Milakovitj, p. 53-5C
38 LES MARAMONT-TSERNOIEVITJ.
Ce fut pour compenser la perte de cette ville que, dès son avènement, il fonda sur les bords du lac, à l’embouchure de la Moratcha et en face de Scutari, la forteresse de Jabliak, où il établit sa résidence1. En même temps, il fortifia Smokovitsa, ouvrit des comptoirs dans les villes de Boudva, de Dulcigno et d’Antivari, seuls ports demeurés en son pouvoir2, et dans l'ile deKom, sur le lac de Scutari, fonda un magnifique monastère en l’honneur de la Nativité de la Vierge. C’est dans ce monastère qu après sa mort il fut enseveli 3.
Les premiers temps du règne d'Étienne Tsernoïevitj nefurent, du reste, marqués par aucun événement militaire. Le prince de la Zêta, comme tous les seigneurs du voisinage, vivait dans une situation de vasselage vis-à-vis des Turcs. Mourad II, en 1423, avait soumis toute l’Albanie à son autorité, écrasé la résistance des deux Topia, celui d’Épire et celui du pays des Toskhes, enfin forcé Jean Castriote à lui donner comme otage son fils Georges, qui fut élevé à la cour d’Andrinople et reçut des Turcs, à cause de sa valeur, le surnom de Skanderbeg.
Chacun sait comment Georges Castriote. qui jusqu’alors avait servi dans les armées du Sultan, et combattu même les chrétiens en plusieurs rencontres, jeta tout à coup le masque en 1443, quitta les troupes de Mourad au début de cette guerre que les Hongrois ont nommée