Andritj, p
80 LES MUtAMONT-TSEHNOlEVlTJ.
Cet Ivan étant mort la même année que son père, son fils Georges fut son successeur. Il était très-jeune, et lui aussi voulut s’allier par un mariage à l'aristocratie de Venise *. Mais la délicate patricienne à laquelle il s’était uni n’ayant pu s’habituer à la vie rude et sauvage des montagnes, parvint à décider Georges à abandonner ses états au bout d’un an de règne, et à renoncer au pouvoir souverain pour aller vivre au milieu des délices de Venise1 2.
Camerarius 3 complète l'histoire de Georges V en nous faisant connaître ce qu’il devint après sa retraite, et par quelle triste apostasie il termina sa vie. D’après cet auteur, Georges, qu’il appelle Carlovitz au lieu de Tsernoïevitj, après être demeuré quelque temps à Venise, fut arrêté pour des propos tenus contre le gouvernement de la République. Parvenu à se sauver, il il se réfugia d'abord en France, puis à Rome. Enfin, il se persuada qu'il lui serait plus avantageux de se retirer à la cour du Sultan, et qu’il pourrait obtenir de lui de rentrer dans une partie de ses domaines. Il vint donc à Stamboul, et, pour obtenir la faveur du Padischah, il y embrassa la religion mahomélane.
Mais la descendance d ivan le Noir, de ce héros de la résistance chrétienne contre l’invasion musulmane, que, grâce à son origine, notrepays peut réclamer avec orgueil comme un de ses enfants, ne s’éteignit pas tout entière dans l'apostasie, infidèle à la foi comme
1. D'après le vladika Vassili, sa femme s'appelait Catarina Doria.
2. Miioutinovitj, p. 43. — Medakovitj, p. 34. — Andritj, p. 17.