’était ce Balscha ou son père qui occupait le trône, lorsqu’ en 1 406 la Seigneurie Vénitienne céda les villes de Boudva et d’Antivari à la principauté de Zêta *. Ce qui est seulement certain, c’estque, vers 1411 ou 1412, le fils de Georges II, enorgueilli par son succès sur Évrenos-Pacha, déclara la guerre à Venise et enleva aux généraux de la république la ville de Scutari; mais il échoua devant la citadelle 5.
Les Vénitiens, apprenant cette nouvelle, envoyèrent
1 . Valslik, la Souveraineté du Monténégro et le droit des gens moderne de l’Europe, p. 13.