Vatslik, p
4. Miloutinovitj, p. 3-9. — Tchasopi* vhutenskéhn muséum, Prague, 1849, t. IV, p. 144 sqq. — Szafaryk, Wiener Jultrùücher, t. LUI, Ameigeblatt, p. 15.
3. Un chant différent de celui qui est encore demeuré populaire et relatif an mariage de Stanischa ou Maxime, porte la date de 1461 (Srbsk. Lietopts, 1843, part, u, p. 148). Mais cette date ne peut pas être exacte, car le mariage de Maxime eut lieu certainement après la prise de Scutari par les Turcs, c’est-à-dire après 1479. Dans les poésies qui s’y rapportent on montre, en effet, toujours les Turcs occupant Scutari et séparés seulement par le lac des Monténégrins, dont la capitale est Jabliak.
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cour du prince latin durant trois longues années*. Lorsque le prince a épuisé tous ses trésors, le Doge lui accorde la jeune vierge, et reçoit de lui la pomme d’or, symbole des fiançailles.
■ Us réglèrent la cérémonie des noces. 11 fut convenu que le héros slave retournerait dans sa terre natale, et que Tannée suivante, après avoir recueilli les fruits de ses vignobles et de ses champs, il reviendrait chercher la fiancée, accompagné d’un nombreux cortège. Alors Ivan quitte Venise : cent Latins, le Doge et ses deux fils à leur tète, reconduisent le héros. Tout lui avait réussi à souhait; mais une idée funeste lui vint à l’esprit, et, quoique sage, une parole insensée lui échappa.
* — Ami dit-il au Doge, tu me reverras avec mille « guerriers; car les convives qui me suivront attein- « dront ce nombre, si même ils ne le dépassent. Quand
* je descendrai sur le rivage, envoie à ma rencontre « mille de tes Latins : dans l’un et l’autre cortège tu ne « trouveras pas un seul guerrier dont la beauté soit « comparable à celle de Maxime, mon fils bien-aimé et « bientôt ton gendre. » Ces paroles, le Doge, ses deux fils et les cent Latins les entendirent. Le Doge, plein de joie, embrassa Ivan : « Ami, lui dit-il, ce que tu m’an-
* nonces me charme et t'honore, un gendre dont la « beauté effacera celle de deux mille guerriers me sera « plus précieux que la lumière, plus cher que l’enfant
1. Une version moins répandue de ce chant, mais historiquement plus exacte, réduit le séjour d’Ivan à Venise à une année seulement, laquelle serait 1483.
LES M AR AMONT-TSERNOIEVtTJ.
* qui me resterait seul. Chevaux de prix, faucons, vè
« tements et manteaux somptueux, tout lui sera prodi-
* gué; mais si tu avais trompé ton ami, c’est sur toi- « même que retomberait cette déloyauté. »
« L’escorte accompagne Ivan jusqu’à la mer. Là il s’embarque et aborde heureusement sur la côte orientale. Lorsqu’il fut sur le territoire de Jabliak, il aperçut de loin sa blanche demeure. La tour, environnée de légers balcons, s’élève sur une hauteur et ses vitres resplendissent au soleil. Alors le cœur d’Ivan bat d’impatience ; il presse les flancs de son cheval rapide, etil agite siviolemment le mors d’acier que l’animal s’emporte et s’élance à bonds désordonnés dans l’espace. Personne d’abord dans la demeure ne soupçonna le retour du héros; mais, debout à la fenêtre de la tour, sa fidèle épouse l’aperçoit et bientôt elle a reconnu son seigneur avec sa monture. Elle descend en toute hâte, et sa voix retentit : les serviteurs et les femmes accourent à sa voix. «Vite, dit-elleauxuns, sortez pour aller recevoir « votre maître. Et vous, dit-elle en s’adressant aux « femmes, que l’ordre et la propreté régnent partout. « Maxime, mon fils, sors de la forteresse; cours au-de- « vant de ton père, mon seigneur; ses traits annoncent
* la satisfaction et la joie; sans doute il a obtenu pour
* toi la fille du Doge. »
• Mais déjà Ivan est dans la cour; ses serviteurs l’entourent; son épouse couvre de baisers scs mains et les bords de son manteau; elle détache elle-même ses armes brillantes, les presse contre son sein et les transporte dans le vestiaire au sommet de la maison, tandis