‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 28 sur 163 · Orbini, p · texte numérisé non relu

Orbini, p

2. Ibid. — J’ai publié dans la Revue numismatique ( nouvelle série, t. VI) deux deniers d’argent de Balscha III à légendes latines, preuve incontestable de la puissance qu’exerçait l’influence occidentale dans le Monténégro et l'Albanie septentrionale sous ces princes d’origine française. Les deux monnaies en question portent au côté droit un écu chargé d’une tète de loup, la gueule ouverte, surmonté d’un heaume ayant pour cimier une tète de loup semblable à celle de l’écu; dans le champ on voit, à moitié cachée par le heaume, la comète qui constituait le blason de la maison des Baux, aussi bien en Orient qu’en Provence; l’inscription est M. 1ÎALSE. D. GORG1, Moneta Baise dnmini Georgi, « monnaie de Balscha, fils du seigneur Georges. » Au revers est la figure de saint Laurent nimbé, tenant son gril à la main, dans une gloire en forme de vusica piseis, avec les mots S. LAVRENC1VS. M., sanetus Laurencius martyr. Saint Laurent étant le patron de Durazzo, la figure de ce saint fixe le lieu d'émission de la monnaie dans l’antique Dyrrachium. Il faut par conséquent en conclure que lorsqu’il chassa Contarini de la Zêta

30 LES BALSCHIDES.

E» 1419, sur l’instigation de son parent Étienne de .Maramont, ou Étienne Tsernoïevitj, fils du seigneur de ce nom que nous avons vu se révolter contre Georges II, il rompit l’alliance traditionnelle qui avait régné, depuis 1386, entre sa famille et la République de Raguse, alliance que Straschimir, Georges 1er, Balscha II et Georges II avaient toujours religieusement observée. Les négociants ragusains qui se trouvaient sur le territoire de la Zêta furent dépouillés et expulsés

Deux ans après, en 1421, Balscha se trouva en face d’une redoutable invasion turque, conduite par le Sultan Mohammed 1" en personne. Devant ce danger, le prince de la Zêta fit implorer le secours de Venise. On lit dans la Chronique de Jean Bcmbo, à la date de 1 421 : « La mère de Balsa, qui avait été le seigneur de beaucoup de lieux en Albanie, arriva le 21 juillet à Venise, et recommanda les états et les peuples de son fils au Doge et au Sénat, qui la comblèrent d'honneurs. »

Cependant, les secours demandés n’arrivant pas, Balscha se décida à mai cher contre Mohammed avec ses seules troupes. Le succès justifia son audace, et l’armée du Sultan fut vaincue et dispersée2.

Après cet exploit éclatant, Balscha se rendit dans la Rascie pour y voir son oncle, le despote Étienne Lazarevitj, laissant, pour le temps de son absence, le gou-

Balscha recouquit également pour quelque temps la ville et le duché de üurazzo.

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