Ibid , 1828, part, iv, p
ment par la ruse. La population tsernogortse n’était pas demeurée pure de toute infiltration mahométaue. Les Turcs avaient parmi elle et dans le pays d’alentour de nombreux partisans, des hommes de leur nation et même des Slaves convertis à l’islamisme. Les traditions du Monténégro racontent, pour expliquer la présence de ces renégats, que les nombreux prisonniers faits par le prince Étienne à la bataille de Lieschkopolié demandèrent à s’établir dans le Tsernogore, où on leur donna des terres qu’ils se mirent à cultiver, tout en demeurant fidèles à leur religion. Un autre récit populaire, mais dontl'authencité nous semble beaucoup plus douteuse, tendrait à établir que Maxime lui-même, quelque temps après sa défaite, serait rentré dans son pays natal avec la plupart de ses compagnons renégats; que là, se repentant et renonçant à ses prétentions à l’autorité suprême, il serait redevenu chrétien et aurait terminé ses jours dans un cloitre, tandis que ses anciens partisans auraient continué à professer l'islamisme. Enfin une troisième tradition rapporte que Pierre le Renégat, dans son invasion de 1322, aurait établi pour quelque temps son autorité sur plusieurs districts et y aurait implanté la loi du Prophète.
Toujours est-il que ces mahométans prenaient une grande inlluence dans le Tsernogore, et que les lieutenants du Padischah espéraient par leur coopération arriver à dissoudre peu à peu les liens des Monténégrins entre eux et à comprimer leurs dispositions hostiles. Cependant, au bout de cinquante ans, le beyler-beg de
Roumélie, irrité devoir que par ces moyens de temporisation il faisait peu de progrès, en revint au premier instrument de propagation de la loi de Mahomet, au tranchant du sabre. Il entra dans le Monténégro en 1 570; mais après quelques combats, il fut obligé de rétrograder, comme ses prédécesseurs, avec la honte d’une défaite '.
Une circonstance malheureuse pourles Monténégrins permit, quelques annéesaprès, aux. Ottomans de prendre leur revanche. Les vladikas, en qualité de métropolitains de Tsettinié, étaient soumis pour le spirituel à la juridiction du Patriarche serbe d’Ipek, qui les consacrait et qui faisait tous les sept ans une visite canonique dans le Monténégro. Makarios, troisième successeur deGerman au trône épiscopal, étant mort quelques années après l’invasionde 1570, dans un intervalle entre deux visites du Patriarche, personne ne voulut en temps de guerre s’aventurer jusqu’à Ipek au travers du pays turc, et la contrée demeura sansévôque, par conséquent sans chef suprême, en attendant qu’une nouvelle venue du Patriarche permit de consacrer un métropolitain. Ali, pacha de Scutari, ne laissa pas passer une aussi favorable occasion. Il prit habilement toutes ses mesures, et, appuyé du concours des Monténégrins musulmans, il parvint, non sans rencontrer une vigoureuse résistance, à s’emparer de la forteresse d’Obod, au pied de laquelle se tenait un grand marché et dont, par cela môme , la possession devait exercer une influence